Pire ennemi dans la fiction

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Dans la fiction, l'archétype du « pire ennemi », de l'« ennemi juré », de la « némésis » ou de l'« ennemi no 1 » (appelé archenemy ou « Némésis » en anglais) est un personnage constituant le principal adversaire d'un autre personnage (traditionnellement le héros)[1]. Il s'agit d'une variante du personnage du méchant, pouvant se distinguer par son caractère récurrent dans le cas d'une série de fiction.

Motivations[modifier | modifier le code]

L'origine du personnage et son statut peuvent varier dans les œuvres de fiction :

  • il peut s’agir du plus puissant ennemi du héros (le Docteur Fatalis pour Les Quatre Fantastiques, le Professeur Moriarty pour Sherlock Holmes et Sylar pour Peter Petrelli) ;
  • l’ennemi peut avoir un lien direct avec le héros et/ou son passé (Trigon pour Raven ou Voldemort pour Harry Potter ou Ridley pour Samus Aran dans Metroid) ;
  • Il peut avoir une vieille rancune envers le héros (Lex Luthor pour Superman, Kevin 11 pour Ben 10...), ou en être lui-même la cible ;
  • Il peut être l’ennemi le plus récurrent et jouer un rôle majeur (XANA pour les Lyoko-guerriers, les Dalton pour Lucky-Luke, le colonel Olrik pour Blake et Mortimer) ;
  • Il peut être l’opposé exact du héros (le Joker pour Batman, Rastapopoulos pour Tintin) ;
  • Le héros et son principal ennemi peuvent être les chefs de factions opposées (Mégatron pour Optimus Prime).

Il arrive qu’un héros ait plusieurs « ennemis jurés », pouvant alterner ou se succéder en tant que « pire ennemi » : ainsi, dans Spider-Man, ont été considérés comme les pires ennemis du héros le Bouffon Vert, Docteur Octopus et Venom, tous trois ayant été à diverses époques les adversaires les plus récurrents et les plus importants de la série.

Naturellement, un « pire ennemi » se doit d'apparaître à plusieurs reprises, à moins que l'histoire ne compte pas plusieurs épisodes : ainsi, le héros et son ennemi se sont en général affrontés plusieurs fois, et se connaissent particulièrement bien l'un l'autre.

Comme le souligne Ezekiel dans Spider-Man, il y a souvent une certaine symétrie entre un héros et son ennemi désigné : Thor combat Loki (dieu contre dieu), Captain America Crâne Rouge (patriote contre extrémiste), les X-Men Magnéto (mutants contre mutants).

Défaite du pire ennemi[modifier | modifier le code]

L’une des grandes difficultés avec l'adversaire principal est que, étant l’ennemi juré, il faut créer un compromis entre le faire se battre par le héros et ne pas le faire disparaître pour de bon, puisqu’il a une place presque aussi essentielle que le héros. Dans les cas où il est finalement vaincu, il faut en créer un nouveau ou le faire revenir. Un procédé récurrent dans ce but est de ne jamais le tuer vraiment, seulement de faire croire à sa mort du point de vue du héros, le lecteur pouvant pour sa part savoir ou non si l'ennemi a survécu. Ce genre de procédé est souvent sujet à plaisanterie lorsque les auteurs en abusent. Le Joker serait un bon exemple, car tout au long de toute sa carrière, il n'est pas rare qu'il se soit fait passer pour mort. On peut également citer Magnéto, dont la capacité à revenir alors qu'on le croyait mort est devenu un sujet de blague interne comme externe à la série, Magnéto lui-même estimant que cela arrive trop souvent pour qu'il prenne encore la peine d'expliquer pourquoi. Le pire ennemi est donc le personnage pour laquelle s'applique le plus fortement la règle connue des lecteurs de comics, mais que les héros eux-mêmes ignorent souvent : si vous n'avez pas vu le corps, ne croyez pas à sa mort.

Dans certains cas, il est arrivé que des ennemis se soient réellement fait tuer, mais aient été ressuscités suite à un procédé variable. Ainsi, Shredder a été recréé par clonage après sa mort dans son premier combat contre les Tortues Ninja, l'incarnation de Mégatron dans le film de Transformers a été ranimée par ses forces survivantes et le Deathstroke de la série animée de Teen Titans a été ramené à la vie par le démon Trigon suite à un pacte. En général, à moins de vouloir tourner ça au gag, les auteurs évitent de trop renouveler ce procédé, et il est peu probable qu'un personnage ressuscité ne soit destiné à revivre à nouveau s'il se refait tuer. Il n'est pas rare également que l'ennemi principal sorte plus puissant qu'auparavant de sa résurrection.

D’autres méthodes peuvent également être employées : l'ennemi peut temporairement perdre ses pouvoirs et ne plus constituer une menace jusqu’à ce qu’il les retrouve et revienne (Venom, dont les pouvoirs dépendent de son symbiote, fonctionne souvent sur ce principe), se faire emprisonner un temps dans un lieu dont il est difficile de s’échapper (Vilgax est un temps emprisonné dans le Vide Absolu, Vlad Plasmius dans le Royaume des Fantômes, le Shredder de 80 dans la Dimension X, Ganondorf dans The Legend of Zelda: Ocarina of Time qui se fait emprisonner par les sept Sages dans le Saint-Royaume...), conclure une trêve temporaire avec le héros (Decepticans), ou tout simplement toujours s’en prendre à ce dernier en ne subissant que des petites défaites jusqu’à ce qu’il soit vraiment vaincu (XANA).

Dans les cas où les ennemis sont identifiables par un surnom et un costume, il arrive qu'un héritier reprenne leur titre et les remplace après leur mort. Ainsi, le nom de Shredder a été repris par sa fille adoptive Karai dans la série de 2003, et le costume du Bouffon Vert a été porté par plusieurs personnes après Norman Osborn, le plus fameux étant son fils Harry. Usuellement, ce genre de changement est peu apprécié des fans, qui estiment qu'aucune incarnation ne peut égaler la première.

Point de vue du méchant[modifier | modifier le code]

On peut remarquer que, en principe, un méchant considère le héros auquel il est opposé comme son propre ennemi principal. Dans la plupart des cas, chacun se perçoit comme l'ennemi no 1 de l'autre et/ou considère l'autre comme tel : Batman et le Joker, par exemple, se considèrent chacun comme le pire adversaire l'un de l'autre et voient l'autre comme leur ennemi juré. Cette opposition est au centre de plusieurs épisodes de la série, notamment Batman: Dark Knight, où elle va si loin que, une fois que Batman a raccroché les gants, le Joker ne voit plus l'intérêt de faire le crime, et reste à l'Asile d'Arkham jusqu'à ce que le retour du Chevalier Noir le pousse à ressortir.

Il est notable que, si de cette manière, le « pire ennemi » est un terme pouvant aussi bien aller au héros qu'à l'antagoniste selon le point de vue, le point de vue du héros reste dominant. Ainsi, un personnage ne peut être considéré comme un ennemi numéro un que s'il l'est au moins du point de vue du héros. Dans la série animée de Teen Titans, par exemple, le personnage de Captain Vidéo voit les Teen Titans comme ses principaux ennemis, et se considère comme le leur. Cependant, ces derniers ne le prennent pas au sérieux, et le considèrent de leur point de vue comme un ennemi mineur qu'ils ne prennent même pas la peine de mentionner sur la liste de leurs ennemis. Captain Vidéo ne peut donc pas être considéré comme un ennemi no 1.

Quelques exemples d'ennemis récurrents ou archétypaux[modifier | modifier le code]

Dans les mythologies[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Comics[modifier | modifier le code]

DC Comics[modifier | modifier le code]

Marvel Comics[modifier | modifier le code]

Mirage Studio[modifier | modifier le code]

Personnages Disney[modifier | modifier le code]

Autres bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]