Vote par approbation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le vote par approbation ou vote par assentiment est un système de vote simple étudié et défendu par des théoriciens[Qui ?] depuis les années 1970[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le vote par approbation fut utilisé dans la république de Venise au XIIIe siècle ainsi qu'au XIXe siècle en Angleterre. Il est utilisé depuis 1987 pour des élections dans des associations (l'association mathématique d'Amérique (MAA), l'association américaine de statistique (ASA)) et dans certains pays d'Europe de l'Est ou de l'ancien bloc soviétique. Certains[Qui ?] groupes de pressions souhaitent le voir s'installer comme système de vote aux États-Unis[2].

Ce système présente également quelques affinités avec la grande liberté de choix laissée à l'électeur dans les élections municipales des communes françaises de moins de 2 500 et de moins de 3 500 habitants[pas clair].

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Chaque électeur constitue une liste de tous les candidats qu'il accepte de voir élus. Le candidat qui recueille le plus grand nombre de voix est élu. Ce système est équivalent pour l'électeur à ranger l'ensemble des candidats en deux groupes

  • les candidats qui ont reçu son approbation
  • les candidats qu'il rejette

Il est utilisé pour des élections à un seul gagnant mais peut se généraliser pour des élections à plusieurs gagnants. Il existe alors une variante, le vote d'approbation proportionnel qui cherche à optimiser le degré de satisfaction générale.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Le vote par approbation permet à l'électeur de se prononcer sur plusieurs options avec un dépouillement qui reste plus simple que pour les systèmes de votes à classement ou pondération.

Les études théoriques et empiriques[3] semblent indiquer que ce système de vote permet de choisir l'option qui correspond au plus grand consensus, et favorise l'élection des candidats modérés, qui ne sont rejetés que par une minorité.

Le vote par approbation permet à l'électeur de préciser son candidat préféré puisque celui-ci peut toujours n'approuver qu'un seul candidat.

De plus, celui-ci peut procéder à des votes stratégiques, refusant de mettre dans sa liste d'approbation un candidat acceptable afin de diminuer son nombre de points et favoriser ainsi un autre candidat. L'analyse par la théorie des jeux[4] montre que le comportement rationnel d'un tel électeur serait de voter de la manière suivante : Il approuve ou non chaque candidat en le comparant au candidat dont il pense qu'il a la plus grande chance de remporter l'élection (candidat « principal »). Et il décide d'approuver ou non le candidat principal en le comparant à son principal adversaire. Si tous les électeurs votent rationnellement, ceci conduit à l'élection du candidat Vainqueur de Condorcet s'il existe.

Expérimentation[modifier | modifier le code]

Le vote par approbation a été expérimenté plusieurs fois en France à l'occasion des élections présidentielles. Une première expérience a eu lieu en 2002, une seconde en 2007 et une troisième en 2012. L'expérience de 2012 s'est déroulée sur les communes de Saint-Étienne, Strasbourg et Louvigny et portait à la fois sur le vote par approbation et le vote par note[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'ouvrage: Steve Brams and Peter Fishburn. Approval Voting. Boston: Birkhauser (1983).
  2. Steve Brams and Peter Fishburn "Going from theory to practice: the mixed success of Approval Voting", memo, New York University.
  3. Jean-François Laslier et Karine Van der Straeten, « Une expérience de vote par assentiment lors de l'élection présidentielle française de 2002 », Revue française de science politique, vol. 54,‎ 2004, p. 99-130 (lire en ligne)
  4. Jean-Francois Laslier "The Leader Rule: A model of strategic approval voting in a large electorate" Journal of Theoretical Politics 21: 113-136 (2008).
  5. Antoinette Baujard et al., « Vote par approbation, vote par note », Revue économique, vol. 64,‎ février 2013, p. 345-356 (lire en ligne).

Sur les autres projets Wikimedia :