Perruche alexandre

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Perruche alexandre

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Mâle adulte Psittacula eupatria

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Psittaciformes
Famille Psittacidae
Genre Psittacula

Nom binominal

Psittacula eupatria
(Linnaeus, 1766)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Nouveau né

La Perruche alexandre (Psittacula eupatria) est une espèce d'oiseaux de la famille des psittacidés. Elle a été nommée en mémoire de l'empereur Alexandre le Grand qui en fit exporter vers divers pays et régions d'Europe et de la Méditerranée.

Son nom scientifique latin eupatria pourrait-être une combinaison grecquo-latine. Le préfixe 'eu' se traduierait du latin par 'bien ou noble' en français et où le suffixe 'patria' est un mot latin qui se traduit ou signifie 'patrie' en français. L'appellation scientifique eupatria signifierait alors 'de noble patrie'.

Sous-espèces et distribution[modifier | modifier le code]

D'après le Congrès ornithologique international, cette espèce est constituée des cinq sous-espèces suivantes :

  • P. e. eupatria ; sud de l’Inde, jusqu’au Hyderabad, Andhra Pradesh, Sri Lanka.
  • P. e. nipalensis ; est de l’Afghanistan, est et ouest du Pakistan, nord et centre de l’Inde, Népal, Buthan, Assam.
  • P. e. magnirostris ; Îles d’Andaman.
  • P. e. avensis ; district de Cachar, d’Assam à Amherst, Birmanie.
  • P. e. siamensis ; Viêt Nam, Cambodge, Laos, nord et est de la Thaïlande.

Cette espèce s'est par ailleurs naturalisée (espèce étrangère survivant et se reproduisant hors de ses aires de distribution naturelles) dans de nombreux pays européens. Notamment en Allemagne, au sud de l'Angleterre, en Belgique, en Hollande… où elle vit généralement parmi et/ou auprès des bandes de Psittacula krameri (Perruche à collier-rose) naturalisées et vivant aussi en ces pays.

Description[modifier | modifier le code]

La sous-espèce P. e. eupatria est une très grande perruche mesurant 58 cm (23 pouces), présentant une envergure de 18,9 à 21,5 cm. Elle est majoritairement verte bien que ses joues et sa nuque présente des reflets gris bleu (surtout chez les mâles adultes). L'abdomen est vert-jaunâtre, le dessus des plumes centrales de la queue sont vertes-bleutées à pointes jaunes, les plumes externes de la queue sont vertes alors que le dessous de la queue est jaune. Toutes les perruches alexandre (quels que soient leur âge, leur sexe et/ou leur sous-espèce) présentent une tache oblongue marron (rouge-brunâtre) sur le haut des plumes de couverture allaire et ceci dès leur 1er emplumage à l'intérieur du nid. Les mandibules inférieur et supérieur sont d'un rouge-franc à pointes jaunes. L'iris est blanc-jaunâtre et le cercle-périophtalmique (cercle-oculaire) est gris-pâle. Les pattes sont grises sauf chez la sous-espèce siamoise (P. e. siamensis) où elles sont grises-jaunâtres. Les mâles adultes (plus de 2-3 ans) n’ont souvent qu’une petite bande gris-bleuté au-dessus de leur bande-nuquale rose.

Les mâles adultes (plus de 3 ans) présentent chez chacune des sous-espèces un collier noir de jais ainsi qu'une large bande-nuquale rose.

Les femelles adultes (plus de 3 ans) présentent souvent un ombrage de collier gris-clair à gris-moyen et une bande-nuquale d'une teinte plus pâle que la couleur de leur corps (vert lime chez les femelles vertes sauvages).

Les immatures chez les 2 sexes sont très similaires aux femelles adultes mais comme chez toutes les espèces de perruches, les jeunes Grand-Alexandre présentent toujours des caudales centrales (et donc des queues) beaucoup plus courtes. Leur plumage d'adulte est acquis habituellement entre 18 et 30 mois (1½-2½ an), mais peut parfois apparaître aussitôt qu'à 12 mois ou encore aussi tard qu'à 36 mois (3 ans). Conséquemment, le sexage-visuel des perruches alexandre n'est véritablement assuré et connu que lorsque celles-ci ont atteint l'âge de 36 mois (3 ans). Le mâle est sexé visuellement avec assurance dès l'apparition d'une (ou plusieurs) plume noire de jais du collier et/ou encore d'une (ou plusieurs) plume rose de la bande nuquale. Alors que les individus âgés de 36 mois (3 ans) et plus ne présentant aucune plumes noir de jais au collier, ni de plume rose à la bande-nuquale sont alors assurément femelles.

La sous-espèce P. e. nipalensis est la plus grande de l’espèce mesurant 62 cm, elle présente une envergure de 20 à 24 cm et est de ce fait la plus grande perruche du monde. Elle ressemble beaucoup à la sous-espèce nominale P. e. eupatria. Par contre, les plumes de la poitrine et de l’abdomen chez les deux sexes présentent des reflets gris-blanchâtre, les joues et nuques sont nuancées de bleu et les mâles adultes présentent une large bande-nuquale rose.

La sous-espèce P. e. magnirostris est légèrement plus grande, 60 cm, que P. e. eupatria et présente une envergure de 20 à 22,5 cm . Elle ressemble aussi beaucoup à la sous-espèce nominale. Par contre, les plumes de la poitrine et de l’abdomen chez les deux sexes présentent des reflets gris-bleu. La tache marron sur leurs épaules est typiquement plus rougeâtre (ou moins brunâtre) que chez la ssp. nominale. Leur bec est plus large et plus massif. Les mâles adultes présentent une large bande-nuquale rose, les nuances de bleu au-dessus de la bande-nuquale sont très restreintes ou parfois absentes chez certains spécimens.

La sous-espèce P. e. avensis est de même taille que P. e. eupatria, mesure 58 cm, présente une envergure de 19,4 à 22 cm et ressemble donc beaucoup à cette dernière. Par contre, le dessus de la tête et la nuque sont d’un vert-jaunâtre, les reflets bleus sont restreint aux joues et donc absents de la nuque. Les mâles adultes présentent une bande-nuquale plus mince et d’un rose plus franc.

La sous-espèce P. e. siamensis est légèrement plus petite que P. e. eupatria, mesure 56 cm, présente une envergure de 17,9 à 20,5 cm et ressemble beaucoup à la sous-espèce nominale. Par contre, le dessus de la tête et de la nuque présente des reflets bleu-pâle, qui s’étendent à la couronne chez certains spécimens. Les joues sont vertes-jaunâtre, la tache marron de l’épaule est d'un rouge quasi exempt de teinte brunâtre et leurs pattes présentent une teinte jaunâtre prononcée. Les mâles adultes présentent une bande-nuquale plus mince et d’un rose plus franc.

Aviculture[modifier | modifier le code]

On peut facilement amener ces oiseaux à se reproduire en isolant un couple dans une grande volière. La couvée moyenne contient de 2 à 4 œufs qui mesurent 34 x 26,9 mm, l'incubation moyenne est de 28 jours débutant généralement au 2e ou 3e œuf pondu. Les oisillons font leurs premières sorties du nid à environ 7 semaines ; ils sont éduqués, nourris et soignés durant les 21 jours (3 semaines) suivants et sont typiquement sevrés à l'âge de 3 à 4 mois (12 à 16 semaines). Ces perruches peuvent passer l'hiver à l'extérieur à condition d'avoir un abri où elles ne risquent pas les engelures aux pattes.

La perruche alexandre est l’une des plus anciennes espèces de psittacidés ayant été gardées en captivité. L'espèce tire son nom commun de son illustre découvreur, le légendaire Alexandre Le Grand, qui fit exporter de nombreux spécimens par ses troupes de légionnaires. Dès lors cette perruche partagea la vie et fut élevée auprès des fortunés, nobles et monarques alexandrins, égyptiens, grecques, perses, romains etc. et autres peuples d'Asie Mineure, européens et méditerranéens.[réf. nécessaire]

Captivité[modifier | modifier le code]

Perruche alexandrine au Kowloon Park, Hong Kong.

Cette perruche peut-être moyennement bruyante selon que le sujet adopté a été ou non apprivoisé, élevé et socialisé loin de ses congénères et/ou de perroquets bruyants. Les vocalises des perruches alexandre sont puissantes mais plus graves que celles de sa cousine Psittacula krameri (Perruche à collier-rose). Espèce active, amoureuse de l'eau, très gourmande, acceptant très facilement la nouveauté et la diversité alimentaire. Elle grignote vigoureusement et il est donc impératif de lui offrir un apport régulier en matériaux à grignoter tels que branches et/ou bois non-toxique (bouleau, pin, pommier, poirier, saule, tremble) et n'ayant jamais été traités d'aucun type de produit chimique (désinfectant, eau-de-javel, fongicide, insecticide, pesticide) L'espèce est résistante et vigoureuse lorsqu’acclimatée. Les couples doivent être absolument isolés un couple par cage/volière durant la saison de reproduction, car les femelles chez le genre Psittacula deviennent alors très intolérantes et territoriales.

La perruche alexandre a une espérance de vie moyenne de 40 ans et figure parmi les 5 grands champions de l'imitation chez les perroquets aux côtés de leur espèces cousines du Genre Psittacula, des perroquets gris d'Afrique (du Cameroun/Congo/Gabon/Ghana/Princeps et du Timneh), des amazones, des Éclectus et des Perruches ondulées mâles. Les sujets ayant été apprivoisés et socialisés dès leur plus jeune âge deviennent d'excellents perroquets de compagnie.

Ces perruches sont de nature docile, enjouée, gourmande, placide, sociable, tolérante et présentent une intelligence aussi étonnante.

Reproduction naturelle[modifier | modifier le code]

Saison de reproduction de novembre à avril dans leurs aires de distribution naturelles. Couvées moyenne de 2 à 4 œufs mesurant 34,0 x 26,9 mm (1 x 1 1/3 pouces), incubation moyenne de 28 jours débutant généralement au 2e ou 3e œuf pondu. Premières sorties du nid à environ 7 semaines. Les jeunes deviennent indépendants environ 60 jours (2 mois) plus tard et sont sevrés à l'âge de 3 à 4 mois (12 à 16 semaines).

Alimentation naturelle[modifier | modifier le code]

Dans la nature, cet oiseau consomme des graines, des noix, des fruits, des baies, des bourgeons, des fleurs et des nectars (Salmalia, Butea, Erythrina, Bassia latifolia). Il cause aussi des dommages considérables aux cultures de grains, de riz, de maïs et de fruits.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Forshaw J.M. (2006) Parrots of the World. An identification guide. Princeton University Press, Princeton, Oxford, 172 p.
  • del Hoyo J., Elliott A. & Sargatal J. (1997) Handbook of the Birds of the World, Volume 4, Sandgrouse to Cuckoos. BirdLife International, Lynx Edicions, Barcelona, 679 p.
  • Mario D. & Conzo G. (2004) Le grand livre des perroquets. de Vecchi, Paris, 287 p.