Alètheia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Aleteia.
Article principal : Heidegger et les Présocratiques.

Ce concept, issu de la philosophie antique, a notamment été utilisé par Parménide dans son poème De la nature[1]. Selon Parménide, on peut opposer le domaine de la vérité (alètheia) à celui de l'opinion (doxa).

C'est au philosophe allemand Martin Heidegger, que l'on doit le renouveau d'intérêt pour le concept d' Alètheia (grec ancien :ἀλήθεια) : 1 - « vérité » (au sens de dévoilement), issu de lèthè « oubli » et a- (négation) ; 2 - « réalité »[2]. De son point de vue, la question de l'essence de la « Vérité » (Aletheia, ἀλήθεια en grec ancien) a été, dès l'origine de la pensée occidentale, un sujet extrêmement problématique et qui est resté problématique à toutes les étapes de l'histoire de la philosophie, c'est pourquoi il y est revenu à plusieurs reprises.

L'Alètheia dans la Grèce antique[modifier | modifier le code]

Nous faisons appel à la contribution d'un spécialiste de la Grèce archaïque Marcel Détienne qui dans son ouvrage de 1967[3] a mis en évidence un certain nombre de significations qui semblent corroborer les observations de Martin Heidegger et justifier son interprétation de la notion d' Alètheia comme dévoilement de l'étant et non pas comme jugement qui date du début des années 1920[N 1]

« La parole (de Vérité) est du même ordre : comme la main qui donne, qui reçoit, comme les gestes d'imprécation, elle est une force religieuse qui agit en fonction de sa propre efficacité »[4]Marcel Détienne, Les maitres de vérité

Les points essentiels à retenir, que l'on retrouvera dans l'approche heideggerienne sont:

  1. l'efficacité, la « Parole de vérité » n'est pas séparée de sa réalisation parce qu'elle fait corps avec les forces de la nature[5];
  2. intemporallité, la « Parole de vérité » se prononce dans un temps qui échappe à la succession en englobant présent, passé et futur comme la parole de Calchas dans l' Iliade d' Homère, commentée par Gerard Guest[6] ;
  3. Cette parole magico-religieuse transcende les hommes; elle n'est pas la manifestation d'une volonté[7]
  4. efficace la « Parole de vérité » est aussi parole de justice, une parole qui met en jeu la mémoire, la confiance, la faculté de persuasion et l'adhésion ultime[8];
  5. les grecs anciens ne connaissent pas l'opposition tranchée entre vérité et fausseté, d'autres couples d'opposés viennent perturber ce schéma, « mémoire et oubli », « efficace non efficace », « juste injuste », « confiance tromperie », « persuasion ou inaudible » .

En résumé, la « Vérité-Alètheia », n'est pas encore un concept, et surtout pas encore un jugement de correspondance, elle s'exprime dans une Parole, une Parole magico-religieuse, dite par les hommes habilités et qui expriment une force et est une partie prenante de la Phusis, en tant que telle elle est efficace et a pour fonction de dire et d'agir sur ce qui est[9] Mais l Aletheia y compris pour les « Maîtres de vérité », que sont les rois de justice et les prêtres, restera toujours fragile, voilée, soumise à l'erreur, à la tromperie ou à l'oubli, à un mot à la Léthé[10]

L'approche heideggerienne de l' Alètheia[modifier | modifier le code]

De l'Alètheia à la Vérité comme concordance[modifier | modifier le code]

Dans son entreprise de refondation, Heidegger entreprend de retrouver le sens originaire de l'idée de Vérité, ou Aletheia, celui des présocratiques (Parménide, Héraclite, Anaximandre) et d'Homère. Pour un exposé exceptionnel du sens originel et de la complexité de l’Aletheia chez les grecs archaïques, on ne peut que recommander la lecture du livre déjà cité de Marcel Detienne [11] et celui de Marlène Zarader[12]
Chez les premiers penseurs présocratiques les trois thèmes de Phusis, de Logos et d’ Alètheia, sont perpétuellement mise en relation car ils appartiennent au groupe des « paroles fondamentales » distinguées par Marlène Zarader dans son livre[13],[N 2]
« Tous ces thèmes primordiaux avec celui de l' Alètheia s'ouvrent les uns sur les autres et en arrive presque à s'identifier entre eux » comme le note Heidegger [14]

  1. Depuis le Platon, de l'Allégorie de la caverne[15],[16] qui voit la Vérité à travers l'éblouissement de l'Idée, en passant à sa définition comme forme chez Aristote, puis plus tard l'«adæquatio intellectus» et rei et la Véritas du Moyen Âge, chose étendue dans un espace mathématique chez Descartes, ou le phénomène perçu chez Kant. Il y a toujours compréhension de la Vérité à travers une « correspondance entre l'idée et la chose ». Lorsque cette concordance est fermement établie, la Vérité est atteinte.
  2. Un deuxième présupposé tout aussi commun et tout aussi problématique d'origine aristotélicien celui-là, réduit le concept de vérité à sa dimension logique qui veut qu' « une chose ne puisse en même temps et sous le même rapport être et ne pas être » selon le principe de contradiction[N 3]. La vérité ne saurait être affirmée que d'une chose réellement étante selon les critères de la logique alors même que, selon Heidegger, la logique est suspendue elle-même à la Vérité de l'Être enfermant ainsi cette application du principe de contradiction dans un cercle.
  • Heidegger met en question ce double postulat, il voit dans cette conviction comme la manifestation d'un double préjugé, qu'il va s'attacher à déconstruire en remontant aux origines grecques de l'idée de Vérité dans le terme Aletheia. Il s’agit d’abord de voir que cette définition ontologique de la Vérité par la concordance puis par la rectitude du jugement, est en retrait sur la notion, extrêmement complexe des premiers penseurs de l’Alètheia, essentiellement Parménide, mais aussi du sens courant et populaire (épopée homérique) comme l’expose Marcel Detienne dans son livre[11] et donc que quelque chose de la richesse de ce premier sens s'est perdu au cours de l'histoire, et que ce processus de dégénérescence était déjà bien entamé dans la Grèce classique
  • Étymologiquement, Alètheia, qui signifie littéralement « hors de la Léthé » articule une expérience originaire de la vérité comme sortie de l'étant hors du retrait[17]. Il s'agit bien d'une expérience ontologique (quant à l'être) et non pas d'un simple jeu linguistique qu'autoriserait le « A » privatif d'Aléthéia .« ‘’Aléthéia pensée de façon grecque est régie par la Léthé, ne se fonde donc pas sur la construction du mot, mais dans la pensée que pour être ce qu’il est le dévoilement a besoin du voilement »[18]. Ce dont cette expression rend compte chez les premiers penseurs et les poètes (Homère, Hésiode) et jusqu'à Platon c'est donc d'un « Événement », un évènement de sortie qui n'est absolument pas réductible au résultat de cet évènement.

Or cet évènement a eu lieu, déjà depuis Platon les penseurs ne prennent plus en considération l'évènement de l'apparition pour ne plus voir que l'apparu, que l'objet la chose présente Cette perte de sens, cet oubli de l’être en tant que décèlement ou épiphanie, à partir duquel la Métaphysique prendra paradoxalement son essor, ainsi que l’histoire de l’occident, Heidegger le qualifie d'effondrement, voire de catastrophe[17],[19].

L’Idea de Platon n'est plus l'apparaître lui-même dans son processus, mais seulement son résultat, la chose vue qui se fige en objet soit en présence constante en tant qu’ousia. C’est ici que se fait cette mutation de l’essence de la vérité qui consiste à soumettre l’être à la pensée, à la perception, au noein[20]. Le sens profond de la Vérité sera progressivement perdu à jamais pour être remplacé par de simples procédures de vérification.

Jean Beaufret[21] note une autre découverte de Heidegger, que cette mutation se double d'une autre toute aussi surprenante, celle qui consiste pour Platon à soumettre la Vérité au Bon, à l' Agathe, notamment dans la République où le Bien suprême devient l'ultime régulateur, rompant ainsi avec la pensée de Parménide et d'Héraclite.

Il faut noter cependant que Heidegger n'a jamais affirmé que notre conception de la vérité était erronée, mais seulement qu'elle était dérivée[22].

L'interprétation du Poème de Parménide[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs interprétations de ce poème.

Oliver Primavesi propose une interprétation de la relation entre l’aletheia et la doxa dans un article[23].

Le mouvement de régression vers la source Alètheia[modifier | modifier le code]

Comme toujours chez Heidegger, le fondement d'un phénomène est à rechercher du côté des conditions de possibilité.

Les conditions de possibilité de la vérité du jugement[modifier | modifier le code]

  1. Pour qu'un énoncé soit vrai, il faut d'abord qu'il exprime la chose « telle qu'elle est » et non pas seulement une représentation de cette chose[24]. Par cette affirmation Heidegger transcende les difficultés soulevées par les théories de la connaissance, car exprimer la chose telle qu'elle est, suppose qu'elle soit là-devant, pas simplement dans sa représentation, Heidegger parle de Vor-stellen, traduit par « Apprésentation », de saisie en chair et en os, qui suppose un Dasein toujours déjà auprès des choses (être-au-monde).
  2. Pour que l'étant se montre tel qu'il est, il faut ensuite qu'il ait surgi en tant que tel au préalablement pour ainsi dire[25]. Il y a donc, de toute nécessité, une vérité de la chose apprésentée qui précède le jugement de vérité et c'est cette vérité de la chose que l'Alètheia s'efforce d'exprimer.
  3. Le vrai n'a pas son siège dans le seul jugement. Alors que la sensation des sensibles propres est toujours vraie, le jugement qui fait intervenir la raison peut être faux avait déjà remarqué Aristote, car il fait intervenir contrairement au sensible un tiers, qui s'il est ignorant ne saisit pas la chose en ce qu'elle est, Françoise Dastur [N 4]
  4. D'ailleurs c'est Aristote lui-même qui en Métaphysique Theta reconnaît que « ce n'est pas la proposition qui est le lieu de la vérité mais tout au contraire la vérité qui est le lieu de la proposition » cite Françoise Dastur reprenant Heidegger[26]

De la vérité du jugement à la vérité antéprédicative[modifier | modifier le code]

Ce retour vers la chose en tant que telle n'est pas phénoménologiquement en soi suffisant, car pour être là devant, antérieurement à sa saisie[N 5], il faut qu'elle soit dans une dimension, un lieu qui autorise sa saisie, une dimension que Heidegger a aperçu dans le « hors-retrait » des premiers grecs et qu'il appellera l'ouvert Ein Offenbares, expression qui deviendra Ouverture pour le Dasein, puis plus tard, « clairière », « éclaircie de l'Être », toutes expressions, qui font encore référence au phénomène de la lumière, phènomène qui rappelle l'idée que s'en faisait Platon[27]

Mais la pensée de l'Idéa ignore tout ce qu'elle doit à la lumière de l'être, elle ne fait l'expérience de cette lumière que dans l'éclairement de l'étant, et jamais de la lumière en tant que telle[28]. Avec l'Ouvert, ou Monde, c'est l'éclaircie elle-même qu'il s'agit de penser, éclaircie immanente qui est la condition de l'être de la chose et de sa vérité.

Deux conditions complémentaires à cette monstration de la « chose comme telle » ne doivent pas être oubliées :

  • Cette monstration implique un Verhalten : un comportement ou une « disposibilité accueillante » du Dasein.
  • Elle implique aussi que l'étant « soit laissé être l'étant qu'il est ». Cette condition, Heidegger, dans Vom Wesen der Wahrheit ou « Essence de la vérité » l'appelle, liberté[24],[29].

Si l'étant est vrai en tant qu'il apparaît librement dans l' Ouvert, comme « dévoilé », « alors l'ultime problème et le plus décisif est celui de l'ouverture de l'Ouvert »[30], au-delà du dévoilé il faut penser le « dévoilement » en tant que tel, ou mieux le « Désabritement » qui sonne aux oreilles de Heidegger comme un arrachement à la Léthé dans la Grèce archaïque.

La vérité comme combat[modifier | modifier le code]

L'essence de l’alètheia[modifier | modifier le code]

En traduisant alètheia par Unverborgenheit, dévoilement ou plutôt non-voilement, et non plus simplement par Vérité, Heidegger s'efforce de faire entendre quelque chose du sens [N 6] , de ce vers quoi alètheia faisait signe, même à l'insu des grecs, et à partir duquel ils déployaient leur monde (le monde d'Homère et des premiers penseurs et poètes)[31].

Pour entendre ceci, il faut remonter en deçà de l'événement qui avait conduit à l' implosion du premier sens de l’alètheia, à savoir « le moment où est oublié l'aspect temporel et aventureux de la sortie hors du retrait »[32] et où seul le résultat compte, notamment chez Platon, et où définitivement l’alètheia, devient simplement, l'étant.

Dans un fragment numéroté 123, Héraclite aurait déclaré « Φύσις κρύπτεσθαι φιλεῖ » , soit « la nature aime à se cacher » , sentence trop trivialement traduite à nos oreilles modernes selon laquelle Héraclite aurait constaté poétiquement la pénibilité du savoir et de l'apprentissage, alors que pour Heidegger, cette sentence pourrait exprimer, l'essence profonde de alètheia, à savoir que le dévoilement implique nécessairement et simultanément le voilement.

la co-appartenance du voilement et du dévoilement[modifier | modifier le code]

Les points suivants sont successivement mis en avant par Marlène Zarader[33], commentant Heidegger:

  • Lalètheia, ou dévoilement dit le surgissement hors de la λήθη
  • parce qu'il s'agit d'un dévoilement, alètheia signifie aussi l'« être-vrai »
  • c'est en tant qu'apparu, en tant que sorti de la latence que l'étant, « est »
  • ce qui apparaît a laissé derrière lui l'occultation.
  • cette sortie de l'« occultation » est inscrite dans le mot alètheia
  • le «  » privatif de ἀλήθεια, n'est donc pas seulement un symbole grammatical, il indique un « dévoilé » qui est aussi et surtout un « arraché à l'occultation ».
  • au-delà de la présence de la λήθη, le «  » privatif fait signe vers la prévalence de l'occultation qui régit entièrement l'essence de l'être. Marlène Zarader[34] précise « l'affirmation selon laquelle l' ἀλήθεια, pensée de façon grecque, est régie par la λήθη, ne se fonde pas dans la construction du mot, mais dans la pensée que le dévoilement, pour être ce qu'il est, a besoin du voilement »[35]. Philippe Arjakovsky[36] de son côté en souligne la dynamique « pour Heidegger c'est le phénomène qui suspend son retrait, le phénomène, autrement dit : ce qui est. Entendue à partir d'Alètheia « vérité veut dire : Unverborgenheit de l'être  »  ; déclosion de l'être, désabritement, suspension du retrait ».

le jeu du voilement et du dévoilement[modifier | modifier le code]

Heidegger s'efforce de nous faire penser ensemble voilement et dévoilement. Pour cela, il s'aide de la traduction allemande, qui l'autorise à interpréter le « se cacher » de la sentence héraclitéenne aussi bien comme un « s'abriter »; la Phusis, aimerait ainsi d'après le penseur à s'« abriter » parce que à l'abri du voile, le cèlement, l'occultation, sont pour elle la garantie du « surgissement » et de « l'éclosion »[37],[N 7].

Méditer cette co-appartenance entre «éclosion » et « occultation » n'est pas un jeu dialectique, ni une simple apposition de contraires; mais, comme nous le précise Heidegger, une dynamique propre qui nous force à penser l'occultation et le non-être, comme une part essentielle de la Phusis , (la nuit du jour, la guerre de la paix, la disette de l'abondance ), qui seule lui garantit d'être ce qu'elle est. Dans cette pensée originaire le non-être est constitutif de l'être, et c'est ceci qui est pensé dans la sentence énigmatique héraclitéenne, vue plus haut[38], ainsi que dans le statut du dire et de la parole dans les temps archaïques[39].

Plus énigmatique encore, l'insistance de Heidegger, à présenter l'alètheia, non seulement comme ayant besoin de l'occultation pour briller ( le jour a besoin de la nuit ) ce qu'elle serait si elle était une simple ouverture mais « comme dévoilement de l'occultation elle-même »[40].

la Lichtung comme espace du jeu[modifier | modifier le code]

Ici encore, dans sa compréhension de la die Lichtung , traduit ordinairement par « clairière » ou « éclaircie », Heidegger apparaît extraordinairement novateur . La métaphore de la lumière est banale depuis Platon, pour désigner la condition de possibilité de l'apparaître, Heidegger en use aussi dans ce sens mais, il remarque que cette clarté, ce libre rayonnement demande une dimension, une contrée où elle puisse répandre son rayonnementet où puisse apparaître tout ce qui est. L'éclaicie, die Lichtung , est donc bien plutôt l'ouverture que cette clarté présuppose, elle dit non seulement ce qui se dévoile et ce dévoilement même, mais aussi cet autre qui lui ne se dévoile pas et qui demeure occulté[41],[42]. Marlène Zarader résume ainsi, en trois points les lignes de forces essentielles pour la compréhension du sens d' alètheia dans la pensée de Heidegger.

  1. L' ἀλήθεια est pensée comme dévoilement de l'étant et non comme concordance.
  2. Il s'avère que l'étant ne peut se dévoiler qu'en raison d'une dimension qui ne se dévoile pas. L' ἀλήθεια a besoin de la λήθη, ce qui se dérobe qui constitue comme une réserve est, l' être.
  3. Ce qui va finalement être essentiel et énigmatique, c'est que cette occultation s'occulte elle-même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lambros Couloubaritsis, Histoire de la philosophie ancienne et médiévale, Éditions Grasset, chapitre sur Parménide (voir extrait)
  2. Ch. Georgin : Dictionnaire Grec-Français - Hatier
  3. Marcel Detienne, Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Paris, Éditions de la Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1990 (première édition: Paris, Maspero, 1967)
  4. Detienne 1990, p. 52
  5. Marcel Detienne, Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Paris, Éditions de la Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1990 page 58
  6. Paroles des jours Le regard de Calchas 25e séance 31/03/2012 vidéo 13:http://parolesdesjours.free.fr/sommaire_seminaire.htm
  7. Marcel Detienne, Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Paris, Éditions de la Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1990 page 59
  8. ibid pages57-62
  9. Detienne 1990, p. 50-51
  10. Detienne 1990, p. 72
  11. a et b Detienne 1990
  12. Marlène Zarader op cité 1990 page 52
  13. Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l'origine, VRIN, 1990, page 19.
  14. Eliane Escoubas dans Jean-François Courtine (éd.), L'Introduction à la métaphysique de Martin Heidegger, Études et Commentaires, Vrin, 2007, page 160.
  15. Martin Heidegger De l'essence de la vérité. Approche de l'allégorie de la caverne et du Théétète de Platon, Gallimard, 2001
  16. Heidegger 2001
  17. a et b Gérard Guest, Paroles des jours, séminaire 15/12/2007 3e séance, vidéo 13
  18. Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l'origine, p. 63
  19. voir Séminaire du Thor
  20. Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir Problèmes et Controverses, Vrin, 2011, page 215.
  21. Jean Beaufret Dialogue avec Heidegger, Philosophie moderne, Tome 2, Arguments, Éditions de minuit, 1977, pages 196-197
  22. Marlène Zaraderop. cité Indroduction par Emmanuel Lévinas, Vrin, 1990
  23. Le chemin vers la révélation: lumière et nuit dans le poème de Parménide, Revue de Philosophie Antique, 13, 2013, p. 37-81
  24. a et b Marlène Zarader op. cité 1990 page 55
  25. Marlène Zarader op. cité 1990 pages 53-54
  26. Françoise Dastur, Heidegger et la question du temps, Philosophies Pluriel, PUF, 1990 page 24
  27. C'est pourquoi le sous-titre de son livre sur l'essence de la vérité s'intitule Approche de l'allégorie de la caverne et du Théétète de Platon
  28. Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir Problèmes et Controverses page 18
  29. voir précisément le développement de cette idée de liberté comme fondement de la vérité page 56 du précédent ouvrage
  30. Marlène Zarader op. cité 1990 page 60
  31. Marlène Zarader op cité 1990 page 61
  32. Gérard Guest, Paroles des jours, 7e séance, 24,05,2008, vidéo 5, http://parolesdesjours.free.fr/seminaire7.htm
  33. Heidegger et les paroles de l'origine, p. 62
  34. Heidegger et les paroles de l'origine, p. 63
  35. op cité 1990 page63
  36. Le Dictionnaire Martin Heidegger article Alèthéia, p. 45
  37. Marlène Zarader Heidegger et les paroles de l'origine VRIN 1990 page43
  38. Marlène Zaraderop. cité 1990 pages 44-45
  39. Marcel Détienne op. cité
  40. Marlène Zaraderop. cité 1990 page 64
  41. Marlène Zarader op. cité 1990 page 68
  42. voir Séminaire de Gerard Guest Paroles des Jours 31e Conférence du 11/05/2013 vidéo 10 http://parolesdesjours.free.fr/seminaire.htm

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La thèse se lon laquelle les Grecs exprimaient le phénomène de la vérité d'une manière négative avec un "A" privatif, et donc Alètheia signifiait à l'origine, hors du Léthé, donc une ouverture ontologique préverbale, un dévoilement, a été contestée dés l'origine à travers une controverse avec le philologue Paul Friedländer, son collègue à Marbourg, voir note bas de page 46-47 dans J.F. Courtine (éd.), Heidegger 1919-1929. De l'herméneutique de la facticité à la métaphysique du Dasein, Paris, Vrin, 1996.
  2. Ces paroles fondamentales n'appartiennent pas seulement à ceux qui les prononcèrent. En tant que paroles du commencement, elles ouvrent tous les domaines du questionnement que la philosophie reconnaîtra comme sien : elles disent l’être, la vérité, le destin, le temps. Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l’origine, VRIN, 1990, page 19.
  3. C'est Franz Brentano dans son livre De la diversité des acceptions de l'être d'après Aristote (1862), que Heidegger avait lu dans sa jeunesse, qui développera la conception logique de La Vérité en oubliant les passages où Aristote présente une conception ontologique de la Vérité, que Heidegger reprendra et priviligéra voir Françoise Dastur Heidegger Bibliothèque des Philosophies, Vrin, 2007 page 127
  4. Françoise Dastur prend l'exemple de l'énoncé « « l'homme est mortel », l'apophansis a recours à l'être-mortel pour faire voir l'homme dont on parle comme mortel.Par cette structure de synthèse qui fait voir l'être-ensemble de l'homme et de la mortalité, le discours apophantique reçoit en même temps la poossibilité du recouvrement »Françoise Dastur Bibliothèque des philosophies VRIN 2007 page77-78
  5. pour que la connaissance puisse se régler sur l'étant (vérité prédicative), il faut que celui-ci se soit déjà manifesté comme tel (vérité ontique).Les grecs ont donné à cet étant ainsi manifeste qu'il concevait comme surgissant et venant au paraître le nom de ἀλήθέϛ d'où l' ἀλήθεια que les romains ont traduit par Véritas qui ne garde plus son caractère essentiel de dévoilé et de dévoilement C'est pourquoi Heidegger a proposé d'abandonner la traduction d'ἀλήθεια par vérité et de la remplacer par Unverborgenheit, dévoilé ou ouvert sans retrait -Marlène Zarader op. cité 1990 page 61
  6. l'entente grecque n'est elle-même pas exempte d'ambiguïté entre le sens d'exactitude et celui de non-voilement. Voir l'article Vérité dans Le Dictionnaire Martin Heidegger
  7. « c'est parce qu'elle surgit de lui qu'elle incline vers lui, comme vers ce qui seul garantit son surgissement. Il apparaît ainsi que l'émergence « aime », l'occultation, non point comme ce qui la nierait mais comme l'élément où sa propre possibilité d'être se trouve abritée, tenue en réserve, et ainsi préservée » Marlène Zaraderop cité 1990 page43

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Arjakovsky, François Fédier et Hadrien France-Lanord (dir.), Le Dictionnaire Martin Heidegger : Vocabulaire polyphonique de sa pensée, Paris, Éditions du Cerf,‎ 2013, 1450 p. (ISBN 978-2-204-10077-9)
  • Jean Beaufret, Parménide. Le Poème, Quadrige grands textes, PUF 2009
  • Françoise Dastur, Heidegger et la pensée à venir, Problèmes et Controverses Vrin 2011 isbn 9782711623907
  • Marcel Detienne, Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Paris, Éditions de la Découverte, coll. « Textes à l'appui »,‎ 1990, 159 p. (ISBN 2-7071-2005-7)
  • Martin Heidegger:
    • Martin Heidegger (trad. Alain Boutot), De l’essence de la vérité. Approche de l’allégorie de la caverne et du Théétète de Platon, Gallimard, coll. « Tel »,‎ 2001 (ISBN 2070732789)
    • Questions I et II, Paris, Gallimard, coll. « TEL » (trad. Kōstas Axelos, Jean Beaufret, Walter Biemel et al.), 1990, 582 p. (ISBN 2070718522) (OCLC 21386975)
    • De l'essence de la vérité, Vom Wesen der Wahrheit dans: Questions I et II, collection TEL, Gallimard 1990 isbn 2070718522.
    • La doctrine de Platon sur la vérité Questions I et II, collection TEL, Gallimard 1990 isbn 2070718522.
    • Parménide trad. Thomas Piel, Gallimard 2010.
  • Marlène Zarader, Heidegger et les paroles de l'origine, VRIN,‎ 1990

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]