Hélène Bertaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Hélène Bertaux

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait photographique d'Hélène Bertaux, par Étienne Carjat en 1864.

Nom de naissance Pilate
Naissance 1825
Paris (France)
Décès 20 avril 1909 (à 84 ans)
Saint-Michel-de-Chavaignes
Nationalité Drapeau de la France France
Profession sculptrice

Hélène Bertaux, née Joséphine Charlotte Hélène Pilate à Paris le 4 juillet 1825 et morte à Saint-Michel-de-Chavaignes le 20 avril 1909 est une sculptrice et une militante des droits des femmes de la seconde moitié du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est à l'âge de 12 ans qu'elle commence son activité aux côtés du compagnon de sa mère, le sculpteur Pierre Hébert. Elle y réalise de nombreuses sculptures de petites dimensions, telles que des pendules, très prisées à cette époque, avant de se tourner vers des œuvres d'une taille plus importante[1]. Mariée mais séparée de son 1er mari, elle signera ses œuvres, dès 1854, sous le nom de "Madame Léon Bertaux", du nom de son compagnon (qu'elle n'épousera qu'en 1866, après la mort de son premier mari en 1865).

Évolution du droits des femmes dans l'art[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans le domaine de l'art, les femmes sont souvent considérées, par les artistes masculins, comme des muses inspiratrices et des modèles mais ne sont pas reconnues comme artistes, à part quelques exceptions, comme Artemisia Gentileschi, peintre du XVIIe siècle ou Rosa Bonheur, contemporaine d'Hélène Bertaux. À cette époque, l'académie des Beaux-Arts leur est interdite et les préjugés négatifs quant à leur capacité à produire des œuvres d'art de qualité sont encore profondément ancrés dans la société[1]. Devant les difficultés que rencontrent les femmes qui veulent se destiner à la sculpture, Hélène Bertaux décide alors d'ouvrir un atelier de dessin et de modelage en 1873, puis une école de sculpture réservée aux femmes en 1880[2]. Elle ira jusqu'à créer l'Union des femmes Peintres et Sculpteurs en décembre 1881, association bientôt reconnue d'utilité publique, et dont elle sera la première présidente jusqu'en 1894.

Consécration[modifier | modifier le code]

Psyché sous l'empire du mystère (bronze)

Elle expose régulièrement au Salon annuel et reçoit de nombreuses commandes. En 1864, son travail est enfin reconnu par ses pairs masculins puisqu'elle reçoit commande d'un grand fronton (La Navigation) pour la nouvelle façade des Tuileries, suivi en 1878 d'un second fronton pour la cour du Carrousel du Louvre (La Législation). La même année, elle rencontre un vif succès avec sa Jeune fille au bain. La consécration vient, lors de l'exposition universelle de Paris de 1889 où elle reçoit une médaille d'or de première classe pour le plâtre de sa Psyché sous l'empire du mystère[3].

En 1894, elle quitte l'Union des Femmes Peintres et Sculpteurs, pour se consacrer entièrement à son rêve de toujours : faire bénéficier les femmes de la qualité et de la gratuité de l'enseignement de l'école nationale des Beaux-Arts de Paris. Grâce à sa mobilisation et à son acharnement, les femmes y seront enfin admises dès 1897 (pleinement en 1900) et pourront participer au concours du prix de Rome à compter de 1903[2]. Parallèlement à cette lutte, elle continue à sculpter, présentant encore une œuvre au Salon de 1900 (à 75 ans).

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Elle terminera sa vie à Saint-Michel-de-Chavaignes au château de Lassay acheté en 1897, où elle mourra en 1909. Elle est inhumée dans le cimetière communal[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Lepage - Une conquête féministe - Mme Léon Bertaux, Imprimerie française - Paris - 1911 (ouvrage réédité en 2009 : (ISBN 2746606100))

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]