Professeur Moriarty

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James Moriarty
Personnage de fiction apparaissant dans
Sherlock Holmes.

Professeur Moriarty, illustration de Sidney Paget dans la nouvelle Le Dernier Problème
Professeur Moriarty, illustration de Sidney Paget dans la nouvelle Le Dernier Problème

Alias Le Napoléon du crime
Origine Angleterre
Décès 1891 dans les chutes du Reichenbach
Sexe Masculin
Activité(s) Criminel, ex-professeur de mathématiques à l'université
Famille Deux frères : Le Colonel James Moriarty, et un frère cadet chef de gare[1]
Entourage Colonel Sebastian Moran, son exécuteur des basses œuvres
Ennemi(s) Sherlock Holmes

Créé par Conan Doyle
Interprété par Ernest Maupain
Laurence Olivier
Eric Porter
Anthony Andrews
Andrew Scott
Jared Harris
Film(s) Sherlock Holmes
La Femme en vert
La Main de l'assassin (téléfilm)
Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express
Élémentaire, mon cher... Lock Holmes
Sherlock Holmes Jeu d'Ombres
Roman(s) La Vallée de la peur, Le Dernier Problème (nouvelle)
Pièce(s) Sherlock Holmes
Série(s) Sherlock Holmes[Laquelle ?]
Meitantei Holmes
Sherlock
Elementary (série televisée)Sherlock Holmes
Première apparition Le Problème final
Dernière apparition La Vallée de la peur

Le professeur James Moriarty (parfois appelé Jim Moriarty) est un personnage fictif, connu pour être l’ennemi le plus redouté de Sherlock Holmes. Considéré comme l’un des premiers super-vilains de la littérature, Moriarty est un cerveau criminel que Holmes décrit comme le « Napoléon du crime ». Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, reprit cette expression de Robert Anderson, un détective de Scotland Yard qui désignait par ce surnom Adam Worth, un modèle vivant (quoique non violent) de Moriarty[2].

Dans l'œuvre de Conan Doyle[modifier | modifier le code]

Le professeur Moriarty apparaît pour la première fois dans Le Dernier Problème, publié en 1893. Dans cette nouvelle, qui se déroule en 1891, Sherlock Holmes tente de porter un coup fatal à l’organisation criminelle qu’il dirige, et est obligé de fuir sur le continent afin d’échapper à son adversaire. Moriarty le poursuit, et les deux hommes tombent dans les chutes du Reichenbach près de Meiringen, en Suisse, au cours de leur duel final. C’est apparemment la fin du professeur, et de Holmes.

Moriarty joue un rôle dans un autre récit écrit par Conan Doyle : La Vallée de la peur. Sherlock Holmes tente d’y empêcher l’organisation de Moriarty de commettre un meurtre. Les deux hommes ne se rencontrent pas, mais Moriarty envoie un mot à Holmes à la fin de l’histoire.

Holmes fait mention de Moriarty dans cinq autres nouvelles : La Maison vide (où son exécuteur des basses œuvres, le colonel Sebastian Moran, cherche à venger la mort de son ancien patron), L'Entrepreneur de Norwood, Le Trois-quart manquant, L'Illustre Client et Son dernier coup d’archet.

Bien que Moriarty apparaisse dans seulement deux des soixante aventures de Sherlock Holmes, l’attitude du détective à son égard ont fait que les lecteurs l’ont considéré comme le pire ennemi de Holmes. La preuve en est ses nombreuses apparitions dans les histoires rédigées par d’autres auteurs, ainsi que dans les autres médias. Les fans de Sherlock Holmes pensent souvent que, dans la vie de leur héros, la guerre entre le professeur et le détective passe avant la résolution des nombreuses enquêtes criminelles.

Dans les histoires de Conan Doyle racontées par le docteur Watson, celui-ci ne rencontre jamais Moriarty (il l’aperçoit de loin dans Le Dernier Problème) et se fie donc à Sherlock Holmes pour décrire son ennemi et le combat qu’ils se livrent. Dans les récits des autres écrivains, Watson rencontrera Moriarty à plusieurs reprises.

Conan Doyle lui-même est assez incohérent sur les connaissances de Watson concernant Moriarty. Dans Le Dernier Problème, Watson avoue n’avoir jamais entendu parler du criminel, alors que dans La Vallée de la peur, écrit auparavant, il décrit Moriarty comme un « célèbre criminel scientifique ».

Sherlock Holmes parle du professeur Moriarty en ces termes[3] :

« Il est de bonne famille et il a reçu une excellente éducation. Prodigieusement doué pour les mathématiques, à vingt et un ans il publiait une étude sur le binôme de Newton, qui fit sensation dans toute l’Europe et lui valut de devenir titulaire de la chaire de mathématiques dans une de nos petites universités. Tout donnait à penser qu’il allait faire une carrière extrêmement brillante. Mais l’homme avait une hérédité chargée, qui faisait de lui une sorte de monstre, avec des instincts criminels d’autant plus redoutables qu’ils étaient servis par une intelligence exceptionnelle. Des bruits fâcheux coururent bientôt sur lui dans l’Université, qui l’obligèrent à se démettre. Il vint à Londres où il se mit à donner des cours destinés aux officiers de l’armée. »

— Conan Doyle, Le Dernier Problème.

Holmes affirme également que Moriarty est l’auteur du livre La Dynamique d’un astéroïde qu’il décrit comme un « livre qui atteint aux cimes de la pure mathématique et dont on assure qu’il échappe à toute réfutation »[4].

La motivation principale de Conan Doyle, en créant le personnage de Moriarty, était de tuer Sherlock Holmes, comme l’indiquerait presque son patronyme (du latin moriar qui signifie « mourir » en français). Il est bien connu que Le Dernier Problème était censé représenter ce qu’en dit son titre, et l’auteur pensait adoucir la mort du détective auprès de ses lecteurs, en le faisant partir auréolé de la gloire d’avoir débarrassé le monde d’un criminel si malfaisant que toute autre enquête ultérieure aurait semblé futile (Holmes le dit lui-même dans le récit). Moriarty apparaît dans une seule histoire, tout simplement parce que s’il avait constamment échappé à Holmes, cela aurait entaché la réputation du détective. La Vallée de la peur a tout remis en question.

La pression des lecteurs avait forcé Conan Doyle à ramener Sherlock Holmes à la vie, mais le personnage de Moriarty allait revenir de nombreuses fois sous la plume d’autres auteurs.

Il est à noter que le prénom du Professeur, James, est en réalité une erreur ou une confusion de la part de l'auteur Conan Doyle. En effet, dans Le Dernier Problème, Watson parle d'un certain James Moriarty, colonel de son état, qui n'aurait de cesse de laver la mémoire de son frère disparu, qui n'est autre que le Professeur Moriarty. Ce dernier n'a pas de prénom connu en réalité, même si dans la nouvelle marquant le retour de Sherlock Holmes, La Maison Vide, écrite quelques années après Le Dernier Problème, Holmes parle de Moriarty à Watson en l'appelant James. Il s'agit ici sans doute d'une confusion de Conan Doyle dans ses notes, explicable par le laps de temps entre les deux nouvelles et le travail abattu entretemps pour Le Chien des Baskerville. Watson fait les frais d'une autre erreur de même sorte, lorsque dans Une Etude en Rouge sa blessure militaire est dite reçue à la jambe alors que dans l'oeuvre suivante elle est à l'épaule[5].

Les modèles qui ont servi à créer le personnage[modifier | modifier le code]

En plus du génie du crime Adam Worth, des astronomes et des fans de Sherlock Holmes pensent que Conan Doyle a basé le personnage de Moriarty sur l’astronome américain Simon Newcomb. Le scientifique était certainement un génie aux multiples talents, en particulier les mathématiques, et il est devenu internationalement célèbre durant les années qui ont précédé la rédaction des aventures de Sherlock Holmes. Certains disent également que Simon Newcomb n’hésitait pas à employer des procédés peu honnêtes pour détruire la carrière et la réputation de scientifiques rivaux.

Les hauts faits réputés du professeur Moriarty pourraient également avoir été inspirés par les accomplissements de mathématiciens bien réels. Si les noms des articles ont été changés, ils décrivent de vrais événements mathématiques. Carl Friedrich Gauss écrivit un célèbre article sur la dynamique d’un astéroïde au début des années 1820, qui a certainement eu un retentissement en Europe, et il obtint une chaire en partie grâce à ses résultats. Srinivasa Ramanujan écrivit un article sur la généralisation de la formule du binôme de Newton, et gagna une réputation de génie en écrivant des articles qui ont ridiculisé les meilleurs mathématiciens de l’époque. L’histoire de Gauss était bien connue à l’époque de Conan Doyle, et celle de Ramanujan fut révélée à Oxford entre début 1913 et le milieu de 1914. La Vallée de la peur, qui fait référence à La Dynamique d'un astéroïde, dû au professeur Moriarty, fut publié en 1915[4].

Des MacHale, dans son livre George Boole : sa vie son œuvre (George Boole: his life and work 1985, Boole Press) suggère que George Boole a pu être un des modèles de Moriarty.

Le modèle que Conan Doyle cite lui-même (à travers le discours de Sherlock Holmes) dans La Vallée de la peur est Jonathan Wild, le grand criminel londonien du XVIIIe siècle. Holmes mentionne son nom en essayant de comparer Moriarty à un personnage connu que l’inspecteur MacDonald pourrait connaître. En vain, car l’inspecteur n’est pas aussi cultivé que le détective.

Télévision / cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Vallée de la peur
  2. Macintyre 1997, p. 7.
  3. Le Dernier Problème, texte en ligne [PDF] sur le groupe ebooks libres et gratuits sous le titre Le Problème Final
  4. a et b La Vallée de la Peur, texte en ligne [PDF], p.4, sur le groupe ebooks libres et gratuits.
  5. Source : Les Aventures de Sherlock Holmes, édition intégrale bilingue avec texte anglais original à l'appui, parue chez l'éditeur Omnibus, tome 2 pour les faits énoncés ici.

Lien externe[modifier | modifier le code]