Ambroisie (mythologie)

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Dans la mythologie grecque, l’ambroisie (en grec ancien ἀμϐροσία / ambrosía, de l’adjectif ἀμϐρόσιος / ambrósios, « immortel, divin, qui appartient aux Dieux ») est une substance divine.

Nourriture des dieux[modifier | modifier le code]

Son premier rôle est de nourrir les Dieux de l'Olympe. En effet, ils ne se nourrissent pas de nourriture humaine ni de vin, mais uniquement de nectar, qui remplace le vin, et d'ambroisie, qui remplace la nourriture solide, mais n'est pas nécessairement solide elle-même. Chez Homère, celle-ci est apportée par des colombes depuis l'Extrême-Occident, pour nourrir les chevaux divins[1].

Priver un dieu du nectar et de l'ambroisie est l'un des pires châtiments qui puisse lui être infligé, à hauteur d'un crime capital : le parjure d'un serment prêté sur les eaux du Styx. Hésiode explique ainsi dans la Théogonie, passage probablement interpolé :

« Quiconque, parmi les Immortels, maîtres des cimes de l'Olympe neigeux, répand cette eau pour appuyer un parjure, reste gisant sans souffle une année entière. Jamais plus il n'approche de ses lèvres, pour s'en nourrir, l'ambroisie et le nectar. Il reste gisant sans haleine et sans voix sur un lit de tapis : une torpeur cruelle l'enveloppe. »[2]

L'ambroisie se caractérise par sa douceur : Ibycos indique qu'elle est neuf fois plus sucrée que le miel[3]. Elle est parfois présentée comme un liquide : Sappho parle de mélanger « un cratère d'ambroisie[4] » et Anaxandridès déclare boire « à même l'ambroisie[5] ». L'ambroisie est aussi considérée comme une herbe.

Onction divine[modifier | modifier le code]

Les dieux s'en servent comme onguent, en oignant leur corps pour le préserver, ainsi que celui de leurs favoris ou même afin de conférer l'immortalité : Dans l’Iliade, le corps de Sarpédon est oint d'ambroisie par Apollon[6], celui de Patrocle par Thétis (XIX, 38) et celui d'Hector par Aphrodite [7]. Dans ces trois cas, il s'agit de préserver le cadavre de la corruption. L'ambroisie est alors décrite comme « une huile divine, fleurant la rose ». Peut-être faut-il y voir une allusion aux rituels de l'embaumement. En effet, proclame Thétis au sujet de Patrocle, grâce à cette onction :

« Quand bien même il demeurerait là, gisant, toute une année,
Sa chair demeurera intacte, et embellira même. »[8]

Héra elle-même s'en sert pour un usage cosmétique, quand elle veut séduire Zeus au chant XIV : « avec de l'ambroisie, elle efface d'abord de son corps désirable toutes les souillures » [9]. Enfin, le second usage consiste à rendre immortel un mortel. Ainsi, selon la légende post-homérique, Achille est frotté tous les jours par sa mère avec de l'ambroisie, et plongé dans les flammes, qui doivent dévorer sa part mortelle. Dans l'hymne homérique à Déméter[10], la déesse fait de même avec Démophon, fils de Céléos.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] chant V, 369
  2. v. 792-798, traduction de Paul Mazon
  3. Ibycos, fr. 33 B4 = Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne], II, 8b.
  4. Sappho, fr. 51 B4 = 124 R = Athénée, II, 8a.
  5. Anaxandrides, fr. 57 Kock = Athénée, II, 8a.
  6. XVI, 680
  7. XVIII, 186-187
  8. XIX, 32-33
  9. 170-171
  10. v. 236–237

Voir aussi[modifier | modifier le code]