Jean-Baptiste Drouet d'Erlon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Drouet.
Jean-Baptiste Drouet d'Erlon
Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon (peinture d'Ary Scheffer).
Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon (peinture d'Ary Scheffer).

Naissance
Reims
Décès (à 78 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau français Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Maréchal de France
Années de service 17821844
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement Gouverneur d'Algérie
Division militaire de Nantes
Faits d'armes Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Iéna
Bataille de Friedland
Bataille de Vitoria
Bataille de Waterloo
Distinctions Légion d'honneur
Ordre de Saint-Louis
Ordre du Lion « de Bavière »[1]
Maréchal de France
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile : 14e colonne.
Autres fonctions Pair de France

Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon, né à Reims le et mort à Paris le , est un militaire français de la Révolution et de l'Empire, général à partir de 1799, promu à la dignité de maréchal de France en 1843.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille d'artisans (son grand-père et son père sont des charpentiers) ; lui-même est formé comme serrurier après avoir effectué en 1782 un passage au régiment de Beaujolais, stationné à Lille.

La Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

En 1792, il s'engage comme volontaire et fait les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1796 aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse en qualité d’aide-de-camp du général Lefebvre. Il sert ensuite dans l’armée de Hanovre. Il est nommé général de brigade le 25 juillet 1799, puis général de division le .

Il commande une division du 1er Corps du maréchal Bernadotte en 1805 et participe à la bataille d'Austerlitz. En 1806, il se distingue lors de la bataille d'Iéna et à la prise de Halle. Il est blessé à la bataille de Friedland, où il est chef d’état-major du corps d’armée du maréchal Lannes. Il reçoit peu après le titre de grand officier de la Légion d'honneur. En 1809, il joue un rôle décisif dans la soumission du Tyrol. De 1810 à 1814, il sert sous André Masséna en Espagne et au Portugal et y obtient de nombreux succès. Il commande un corps d'armée à la bataille de Vitoria. Il devient alors l’un des lieutenants du maréchal Soult. En 1814, il participe aux batailles de l’Adour, d’Orthez et de Toulouse. Il est fait comte d’Erlon sous l’Empire.

Première Restauration et Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Sous la Première Restauration, il est nommé chevalier de Saint-Louis, grand cordon de la Légion d'honneur et commandant de la 16e division militaire. Malgré cela, il est un des premiers à reconnaître Napoléon Ier au retour de l'île d'Elbe. Il est arrêté le comme complice de Lefebvre-Desnouettes qui a formé le projet de rassembler toutes les forces se trouvant dans le Nord de la France pour tenter un coup de main sur Paris; mais les événements qui suivent le rendent bientôt à la liberté et lui permettent de s'emparer de la citadelle de Lille. Pendant les Cent-Jours, il est nommé pair de France et reçoit le commandement du 1er corps de l'armée du Nord. Lors de la campagne de Belgique en 1815, il ne peut participer à aucune des deux batailles simultanées de Ligny et des Quatre-Bras, le 16 juin, à cause d'ordres contradictoires de Napoléon et de Ney, sous le commandement duquel son corps a été placé par l'empereur. Par conséquent, son corps est chargé de l'attaque principale à Waterloo le 18 juin. Malgré la valeur dont il fait preuve, son intervention, dit Napoléon, reste inutile.

« Si le soir il eût connu la position de Grouchy et qu'il eût pu s'y jeter, il lui eût été possible, au jour, avec cette magnifique réserve, de rétablir les affaires et peut-être même de détruire les alliés par un de ces prodiges, de ces retours de fortune qui lui étaient si familiers, et qui n'eussent surpris personne. Mais il n'avait nulle connaissance de Grouchy, et puis il n'était pas facile de se gouverner au milieu des débris de cette armée : -c'était un torrent hors de son lit, il entraînait. »

— Napoléon Ier au comte de Emmanuel de Las Cases

L'exil et le retour en France (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Après la capitulation de Paris, Drouet d'Erlon se rend avec son corps d'armée au-delà de la Loire. Compris dans l'ordonnance du 24 juillet 1815, exilé et condamné à mort par contumace en 1816, il est assez heureux pour gagner la frontière et trouve un asile en Prusse à Bayreuth. Plus tard, il établit une brasserie dans les environs de Munich. Gracié par Charles X lors de son sacre et rentré en France en 1825, il vit dans la retraite jusqu'à la Révolution de 1830.

La Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon, maréchal de France (1765-1844), Charles-Philippe Larivière, 1844.

Le , il est créé pair de France dans la fournée de trente-six pairs viagers destinée à permettre l'adoption à la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie. En 1834, il est nommé gouverneur général de l'Algérie. Il adopte quelques mesures utiles, crée les bureaux arabes et introduit le régime municipal. Mais comme il ne déploie pas contre Abd el-Kader la vigueur nécessaire, il est rappelé dès 1835 et est nommé commandant de la division militaire de Nantes. Par ordonnance royale du , il est élevé à la dignité de maréchal de France[2], quelques mois avant sa mort.

Il est inhumé au cimetière du Nord à Reims, comme il le souhaitait. Il bénéficie d'obsèques grandioses. Une armée de tapissiers vient de Paris décorer la cathédrale avec les tentures qui avaient servi quelques mois auparavant aux obsèques du fils de Louis-Philippe, à Notre-Dame de Paris.

Hommages[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Son nom est gravé sur le côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Sa statue, due au sculpteur Louis Rochet, est érigée sur la place, à hauteur de la rue de Châtivesle, et inaugurée le . Pour ne pas nuire à la perspective de la nouvelle fontaine Subé, elle est transférée le à l’angle des boulevards Victor-Hugo et Henry-Vasnier à Reims. La principale place piétonne de Reims porte son nom place Drouet d'Erlon, elle est située en face de la gare.

Un camp créé par lui près de Boufarik conserve au XIXe siècle le nom de camp d'Erlon.

Publications[modifier | modifier le code]

Drouet a écrit une autobiographie, intitulée Vie militaire, 1844.

Les papiers personnels de Jean-Baptiste Drouet d'Erlon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 28AP[3].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GOLH.svg
Blason Jean-Baptiste Drouet d'Erlon.svg
Armes du comte d'Erlon et de l'Empire :

Écartelé: au 1, d'argent chargé du canton des comtes militaires à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle ; au 2, de gueules, au lion d'argent; au 3, de gueules, au chevron d'argent, acc. de trois étoiles du même ; au 4, d'argent cantonné en pointe à senestre d'azur à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle.[4],[5]

Orn ext maréchal-comte et pair GCLH (Monarchie de Juillet).svg
Blason Jean-Baptiste Drouet d'Erlon.svg
Armes du comte Drouet d'Erlon, pair de France, maréchal de France et grand-croix de la Légion d'honneur

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Almanach impérial (1810)
  2. Il n'est donc pas « maréchal d'Empire ».
  3. Site des Archives nationales
  4. Jacques Declercq, « Héraldique napoléonienne et symbolisme maçonnique. », sur gen.declercq.free.fr,‎ (consulté le 31 juillet 2011)
  5. Classement hiérarchique des personnages présentés sur napoleon-monuments.eu