Orval (bière)

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Orval
Image illustrative de l'article Orval (bière)
Bouteille et verre Orval
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Ville Villers-devant-Orval
Coordonnées 49° 38′ 23″ N 5° 20′ 57″ E / 49.6397, 5.349349° 38′ 23″ Nord 5° 20′ 57″ Est / 49.6397, 5.3493  
Caractéristiques
Fondée en 1932
Maîtres brasseurs abbaye d'Orval
Production annuelle 67 000 hl en 2011
Principales bières Orval
Petite Orval (Orval verte)
Site web www.orval.be

L'Orval est une bière trappiste belge de fermentation haute, brassée à l'abbaye d'Orval située à Villers-devant-Orval en province de Luxembourg.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Teneur en alcool[modifier | modifier le code]

L'Orval détient une teneur unique en alcool (6,2 %)

Goût[modifier | modifier le code]

Elle se caractérise par une amertume assez forte (45 à 50 unités IBU) et gagne à mûrir en cave pendant quelques mois, debout, à l'abri de la lumière à une température stable comprise entre 10 et 15 °C.

Production[modifier | modifier le code]

L'Orval n'est conditionnée qu'en bouteille de 33 cl bien qu'une bouteille de collection de 3 litres ait vu le jour en 2008.

Il existe cependant la bière de 3,5 °, appelée « bière verte » parce qu’historiquement elle était embouteillée en bouteilles vertes. Elle a un gout moins prononcé que la première puisqu’elle ne subit qu'une fermentation. Elle sert à l'usage domestique des moines et de la communauté et n'est disponible pour le grand public qu'à la brasserie À l'Ange Gardien, située à 250m de l'abbaye. Elle est alors servie au fût et disponible en deux volumes.

Symbole[modifier | modifier le code]

Le symbole d'Orval

L'Orval est l'une des dix bières autorisées à arborer le logo hexagonal Authentic trappist product, garantissant que le produit est fabriqué au sein d’une abbaye trappiste, par ou sous le contrôle des moines, et qu'une partie des revenus de sa commercialisation est consacrée à des œuvres caritatives. Aujourd'hui, les moines produisent également du Fromage d'Orval et des bonbons au miel.

Le symbole de la bière d'Orval est une truite avec un anneau dans sa bouche. Une légende censée expliquer le toponyme rapporte qu'en 1070, la comtesse Mathilde perdit un jour son anneau nuptial en s'approchant trop près d'une source jaillissante. Une truite apparut de la surface de l'eau et rendit l'anneau à la comtesse. Elle s'écria : « Voici l'anneau d'or que je cherchais ! Heureuse vallée qui me l'a rendue ! Désormais et pour toujours, je voudrais qu'on l'appelle Val d'or. »[1]

Fabrication[modifier | modifier le code]

L'orval est brassée à partir de malt pâle et d'une faible proportion de malt caramélisé. Dans le moût froid est ajouté du sucre candi liquide. La première fermentation est faite avec des levures de type saccharomyces Elle est ensuite murie environ deux semaines dans des tanks de garde. Une deuxième sorte de levure est ensuite ajoutée (de type levure à fermentation spontanée) apportant la touche acide à l'Orval. C'est également à cette étape qu'est ajouté des houblons frais infusés (houblonnage à cru). Du sucre candi et des levures sont enfin ajoutées avant l'embouteillage afin de préparer la refermentation en bouteille.

La fontaine d'où jaillit la source de la légende — c'est cette eau qui est utilisée pour le brassage.

Approche linguistique[modifier | modifier le code]

Problématique[modifier | modifier le code]

Bien que selon le français académique on devrait dire « une Orval », une bière étant féminin, la tradition gaumaise (de la Gaume, partie romane de la Lorraine belge), veut que l'on dise « un Orval ». Le fait est signalé dans le très sérieux Dictionnaire des belgicismes (2e édition de 2010) : « Orval est féminin dans la majeure partie de la Belgique francophone, mais est un nom masculin dans sa région de production. » [2]. En fait, orval est un ensemble d'aporons offerts en débat à chaque fois qu'une bouteille (une quille[3]) est décapsulée. Ces problèmes insolubles sont :

  • son genre : un orval, comme on peut l'entendre dans la chanson "Un p'tit Orval" du groupe Cré tonnerre, ou une orval par analogie au genre des autres boissons (un blanc, pour un verre de vin blanc, une kriek pour une bière kriek, etc.) ;
  • son pluriel, des orvals, ou des orvaux (voire orvaulx), comme la confrérie du même nom[4], à nouveau par analogie à la règle grammaticale des mots en [-al] qui forment leur pluriel en [-aux] ;
  • sa qualité nominale ("est-ce un nom propre ou un nom commun ?"). Selon Maurice Grevisse, dans son Bon Usage[5], un nom propre désignant un lieu (Orval est le nom d'une abbaye) devient nom commun lorsqu'il est donné à une production typique locale.

Essais de solutions[modifier | modifier le code]

Toutefois, le fait d’être un nom propre pourrait résoudre le précédent cas linguistique, du fait que les noms propres sont invariables, mais c’est sans compter avec l’esprit gaumais dans toutes ses couleurs, toute sa splendeur et toute son ardeur [6]qui propose l’un et l’autre : un Orval - des Orvals dans une grande partie de la francophonie et un Orval (avec majuscule) des Orvaux, en Gaume.

Autour de l'Orval[modifier | modifier le code]

  • La confrérie des Sossons d'Orvaulx a pour but, entre autres, de faire revivre les traditions, us, coutumes et dialectes de la région d'Orval.

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


Référence[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Kiesel, Légendes d'Ardenne et de Lorraine, Édition Duculot 1974 (ISBN 2801100315)
  2. Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet et Aude Wirth, Dictionnaire des belgicismes, De Boeck Duculot (ISBN 978-2-8011-1608-1)
  3. La bouteille d'orval ayant la forme d'une quille de bowling, il est courant de parler de "quille" lorsqu'on parle de bouteille d'orval, notamment dans l'expression : Boire à la quille...
  4. Les Sossons d'Orvaulx
  5. 15e édition sous la direction de André Goosse parue en 2011 (ISBN 978-2-8011-6425-9)
  6. Le Petit Larousse illustré, Édition gaumaise de 2005 (ISBN 2-03-582495-8).