Petite clarinette

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De gauche à droite: Les petites clarinettes en la bémol et mi bémol, la grande clarinette en si bémol.

La petite clarinette est un instrument de musique à vent de la famille des bois.

La petite clarinette est un instrument transpositeur en mi bémol: elle sonne une tierce mineure au-dessus des notes écrites et une quarte juste au-dessus de la clarinette en si bémol. Les clés sont plus petites est plus proches l’un à l’autre que celles de la grande clarinette ce que demande une justesse du doigté particulière. Le bec et l’anche sont aussi d’une taille assez petite.

Souvent la partie de la petite clarinette à l’orchestre est jouée par le musicien qui joue aussi de la deuxième ou troisième grande clarinette et reprend l’un ou l’autre instrument selon les indications dans la partition. Aux cas extrêmes le réchange est encore plus complexe. Le Nez de Dmitri Chostakovitch demande la petite clarinette en mi bémol, la clarinette en si bémol et la clarinette basse en si bémol. Lors de l’execution un seul musicien est à jouer tous les trois instruments.

Emploi à l’orchestre symphonique[modifier | modifier le code]

Le timbre de la petite clarinette est perçant et criard surtout dans le registre aigu ce qui détermine son emploi dans la musique. Les compositeurs ayant introduit cet instrument à l’orchestre cherchent à créer l’image grotesque ou parodique. L’exemple le plus évident est le mouvement final de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz. Le compositeur y confie à la petite clarinette le thème de la bien-aimée moqueusement défiguré.

Bien que la Symphonie fantastique a du succès la petite clarinette en mi bémol n’est utilisée ni par Berlioz dans ses œuvres suivantes ni par les autres compositeurs romantiques. Ce n’est qu’à la fin du siècle qu’en quête des nouveaux couleurs timbrales les compositeurs regagnent l’estime à cet instrument.

La petite clarinette est introduite dans toutes les symphonies de Gustav Mahler, parfois deux sont utilisées. Son rôle est d’amplifier les sons aigu de l’orchestre mais les solos sont aussi présentés (symphonie nº 2, troisième mouvement), souvent marqués comme Mit Humor (avec l’humour), Mit Parodie (avec la parodie), Keck (audacieusement) etc.

En France Maurice Ravel l’introduit dans son ballet Daphnis et Chloé ainsi que dans le célèbre Boléro et dans le Concerto en sol majeur.

Dmitri Chostakovitch dont les œuvres (surtout la Quatrième et Cinquième symphonie) portent l’influence de Mahler, fait l’usage considérable de la petite clarinette dans sa musique orchestrale. On trouve habituellement les solos de la petite clarinette dans les scherzos des symphonies nº 4―8, 10 et 13. Avec cela la petite clarinette joue un rôle important dans les opéras et ballets de Chostakovitch. Ces solos demande souvent la grande agilité des doigts (symphonie nº 6, deuxième mouvement) et la justesse parfaite du son dans le registre suraigu (symphonie nº 7, deuxième mouvement; L'Âge d'or).

Emploi dans les autres formations[modifier | modifier le code]

Les œuvres de chambre pour la petite clarinette sont peu nombreuses. Au XIXe siècle certains compositeurs italiens y portent l’intêret. Amilcare Ponchielli compose un quintuor pour flûte, hautbois, clarinettes en mi bémol et en si bémol et piano. À Ernesto Cavallini on doit plusieurs morceaux pour le duo de clarinettes en mi bémol et en si bémol. Cavallini lui-même joue de la petite clarinette et il existe quelques compositions pour cet instrument qui lui sont dédiées.

Arnold Schönberg l’utilise dans la Suite op. 29 et Anton Webern écrit trois Lieder pour soprano, petite clarinette et guitare.

Dans la troisième mouvement de Quintette pour clarinette et cordes de Paul Hindemith la grande clarinette est changée en la petite pour évoquer le caractère du Schneller Ländler (un ländler vif).

Parmi les œuvres du style contemporain on peut note Trois études (Tre studi; 1954) de Giacinto Scelsi et la Sonatine (1994) d’Easley Blackwood.

Une ou deux petites clarinettes font la partie obligatoire de l’orchestre d'harmonie.

Le Schrammelmusik viennois fait l’usage de la petite clarinette d’une tessiture encore plus haute: en sol.

La petite clarinette en Ré[modifier | modifier le code]

Il existe aussi la variété de la petite clarinette qui transpose une seconde majeure au-dessus. Les six concertos de Johann Melchior Molter qu’on estime les premières œuvres pour la clarinette de ce genre sont écrits pour la clarinette en ré. À cette époque on ne définit cet instrument quand même comme la petite clarinette car la grande (c’est à dire la clarinette en si bémol) n’a pas encore évolué.

Plus tard la clarinette en ré est utilisée pour les tonalités avec les dièzes comme celle en mi bémol pour les tonalités avec les bémols. Franz Liszt dans son poème symphonique Mazeppa demande les clarinettes en ré et en la.

Dans la poème symphonique Till l'Espiègle de Richard Strauss elle réprésente (avec le cor d'harmonie) le caractère mordant du personnage principal.