Jean-Baptiste Drouet d'Erlon

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Officier général francais 7 etoiles.svg Jean-Baptiste Drouet d'Erlon
Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon (peinture d'Ary Scheffer).
Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon (peinture d'Ary Scheffer).

Naissance 29 juillet 1765
Reims
Décès 25 janvier 1844 (à 78 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 17821844
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement Gouverneur d'Algérie
Division militaire de Nantes
Faits d'armes Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Iéna
Bataille de Friedland
Bataille de Vitoria
Bataille de Waterloo
Distinctions Légion d'honneur
Ordre de Saint-Louis
Ordre du Lion « de Bavière »[1]
Maréchal de France
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile : 14e colonne.
Autres fonctions Pair de France

Jean-Baptiste Drouet d'Erlon, né le 29 juillet 1765 à Reims et mort le 25 janvier 1844 à Paris, est un militaire français, simple soldat de la Révolution devenu général en 1799, fait comte d'Empire par Napoléon, gouverneur général en Algérie en 1834-1835, élevé à la dignité de maréchal de France en 1843.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Drouet est issu d'une famille d'artisans : son grand-père et son père sont des charpentiers ; lui-même est formé comme serrurier après avoir effectué en 1782 un passage au régiment de Beaujolais, stationné à Lille.

La Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

En 1792, il s'engage comme volontaire et fait les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1796 aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse en qualité d’aide-de-camp du général Lefebvre.

Il sert ensuite dans l’armée de Hanovre. Il est nommé général de brigade le 25 juillet 1799, puis général de division le 27 août 1803.

Il commande une division du 1er Corps du maréchal Bernadotte en 1805 et participe à la bataille d'Austerlitz. En 1806, il se distingue lors de la bataille d'Iéna et à la prise de Halle. Il est blessé à la bataille de Friedland, où il est chef d’état-major du corps d’armée du maréchal Lannes. Il reçoit peu après le titre de grand officier de la Légion d'honneur. En 1809, il joue un rôle décisif dans la soumission du Tyrol. De 1810 à 1814, il sert sous André Masséna en Espagne et au Portugal et y obtient de nombreux succès. Il commande un corps d'armée à la bataille de Vitoria. Il devient alors l’un des lieutenants du maréchal Soult. En 1814, il participe aux batailles de l’Adour, d’Orthez et de Toulouse. Il est fait comte d’Erlon sous l’Empire.

La Première Restauration et les Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Sous la Première Restauration, il est nommé chevalier de Saint-Louis, grand cordon de la Légion d'honneur et commandant de la 16e division militaire.

Malgré cela, il est un des premiers à reconnaître Napoléon Ier au retour de l'île d'Elbe. Il est arrêté le 13 mai 1815 comme complice de Lefebvre-Desnouettes qui a formé le projet de rassembler toutes les forces se trouvant dans le Nord de la France pour tenter un coup de main sur Paris ; mais les événements qui suivent[réf. nécessaire] le rendent bientôt à la liberté et lui permettent de s'emparer de la citadelle de Lille.

Pendant les Cent-Jours, il est nommé pair de France et reçoit le commandement du 1er corps de l'armée du Nord. Lors de la campagne de Belgique en 1815, il ne peut participer à aucune des deux batailles simultanées de Ligny et des Quatre-Bras, le 16 juin, à cause d'ordres contradictoires de Napoléon et de Ney, sous le commandement duquel son corps a été placé par l'empereur. Par conséquent, son corps est chargé de l'attaque principale à Waterloo le 18 juin. Malgré la valeur dont il fait preuve, son intervention reste inutile :

« Si le soir il eût connu la position de Grouchy et qu'il eût pu s'y jeter, il lui eût été possible, au jour, avec cette magnifique réserve, de rétablir les affaires et peut-être même de détruire les alliés par un de ces prodiges, de ces retours de fortune qui lui étaient si familiers, et qui n'eussent surpris personne. Mais il n'avait nulle connaissance de Grouchy, et puis il n'était pas facile de se gouverner au milieu des débris de cette armée : -c'était un torrent hors de son lit, il entraînait. »

— Napoléon Ier au comte de Emmanuel de Las Cases

L'exil et le retour en France (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Après la capitulation de Paris, Drouet d'Erlon se rend avec son corps d'armée au-delà de la Loire. Il fait partie des personnalités soumises à arrestation immédiate par l'ordonnance du 24 juillet 1815 (article 1), il réussit à quitter le pays et se réfugie en Prusse à Bayreuth. Il est condamné à mort par contumace en 1816. Par la suite, il établit une brasserie aux environs de Munich.

Gracié par Charles X lors de son sacre, il rentre en France en 1825 et vit dans la retraite jusqu'à la Révolution de 1830.

La Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon, maréchal de France (1765-1844), Charles-Philippe Larivière, 1844.

Le 19 novembre 1831, il est créé pair de France dans la fournée des trente-six pairs viagers, destinée à permettre l'adoption par la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.

L'échec en Algérie (1834-1835)[modifier | modifier le code]

En juillet 1834, il est nommé gouverneur général en Algérie[2], fonction qu'il est le premier à occuper (ses prédécesseurs étaient seulement commandants militaires des troupes françaises en Algérie). Il adopte quelques mesures utiles, crée les bureaux arabes et introduit le régime municipal.

Il prend son poste alors que le général Desmichels, commandant à Oran, vient de conclure avec Abd el-Kader un traité (en partie secret) accordant de grands avantages à l'émir. En février 1835, Drouet d'Erlon remplace le général Desmichels par le général Trézel, qui mène une politique favorable aux tribus hostiles à Abd el-Kader, ce qui entraîne une reprise du conflit. Le général Trézel subit un échec grave lors de la bataille de la Macta (28 juin 1835). En juillet 1835, il est relevé de ses fonctions par le gouverneur général, qui est cependant aussi sanctionné : le gouvernement décide de le remplacer par le général Clauzel, pour mener une politique plus énergique (il subira aussi un échec à Constantine en 1836).

Après l'Algérie[modifier | modifier le code]

Drouet d'Erlon, revenu en France, est nommé commandant de la division militaire de Nantes.

Par ordonnance royale du 9 avril 1843, il est élevé à la dignité de maréchal de France[3], quelques mois avant sa mort.

Il est inhumé au cimetière du Nord à Reims, comme il le souhaitait. Il bénéficie d'obsèques grandioses. Une armée de tapissiers vient de Paris décorer la cathédrale avec les tentures qui avaient servi quelques mois auparavant aux obsèques du fils de Louis-Philippe, à Notre-Dame de Paris.

Publications[modifier | modifier le code]

Drouet a écrit une autobiographie, intitulée Vie militaire, 1844.

Les papiers personnels de Jean-Baptiste Drouet d'Erlon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 28AP[4].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason Jean-Baptiste Drouet d'Erlon.svg
Armes du comte d'Erlon et de l'Empire :

Écartelé: au 1, d'argent chargé du canton des comtes militaires à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle ; au 2, de gueules, au lion d'argent; au 3, de gueules, au chevron d'argent, acc. de trois étoiles du même ; au 4, d'argent cantonné en pointe à senestre d'azur à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle.[5],[6]

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Blason Jean-Baptiste Drouet d'Erlon.svg
Armes du comte Drouet d'Erlon, pair de France, maréchal de France et grand-croix de la Légion d'honneur

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Hommages[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Son nom est gravé sur le côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

La principale place piétonne de Reims, située face à la gare, porte son nom (place Drouet d'Erlon).

Sa statue, due au sculpteur Louis Rochet, située sur cette place à la hauteur de la rue de Châtivesle, a été inaugurée le 28 octobre 1849. Pour ne pas nuire à la perspective de la nouvelle fontaine Subé, elle a été transférée le 31 juillet 1903 à l’angle des boulevards Victor-Hugo et Henry-Vasnier.

La rue d'Erlon à Nantes (ancienne « rue du Palais de Justice ») porte ce nom depuis 1856.

Un camp créé par lui près de Boufarik conserve au XIXe siècle le nom de camp d'Erlon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Almanach impérial (1810)
  2. Précisément : « Gouverneur général des possessions françaises en Afrique du Nord » ; à l'époque, la France n'occupe encore que quelques villes : Alger, Oran, Bougie...
  3. Il n'est donc pas « maréchal d'Empire ».
  4. Site des Archives nationales
  5. Jacques Declercq, « Héraldique napoléonienne et symbolisme maçonnique. », sur gen.declercq.free.fr,‎ septembre 2004 (consulté le 31 juillet 2011)
  6. Classement hiérarchique des personnages présentés sur napoleon-monuments.eu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]