Michel De Bay

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Michel De Bay

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Michaël Baius

Alias
Baius
Naissance 1513
Meslin-l'Évêque,
Comté de Hainaut,
Pays-Bas bourguignons
Décès 15 septembre 1589 (à env. 66 ans)
Louvain
Nationalité Belge
Pays de résidence Belgique
Profession Prêtre et Théologien
Activité principale Professeur de théologie
Autres activités
précurseur du Jansénisme

Michel De Bay (au nom latinisé en Michaël Baius), né à Meslin-l'Évêque (aujourd'hui en Belgique) en 1513 et décédé le 15 septembre 1589 à Louvain, est un humaniste et théologien de l'Université de Louvain, souvent considéré comme un précurseur du Jansénisme.

Famille[modifier | modifier le code]

Né en 1513 à Meslin-l'Évêque (Ath) dans le Comté de Hainaut (au sein des Pays-Bas bourguignons) Michel De Bay est le troisième des sept enfants de Jean De Bay[1] (né vers 1470 à Chièvres, censier à Bauffe et ensuite à Lombise) et d'Andrinette Nève[1]Andrinette Néve, également native de Chièvres, était fille de Martin et de Marie Deramaix, censiers en la dite ville. Elle avait un frère, sire Pierre Nève, vicaire à Chièvres.
Son frère Pierre, décédé à Chièvres le 8 novembre 1552, fut curé à Brugelette, doyen à Chièvres et en dernier chanoine à la collégiale Saint-Vincent de Soignies. Sa sœur Josine (décédée le 17 septembre 1567) fut religieuse supérieure des sœurs grises à Chièvres. Son neveu Jacques De Bay fut également professeur de théologie à l'université de Louvain.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Michel De Bay (ou Michel Baius) étudia la philosophie à l'université de Louvain. En 1541, après avoir terminé sa théologie et avoir été ordonné prêtre, il fut nommé directeur du collège Standonk, à Louvain.
Docteur en philosophie en 1544, il conserva cette chaire jusqu'en 1550. Il fut nommé recteur du collège Adrien VI, toujours à Louvain, et devint le substitut de Jan Hessels (Jean Leonardi Hasselius), professeur d'Écriture sainte envoyé au concile de Trente.
De Bay commença à développer de nouvelles idées sur la prédestination et la doctrine du Salut avec Jan Hessels (1522-1566) et Josse Ravesteyn (Tiletanus) (1506-1570), professeur de théologie dans la même université et également participant au concile de la réforme catholique.
Lorsque les deux titulaires de chaires revinrent du concile de Trente en 1552, ils se rendirent compte des idées peu orthodoxe de leurs substituts et demandèrent donc la condamnation de 18 propositions de De Bay et de Hessels de la part de l'université parisienne de la Sorbonne. En 1560, il est nommé ministre ecclésiastique, c'est-à-dire, inquisiteur[2].
Toutefois, malgré la censure officielle, les deux théologiens dissidents furent choisis en 1561 pour représenter l'université de Louvain au concile de Trente. Baius n'était pas isolé dans le corps professoral de Louvain: la crise du baianisme touche toute l'université[3].
Après des polémiques et des discussions, ils y furent envoyés en 1563 officiellement comme théologien du roi d'Espagne, Philippe II (1556-1598).
Le pape Pie V signe en octobre 1567 la bulle « Ex omnibus afflictionibus » condamnant les propositions de Baius, sans toutefois mentionner son nom. Il condamne 76 propositions tirées de ses ouvrages. La bulle est lue le 16 novembre 1570 dans toutes les facultés universitaires de Louvain, en présence de Michel De Bay et des professeurs et étudiants. Il leur est imposé un serment d'obéissance à la bulle[4]. Le théologien scolastique Robert Bellarmin venait d'arriver à Louvain où il donna sa première leçon publique le 17 octobre 1570. Avec le franciscain Godefroid de Liège il deviendra le principal opposant de Baius.

Contraint finalement par le Pape Pie V à rétracter ses propositions, il fut alors promu en 1570 Directeur de l'université de Louvain et doyen de la collégiale Saint-Pierre à Louvain. La condamnation sera réitérée en janvier 1579 par une bulle de Grégoire XIII[5]

Ses œuvres ont été imprimées à Cologne en 1696.

Il est fondateur d'une bourse d'étude (bourse no 2) de 250 euro actuellement :

Jean-Baptiste Duchesne a écrit l' Histoire du Baïanisme en 1731.

Le Baianisme[modifier | modifier le code]

De Bay fut influencé par la pensée de quelques théologiens dominicains de l'époque, en réaction contre la Réforme protestante. Il se basait sur une relecture attentive et directe des Saintes Écritures et des Pères de l'Église, comme Saint Cyprien, Saint Ambroise et surtout Saint Augustin.

D'autre part, sa doctrine était en réaction contre la stricte application des concepts exprimés dans le Concile de Trente (1545-1563), préconisée par les jésuites: extériorisation du culte, réception des sacrements, adhésion à l'enseignement de l'Église et du pape. Les jésuites, en particulier, donnaient une grande importance à la liberté et conscience personnelle dans le traitement des 'cas de conscience' de théologie morale, faisant facilement état de circonstances atténuantes.

Les points fondamentaux du baianisme sont :

  • Dans l'état de l'homme avant le péché originel, l'innocence n'est pas un don surnaturel de Dieu, mais un complément de la nature humaine. Cet état inclut la prédestination au paradis, l'absence de souffrance et de mort, l'ignorance. Selon De Bay depuis le péché originel toutes les actions des hommes faites sans la grâce sont des péchés.
  • Le péché originel n'est pas simplement une privation de la grâce, mais état de péché transmis en manière héréditaire même aux enfants innocents. Malgré le libre arbitre, l'homme, sans la grâce divine, n'est capable de rien d'autre que de pécher. De Bay niait entre autres que la Vierge Marie soit née sans le péché originel (le dogme de l'Immaculée conception).
  • Le don de l'innocence primitive est restauré par Dieu et le Christ médiateur: les repentirs et la grâce en effet nous permettent de récupérer ces valeurs, grâce à la Charité.

Souvenir[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dès avant l'an 1500, au terroir de Bauffe-lez-Chièvres vivaient en l'antique cense de la Hée, dite de la Tourette, les conjoints Jean De Bay et Andrinette Nève, braves et honnêtes laboureurs, tous deux originaires de Chièvres (province de Hainaut).
    Jean De Bay était fils unique de Pierre, censier à Chièvres, petit-fils de Nicolas, arrière petit-fils de Jacques, censier au hameau de Ponceau à Arbre, où la famille conserva des fiefs jusqu'au XVIIIe siècle, ce dernier fils de Jan ; tous censiers en la terre de Chièvres (source : Dr Mahy, Annales du Cercle Archéologique d'Ath,tome XX, 1937.)
  2. Juan Antonio Llorente, Histoire critique de l'Inquisition d'Espagne ... jusqu'au regne de Ferdinand VII,‎ 1817 (lire en ligne), En 1555 Jules III autorisa les subdélégués du doyen et du chanoine Paul IV en fit autant en 1560 à l égard du préposé de Valcanet et du docteur théologien de Louvain Michel Bayo Tous eus hommes prenaient le titre de minisires ecclésiastiques depuis l année i55o où Charles V leur avait défendu de s appeler désormais inquisiteurs à cause de l odieux que ce nom présentait au peuple L Inquisition de Flandre
  3. James Brodrick, Robert Bellarmine, Saint and Scholar, Westminster (USA), the Newman Press, 1961, p.27
  4. James Brodrick, Robert Bellarmine, Saint and Scholar, Westminster (USA), the Newman Press, 1961, p.28
  5. Denis Richet, De la Réforme à la Révolution, Aubier 1991, p. 101

Bibliographie (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • Le Bachelet, Fr.-X., "Baïus, Michel", Dictionnaire de théologie catholique, vol. 2, Paris, 1905, coll. 38-111.
  • Ryan, E. A., The Historical Scholarship of Saint Robert Bellarmine, New York, Fordham University Press, 1936, p. 38-60 (sur la dispute entre Bellarmin et Baius).
  • Alfaro, J., "Sobrenatural y pecado original en Bayo", Revista española de Teología 12 (1952), p. 3-75.
  • van Eijl, Edmond, "'interprétation de la bulle de Pie V portant condamnation de Baius", Revue d’histoire ecclésiastique 50 (1955), p. 489-542.
  • Roca, M., "El problema de los orígines y evolución del pensamiento teológico de Miguel Bayo", Anthologica Annua 5 (1957), p. 417-492.
  • Kaiser, A., Natur und Gnade im Urstand. Eine Untersuchung der Kontroverse zwischen Michael Bajus une Johanne Martínez de Ripalda, Munich, 1965.
  • Galotea, G., Bellarmino contro Baio a Lovanio, Rome, 1966.
  • Grossi, V., Baio e Bellarmino interpreti di S. Agostino nelle questioni del soprannaturale, Rome, 1968.
  • Lubac (de), H., "Surnaturel. Études historiques", Paris, Aubier, 1946 (en particulier le chapitre 1)
  • Vanneste, A., "Nature et grâce dans la théologie de Baius", in Facultas S. Theologiae Lovaniensis 1432-1797. Bijdragen tot haar geschiedenis, éd. E. van Eijl, Louvain, 1977, p. 327-350.
  • Vanneste, A., "Le De prima hominis justitia de M. Baius. Une relecture critique", in L’augustinisme à l'ancienne faculté de Théologie de Louvain, éd. M. Lamberigts, Louvain, 1994, p. 123-166;
  • Stone, M.W.F., "Michel Baius (1513-89) and the Debate on ‘Pure Nature’ : Grace and Moral Agency in Sixteenth-Century Scholasticism", in Moral Philosophy on the Threshold of Modernity, éd. J. Kraye – R. Saarinen, Dordrecht, Kluwer, 2005, p. 51-90.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]