Introduction à la métaphysique

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Article principal : Martin Heidegger.

Introduction à la métaphysique, titre allemand Einführung in die Metaphysic (Ga 40), est un livre de Martin Heidegger, publié en France en 1958, qui reprend un ancien cours délivré sous le même titre au semestre d'été 1935, à l'Université de Fribourg-en-Brisgau. Ce livre est un jalon important entre Être et Temps et l'œuvre ultérieure de Heidegger. Avec ce cours qui marque une rupture tranchée avec les cours de Marbourg et Sein und Zeit, on voit, à travers le retour aux paroles les plus anciennes de la philosophie, se constituer une nouvelle lecture de la pensée grecque, comme le montre Jean-François Courtine dans sa présentation du livre[1].

La publication intervient dans ce que Dominique Janicaud a appelé « l'embellie des années cinquante », que constitue la seconde réception en France de la pensée du philosophe, celle qui s'ouvre avec la publication en 1957 de la Lettre sur l'humanisme, traduite par Roger Munier. Cette nouvelle œuvre, traduction de Gilbert Kahn, si étrange et si rebutante[N 1], qu'elle soit, bouleverse l'horizon de la philosophie contemporaine, ainsi que ce que l'on avait cru comprendre jusqu'ici des propres thèses de l'auteur, à la suite de ''Être et Temps''. En raison de ses innovations sémantiques, le livre contient en dernière partie un important lexique concernant toute une série de mots nouveaux que le traducteur a été amené à inventer pour rendre compte de la diversité des expressions allemandes et de l'extraordinaire nouveauté des concepts mis en jeu à cette étape du chemin de pensée du philosophe, voir Avant propos du traducteur Gilbert[2].

Introduction à la métaphysique
Auteur Martin Heidegger
Genre philosophie
Pays d'origine Flag of Germany.svg Allemagne
Traducteur Gilbert Kahn
Éditeur Gallimard
Collection TEL
Nombre de pages 226
ISBN 2-07-020419-7

Ce cours est, entre tous, celui qui expose le plus explicitement le passage de la question orientée sur le « sens de l'être » Sinn des Seins, qui est celle d'Être et Temps à celle de l'« histoire de l'être » Geschichte des Seins, qui sera désignée comme question de « la vérité de l'être »[3],[N 2].

Il n'est pas rare de voir Heidegger ouvrir ses cours, comme c'est encore le cas ici, sur des considérations générales et le caractère intempestif du questionnement philosophique, note Jean Grondin[4]. Ainsi nous apprenons que la philosophie peut apparaître comme inutile en raison de :

1/-Son inactualité; elle ne concerne jamais directement l'aujourd'hui, mais les fondements premiers et derniers de l'étant, de façon que l'homme lui-même y trouve, une interprétation[5]. Il ressort de cette inactualité que l'idée par exemple, d'une « philosophie chrétienne » est du « fer de bois »[6]

2/-Parce qu'elle vise les fondements premiers (Introduction, p. 22-23), ne permet ni d'édifier une quelconque conception du monde ni de soigner les maux d'une civilisation malade.

3/-Mais si nous ne pouvons rien faire avec la philosophie, peut-être peut elle faire quelque chose de nous ? (Introduction, p. 24-25)en nous incitant à questionner en dehors de l'ordre. Pour aborder le sujet proprement dit, Heidegger fait appel à un plan magistral en quatre parties : -la question fondamentale de la métaphysique ; -sur la grammaire et l'étymologie du mot "être"; -la question sur l'essence de l' "être"; - la limitation de l'être selon les quatre déterminations classiques dont, Être et devenir, Être et apparence, Être et penser, Être et devoir que Jean Greisch qualifie de "puissances cachées"[7]

C'est essentiellement du livre collectif de Jean-François Courtine[8] avec ses neuf contributeurs, d'où seront tirés les éléments de ce petit coup d'œil sur ce que nous dit l'Introduction à la métaphysique sur ce livre difficile, impossible à résumer, en nous limitant à l'examen des thèmes qui peuvent être considérés comme ceux des premiers pas dans le Tournant [la Khere] ainsi que leur incidence sur la conception de l'"être de l'homme", pris lui-aussi au sein du Tournant.

Les premiers pas dans le Tournant[modifier | modifier le code]

La question fondamentale de la métaphysique[modifier | modifier le code]

Le livre commence par cette question insolite « pourquoi y a-t-il en général de l'étant, plutôt que rien? », qui selon Heidegger, va permettre de conduire au cœur de la métaphysique. Questionner jusqu'au bout c'est en cela que consiste la philosophie[9].

Le saut dans la question[modifier | modifier le code]

  • Cette question, dont l'ambition est d'embrasser tous les étants, quels qu'ils soient, cherche le fondement de l'étant en tant qu'il est étant, autrement dit ce qui fait l'« étantité » de l'étant.
  • Le second membre de la phrase, « plutôt que rien? », précise implicitement qu'il s'agit de questionner non vers une quelconque cause comme nous y incite toute la tradition métaphysique, mais dans une toute autre direction et dimension, celle que constitue l'étant en liaison avec son alternative propre, le "non-étant", c'est-à-dire, le néant. La prise en compte du néant à titre d'alternative possible, inflige à la question de l' "être" une courbure nouvelle et fondamentale, un retournement[10].
  • À ce niveau de généralité, le « questionner » [le questionner de la question], lui-même, se trouve concerné, il est lui aussi, en tant qu'étant, compris dans l'étant questionné et tombe derechef dans la même alternative; [compris dans l'étant mais aussi en quelque sorte, détaché, au dehors, faisant face], le pourquoi de la question métaphysique est lui-même en tant que tel questionné.
  • De ce fait le cours expose le questionnement métaphysique initial au "choc en retour de la question sur son propre pourquoi"[11]. L'expérience faite ici donne l'apparence d'un saut par laquelle l'homme abandonne toute espèce de sécurité antérieure réelle ou apparente[12]. Courir le risque de questionner jusqu'au bout, en questionnant la question et ainsi de suite, jusqu'au vertige, quand cela se produit, quand tout vacille, est, pour Heidegger, le propre de la philosophie[13].
  • L'immédiatement remarquable dans la question fondamentale ainsi formulée et interprétée, c'est que l'étant est maintenu, sous forme de question, dans la possibilité du non-être[14],[N 3].
  • Que le néant soit possible amène le regard à délaisser toute interprétation causale et à se tourner vers l'« événement » de l'être, ici l'« événement » même du questionnement, qui prendra ultérieurement le nom de Ereignis, sommé de réfléchir sur son propre pourquoi[15].
  • S'agissant d'un « événement », considéré dans son « avoir-lieu », l'expression de cette question, le « questionner » essentiel est qualifié d'« historial », geschichtlich[16], car comme Heidegger le souligne, une telle question en ouvrant à des possibilités non scrutées, renoue avec le commencement, aiguise et aggrave le présent, ce que la Science dite historique ne peut pas faire[17].
  • De ce rien, dont elle est menacée factuellement, la pensée est invitée à rétrocéder vers ses propres possibilités[18].
  • Un tel regard est qualifié d 'historial, Geschichlichkeit[19] en ce qu'il révèle les rapports essentiels à l'étant, convoque Dasein devant sa pro-venance, par et devant laquelle seulement il peut se comprendre et être compris, et l'invite à assumer librement sa propre histoire.

Le vacillement de l'étant[modifier | modifier le code]

  • Nous avons vu que le remarquable, dans la question ainsi posée consistait en ce que l'étant était maintenu dans la possibilité du non-être notamment en raison de la deuxième partie de la question « Pourquoi y a-t-il en général de l'étant ; plutôt que rien? ». Il en est ainsi de tous les étants naturels ou autres, hommes ou dieux, mais tout aussi bien du "pourquoi du questionner" qui est en soi un étant. Mais aussi encore, de notre "Être-là" questionnant, qui du fait de cette question se maintient pour ainsi dire de lui-même en suspension, à moitié étant, à moitié non-étant (Introduction, p. 41).
  • Par ce flottement, il apparaît que la question ne porte plus sur l'étant, mais sur l'« être », dont il s'agit de savoir pourquoi l'étant comme tel est, d'où, il s'ensuit, que la question adressée directement à l'étant en abrite une autre plus originaire, une question essentielle implicite et préalable : qu'en est-il de l'être ?[20].
  • Cette alternative, entre être et non-être, cette possibilité qui se révèle à travers la question, appartient à l'étant lui-même, elle n'est pas de notre fait, une simple curiosité psychologique (Introduction, p. 41).
  • Dans le questionner sur l'être de l'étant en tant que tel, nous questionnons implicitement au préalable vers l'être, que nous devons déjà comprendre implicitement en quelque façon en tant qu'être, sinon nous ne pourrions interroger l'être d'aucun étant (Introduction, p. 41).
  • Comprendre l'être trouve ses conditions de possibilité dans l'existence même de l'homme, lequel n'entretient de rapport avec l'étant, comme il apparaît dans la question fondamentale, que sur la base d'une ouverture préalable au néant, c'est-à-dire à l'être de l'étant[21].

La question de l'être[modifier | modifier le code]

La question ; Qu'en est-il de l'être ? est incluse dans le question directrice fondamentale comme pré-question[22]. Or le concept traditionnel de « être », au sens verbal, avec ses quatre divisions (penser, apparence, devenir, devoir), ignorant le néant, Heidegger invite à s'engager dans une nouvelle fondation[23], en revenant au point de départ grec, là où se situe l'événement fondamental Grundgeschen de l' « être-là » occidental[24] .

quand l'étant se nommait phusis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : phusis.
  • C'est sur la base d'une expérience fondamentalement poétique que les grecs ont appris ce qu'était la φύσις et pu par la suite comprendre, sur la base de cette ouverture originaire, la nature au sens restreint comme nous la comprenons[N 4]. Pour les grecs, la φύσις embrasse absolument tous les étants, choses naturelles ou autres, hommes ou dieux, choses physiques ou idées, considérées dans leur pure apparition, dans la naïveté d'un regard que nous avons perdu depuis longtemps. La φύσις sera : « ce qui s'épanouit de soi-même, le fait de se déployer en s'ouvrant et, dans un tel déploiement de faire son apparition, de se tenir dans cet apparaître et d'y demeurer »[25].
  • Ce que Heidegger découvre dans la vision des anciens grecs de la φύσις notamment dans les œuvres des tragiques, Sophocle particulièrement, c'est une φύσις qui concerne tous les étants, qui tous ont pour caractéristique principale d'émerger dans un pur auto-déploiement, correspondant à un « manifester de l'être lui-même », sans qu'il soit nécessaire de prendre en considération le regard préalable d'un observateur[26].
  • La φύσις étendue à l'entièreté de l'étant « c'est l'être même grâce auquel seulement l'étant est observable » nous dit Heidegger (Introduction ..page 27) ; « le nom propre de l'être » renchérit Jean Grondin, ce à quoi les grecs ont à faire face c'est à la surabondance, à l'« afflux de l'être », voire à sa violence, nous dit Gerard Guest[27],[N 5]; violence à laquelle les hommes opposent leur contre violence constituée de ruse la Méti, et de mesure.
  • Interroger sur la φύσις, c'est interroger « l'étant comme tel » dans son étantité, mais aussi, « l' être comme tel », ces deux questions n'en faisant qu'une pour les anciens grecs. Ce « questionner » est par essence métaphysique, mais aussi intégralement historique (Introduction page 54). Pour une description plus détaillé du concept de φύσις voir :
Article détaillé : phusis.

de l'« étant comme tel » à l' « être comme tel »[modifier | modifier le code]

  • Toutefois la question qui concerne «  l'être comme tel, est d'essence et d'origine différente » (op cité page 30).
  • La célèbre question, dite « question de l'Être », qui court tout au long de la métaphysique signifie selon l'interprétation courante, depuis Anaximandre jusqu'à Niezsche, questionner sur l' étant comme tel et non sur l'Être, sur l'étantité ; ce n'est qu'à partir d' Être et Temps que le questionner s'adresse à l'« être comme tel » (Introduction page 31).
  • Pour celui qui questionne vers l' « être comme tel » il est clair que celui-ci reste « l'oublié » de la métaphysique qui ne vise dans la « question de l'être » que l' être de l'étant (Introduction page 31).
  • Cet « oubli de l'être », n'est ni une erreur, ni un péché originel des métaphysiciens ; c'est l'être lui-même, en se retirant, qui se présente sous les auspices de l'oubli. La lethe fait partie de l'alètheia[28].
  • L'« oubli de l'être », si souvent évoqué, et par lequel Heidegger caractérise la métaphysique, va s'averer être le destin de tout une époque. « Sous le signe de la science positive et de son application technique, cet oubli se précipite vers son achèvement, ne laissant plus rien subsister à côté de lui qui puisse bénéficier d'un être plus authentique dans quelque monde réservé au « sacré » »Hans-Georg Gadamer[29].

le combat πολεμος est l'essence de tout étant[modifier | modifier le code]

« Πόλεμος πάντων μὲν πατήρ ἐστι, πάντων δὲ βασιλεύς, καὶ τοὺς μὲν θεοὺς ἔδειξε τοὺς δὲ ἀνθρώπους, τοὺς μὲν δούλους ἐποίησε τοὺς δὲ ἐλευθέρους »

— Heidegger Introduction à la métaphysique op cité page 72

Jean-François Courtine[30] parle, à propos de ce texte célèbre, qui a connu de multiples traductions[N 6], d'une nouvelle occurrence du fragment 53 de Héraclite, trop souvent mal interprété, où il est dit, « le conflit est père de toute chose »[31], déjà exposé dans un cours de 1933-1934 consacré à Vom Wesen der Wahreit. Heidegger comprend le πολεμος. Dans une lettre à Carl Schmitt, rapportée par Jean-François Courtine[32], Heidegger précise que toute explicitation du fragment doit se tenir en référence au concept de vérité.

L'être de l'homme dans le Tournant[modifier | modifier le code]

C'est dans le quatrième chapitre à l'occasion du « recadrage » selon l'expression de Jean Greisch[33] de la question de l'être par rapport aux distinctions traditionnelles, [devenir, apparence, penser, devoir-être], qu'un nouveau dessin de l'être humain se fait progressivement jour. Dans ce parcours Heidegger va, au moins autant, s'appuyer sur les paroles fondamentales des penseurs présocratiques Héraclite et Parménide que sur les poèmes et les tragédies notamment Antigone et Œdipe-roi, de Sophocle[34].

Quand l'être paraît[modifier | modifier le code]

Heidegger sans s'attarder ici, prend le contre-pied de l'opinion commune en avançant que Héraclite et Parménide disent la même chose quant au devenir[35], pour insister plus longuement sur l'autre distinction celle de l'être et du paraître qui lui permet d'exhiber le rôle majeur de la doxa δόξα dans la détermination de l'être grec.
Le terme de doxa est à prendre dans son sens le plus positif comme dans les expressions « l'enfant paraît » ou glorieux comme lorsque Paul parle de « la gloire de Dieu qui s'est manifestée en Christ »[36].

le combat de l'être et du paraître[modifier | modifier le code]

Entre les points de vue du paysan qui voit le soleil se lever et celui de l'astronome qui sait que la terre tourne se confrontent deux vérités qui n'étant pas du même ordre ne peuvent s'invalider[N 7]. C'est le combat entre l'être et le paraître que les grecs ont mené ardemment jusqu'à ce que Platon vienne l'interrompre avec sa théorie de l'idea intemporelle considérée dorénavant comme l'être véritable.
Pour Heidegger c'est l' Œdipe-roi qui est l'expression la plus parfaite de la tragédie du paraître. « Œdipe, qui au début, est le sauveur et le maître de l'Etat, dans l'éclat de la gloire et la grâce des dieux, est expulsé de cette apparence, laquelle n'est pas une simple vue subjective qu'Œdipe aurait de lui-même, mais ce en quoi a lieu l'apparaître de son être là »[37]. Finalement la dés-occultation de son être le révélera comme meurtrier de son père et mari incestueux de sa mère. « La vérité assiège la ville », selon l'expression de Heidegger lui-même, alors qu'Œdipe avance vers elle d'un pas résolu, vérité que finalement il ne pourra supporter au point de se crever les yeux. Heidegger voit dans ce mythe, l'expression de la passion de l'homme grec pour le dévoilement de l'être, passion pour son combat[38] . L'être en tant qu'apparaître, l' être d'apparence, n'est pas moins puissant que l'être de l' alètheia, du non voilé. Heidegger renvoie aussi à à ce poème tardif de Holderlin où il est dit que « le roi Œdipe a peut-être un œil de trop ».

l'être aime à se cacher[modifier | modifier le code]

Dans son fragment numéroté 123, Héraclite aurait déclaré « Φύσις κρύπτεσθαι φιλεῖ », soit « l'être aime à se cacher », selon l'interpétation de la phusis par Heidegger, qui ici, dans l'esprit de cette sentence, est conduit à affirmer non seulement la puissance du paraître, mais aussi que l' être de la phusis offre des évidences et des vues qui selon ce qu'il en est du paraître et par suite, nécessairement et constamment, présente une évidence qui justement couvre et garde latent ce que l'étant est en vérité, c'est-à-dire, ce qu'il est dans la non latence[39].

Qu'en est-il de l'être de l'homme[modifier | modifier le code]

C'est dans la section consacrée à la scission entre « Être et Penser » à partir de la page 146 du cours[40], que Heidegger expose sa vision de l'être de l'homme, qu'il fait précéder d'un long développement, remontant jusqu'à son origine, sur l'essence de cette scission. La distinction entre les deux notions « Être et Penser », qui dans la langue des présocratiques se nommaient Logos et Phusis, prend naissance à partir d'une co-appartenance première, d'une appartenance originaire de la pensée à l'être. Il s'agit donc pour Heidegger de les accueillir et de les comprendre autrement que ne l'a fait la tradition, notamment quant à la Logique héritière du Logos archaïque, dont la prétention à se définir comme doctrine du penser est exagéré[N 8].

la question préalable du sens du Logos[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Logos.

Il y a une énigme du Logos, car si la signification précoce a bien été « le dire et le discours », expose Heidegger, sa signification originelle est autre, cette autre signification s'est estompée et le dire ou le discours n'en sont qu'une signification dérivée[41] C'est à partir de l'étymologie du terme λόγος et particulièrement de sa forme verbale λέγειν, que Heidegger va chercher ce sens originaire, qui lui apparaîtra comme un « cueillir », un « récolter », un « mettre à l'abri ». Au terme d'une longue méditation, le mot de λόγος, substantif du verbe λέγειν n'aurait pas pour signification première « ce qui est de l'ordre de la parole mais, ce qui recueille le présent, le laisse étendu-ensemble devant et ainsi, le préserve en l'abritant dans la présence »[42],[N 9]

  • 1/-Le λόγος, à travers cette thèse, se dote de trois déterminations essentielles complémentaires, que résume Heidegger[43] :à savoir :
    la constance, la permanence, ce qui rassemble et tient ensemble[44], et ce qui se déploie souverainement en son règne

Le fragment 50 de Héraclite, est considéré comme le fragment clef pour la suite de la compréhension du λόγος

Si ce n'est pas moi mais le λόγος que vous avez entendu, il est sage de dire, en conformité avec lui: Un est Tout Héraclite 50

Cette sentence ouvre la voie à une double interprétation, deux modalités d'audition, soit l'entente des simples paroles humaines d'Héraclite, soit l'écoute du λόγος dans les paroles d' Héraclite, à travers les paroles de Héraclite, ce qui traduit une autre espèce d'écoute et d'entente. Marlène Zarader note que dans la forme de la sentence (ce n'est pas moi), le simple locuteur, le discours, est d'emblée écarté au profit du Logos auprès duquel Héraclite invite ses élèves à « être à l'écoute ». Ce qui est en jeu ici c'est la condition du savoir authentique qui consiste à ce que l'écoute s'ordonne au λόγος et se soumette à lui[N 10].

  • 2/-Heidegger interprète le fameux, « Ta Panta Rei Τα Πάντα ῥεῖ » de Héraclite : non pas dans le sens traditionnel de « Tout coule » ou celui de « Tout passe » qui signerait son mobilisme universel, opposé au fixisme Parménidien mais dans le sens où « la totalité de l'étant est dans son être, jetée sans cesse d'un contraire à l'autre, l'être est la recollection de cette agitation antagoniste » [45]
  • 3/-Si la pensée n'est pas une possession de l'homme, mais que tout au contraire c'est elle qui le possède, selon ce que Heidegger retire de la lecture des présocratiques, et aussi de la poésie tragique grecque, alors la question « qui est l'homme ?» ne peut être posée qu'à travers la question de l' « être »[46],[N 11].

Ne se jugeant pas en mesure de comprendre directement la pensée des premiers philosophes, Heidegger va demander une aide à la poésie, à travers le premier chœur de l' Antigone de Sophocle, dont il pense qu'elle nous livre une esquisse de l'être de l'homme pour les grecs archaïques [Introduction page 153].

la structure du premier chant[modifier | modifier le code]

Jean Greisch[47], recense les trois caractères principaux qui, selon Heidegger, ressortent sur ce qui est dit du Dasein de l'homme dans la tragédie grecque

un être aporétique[modifier | modifier le code]
  • D'abord il ressort que l'homme est un « être » métaphysiquement impossible à définir dont l'essence, historiale[N 12], ne s'expose que dans l'événement que constitue l'irruption de l'être lui-même[48].
  • Ce n'est que dans son rapport à ce dont il provient [historialement] que l'homme en questionnant vient à lui-même [Introduction page 151].
  • L'homme grec est comme Ulysse celui de toutes les aventures, notamment maritimes, celui qui fait l'expérience des passages difficiles, mais aussi des passages impraticables, « sans issue », c'est-à-dire, de ce que la langue philosophique appellera des « apories ». Sans domicile fixe, le héros grec éprouve l'inquiétante étrangeté de l'étant[49]. Condamné à des aventures sans issue, ἄπορος, chante le vers 360 du chœur d'Antigone, que Heidegger traduit par le « Rien », l'homme est condamné à affronter la puissance du Rien, « Menschen zum Platzhalter des Nichts »[N 13].
le plus inquiétant des animaux[modifier | modifier le code]
  • Dans Être et Temps déjà, avec la Befindlichkeit, ou disposibilité, et le rôle de l'angoisse, le Dasein faisait l'expérience de l'étrangeté du monde que Heidegger résumait dans le concept de Unheimlichkeit, [voir aussi article Dasein,] où domine le sentiment de « non-appartenance », en vertu duquel le Dasein est toujours étranger dans son monde, même le plus familier, comme il est étranger lui-même pour lui-même. l' Unheimlichkeit de Être et Temps se transforme en Heimatlosigkeit ou absence de lieu nata[50].
  • La même perspective est encore accentuée selon Françoise Dastur, dans l'Introduction à la métaphysique notamment à travers l'interprétation du premier chœur de l'Antigone de Sophocle dans lequel l'homme se trouve qualifié de Deinos, δεινός, c'est-à-dire d'effrayant ou qui frappe l'imagination, aux deux sens passif en tant qu'exposé à la violence de l'étant, qu'actif comme participant de cette même violence. Heidegger utilise, pour appuyer son propos, la traduction possible de « non familier » pour δεινός, Unheimlich en allemand, au sens d'extraordinaire. Cette dernière traduction rejoignant celle que Heidegger allait faire du fragment èthos anthropô daimôn d'Héraclite[51]. Heidegger en conclura que la meilleure définition grecque de l'homme est Deinatoton, l'être le plus inquiétant, en tant que trait fondamental de l'essence de l'homme auquel les autres traits doivent toujours être rapportés[52],[53]
un animal politique[modifier | modifier le code]
  • Les Grecs attribuaient aussi un autre sens au terme de Deinatoton, celui de violence, violence de la phusis, contre violence de l'homme . Ce dernier n'est qu'un incident, un événement qui s'intercale dans la phusi, dans le jeu puissances déchaînées qui se déploient et font leur entrée sur la scène du monde[54]. Exposé, l'homme grec est une brèche à partir de laquelle la puissance de l'être fait irruption.
  • Au sens grec le terme doxa δόξα, est utilisé pour glorifier un dieu ou un guerrier[55] Pour le guerrier, par la glorification de ses exploits, il s'agit d'asseoir une renommée qui porte au-delà de la mort et dont l'effet le plus marquant consiste à lui donner aux yeux de tous, un supplément d'être.

La sur-interprétation heideggerienne[modifier | modifier le code]

Heidegger ne s'en tient pas à ce qui est dit littéralement dans le poème :

  • Phusis et techné [l'agir humain] vont nécessairement de pair. La phusis a besoin de la techné pour apparaître[54].
  • L'homme est le plus unheimlich, [étranger], parce qu'il est tenu par l'être, au risque de troubler la quiétude du foyer, à s'en évader pour permettre l'irruption de la puissance subjugante de la phusis[N 14].
  • Le créateur est celui qui pousse cette violence le plus loin, il n'est qu'une brèche pour la déclosion de l'être qui laisse les puissances déchaînées de la phusis se déployer et faire leur entrée dans l'œuvre du créateur, en tant qu'histoire[56].
  • Il n'est pas question ici d'hubris ou de démesure, mais de nécessité métaphysique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Courtine 2007, p. 13
  2. Heidegger 1987, p. 10
  3. Escoubas 2007, p. 159
  4. Grondin 2007, p. 147
  5. Martin Heidegger, op. cité 1987, p. 22
  6. Roesner 2007, p. 83
  7. Greisch 2007, p. 185
  8. Courtine 2007
  9. Roesner 2007, p. 83-104
  10. Christian Sommer, "Pratique et rhétorique du questionnement chez Heidegger" in Jean-François Courtine (éd), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, études et commentaires, Paris, Vrin, 2007, pp. 34-35
  11. Servanne Jollivet, "D'une introduction dans l'histoire de l'être", in Jean-François Courtine (éd), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger études et commentaires, Paris, Vrin, 2007, p. 52.
  12. Christian Sommer, "art. cité", 2007, p. 36
  13. Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique, Paris, Gallimard, 1987, coll. "TEL", p. 20
  14. Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique, Paris, Gallimard 1987, coll. "TEL", p. 40
  15. Servanne Jollivet, "D'une introduction dans l'histoire de l'être", op. cité, Courtine 2007, p. 55.
  16. Éliane Escoubas, "L'archive du logos", op cité, 2007, p. 159
  17. Martin Heidegger, op cité, 1987 p. 55
  18. Servanne Jollivet, "D'une introduction dans l'histoire de l'être", op. cité, Courtine 2007, p. 55.
  19. Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir : problèmes et controverses, Paris, Vrin, 2011 p. 193
  20. Christian Sommer, art. cité, in Courtine, 2007, p. 43
  21. Françoise Dastur, op. cité, 2011 p. 209
  22. Martin Heidegger Introduction à la métaphysique collection TEL Gallimard 1987 page 50
  23. Christian Sommer contribution citée 2007 page 46
  24. Christian Sommer op cité page 48
  25. Martin Heidegger Introduction op cité page 26
  26. Jean Grondin Le drame de la Physis dans Jean-François Courtine (éd) L'Introduction à la métaphysique de Heidegger Études et Commentaires VRIN 2007 page 150
  27. Gerard Guest L'afflux de l'Être - Grecs et Hypergrecs conférence Paroles des Jours séance 31 du 11 mais 2013 http://parolesdesjours.free.fr/seminaire.htm
  28. Jean Grondin Le tournant dans la pensée de Martin Heidegger Epiméthée PUF 1987 page 104
  29. Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002 page 152
  30. Jean-François Courtine Archéo-Logique Husserl, Heidegger, Patocka Epiméthée PUF 2013 page 135
  31. dans Introduction à la métaphysique op cité pages 72 et 73
  32. Jean-François Courtine 2013 op cité page 140
  33. Jean Greisch L'autre de l'Être dans Jean-François Courtine (éd) L'Introduction à la métaphysique de Heidegger Études et Commentaires VRIN 2007 page 182
  34. Françoise Dastur La question de l'être de l'homme dans l'Introduction à la métaphysique Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir Problèmes et Controverses VRIN 2011 page 98
  35. Jean Greisch L'autre de l'Être op cité page 185
  36. Jean Greisch L'autre de l'Être op cité page 186
  37. Martin Heidegger Introduction à la métaphysique page 115
  38. Françoise Dastur La question de l'être de l'homme dans l'Introduction à la métaphysique Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir Problèmes et Controverses VRIN 2011 page 99
  39. Martin Heidegger Introduction à la métaphysique page 113
  40. Martin Heidegger Introduction à la métaphysique collection TEL Gallimard 1987
  41. Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l’origine, VRIN,‎ 1990, p. 162.
  42. Martin Heidegger Logos dans essais et conférences collect Tel Galimard 1993 pages page 250-255
  43. Éliane Escoubas dans Jean-François Courtine éd collectif l'Introduction à la métaphysique de Heidegger Études et Commentaires VRIN page 164
  44. Martin Heidegger Introduction 1987 page 139
  45. Martin Heidegger Introduction 1987 page 141
  46. Françoise Dastur La question de l'être de l'homme dans Jean-François Courtine (éd) L'Introduction à la métaphysique de Heidegger Études et Commentaires VRIN 2007 page 216
  47. Jean Greisch L'autre de l'Être op cité 2007 page 196
  48. Martin Heidegger Introduction op cité page 147
  49. Jean Greisch L'autre de l'Être op cité 2007 page 198
  50. lFrançoise Dastur op cité 2011 page 102
  51. Françoise Dastur La question de l'être de l'homme 2011 op cité page 101
  52. Martin Heidegger introduction op cité 1987 page 158
  53. Jean-François CourtineHeidegger et la phénoménologie Bibliothèque d'Histoire de la Philosophie Vrin 1990 page 104 bonnes feuilles lien : http://books.google.fr/books/about/Heidegger_et_la_phenomenologie_Paris_Vri.html?id=hWPy4RnHHdMC&redir_esc=y
  54. a et b Françoise Dastur La question de l'être de l'homme 2011 op cité page 108
  55. Jean Greisch L'autre de l'Être op cité 2007 page 186
  56. Françoise Dastur, La question de l'être de l'homme, op cité, 2011, p. 109

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gilbert Kahn ne recule devant aucun néologisme et propose une traduction qui fait sensation par sa bizarrerie constate Dominique Janicaud Heidegger en France, Paris, Hachette Littérature, 2005, coll. "Pluriel", p. 166
  2. "Pour tous les lecteurs de Heidegger, l' Introduction à la métaphysique aura été un document décisif pour comprendre le chemin parcouru par Heidegger, dans les années 1930, et cerner le fameux 'Tournant' qui le caractérise; le cours inaugurait en effet une nouvelle lecture de la pensée grecque, en reprenant les paroles les plus anciennes de la philosophie (Héraclite et Parménide), mais aussi la poésie tragique Eschyle et surtout Sophocle" Jean-François CourtineCourtine 2007, p. 13
  3. Christian Sommer note le rapprochement qu'effectue Heidegger avec une longue tradition qui remonte à Parménide sur la nécessité de penser conjointement l'être et le néant. Voir "Pratique et rhétorique du questionnement chez Heidegger", Jean-François Courtine (éd), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, études et commentaires, Paris, Vrin, 2007, note p. 42.
  4. « Les grecs n'ont pas commencé par apprendre des phénomènes naturels ce qu'est la φύσις, mais inversement : c'est sur la base d'une expérience fondamentale poétique et pensante de l'être, que s'est ouvertà eux ce qu'ils ontdû nommer φύσις. Ce n'est que sur la base de cette ouverture qu'ils purent être à même de comprendre la nature au sens restreint. »Martin Heidegger Introduction op cité page 27
  5. « l'Omniprésent » ou « phusis, φύσις » englobe tout dans la pensée grecque, il tient en balance l'opposition des contraires les plus extrêmes, du ciel le plus haut et de l'abîme le plus profond sans qu'aucun n'eux ne s'efface complètement, car jamais le compromis ne se substitue au combat » dira ailleurs Heidegger dans Approche de Hölderlin dans Martin Heidegger approche de Hölderlin Comme un jour de fête TEL Gallimard page 70
  6. Une dernière traduction de Pascal David dit: « La confrontation est cequi engendre [laisse éclore] tout ce qui se déploie en présence, non moins que ce qui sauvegarde tout sous son règne. Les uns, elle les laisse apparaître comme des dieux, les autres comme des hommes, les uns, elle les fait ressortir comme des serviteurs, les autres comme des hommes libres »
  7. L'aube et le coucher du soleil, l'aube et le crépuscule, ont une vérité « phénoménologique », que nul savoir astronomique ou météorologique ne saurait invalider Jean Greisch L'autre de l'Être op cité page 187
  8. La logique elle-même est incapable d'expliquer et de fonder ce qui concerene sa propre origine et la légitimiter de sa prétention à être l'interprétation déterminante du penser Martin Heidegger Introduction op cité page 129
  9. λέγειν en latin legere, c'est la même chose que notre col-liger (cf, cueillir des cerises, collecte, récolte). Ce mot signifie : poser une chose à côté d'une autre, les mettre ensemble, bref rassembler ; dans cette opération les choses sont en même temps distinguées les unes des autres, dans Martin Heidegger Introduction à la métaphysique page 132
  10. « Le λόγος amène ce qui apparaît, ce qui se produit et s'étend devant nous, à se montrer de lui-même, à se faire voir en lumière » Martin Heidegger Logos dans essais et conférences collect Tel Galimard 1993 page257
  11. « C'est en particulier dans le poème de Parménide où retentit la fameuse affirmation selon laquelle « être et penser sont le même » c'est-à-dire s'entre appartiennent, que Heidegger découvre une détermination de l'être de l'homme à partir de son appartenance à l'être »Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir Problèmes et Controverses VRIN 2011 page 100
  12. « Ce qui s'accomplit dans ce dict (de Héraclite) n'est rien de moins que l'entrée en scène de l'homme en pleine conscience, en tant qu'homme historial (gardien de l'être), qui devient la détermination normative de l'êrte-homme pour l'Occident...L'idée de l'homme comme « animal raisonnable », sous ses formes les plus diverses, à la base de toutes les approches contemporaines, constitue une barrière qui nous exclut de la dimension où l'apparition de l'essence de l'homme pro-vient originairement et vient à stance (s'expose en l'étant) », Martin Heidegger Introduction op cité page 148-149
  13. Partout en route faisant expérience, inexpert sans issue, il arrive au rien [Introduction page 158] à noter cette traduction/conclusion est contestée par Michel Haar Heidegger et l'essence de l'homme Collection Krisis Millon page 212 bonnes feuilles lien : http://books.google.fr/books?id=Yf53ZHov_JQC&printsec=frontcover&dq=Michel+Haar+Heidegger+et+l'essence+de+l'homme&hl=fr&sa=X&ei=WsVrUuGhGaqe4gSHzoHADQ&ved=0CEsQ6AEwAA#v=onepage&q=Michel%20Haar%20Heidegger%20et%20l'essence%20de%20l'homme&f=false
  14. Hans-Georg Gadamercite à ce propos in Les Chemins de Heidegger, Paris, Vrin, 2002, coll. "Textes philosophiques", p. 134, une phrase extraordinaire de Heidegger prononcée dans un séminaire sur Schelling « l'angoisse de vivre pousse la créature hors de son centre »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Heidegger (trad. Gilbert Kahn), Introduction à la métaphysique, Gallimard, coll. « Tel » (no 49),‎ 1987, 226 p. (ISBN 2-07-020419-7)
  • Martin Heidegger (préf. Jean Beaufret), Essais et Conférences, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 52),‎ 1993 (ISBN 2-07-022220-9).
  • Martin Heidegger approche de Hölderlin Comme un jour de fête TEL Gallimard 1996 ISBN 2-07-074380-2
  • Jean-François Courtine (dir.), Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Etudes et Commentaires »,‎ 2007, 240 p. (ISBN 978-2-7116-1934-4, présentation en ligne).
    • Martina Roesner, « Hors du questionnement, point de philosophie : Sur les multiples facette de la critique du christianisme et de la « philosophie chrétienne » dans l’Introduction à la métaphysique », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007, 240 p. (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 83-104.
    • Eliane Escoubas, « L'archive du Logos », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007, 240 p. (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 159-180.
    • Françoise Dastur, « La question de l'être de l'homme dans l’Introduction à la métaphysique », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007 (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 213-234.
    • Jean Greisch, « L'autre de l'être », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007 (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 181-212.
    • Christian Sommer, « L’évènement de la question : Pratique et rhétorique du questionnement chez Heidegger (1935) », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007, 240 p. (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 33-51.
    • Servanne Jollivet, « D'une introduction dans l'histoire de l'être, ou d'un premier tournant de la pensée », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007 (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 51-82
    • Jean Grondin, « Le drame de la Physis dans l'Introduction de la métaphysique », dans Jean-François Courtine (dir.), L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires »,‎ 2007 (ISBN 978-2-7116-1934-4), p. 145-158.
  • Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir, Paris, J. Vrin, coll. « Problèmes et controverses »,‎ 2011, 252 p. (ISBN 978-2-7116-2390-7, notice BnF no FRBNF42567422).
  • Gerard Guest Le tournant dans l'histoire de l'Être dans L'INFINI Heidegger le danger en l'Être 95 été 2006 éditions Gallimard 255 pages
  • Dominique Janicaud Heidegger en France Pluriel Hachette Littératures 2005 isbn 201-279185-9
  • Marlène Zarader Heidegger et les paroles de l'origine VRIN 1990
  • Marcel Détienne Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque Textes à l'appui éd la découverte 1999
  • Jean-François Courtine Archéo-Logique Husserl, Heidegger, Patocka Epiméthée PUF 2013 isbn 978-2-13-060856-1

Articles connexes dédiés[modifier | modifier le code]