Jugement majoritaire

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Le jugement majoritaire est un mode de scrutin proposé par deux chercheurs français, Rida Laraki et Michel Balinski. C'est une forme de vote par valeurs.

Avec ce mode de scrutin, les électeurs donnent pour chacun des candidats une mention "Excellent", "Très bien", "Bien", "Assez bien", "Passable", "Insuffisant" ou "A rejeter". Pour chaque candidat, on calcule alors la mention majoritaire définie comme la médiane de ses mentions : c'est la mention qui est telle qu'au moins 50 % des électeurs la trouve valable. Le candidat élu est celui qui obtient la meilleure mention majoritaire.

Sommaire

Histoire [modifier]

Michel Balinski raconta, lors d'un colloque au Collège de France, avoir commencé à étudier la question en 2002, peu avant l'élection présidentielle.

Les premières études universitaires, signées Michel Balinski et Radi Laraki, parurent en 2007. Il fut alors expérimenté à Orsay à l'occasion de l'élection présidentielle française de 2007[1].

En avril 2011, OpinionWay et Terra Nova publient une étude intitulé « Et si la présidentielle de 2012 se déroulait au Jugement Majoritaire ? »[2]. L'institut de sondages offrit de demander aux sondés leur préférence pour la prochaine présidentielle sous le mode du jugement majoritaire, en plus du mode habituel.

Terra Nova recommande d'abandonner le scrutin majoritaire pour adopter le jugement majoritaire comme mode de scrutin pour l'élection présidentielle en France[3].

À l'occasion de la primaire présidentielle socialiste de 2011 puis des élections présidentielles françaises de 2012, le site Slate.fr a développé un outil permettant de tester en ligne le jugement majoritaire[4].

Analyse [modifier]

Contrairement à ce que son nom semble indiquer, le "Jugement Majoritaire" ne respecte pas le principe majoritaire qui veut que si, entre deux options A et B, une majorité d'électeurs préfère A à B, alors A est choisi. Un contre-exemple simple est le suivant:

Il y a 5 électeurs. Quatre d'entre eux préfèrent A à B: 2 indiquent que A est "très bien" et B est "assez bien", et 2 indiquent que A est "passable" et B "à rejeter". Le cinquième électeur préfère au contraire B à A et indique que A est "passable" et B est "assez bien."

Le calcul du "Jugement Majoritaire" est alors le suivant:

Pour A, les notes sont: 2 "très bien" et 3 "passable". La mention majoritaire de A est donc "passable". Pour B, les notes sont: 2 "à rejeter" et 3 "assez bien". La mention majoritaire de B est donc "assez bien". La meilleure mention majoritaire étant celle de B, c'est B qui est choisi.

Le choix final est donc contraire au vote de 4 électeurs sur 5. On peut de plus remarquer que, à part le cinquième électeur, dont la préférence est satisfaite, chacun des autres électeurs aurait gagné à voter "stratégiquement", simplement en exagérant ses préférences: donner une bonne note à A et une mauvaise note à B.

Bibliographie [modifier]

  • (en) Michel Balinski et Rida Laraki, Majority Judgment : Measuring, Ranking, and Electing, MIT Press, mars 2011, 1re éd., 448 p. (ISBN 978-0-262-01513-4) 
  • Michel Balinski et Rida Laraki, « Ne votez pas, jugez ! », Pour la Science, no 414, avril 2012 [texte intégral (page consultée le 26 mars 2012)] 

Notes et références [modifier]

  1. Balinski M. and R. Laraki (2007) «Le Jugement Majoritaire : l’Expérience d’Orsay». Commentaire, vol. 30, no. 118, 413-420.
  2. Rida Laraki et Michel Balinski, Rendre les élections aux électeurs : le jugement majoritaire, Terra Nova, coll. « Notes », 21 avril 2011 [lire en ligne (page consultée le 28 février 2012)] 
  3. Olivier Ferrand, « Réformer l’élection présidentielle, moderniser notre démocratie », Terra Nova, avril 2011 [texte intégral (page consultée le 28 février 2012)] 
  4. La rédaction de Slate, « Jugement majoritaire: notez les candidats à la présidentielle », Slate.fr, 1er février 2012 [texte intégral (page consultée le 28 février 2012)] 

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]