Deuxième partage de la Pologne

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La Pologne après le deuxième partage de (1793).
Le traité de partage de 1793.

Le deuxième partage de la Pologne est le deuxième des trois partages qui ont mis fin à l'existence de la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie) en 1795. Le second partage a lieu en 1793, au lendemain de la guerre pour la défense de la Constitution et de la création de la Confédération de Targowica de 1792 et est réalisé entre l'Empire russe et le Royaume de Prusse. Il est ratifié par le Parlement polonais (Sejm) en 1793 (voir Diète de Grodno).

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1790, la République des Deux Nations est dans un tel état de délabrement qu'elle est obligée de passer une alliance contre nature et finalement mortelle avec son ennemi, la Prusse. Le pacte polono-prussien de 1790 a donné le faux espoir que la Pologne puisse avoir enfin trouvé un allié qui saurait le protéger pendant qu'elle se réformera[1]. La Constitution de mai 1791 émancipe la bourgeoisie, établit la séparation des trois branches du pouvoir et supprime les abus de la diète de Repnin. Ces réformes vont pousser ses voisins qui se méfient d'une possible renaissance de la République[2],[3],[4] à des actions agressives. Une fois de plus la Pologne ose se réformer et s'améliorer sans l'autorisation de la Russie, et encore une fois l'impératrice Catherine II est irritée. Arguant que la Pologne est la proie d'un jacobinisme radical, qui est à son apogée en France, les forces russes envahissent le pays en 1792[2],[4].

Dans la guerre pour la défense de la Constitution, les magnats polonais pro-russes et conservateurs qui forment la Confédération de Targowica, luttent contre les forces polonaises soutenant la constitution, pensant que les Russes les aideraient à restaurer la Liberté dorée[2],[4]. Abandonnés par leurs alliés prussiens, les forces polonaises pro-constitutionnelles sont défaites face aux unités de la Targowica et de l'armée régulière russe[2],[4].

La Russie envahit la Pologne pour assurer la défaite des réformes polonaises, sans autre but manifeste qu'une autre annexion (qu'elle considère comme son protectorat, et ne croit guère avoir besoin de donner d'autres morceaux de la Pologne à d'autres pays)[2],[4],[5],[6]. Cependant Frédéric-Guillaume II de Prusse voit ces événements comme une opportunité pour renforcer son pays. Il exige de Catherine que pour son abandon de son soutien à la Pologne et pour la participation de la Prusse à la Première Coalition contre la Révolution Française (une participation que la Russie a encouragé, et dans laquelle la Prusse a récemment subi une défaite majeure à la bataille de Valmy), la Prusse doit être indemnisée - de préférence avec des parties du territoire polonais. La Russie décide rapidement d'accepter l'offre prussienne[2],[4].

Partage[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 1793 la Prusse signe un traité avec la Russie, convenant que les réformes polonaises seront abandonnées et que les deux pays recevront des morceaux du territoire polonais[4]. Les militaires russes et prussiens ont déjà pris le contrôle des territoires qu'ils prétendront peu de temps après vouloir annexer, avec les troupes russes déjà présentes et seules les troupes prussiennes rencontrent une certaine résistance[2],[4]. En 1793, les députés de la Diète de Grodno, dernière diète réunie de la République des deux nations, en présence des forces russes, acceptent les exigences territoriales de la Russie et la Prusse. La Diète de Grodno est devenu tristement célèbre non seulement comme la dernière Diète polono_lituanienne, mais parce que ses députés ont été soudoyés et forcés par les soldats russes, car la Russie et la Prusse voulaient une annexion officielle, l'approbation légale de la Pologne sure leurs nouvelles demandes. [2] [6]

La Russie reçoit la voïvodie de Minsk, la voïvodie de Kiev, la voïvodie de Braclaw, la voïvodie de Podole et des parties des voïvodies de Vilnius, Nowogródek, Brest-Litovsk et de la Volhynie (soit au total, 250 000 km2). L'annexion est acceptée par la Diète de Grodno le 22 juillet. La Russie réorganise ses territoires nouvellement acquis dans les gouvernements Minsk, Podolie et de Volhynie.

La Prusse reçoit les villes de Gdansk (Dantzig) et de Toruń (Thorn), et les voïvodies de Gniezno, Poznań, Sieradz, Kalisz, Płock, Brzesc Kujawski, Inowrocław, la région de Dobrzyń et une partie des voïvodies de Cracovie, Rawa et Mazovie (soit au total, 58 000 km2). Cela est accepté par la Diète de Grodno le 25 septembre. La Prusse organise ses territoires nouvellement acquis dans la Prusse-Méridionale.

Après la seconde partition, la République a perdu environ 308 000 km2 et est réduite à 217 000 km2). Elle a encore perdu environ 2 millions de personnes, seulement environ 3,4 millions de personnes restant en Pologne, un quart de la population estimée avant le premier partage (1772), estimée à plus de 14 millions de personnes.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les confédérés de Targowica, qui ne s'attendaient pas à une nouvelle partition, et le roi, Stanislas II, qui les a rejoint près de la fin, perdent beaucoup de prestige et de soutien devant la situation[2],[4]. Les réformateurs, pour leur part, connaissent un soutien croissant et, en 1794, le soulèvement de Kosciuszko commence. Cette insurrection est finalement vaincue, ce qui entraînera le troisième partage de la Pologne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Piotr Stefan Wandycz, The Price of Freedom: A History of East Central Europe from the Middle Ages to the Present, Routledge (UK), 2001, ISBN 0-415-25491-4, Google Print, p.128
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Henry Smith Williams, The Historians' History of the World, The Outlook Company, 1904, Google Print, p.88-91
  3. Norman Davies, Europe: A History, HarperCollins, 1998, ISBN 0-06-097468-0, Google Print, p.719
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jerzy Lukowski, Hubert Zawadzki, A Concise History of Poland, Cambridge University Press, 2001, ISBN 0-521-55917-0, Google Print, p.101-103
  5. Jerzy Lukowski, Hubert Zawadzki, A Concise History of Poland, Cambridge University Press, 2001, ISBN 0-521-55917-0, Google Print, p.84
  6. Hamish M. Scott, The Emergence of the Eastern Powers, 1756-1775, Cambridge University Press, 2001, ISBN 0-521-79269-X, Gooble Print, p.181-182

Articles connexes[modifier | modifier le code]