Papegai

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Archers lors du jeu du papegai à Avignon au XVIIe siècle.
Le jeu du papegai en Anjou à l'époque de la Renaissance.
Arquebusiers lors du jeu du papegai à Rennes en 1532.
Le jeu du papegai à Bruxelles en 1652 par David Teniers le Jeune.
Retour du vainqueur du jeu du papegai par Pierre-Jean Mariette (XVIIIe siècle).

Le papegai ou papegault, selon les régions, est un mot en ancien français qui désigne un oiseau apparenté au perroquet. Le terme fut ensuite utilisé pour désigner une cible faite d'un oiseau de bois ou de carton placé au haut d'une perche ou d'un mât, pour des tireurs à l'arc ou à l'arbalète et plus tard à l'arquebuse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Papegai est un mot occitan issu du grec byzantin "παπαγάς", lui-même issu de l'arabe babaḡā (ببغاء) (perroquet). On le retrouve en turc : papağan ; en catalan : papagall ; en espagnol : papagayo ; en portugais papagaio ; en italien : papagallo, en roumain : papagal, en allemand : Papagei, en néerlandais : papegaai, en flamand : papegen, en anglais : popinjay, en écossais : papingo.

Variantes françaises[modifier | modifier le code]

Papegai

Papegaï, papegay, papeguay, papapegay, papogay

Papegault

Papegau, papegaulx, papegaut, papegaud,

Autres variantes

Papegant.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le terme papegai désigne le perroquet dans la terminologie héraldique des armoiries et blasons.

Littérature[modifier | modifier le code]

Quand le printemps poussoit l'herbe nouvelle
Qui de couleurs se faisoit aussi belle
Qu'est la couleur d'un gaillard papegay
Bleu, per, gris, jaune, incarnat et vert-gay.
Gargantua jouait aussi à la grosse pelote, il luctait, courait, saultait, il tirait au papegay, et trouvait encore le temps de tâter de la balle ou de la paume.
Le Papegault, nouvelle de Lucien GILLET parue dans Monde et Voyages (N°176 d'août 1938,p.188 à 190)

Le jeu du papegai ou du papegault[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, se pratiquait, chaque année, en généralement au printemps, un jeu du "tir à l'oiseau" également appelé, le "tir du Roy" ou le "tir à l'abat d’oiseau"[1]. Une cible, représentant un volatile, était accrochée en haut d'un mât, d'une longue perche, à la cime d'un arbre ou au sommet d'une tour, ou bien encore dans les douves des châteaux et les fossés des remparts. Le jeu du papegai ou du papegault consistait, pour ceux qui y étaient autorisés, à tirer à l'arc ou à l'arbalète, sur un oiseau le plus souvent en bois, placé à une certaine hauteur et distance des concurrents. Le jeu était organisé par les confréries d'archers, d'arbalétriers, puis d'arquebusiers. L'ordre de tir est établi par les compagnies d'archers et d'arbalétriers, d'abord l'empereur (s'il y en a eu un l'année passée), le roi du précédent jeu, le capitaine, les officiers, puis les chevaliers par ordre d'ancienneté, enfin les archers, arbalétriers puis arquebusiers par ordre d'ancienneté.

Le vainqueur du tournoi, recevait le titre de "Roy" et même parfois le titre d'"Empereur". Il avait le droit de représenter la confrérie au cours de l'année suivante et recevoir tous les honneurs. Il recevait le "joyau du Roy", souvent une timbale gravée à son nom. Il bénéficiait en plus d'exemptions notamment en matière d'imposition, notamment sur le vin : le droit de papegay.

Les origines de ce jeu médiéval se trouvent parmi les gardes de protection qu'ont les habitants des villes et des villages depuis le XIIIe siècle. Des "milices bourgeoises" sont constituées afin de protéger les habitants des incursions des soldats de seigneurs rivaux ou de bandes armées et cet exercice de tir constitue un entraînement.

Dès le XVe siècle, on le trouve en usage dans la plupart des provinces de France, en Anjou, en Auvergne, dans la Bresse[2], en Bretagne, dans le Dauphiné, en Franche-Comté[3], en Gascogne, en Lorraine, dans le Lyonnais[4], en Normandie, en Picardie, en Provence et en Savoie. Des ordonnances ducales rendues en 1407 et 1471 ainsi que la lettre patente du roi Charles IX de France de décembre 1573 relatif aux droits du jeu de l’arquebuse et arbalète, avaient accordé à celui qui abattrait le papegault l’affranchissement des tailles, aides, dons, emprunts, etc. Le jeu du papegai était également pratiqué dans d'autres pays européens, notamment en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie et en Suisse.

À la Renaissance, ces milices, organisées militairement en bataillons et en compagnies sont dirigés par des officiers. Le pouvoir royal y trouve d'habiles tireurs entraînés pour ses armées et la défense du territoire notamment à proximité des frontières.

Le jeu du papegai ou papegault disparut au cours du XVIIIe siècle. Plusieurs raisons à cela, notamment la fin des troubles entre seigneurs, des razzias de bandes armées ; ainsi que la constitutions de compagnies de maréchaussée constituées de gens d'armes dénommés sous l'Ancien Régime, gendarmes. Enfin la fin des privilèges accordés au vainqueur de ce jeu d'adresse. Lors de la Révolution française, se jeu ne se pratiquait plus.

Au cours du XXe siècle, des associations de tireurs ont remis au goût du jour la pratique de ce jeu, notamment en Auvergne, en Bretagne, en Picardie, dans le tir à la sarbacane de la Loire, en Belgique dans la province de Liège, etc.

Quelques tours du papegault en France[modifier | modifier le code]

Tours sur lesquelles était dressé un mât auquel était accroché un papegai ou papegault. Ces tours ont gardé, depuis lors, cette dénomination.

Célébrations du Papegai actuelles[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le tir du Roy ou le tir à l'abat d'oiseau
  2. Le jeu du papegai en Pays de Bresse et la compagnie des Francs-Arbalétriers
  3. Le jeu du papegai en Franche-Comté sous la Renaissance
  4. Récompenses aux vainqueurs du papegay en région lyonnaise au XVIIIe siècle