Jean de Lauzon (père)

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Jean de Lauzon
Image illustrative de l'article Jean de Lauzon (père)
Fonctions
5e gouverneur de la Nouvelle-France
13 octobre 1651juin 1656
Monarque Louis XIV
Prédécesseur Louis d'Ailleboust de Coulonge
Successeur Charles de Lauzon de Charney
Biographie
Date de naissance Vers 1584
Lieu de naissance Paris
Date de décès 16 février 1666
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Conjoint Marie Gaudart (1),
Anne Després (2)
Religion Catholicisme
Résidence Québec
Gouverneurs généraux de la Nouvelle-France

Jean de Lauzon ou Jean de Lauson surnommé le père (Paris ?, 1584Paris, 16 février 1666) fut intendant de Provence, du Dauphiné et de Guyenne, jusqu'en 1648, puis Gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656. Il était le fils aîné de François de Lauzon[1], seigneur de Lirec, en Poitou, conseiller au parlement, descendant d'une famille de robe originaire de Bretagne.

M. de Lauzon était employé par le Cardinal de Richelieu aux affaires du commerce de la marine et des colonies, et à cet titre devint un élément majeur dans le système français naissant de création et de gestion des colonies. Il était très lié aux affaires de la Nouvelle-France puis du Sénégal, et enfin, du commerce triangulaire avec les îles d'Amérique. Il est le père de Jean de Lauzon (fils) (1620-1661), grand sénéchal de la Nouvelle-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il a débuté sa carrière comme conseiller au parlement de Paris où il est reçu le 3 février 1613. Il épouse le 13 avril 1614 à Paris Marie Gaudart (1598-1643), fille de François Gaudart, de la branche dite du Petit-Marais de la famille Gaudart, seigneur du Petit-Marais, conseiller au parlement de Paris et doyen de la 4ème chambre des enquêtes, et de Denise Canaye. Il est ensuite maître des requêtes ordinaire de l'Hôtel du roi reçu le 23 mai 1622, il reçoit le 12 juillet 1626 une commission pour faire sa chevauchée en Normandie, il est encore président au Grand Conseil en 1628. Agent de l'administration royale, il va instruire les procès du duc de Montmorency en 1632, puis du duc d'Épernon en 1634.

L'homme de Richelieu[modifier | modifier le code]

Il était vraisemblablement l’intermédiaire entre le Ministre et les marchands de Rouen. Peut-être même était-il de Rouen.

Jean de Lauzon s’occupait particulièrement des affaires du Canada : c’est lui que le cardinal chargea en 1627 de négocier la démission du duc de Ventadour, vice-roi de la Nouvelle-France, puis de présider comme intendant les réunions de la Compagnie des Cent-Associés. Le 16 avril 1631, il en recevait l’ordre de préparer des vaisseaux pour Québec et vraisemblablement, c’est lui qui mit à la tête de ces vaisseaux Émery de Caen et lui donna mission de réoccuper la ville, ce qui fut fait le 13 juillet 1632. Il portait les titres de Conseiller d’État et Intendant de la Nouvelle-France.

Intendant de police, justice et finances[modifier | modifier le code]

En 1637, il est envoyé en Provence comme intendant de police, justice et finances jusqu'en 1641, et à Vienne comme intendant en Dauphiné en 1640. Il est nommé intendant de Guyenne[2] en 1641, où il reste jusqu'en 1648. Il assure en même temps les fonctions d'intendant des armées en Guyenne et au Béarn. Il est reçu conseiller d'État vers 1645.

Seigneur en Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Propriétaire de plusieurs terres en Nouvelle-France, il fut seigneur de la seigneurie de Lauzon de 1636 à 1651. Elle était située sur la rive-sud du fleuve Saint-Laurent, devant la ville de Québec. Jean de Lauzon n'a jamais habité sur sa terre, surtout en raison de la présence hostile des Iroquois. Ce n'est qu'en 1647 qu'elle fut colonisée par Guillaume Couture, interprète auprès des amérindiens qui fut récompensé pour avoir participé à la signature du premier traité de paix (entre Français et Iroquois) en 1645. Ce traité fut signé par les deux partis dans la région de Trois-Rivières au Québec. Jean de Lauzon (fils) sera héritier de la seigneurie de 1651 à 1661. Elle existera pendant 200 ans jusqu'en 1836. La seigneurie donnera naissance au premier village, situé devant la Ville de Québec, nommé Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. Celui-ci deviendra la ville de Lauzon en 1910 jusqu'en 1989, année où la ville de Lauzon sera fusionnée avec la ville de Lévis.

Décès à Paris[modifier | modifier le code]

À la fin de sa vie, Jean de Lauzon s'installe à Paris : il meurt dans cette ville le 16 février 1666, à l'âge de 82 ans, chez l'un de ses fils, chanoine du cloître de Notre-Dame[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, Tome VIII, p. 588, Paris 1774 Texte
  2. Francis Loirette, Un intendant de Guyenne avant la Fronde, Jean de Lauson (1641-1648), p. 41-68, dans L'État et la région: L'Aquitaine au 17e siècle, Presses universitaires de Bordeaux, Talence, 1998 (ISBN 2-86781-206-2) Extraits
  3. D'après François-Xavier Garneau, Histoire du Canada

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Monet, « LAUSON, JEAN DE (père) », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto et Université Laval, 2000
  • Joseph-Edmond Roy, Histoire de la Seigneurie de Lauzon, Lévis, 1897-1904 (en ligne: vol. 1, 2, 3, 4, 5)
  • Théophile-Pierre Bédard, « Le Gouverneur Jean de Lauson et ses trois fils, étude historique », dans Nouvelles soirées canadiennes, 1882, p. 55-61 et 115-122 (en ligne)
  • Louis-Hippolyte Lafontaine, De la famille des Lauson, Montréal, 1859, 70 p. (en ligne)
  • Francis Loirette, Un intendant de Guyenne avant la Fronde, Jean de Lauson (1641-1648), p. 41-68, dans L'État et la région: L'Aquitaine au XVIIe siècle. Centralisation monarchique, politique régionale et tensions sociales, Presses universitaires de Bordeaux, Bordeaux, 1988 (ISBN 978-2867812064) Extrait

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]