Archiluth

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L'archiluth est un instrument à cordes pincées européen qui a été conçu dans les années 1600 comme une sorte de compromis entre le très grand et volumineux théorbe, dont la taille et l'accord rentrant rendaient difficiles l'exécution d'un répertoire solo, et le luth renaissance ténor, auquel manquaient les longues cordes graves du théorbe.

Il s'agit donc d'un luth ténor auquel est ajoutée une extension du manche comparable à celle d'un théorbe, qui ne possède toutefois pas la puissance qu'a le théorbe dans le registre médium et grave grâce à ses cordes de grande longueur et sa caisse de résonance volumineuse.

La principale différence entre l'archiluth et le luth baroque de l'Europe du nord est le nombre de cordes et l'accord. Là où le luth baroque a de 11 à 13 chœurs, l'archiluth en a généralement 14 et, alors que le luth baroque est accordé selon un accord en ré mineur, l'archiluth reprend l'accord du luth renaissance, avec des quartes justes entourant une tierce pour les six premiers chœurs. L'archiluth est fréquemment utilisé comme instrument soliste pendant les trois premiers quarts du XVIIe siècle, mais rarement mentionné comme instrument de continuo pendant cette même période, l'instrument de la famille des luths choisi de préférence pour ce rôle étant le théorbe.

Comme les lignes de basse du continuo étaient composées avec des tempos plus rapides et dans une tessiture plus aiguë à la fin du XVIIe siècle, l'archiluth commença à éclipser le théorbe comme instrument principal du continuo. Il manquait au théorbe les notes les plus aiguës et la pratique de plus en plus répandue de doubler la partie de basse par un instrument à archet (violoncelle ou viole de gambe) rendait le manque de son du registre médium et basse de l'archiluth moins important.

Le théorbe a été fréquemment utilisé comme instrument mélodique de basse dans les sonates en trio du début du baroque et l'archiluth a également été employé de cette manière comme dans les célèbres sonates en trio opus 1 et 3 de Corelli qui ont des parties mentionnant violone o arciliuto et une partie de continuo pour orgue, version simplifiée de celle pour violone o arciliuto. La partie de violone o arciliuto contient autant d'indications de chiffrage que celle pour orgue, ce qui laisse supposer que l'archiluth réalisait la basse continue chaque fois que c'était possible.

L'archiluth est utilisé dans les opéras de Haendel ; Giulio Cesare (1724) possède des parties de continuo avec les mentions de arciliuto et tiorba (archiluth et théorbe). Peut-être un seul musicien jouait-il alternativement des deux instruments.

La musique solo pour archiluth est généralement notée en tablature.

Un archiluth par Matteo Sellas, Venise, XVIIe siècle

Compositeurs[modifier | modifier le code]

Toute œuvre de musique baroque italienne tardive avec une partie de luth peut-être comprise comme une œuvre avec une partie d'archiluth, le luth renaissance n'étant plus utilisé à cette période. Les compositeurs principaux pour archiluth sont Alessandro Piccinini au XVIIe siècle et Giovanni Zamboni pour le XVIIIe siècle avec pour ce dernier un recueil de douze sonates (publié à Lucca en 1718), et aussi Antonio Scotti et Melchiorre Chiesa compositeurs milanais du XVIIIe siècle tardif. D'autres compositeurs connus pour l'archiluth sont Antonio Tinazzoli, Giuseppe Vaccari et Lodovico Fontanelli.

Interprètes[modifier | modifier le code]

On peut citer parmi les luthistes jouant principalement de l'archiluth Edin Karamazov, Axel Wolf et Luca Pianca (fondateur de l'ensemble Il Giardino Armonico), et parmi les luthistes en jouant souvent Paolo Cherici, Massimo Lonardi, Luciano Contini, Paul O'Dette, Jakob Lindberg et Nigel North.

Accord[modifier | modifier le code]

Accord archiluth.png

Accord habituel de l'archiluth : les petites notes représentent les deuxièmes cordes ajoutées aux basses qui sont optionnelles. Lorsque les basses étaient assez longues, il n'était pas indispensable de les doubler, lorsqu'elles étaient plus courtes une seconde corde à l'octave permettait d'en renforcer le son[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]