Aomar

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Aomar
Noms
Nom algérien عمر
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Bouira
Daïra Kadiria
Président de l'APC Djouahra Hakim
2012-2017
Code postal 10270
Code ONS 1016
Démographie
Population 20 532 hab. (2008[1])
Géographie
Coordonnées 36° 30′ 00″ N 3° 47′ 00″ E / 36.5, 3.783333 ()36° 30′ 00″ Nord 3° 47′ 00″ Est / 36.5, 3.783333 ()  
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Bouira.
Localisation de la commune dans la wilaya de Bouira.

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Aomar

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Aomar

Aomar est une commune d'Algérie, située dans la wilaya de Bouira.

Géographie[modifier | modifier le code]

Aomar est située à 95 km d'Alger, sur la route nationale N°5 allant d'Alger à Constantine à l'intersection avec la route nationale N° 25 menant à Tizi Ouzou via Draâ El Mizan. Le chef-lieu actuel de la commune (Aomar-Gare) est communément appelé "Brachema" du Francais embranchement (des routes).

La population au recensement de 1998 était de 20464 habitants[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune d'Aomar s'étend sur la plupart des terres appartenant jadis à la tribu de Nezlioua ainsi qu'une partie des terres de la tribu d'Ouled el-Aziz (El hamra, Izougaghen).

Période turque[modifier | modifier le code]

Avant la conquête française de la région, l'embranchement des routes au point où confluent les fleuves Isser et Djemâa, au sortir d'un défilé naturel permettant de franchir le Djurdjura (futur emplacement de la gare ferroviaire desservant Dra el Mizan : la Gare-Aomar), était traditionnellement un espace réservé à un grand marché aux bestiaux régulant les échanges entre la Grande Kabylie et ses régions limitrophes le long de l'importante route reliant Alger à Constantine.

Sous les Turcs, les Nezlioua durent, par suite de la proximité du bordj Bou R'ni faire une soumission qui, toutefois, ne fut que nominale (Guin, Revue africaine, 1862). « Les Turcs avaient, en effet, la grande banlieue de leur capitale défendue, en 1830, par les tribus makhzènes des Zouatna, Abid, Nezlioua et Amraoua, et par la confédération des Beni-Djaad, inféodés aux Mahieddine de Tourtassine, seigneurs religieux des tribus guerrières des Beni-Slimane. » — Extrait du livre "Histoire de l'insurrection de 1871 en Algérie", par Louis Rinn, Alger 1891".

La conquête française et résistance de l'Emir Abd el-Kader[modifier | modifier le code]

Nezlioua faisait partie de la confédération des Flissas qui s'était mise sous le commandement de l'Emir Abd el-Kader, chef de la résistance à l'invasion française. Dès son entrée en Kabylie, Abd el-Kader avait lancé des lettres fort pressantes au chef de la grande tribu des Flissas. Il s’était bien gardé d’employer les menaces envers un homme trop puissant et hors de ses atteintes : c’était au nom de la religion, au nom de la guerre sainte, qu’il l’avait sommé pieusement de lui apporter son concours, et Ben-Zamoun s’était rendu. Nous avons déjà mentionné sa présence dans le camp de l’émir : il y reçut l’investiture comme agha des Flissas, des Mâtekas, Beni-Khalfoun, Nezlyouas, Guechtoulas, Ouled-el-Aziz, etc. (Extrait du livre "La Grande Kabylie, Etude historique", M. Daumas et M. Fabar, Paris-Alger, 1847).

Après quelques années de guerre, la région est conquise par les français qui châtient sauvagement la population indigène. Le duc d’Aumale commandait alors la subdivision de Médéah ; il était sorti du chef-lieu avec une colonne assez faible : la neige et le froid l’avaient fort gêné dans sa marche. Néanmoins, se trouvant en présence des Nezlyouas, il voulait les châtier ou les soumettre. Ceux-ci, de leur côté, avaient publié hautement qu’ils mourraient plutôt que d’offrir des gâdas aux chrétiens. (Extrait du livre "La Grande Kabylie, Etude historique", M. Daumas et M. Fabar, Paris-Alger, 1847).

En 1844, le général Bugeaud, après avoir incendié et rasé toute la tribu des nezlioua, vint camper à Dra el Mizan (Guin, Revue africaine, 1862).

Insurrection d'El Mokrani et Cheikh El Haddad (1871)[modifier | modifier le code]

Après l'insurrection de 1871 (El Mokrani et Cheikh El Haddad), l'armée française infligea des sanctions collectives à la population de Nezlioua.

Rassuré sur la situation de Dra-el-Mizan, le général Cérez résolut de se porter dans les Beni-Djad, mais il voulut profiter de la présence de la colonne à Ben-Haroun pour infliger un châtiment aux tribus avoisinantes et particulièrement aux Nezlioua. Dans ce but, il organisa deux colonnes légères chacune de 500 hommes d'infanterie, 250 cavaliers, une pièce d'artillerie et 100 cavaliers du goum, qu'il mit sous le commandement du lieutenant-colonel Trumelet, commandant la subdivision d'Aumale, et du colonel Goursaud; ces colonnes se mirent en mouvement le 1er mai, à 10h.1/2 du matin. Le lieutenant-colonel Trumelet avait pour mission de dépasser l'oued Soufflat, de pénétrer dans le pays des Senhadja, puis de rabattre vers la droite jusqu'à Sidi-Rahmoun des Nezlioua. Le colonel Goursaud devait, de son côté, se porter à l'est de Dra-Sellama des Nezlioua, puis se rabattre à gauche vers Sidi-Rahmoun, à la rencontre de l'autre colonne...Les chasseurs d'Afrique se jetèrent sur les villages des Nezlioua qui s'élèvent à mi-côte du plateau de Sidi-Rahmoun; les Zehennia, les Oulad-Kfif, les Djouahiria furent successivement saccagés et incendiés.(Extraits de "L'insurrection de la Grande Kabylie en 1871" du Colonel Robin, Paris, 1901).

Nezlioua fut brulée, la population collectivement séquestrée et les terres confisquées. Une série d'arrêtés interviendra les 11, 12 janvier et 2 février 1872 pour prononcer les premières mesures du séquestre sur les tribus des Nezlioua (ainsi que d'autres tribus de la région de Dra el Mizan). L'arrêté du 8 octobre 1872 prononcera définitivement les expropriations avec prise de possession d'urgence, de différents territoires « nécessaires à l'agrandissement de Dra el Mizan et à la création des centres de Bou Fhaïma, d'Aomar, de Bordj Boghni et d'Aïn Zaouia » avant que ne soit encore adjoint le projet Tizi-Reniff (Tizi Gheniff), au cours des séances de la Commission des Centres en 1872. Bien évidemment, tout cela n'étaient qu'au profit des colons européens déjà sur place (Dra el Mizan) ou ceux qui vont venir s'installer dans les nouveaux centres construits sur les terres confisquées à la population indigène.

Création du centre d'Aomar[modifier | modifier le code]

La Commune mixte de Dra el Mizan créée par arrêté du 24 janvier 1874 absorba l'ensemble des Douars autochtones alentours, la commune s'étendant sur plus de 45 000 hectares.

Le centre d'Aomar avait pour vocation de "recevoir 26 familles d'agriculteurs" (colons européens) auxquelles il faudrait ajouter quelques activités industrielles sachant que "les terres de culture d'Aomar descendent jusqu'à l'oued Djemâa".

L'emplacement du village était primitivement "marqué sur la carte" à l'embranchement de la route (n° 17) reliant Dra el Mizan à la route de Constantine et longeant d'une part, l'oued Djemâa/Isser et d'autre part, le flanc sud-ouest du Djurdjura. Mais pour l'emplacement du village, la vallée de l'oued Djemâa "est si malsaine qu'il est impensable de le placer à son côté" estime le Capitaine du Génie en avril 1874. Devant ce fait, l'assiette prévue aura franchement été déplacée des berges du fleuve à plus de 800 mètres, sur un des mamelons amorçant les contreforts du versant nord du Djurdjura. En 1875, une légère modification de l'emplacement sera opérée par l'Ingénieur Chef de district des Ponts et Chaussées, asseyant le village sur un autre mamelon dominant les lots ruraux[3].

Le nom de "Châteaudun" fut proposé par la Commission de 1874, mais le village gardera son nom arabe (Aomar), y compris après son érection en Commune de Plein exercice.

Évolution de la population[4][modifier | modifier le code]

Au 30 septembre 1884, le centre d'Aomar comptait 95 français alors que la population de Nezlioua est au nombre de 5142 (musulmans).

Au 1er janvier 1892, le centre d'Aomar : 123 français, 3 étrangers (marocains ou tunisiens) et 23 étrangers (autres nationalités) - Nezlioua : 3 français et 5657 musulmans.

Au 1er janvier 1897, le centre d'Aomar : 100 français, 1 musulman, 2 étrangers (marocains ou tunisiens) et 7 étrangers (autres nationalités) - Nezlioua : 5 français et 5611 musulmans.

Au 1er novembre 1902, le centre d'Aomar : 105 français, 11 musulmans, et 1 étranger - Nezlioua (partie de douar - commune, 5924 musulmans).

La population au recensement de 1998 était de 20 464 habitants[2].

La gare de chemin de fer[modifier | modifier le code]

Le développement des chemins de fer en Algérie fut l'œuvre de Napoléon III vivement encouragé par son demi-frère le duc de MORNY. Le décret impérial du 8 avril 1857 prévoyait la construction entre autres d'une ligne principale parallèle à la côte de Constantine à Alger et Oran par ou près Aumale, Sétif, Blida, Orléansville et Sainte-Barbe-du-Tlélat, soit 881 km. Cette ligne fut réalisée et ouverte par tronçon. En ce qui concerne la gare d'Aomar les dates suivantes sont importantes :

Ouverture du tronçon reliant Palestro à Dra-el-Mizan (la Gare-Aomar) : 1er janvier 1886.

Ouverture du tronçon reliant Dra-el-Mizan (la Gare-Aomar) à Bouira : 3 novembre 1886.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

A l'indépendance de l'Algérie (1962), Aomar était une commune de la sous-préfecture de Dra el Mizan (préfecture de Grande Kabylie). En 1974 la wilaya de Bouira est créée. Aomar faisait d'abord partie de la daïra de Lakhdaria puis de la daïra de Kadiria à la création de cette dernière.

Culture[modifier | modifier le code]

C'est une région très riche en patrimoine culturel, c'est à Aomar qu'on trouve les plus belles tenues traditionnelles kabyles telle que la célèbre Taqqndurt n'lqbayl dite Djebbat k'bayel en arabe.

Villages[modifier | modifier le code]

Chef-lieu de la commune, construit autour de la gare de train (Dra el mizan).

Initialement centre de la commune avant que la mairie ne soit transférée à Aomar-Gare, Aomar centre abrite jusqu'à aujourd'hui la brigade de gendarmerie nationale.

  • Talaouidi

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Bouira : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. a et b (fr) Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire [lire en ligne], no  47, le 10 juillet 2002, page 15
  3. Bellahsene, Thèse de Doctorat, Université Paris 8, 2001
  4. Tableau général des communes de l'Algérie, aux dates respectives