Intimité

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L'intimité réfère généralement au sentiment d'association personnelle proche avec autrui. Elle se rapporte à une connexion familière et affectivement très étroite avec d'autres en résultat à un certain nombre d'expériences communes. L'intimité véritable demande des échanges, de la transparence, de la réciprocité et incidemment une certaine vulnérabilité.

Comme verbe, « intimer » signifie « commander », « signifier avec autorité » ou « sommer ». Comme adjectif, « intime » peut aussi référer une notion de profondeur, tel une connaissance ou une maîtrise intime d'un sujet.

Intimité interpersonnelle[modifier | modifier le code]

Dans les relations humaines, la signification et le degré d'intimité varient à la fois entre et à l'intérieur des relations. En recherche anthropologique, l'intimité est considérée comme le résultat d'une séduction réussie permettant le dévoilement de pensées ou de sentiments autrement cachés. Les conversations intimes deviennent la base de « confidences » qui lient les individus entre eux[1],[2]. Le développement d'une relation intime demande généralement des contacts d'une durée prolongée (évaluée en mois et en années plutôt qu'en jours ou semaines). Autant les anthropologues que les zoologistes ont noté des changements subliminaux dans le langage corporel alors que l'intimité se développe entre deux ou plusieurs individus.

Entretenir l'intimité pour une durée significative demande une acuité émotionnelle et interpersonnelle bien développée, en plus d'une capacité à être à la fois « avec » et « séparé » de l'autre dans la relation. Il en résulte à la fois des conflits intenses et une loyauté élevée[3]. Un manque dans l'habilité à se différencier par rapport à l'autre est une forme de symbiose, parfois appelée fusion, un état différent de l'intimité mais dont les sentiments de proximité sont analogues.

À partir de la connaissance de soi et la différenciation de soi, la famille, les amis proches et les amants témoignent d'un comportement intime. Cette attitude évolue dans un dévoilement réciproque et dans la candeur. Une capacité insuffisante à développer l'intimité peut mener à un rapprochement trop rapide, à des difficultés à trouver la frontière entre soi et l'autre en soutenant la liaison, ou à être malhabile comme ami[4].

Les chercheurs distinguent différentes formes d'intimité, principalement l'intimité émotionnelle et l'intimité physique[5]. L'intimité émotionnelle, en particulier dans les relations sexuelles, se développe typiquement après que des liens physiques sont établis. Par ailleurs, « tomber en amour » comporte une dimension biochimique, où le phénomène est mené par des réactions dans le corps stimulée par l'attraction sexuelle[6], et une dimension sociale liée aux échanges verbaux suivant l'union sexuelle et les rapprochements physiques réguliers[7].

Il est pertinent d'établir une distinction entre les relations intimes et celles « stratégiques ». L'intimité physique peut survenir dans la seconde, mais elle est dirigée par des desseins supérieurs qui peuvent échapper à l'autre. Par exemple, un individu peut se rapprocher d'un autre dans le but d'obtenir quelque chose de précis qu'il eût été difficile d'obtenir en dehors d'une relation intime[8]. Une étude de Mills et Clark suggérait que les relations stratégiques sont fragiles et se brisent à la moindre mésentente. En outre, les relations d'intimité émotionnelle sont nettement plus robustes et peuvent résister à une quantité considérable voire perpétuelle de désaccords.

Dans de nouvelles relations, l'intimité sexuelle peut se développer lentement et de façon prévisible. Des recherches menées par Desmond Morris, un psychologue comportementaliste, mirent en évidence que la majorité des nouvelles relations suivaient douze étapes prévisibles menant à l'intimité sexuelle. Les couples « sautant » ou passant trop rapidement sur certaines de ces étapes étaient plus susceptibles de rompre.

Les douze étapes furent identifiées, dans l'ordre:

  1. Œil à corps ;
  2. Œil à œil ;
  3. Voix à voix ;
  4. Main à main ;
  5. Bras à épaule ;
  6. Bras aux hanches ;
  7. Bouche à bouche ;
  8. Main à tête ;
  9. Main au corps ;
  10. Bouche au sein ;
  11. Main aux parties génitales ;
  12. Rapport sexuel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moore, M. (1985) ‘Nonverbal Courtship Patterns in Women: Contact and Consequences’, Ethnology and Sociobiology, 6: 237-247.
  2. Ridley-Duff, R. J. (2005) "Interpersonal Dynamics: A Communitarian Perspective", appartenant à 1st ENROAC-MCA Conference 7-9 avril, Antwerp.
  3. Aronson, E. (2003) The Social Animal, neuvième édition, New York: Worth Publishers.
  4. Vitalio, D. (2005) Be Your Woman’s Hero, not Wuss: Part 1, infolettre en ligne, 21 avril 2005.
  5. Kakabadse, A., Kakabadse, N. (2004) Intimacy: International Survey of the Sex Lives of People at Work, Basingstoke: Palgrave
  6. Lowndes, L. (1996) How to Make Anyone Fall in Love with You, London: Element.
  7. Giddens, A. (1990) The Consequences of Modernity, Blackwell Publishers Ltd.
  8. Mills, J., Clark, K. (1982) « Exchange and communal relationships » in L. Wheeler (ed) Review of personality and social psychology (volume III), Beverly Hills: Sage.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ann Laura Stoler, La chair de l'empire. Savoirs intimes et pouvoirs raciaux en régime colonial, Éditions La Découverte, 2013
  • (en) Ann Laura Stoler, Haunted by Empire : Geographies of Intimacy in North American History, Duke University Press, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]