Eugen Fink

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Eugen Fink ( à Constance - 25 juillet 1975 à Friburg-en-Brisgau) est un philosophe allemand. Il est l’une des grandes figures de la phénoménologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugen Fink est né à Constance. Il étudie tout d’abord à Münster et Berlin, puis à Fribourg-en-Brisgau. Il soutient sa thèse sous la double direction de Husserl et de Heidegger. Après le départ en retraite de Husserl, en 1930, il fait partie du cercle étroit de ses proches.

En 1933, Fink choisit de devenir le secrétaire privé de Husserl plutôt que d’embrasser la carrière universitaire. Il participe à l’élaboration des textes de Husserl.

En 1938, le père Van Breda transfère à Louvain les manuscrits de Husserl. Fink prend part, avec Landgrebe, aux premiers travaux des Archives Husserl nouvellement créées. Lorsque la guerre éclate, tous deux sont internés en France. Après l’invasion, Fink est enrôlé dans l’armée allemande.

Fink soutient son habilitation à Fribourg en 1946. Il enseigne à l’Université et à l’Institut pédagogique de Fribourg. Il est également actif au sein de divers organismes d’éducation populaire.

Il dirige les Archives Husserl de Fribourg, depuis leur fondation en 1950, à 1971, année de sa retraite.

Il meurt d’une attaque en 1975.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Fink est inspirée de celles de Husserl et de Heidegger, avec lesquelles elle se confond en partie : Fink a donné des prolongements aux manuscrits de Husserl sur lesquels il a travaillé (les Méditations cartésiennes) et développé des travaux dont Husserl put dire qu’ils ne contiennent « pas une phrase qu[’il] ne puisse [s’]approprier ». En collaboration avec Heidegger, il dirigea lors du semestre d’hiver 1966-1967 un séminaire sur Héraclite resté célèbre.

Il a cependant développé une œuvre propre, sous la forme d’une anthropologie cosmologique. L’homme n’est ni sujet, ni Dasein, mais déterminé par l’édifice du monde : il existe dans l’espace ouvert par le jeu d’une « dialectique cosmologique » du Ciel et de la Terre, du Monde et de la Chose. Fink déploie l’existence de l’homme insérée dans le monde au fil des « phénomènes fondamentaux » du travail, de la domination, de l’amour et de la mort.

Dans de nombreux articles et conférences, il s’empare de questions ayant trait à l’éducation ou à la technique moderne sur le fond de cette anthropologie.

D’importants essais sur l’histoire de la philosophie, dans lesquels Fink se confronte avec les présocratiques, Kant, Nietzsche et Hegel, s’inscrivent aussi dans cette même perspective.

Postérité[modifier | modifier le code]

Restée dans l’ombre de Heidegger, l’œuvre de Fink (surtout l’œuvre tardive) est encore relativement méconnue. Elle a cependant eu une influence importante sur la phénoménologie européenne, notamment francophone.

Les Archives Eugen Fink, fondées en 1981 à Fribourg, conservent l’ensemble des manuscrits de Fink. Une édition critique de ses œuvres complètes a été entreprise en 2004. Vingt-cinq volumes doivent paraître aux éditions Karl Alber.

Publications principales[modifier | modifier le code]

  • (de) Vom Wesen des Enthusiasmus, Freiburg, 1947.
  • (de) Nachdenkliches zur ontologischen Frühgeschichte von Raum - Zeit -Bewegung, Den Haag, 1957.
  • (de) Alles und Nichts, Den Haag, 1959.
  • (de) Spiel als Weltsymbol, Stuttgart, 1960.
  • (de) Nietzsches Philosophie, Stuttgart, 1960.
  • (de) Metaphysik und Tod, Stuttgart, 1969.
  • (de) Heraklit. Seminar mit Martin Heidegger, Frankfurt/Main, 1970.
  • (de) Erziehungswissenschaft und Lebenslehre, Freiburg, 1970.
  • (de) Sein und Mensch. Vom Wesen der ontologischen Erfahrung, Freiburg, 1977.
  • (de) Grundfragen der systematischen Pädagogik, Freiburg, 1978.
  • (de) Grundphänomene des menschlichen Daseins, Freiburg, 1979.
  • (de) Grundfragen der antiken Philosophie, Würzburg, 1985.
  • (de) Welt und Endlichkeit, Würzburg, 1990.
  • (de) Hegel, Frankfurt, 2006 (2).

Œuvres en français[modifier | modifier le code]

  • La Philosophie de Nietzsche, trad. fr. H. Hildenbrand et A. Lindenberg, Minuit, Paris, 1965.
  • Le Jeu comme symbole du monde, trad. fr. H. Hildenbrand et A. Lindenberg, Minuit, Paris, 1966.
  • Martin Heidegger - Eugen Fink, Héraclite, trad. fr. J. Launay et P. Lévy, Gallimard, Paris, 1973.
  • De la phénoménologie, trad. fr. D. Franck, Minuit, Paris, 1975.
  • Proximité et distance, trad. fr. J. Kessler, Jérôme Millon, Grenoble, 1994.
  • Sixième méditation cartésienne, trad. fr. N. Depraz, Jérôme Millon, Grenoble, 1994.
  • Autres rédactions des Méditations cartésiennes, trad. fr. F. Dastur et A. Montavont, Jérôme Millon, 1998.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]