Concerto en sol de Ravel

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Concerto en sol
Genre Concerto pour piano
Nb. de mouvements 3
Musique Maurice Ravel
Durée approximative env. 21 min
Dates de composition 1929-1930
Commanditaire Serge Koussevitzky
Création 14 janvier 1932
Salle Pleyel, Paris
Interprètes Marguerite Long, Orchestre des Concerts Lamoureux dirigé par Maurice Ravel

Le Concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Maurice Ravel est un concerto pour piano et orchestre en trois mouvements, achevé en 1929-1930. Il a été créé à Paris, salle Pleyel, le 14 janvier 1932 par Marguerite Long (au piano) et l'Orchestre des Concerts Lamoureux, dirigé par le compositeur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une œuvre commandée par Serge Koussevitzky pour le 50e anniversaire de l'Orchestre symphonique de Boston (parmi les autres partitions commandées à cette occasion on note le Konzertmusik pour orchestre à cordes et cuivres de Paul Hindemith et la Symphonie de psaumes d’Igor Stravinsky).

L'instrumentation légère - un seul instrument par pupitre des bois et cuivres, cors et bassons exceptés, 24 violons, 6 altos, 6 violoncelles et 4 contrebasses - s'explique par le fait que Ravel voulait à l'origine composer une simple « Fantaisie pour Piano et Orchestre » en deux mouvements[réf. nécessaire] et que, devant l'évolution de son travail d'élaboration, il opta finalement pour une forme concertante classique en trois mouvements et donc une dénomination de « Concerto », plus adaptée au résultat final. Malgré cet effectif minimum, Ravel parvient à obtenir des effets orchestraux puissants, démontrant encore une fois un talent d'orchestrateur hors pair[réf. nécessaire].

L'esthétique de l’œuvre oscille entre folklore basque, références nombreuses au jazz et au Charleston, alors très en vogue à Paris (1er mouvement), hommage au mouvement lent du Quintette avec clarinette de Mozart (2e mouvement) et fascination pour la machine, partagée par de nombreux artistes plasticiens et compositeurs de l'époque (3e mouvement).[réf. nécessaire]

Pour se démarquer de la tradition du genre, Ravel affirma[Où ?] n'avoir pas voulu composer un concerto uniquement pour la main droite mais une œuvre pianistique qui, bien au contraire, met sur un pied d'égalité la virtuosité et l'expressivité des deux mains, abolissant ainsi la hiérarchie habituelle qui reléguait la main gauche au rang d'accompagnatrice de la main droite.[réf. nécessaire]

Le deuxième mouvement (Adagio assai) qui devait initialement clore l’œuvre, est le plus célèbre[réf. nécessaire] des trois, Ravel y développant le motif le plus long de toute son œuvre, sous la forme d'une aria très épurée du piano solo. Il y confirme un sens lyrique aussi aigu que retenu. Ravel avoua[Où ?] avoir beaucoup peiné à composer ce mouvement, deux mesures par deux mesures, en s'inspirant du Quintette avec clarinette de Mozart. Certains[Qui ?] ont cru y voir un manifeste néo-classique, ce que démentent les deux autres mouvements.[réf. nécessaire]

C'est la dernière œuvre importante de Maurice Ravel, atteint peu après de la maladie cérébrale qui l'emportera finalement en 1937.

Francis Poulenc fut très impressionné par l'écoute de ce concerto. Son Concerto en ré mineur pour deux pianos et orchestre, créé en septembre de la même année révèle certaines affinités formelles ou esthétiques avec son devancier ravélien.[réf. nécessaire]

Structure[modifier | modifier le code]

Le concerto est divisé en trois mouvements :

  • Allegramente en 2/2 : le thème est joué à la flûte piccolo.
  • Adagio assai en 3/4 : un grand crescendo va amener l'auditeur jusqu'au 3e mouvement.
  • Presto en 2/4: mouvement en contraste avec le précédent, incluant quelques éléments de jazz[1].

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Instrumentation du Concerto en sol
Cordes
1 piano soliste, 1 harpe, premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses

Bois
1 piccolo, 1 flûte, 1 hautbois, 1 cor anglais

1 clarinette en mi ♭, 1 clarinette (en si ♭ et la), 2 bassons

Cuivres
2 cors en fa, 1 trompette en ut,

1 trombone

Percussions
timbales, triangle, caisse claire, cymbales, grosse caisse, gong, wood-block, fouet

Discographie[modifier | modifier le code]

L'interprétation qu'en a donnée Martha Argerich en 1967, avec l'orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado, est particulièrement remarquable[2], ainsi que celle d'Arturo Benedetti Michelangeli avec Sergiu Celibidache.

Le pianiste de jazz Herbie Hancock joue le deuxième mouvement de cette œuvre dans son album Gershwin's World, pour lequel il obtient en 1999 le Grammy Award dans la catégorie Best Jazz Instrumental Performance, Individual or Group.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T.Benardeau et M.Pineau, La Musique, Nathan, collection : Repères pratiques, p.93, Le concerto en Sol majeur, M.Ravel.
  2. Le Monde de la Musique décembre 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]