Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière

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Jérôme Le Royer de La Dauversière

Description de l'image  Jerome Le Royer de la Dauversiere.JPG.
Naissance 18 mars 1597
La Flèche
Décès 6 novembre 1659 (à 62 ans)
La Flèche
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession Receveur de tailles
Autres activités
Fondateur de Ville-Marie (ancien nom de Montréal)
Conjoint
Jeanne de Baugé

Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière, est né en Anjou, à La Flèche, le 18 mars 1597 et décédé le 6 novembre 1659. Il est le fondateur de la congrégation des religieuses hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche en 1636 et l'instigateur de la fondation de Ville-Marie, la future Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Photographie d'un bas-relief du monument à Maisonneuve de Montréal représentant l'acte de fondation de Ville-Marie. À droite, Jérôme Le Royer de La Dauversière.
Bas-relief de la signature de l'acte de fondation de Ville-Marie, au monument à Maisonneuve de Montréal. À droite, Jérôme Le Royer de La Dauversière.

Jérôme Le Royer est baptisé le 18 mars 1597, jour de sa naissance, en l'église Saint-Thomas de La Flèche[1]. Issu d'une famille originaire de Bretagne[2], fils de Jérôme Le Royer et Renée Oudin, il tire son nom du petit-fief de la Dauversière, acquis par son arrière-grand-père et situé à une quinzaine de kilomètres de La Flèche[B 1]. Aîné d'une fratrie de trois enfants, Jérome reçoit une éducation très pieuse et dès son plus jeune âge, ses parents lui inculquent un profond attachement à la Sainte Vierge[B 2]. En 1608, il est admis au Collège royal de La Flèche, tenu par les Jésuites. C'est là, au contact du père missionnaire Énemond Massé, qui a séjourné en Nouvelle-France de 1611 à 1613, que Jérôme Le Royer de La Dauversière s'intéresse pour la première fois aux affaires canadiennes[B 3]. Jérôme fréquente le Collège jusqu'en 1617[A 1]. Il succède ensuite à son père dans la charge de receveur de tailles de l'élection de La Flèche, avant d'être nommé échevin de la cité quelques années plus tard[A 2]. Homme de foi, congréganiste de la Sainte Vierge, il épouse Jeanne de Baugé avec laquelle il aura cinq enfants, dont deux fils et deux filles qui entreront dans les ordres[A 3]'[B 4].

Le 2 février 1630, après la messe de la Purification et alors qu'il prie devant la statue de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont de l'ancienne chapelle du château des Carmes, Jérôme Le Royer de La Dauversière se sent appelé à fonder une congrégation religieuse hospitalière au service des pauvres et des malades et à établir un Hôtel-Dieu sur l'île de Montréal, en Nouvelle-France[A 4]. Il confie cette révélation à un jésuite, le Père Chauveau, qui le dissuade dans un premier temps de donner suite à ce projet[A 5].

Devenu administrateur de la vieille aumônerie qui servait d'hôpital de la ville en 1632[B 5], Le Royer rencontre Marie de La Ferre, avec qui il fonde, en 1636, la congrégation des Hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche. Il fait entreprendre la rénovation des bâtiments de la vieille aumônerie pour en faire un véritable Hôtel-Dieu. Marie de La Ferre en devient la première Supérieure[3]. Un des premiers bienfaiteurs de la congrégation est Pierre Chevrier, baron de Fancamp et ami de Jérôme Le Royer, qui donne 20 000 livres pour la construction de l'Hôtel-Dieu[A 6].

Sur les sollicitations du Père Chauveau et afin de prendre conseil au sujet de l'établissement d'une colonie sur l'île de Montréal, Jérôme Le Royer se rend à Paris, où il rencontre le père jésuite Charles Lalemant, ancien supérieur en Nouvelle-France, puis auprès du chancelier Pierre Séguier au château de Meudon. C'est là qu'il fait la connaissance, en 1639, du cousin du chancelier, l'abbé Jean-Jacques Olier. Les deux hommes, animés par le même désir d'évangélisation des peuples amérindiens, décident la création d'une société d'associés, la Société Notre-Dame de Montréal[A 7]. Jérôme Le Royer et ses associés font l'acquisition de l'île de Montréal, qui appartenait alors à l'intendant du Dauphiné et conseiller d'état Jean de Lauzon. Le contrat de cession est signé à Vienne le 7 août 1640[A 8]. Le Royer ne devient propriétaire de Montréal que le 17 décembre, après que les administrateurs de la Compagnie de la Nouvelle-France ont signé l'acte de transfert de l'île[B 6]. Dans le même temps, Le Royer et Fancamp commence les préparatifs de l'expédition canadienne et les associés de Montréal reçoivent quelques soutiens financiers, notamment celui de Gaston de Renty, membre de la compagnie du Saint-Sacrement[A 9]. Le 27 février 1642, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, les Associés choisissent de nommer « Ville-Marie », en l'honneur de la Sainte Vierge, la colonie qu'ils projettent d'établir sur l'île de Montréal[A 10].

Sur les conseils du père Charles Lalemant, Jérôme Le Royer confie le gouvernement civil et militaire de la future colonie à Paul Chomedey de Maisonneuve[B 7]. Au mois de juin 1641, Le Royer et Maisonneuve réunissent à La Rochelle la première recrue, composée de 37 hommes, destinée à la fondation de Ville-Marie. À ce premier groupe de colons se joint Jeanne Mance, une jeune infirmière de Langres ayant reçu le soutien financier d'une dame de la Cour, Madame de Bullion[A 11]. Quelques mois plus tard, les colons atteignent la Nouvelle-France, puis passent l'hiver à Québec, avant de remonter le fleuve Saint-Laurent à partir du mois de mai. Ils débarquent sur l'île de Montréal le 18 mai 1642, date de la fondation de Ville-Marie[A 12].

Malgré les difficultés matérielles et l'opposition violente des populations locales, notamment les Iroquois, le projet prend corps peu à peu. Resté en France, Jérôme Le Royer de La Dauversière travaille avec acharnement à réunir les fonds nécessaires et à recruter les colons qui rejoignent la Nouvelle-France chaque année par petits groupes[A 13]. En 1653, à l'initiative de Le Royer et Maisonneuve, de retour en France, une importante recrue de 153 hommes, venus de La Flèche et de ses environs, est constituée pour se rendre à Montréal et assurer la pérennité de la colonie. Ils s'embarquent au Port-Luneau, à La Flèche, avant de rejoindre Nantes, La Rochelle puis la Nouvelle-France[A 14].

De 1648 à 1650, Jérôme Le Royer travaille à l'expansion des hospitalières de Saint-Joseph. Il fonde ainsi un Hôtel-Dieu à Laval, puis un autre à Moulins[B 8].

Buste de Jérôme Le Royer, à l'entrée du parc des Carmes de La Flèche

En 1659, après le retour en France de Jeanne Mance pour recruter des religieuses qui prendront la responsabilité de l'Hôtel-Dieu de Montréal, Jérôme Le Royer conduit au port de La Rochelle trois hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche, Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet. Toutes trois s'embarquent le 29 juin, en compagnie de plusieurs colons, en direction de Montréal[A 15].

Après leur départ, Jérôme Le Royer de La Dauversière rentre à La Flèche, où il meurt quelques mois plus tard, le 6 novembre 1659[A 16].

Qualité de l'homme[modifier | modifier le code]

Sa cause de béatification est en instance à Rome. Le 6 juillet 2007, au cours de l'audience concédée au cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le pape Benoît XVI a autorisé la publication d'un décret reconnaissant les vertus héroïques du Serviteur de Dieu. Jérôme Le Royer de La Dauversière, père de famille français (1597-1659), fondateur de Montréal et de la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, est désormais reconnu comme vénérable.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à trois roues d'or, posées deux et une.
Commentaires : Armes des La Dauversière.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Quand La Flèche fonda Montréal : Livre souvenir pour le 350e anniversaire, 1642-1992, La Flèche, Imprimerie Fléchoise,‎ 1992, 131 p. (ISBN 2-9506635-0-8)
  • (en) Henri Béchard (trad. Bertille Beaulieu), Les audacieuses entreprises de Le Royer de la Dauversière, Montréal, Méridien,‎ 1992, 402 p. (ISBN 2-89415-064-2[à vérifier : isbn invalide])
  • Compagnie des Associés Amis de Montréal, De La Flèche à Montréal : L'extraordinaire entreprise de M. de la Dauversière, Chambray-lès-Tours, Éditions C.L.D.,‎ 1985, 80 p. (ISBN 2-85443-104-9)
  • Yvonne Estienne, Faire face : Vie de Jérôme Le Royer de la Dauversière, Toulouse, Éditions Privat,‎ 1971, 158 p.
  • Guy-Marie Oury, Jérôme Le Royer, sieur de la Dauversière : L'homme qui a conçu Montréal, Montréal, Méridien,‎ 1991, 235 p. (ISBN 2-89415-042-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

De La Flèche à Montréal Compagnie des Associés Amis de Montréal[modifier | modifier le code]

  • Compagnie des Associés Amis de Montréal, De La Flèche à Montréal : L'extraordinaire entreprise de M. de la Dauversière, Chambray-lès-Tours, Éditions C.L.D.,‎ 1985, 80 p. (ISBN 2-85443-104-9)
  1. p. 14-15.
  2. p. 15.
  3. p. 15.
  4. p. 16.
  5. p. 19.
  6. p. 21.
  7. p. 22.
  8. p. 25.
  9. p. 26.
  10. p. 28.
  11. p. 25.
  12. p. 33-34.
  13. p. 36.
  14. p. 40.
  15. p. 43.
  16. p. 56.

Les audacieuses entreprises de Le Royer de la Dauversière Henri Béchard[modifier | modifier le code]

  • (en) Henri Béchard (trad. Bertille Beaulieu), Les audacieuses entreprises de Le Royer de la Dauversière, Montréal, Méridien,‎ 1992, 402 p. (ISBN 2-89415-064-2[à vérifier : isbn invalide])
  1. p. 16.
  2. p. 17.
  3. p. 18.
  4. p. 27.
  5. p. 37.
  6. p. 86.
  7. p. 90.
  8. p. 197-203.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Répertoire des baptêmes de l'église Saint-Thomas de La Flèche de 1567 à l'an VI, archives départementales de la Sarthe
  2. Marie-Claire Daveluy, Bibliographie de la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663), accompagnée de notes historiques et critiques (suite) dans Lionel Groulx (dir.) Revue d'histoire de l'Amérique française, Institut d’histoire de l’Amérique française, vol. 6, no 2, p. 297-305.
  3. Pierre Schilte, La Flèche intra-muros, Cholet, Farré,‎ 1980, 223 p., p. 40