Universités de Louvain

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Armoiries de l'ancienne université de Louvain (1425-1797).
Sceau de style néogothique de l'université catholique de Louvain, créé en 1909, où, à partir de 1968, la date 1425 en chiffres romains fut ajoutée.

La ville de Louvain, dans l'ancien duché de Brabant fut le siège de trois universités successives et d'un institut universitaire:

  • en 1425 : l'Université de Louvain ou Studium Generale Lovaniense ou Universitas studiorum Lovaniensis, fut fondée par un prince français[1], Jean de Bourgogne (Jean IV duc de Brabant), avec le consentement du pape Martin V. Cette université, comme toutes les autres universités de la République Française qui avait entrepris la modernisation de l'enseignement public, a été supprimée officiellement, sous le Directoire, par décret du département de la Dyle du 25 octobre 1797, pris en application de la loi du 15 septembre 1793 qui supprimait tous les collèges et universités de la République. Son successeur officiel a été l'École centrale de Bruxelles. L'ancienne université de Louvain, de Baïus et Jansénius, qui en fut recteur, à Pierre Stockmans, Néercassel, Josse Le Plat et surtout le fameux Van Espen et son disciple Febronius, fut jusqu'à la fin de l'Ancien régime, le grand centre doctrinal du Jansénisme en Europe. L'ancienne université de Louvain était une institution officielle, indépendante des évêques, jouissant de la libertas academica, ne relevant que de ses propres tribunaux, et dont le corps professoral était uniquement nommé et rémunéré par le pouvoir civil.
  • en 1517, le Collegium Trilingue institut universitaire, fut une institution humanistique à l'origine indépendante de l'Université, mais intégrée ensuite parmi les divers collegia formant l'institution.
  • en 1817, ouverture de l'université d'État de Louvain. Cette université, où plusieurs professeurs de l'ancienne université de Louvain ont enseigné[2], faisant ainsi un pont et un lien avec l'ancienne université[3], a été supprimée officiellement en 1835 par la loi[4]. L'université d'État de Louvain, fut une université brillante[5] qui a formé plus de 8 000 étudiants qui constituèrent l'infrastructure intellectuelle du nouveau royaume de Belgique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rappelons ici que la France était à l'époque le grand centre des universités nouvelles, stolons de celle de Paris. La tradition ancienne reprise par les Délices des Pays-Bas, indique uniquement Jean IV de Brabant comme « fondateur » de l'université de Louvain et ajoute « avec le consentement du pape Martin V ». L'on cite également comme cofondateurs les ministres du duc Englebert de Nassau et Émond de Dynter, qui répondaient ainsi à une demande collective de la ville de Louvain ruinée et au désir du duc de former ses propres élites administratives hors de l'influence de ses adversaires de la maison de Valois. Lire : Collectif (Jan Roegiers et alii), « The Old University 1425-1797 », dans Leuven University, Louvain, éd. Leuven University Press, 1990, p. 21 : « These universities (= les universités médiévales) were created either by sovereign princes or by towns, and were confirmed by the Pope » et « The foundation of Louvain was the work of both ducal and municipal authorities. John IV, the Duke of Brabant, encouraged by two of his concillors, Engelbert van Nassau and Edmund van Dynter, strongly favoured the establishment of a higher centre of learning in his dukedom. »
  2. Comme les anciens professeurs de l'ancienne université de Louvain, Jean Philippe Debruyn, Étienne Heuschling, dernier professeur encore vivant du Collège des trois langues, Xavier Jacquelart, Jean-Baptiste Liebaert, Guillaume Joseph van Gobbelschroy, Ferdinand Sentelet. Toutefois, aucun des professeurs de l'ancienne université de Louvain n'a enseigné ni dans la nouvelle Université catholique de Malines, ni dans sa suivante la nouvelle Université catholique de Louvain.
  3. Comme le dit Arlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, p. 177 : « qu'était cette institution d'enseignement supérieur si souvent dépréciée ? », selon elle d'ailleurs, l'université d'État de Louvain mérite bien plus que l'université catholique de Louvain d'être considérée comme la « résurrection » de l'Ancienne université de Louvain : « elle seule et non point celle qui vit le jour en 1834 à l'initiative des évêques de Belgique, c'est-à-dire l'université catholique de Malines devenue de Louvain l'année suivante. En effet, l'ancienne Université de Louvain fut créée au XVe siècle d'un commun accord par les pouvoirs publics (le duc Jean IV et la ville de Louvain) et le Saint-Siège, sans intervention de l'épiscopat ni du clergé local ».
  4. Comme l'écrit Geertrui Couderé, "De studenten aan de Rijksuniversiteit Leuven (1817-1835)", dans Liber amicorum Dr J. Scheerder, Louvain, 1987, p. 241: « le fait qu'il y eut jadis une université d'État à Louvain est pour beaucoup une chose inconnue », (« Maar dat er te Leuven ooit een Rijksuniversiteit heeft bestaan is voor velen steeds een onbekend feit. ») et p. 259 :« même évoquer son existence était un sujet tabou » (« de oorzaak dat de Rijksuniversiteit lange tijd in de taboesfeer verbleef. »)
  5. Comme l'écrit Arlette Graffart, "La matricule de l'Université de Louvain (1817-1835)", dans Album Carlos Wyffels, Bruxelles, 1987, p. 182: « En ce qui concerne la qualité de l'enseignement (N. B. prétendument médiocre), nous pensons avoir suffisamment apporté la preuve du contraire lorsque nous avons retracé les grandes lignes de la carrière réalisée par certains élèves de cette institution. ». Ceci contredisant d'autres opinions. Ainsi selon le professeur Léon van der Essen, L'université de Louvain, Liège, La pensée catholique, 1927, p. 30 : « l'université d'État, véritable avorton que Guillaume Ier de Hollande avait créé en 1816 dans la vieille cité universitaire ». Le chanoine Roger Aubert, d'écrire : "Une université d'État à l'époque des Pays-Bas réunis", dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1993, p. 78.: « Dans l'ensemble, l'apport scientifique de ces professeurs, trop peu nombreux et accablés par leurs charges d'enseignement, fut très pauvre, comme ce fut du reste également le cas à Liège et à Gand. ».
  6. Edward van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, Louvain, 1895, p. 606 : « Par lettre collective du 14 novembre 1833, le corps épiscopal s'adressa à Grégoire XVI, à l'effet d'obtenir l'autorisation nécessaire pour ouvrir l'école. Cette autorisation fut octroyée par un bref du 13 décembre suivant. Une circulaire épiscopale, datée du 20 février 1834, annonça aux fidèles la fondation d'une Université catholique »
  7. R. Mathes, Löwen und Rom. Zur Gründung der Katholischen Universität Löwen unter besonderer Berücksichtigung der Kirchen-und Bildungspolitik Papst Gregors XVI, Essen, 1975.
  8. Chanoine Roger Aubert, "L'Université catholique de 1834 à 1968", dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, 1993, p. 103: « On croit souvent qu'à l'université catholique une bonne partie des enseignants étaient des ecclésiastiques, mais exception faite de la faculté de Théologie, ils n'étaient que trois sur quarante en 1840, tous membres de la faculté de Philosophie et Lettres. » et ibidem, p. 104 : « dès 1834, Mgr de Ram, soucieux de l'image de marque de son université, s'était efforcé de recruter un corps académique de valeur en faisant largement appel à des savants étrangers, surtout allemands. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]