Inna Shevchenko

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Inna Shevchenko
Inna Shevchenko en 2010.
Inna Shevchenko en 2010.

Naissance (24 ans)
Kherson, Flag of Ukrainian SSR.svg RSS d'Ukraine

Inna Shevchenko (en ukrainien : Інна Шевченко, Inna Chevtchenko[1]), née le à Kherson, est une militante féministe ukrainienne. Elle est une des principales activistes du mouvement Femen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Inna Shevchenko (gauche) et une autre membre des Femen manifestant contre l'organisation de l'Euro 2012 en Ukraine.

Inna Shevchenko est née le à Kherson en Ukraine[2]. De 2008 à 2012, elle étudie le journalisme à l'université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev, dont elle est diplômée avec les honneurs[2], quand elle s'engage dans le mouvement Femen.

Arrivée en France en avec un visa touristique, elle obtient l'asile le auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA)[3] alors qu'elle faisait l'objet d'une enquête criminelle par la police de son pays[4] après avoir tronçonné une croix catholique lors d’une manifestation pour protester contre la condamnation des Pussy Riot pour un concert contre Vladimir Poutine dans une cathédrale orthodoxe de Moscou[5]. Cette action a soulevé de très vives protestations en Ukraine, la croix en question ayant été érigée en souvenir des millions de victimes de l'Holodomor et des persécutions soviétiques anti-religieuses[6].

Le , à la suite de la renonciation du pape Benoît XVI, huit activistes de Femen France investissent, seins nus et couvertes de slogans hostiles au pape, la cathédrale Notre-Dame de Paris afin de faire sonner les cloches (alors exposées à l'occasion de leur restauration), avant d'être évacuées par le service d'ordre, sept d'entre elles étant également interpellées par la police. Cette action est condamnée unanimement par la classe politique. Eva Joly dénonce une action déplacée et « un manque de respect pour les croyants » ; le ministre de l'Intérieur Manuel Valls témoigne « de son soutien aux catholiques de France qui ont pu être offensés par ce geste grossier » et parle de « consternation » face à « une provocation inutile », argument repris par la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ; des critiques sont aussi exprimées par le maire Bertrand Delanoë, et les sénateurs de Paris Pierre Charon et Yves Pozzo di Borgo[7]. Mgr Patrick Jacquin, recteur-archiprêtre de Notre-Dame, annonce avoir porté plainte pour « profanation d'un espace cultuel[8] » et pour « coups et blessures »[9]. L'AGRIF déclare porter plainte et demande la dissolution des Femen[10]. Malgré les condamnations venant de plusieurs personnalités politiques, de nombreux plaignants et pétitionnaires s'étonnent que les activistes de Femen aient été « peu inquiétées après leur interpellation » par la police française ». En mars, Inna et Sacha Chevtchenko affirment avoir « emporté un petit bout » de l'or en feuille appliqué sur l'une des cloches pour payer la réparation de « dents cassées »[11], alors que, dans de précédentes déclarations, Inna Chevtchenko avait nié avoir abîmé la cloche[12],[13]. Sur cette affaire, le 13 septembre 2013, le tribunal de Paris demande le renvoi pour complément d'information à une date ultérieure, en attente des conclusions de l'enquête[14]. Elles sont défendues par Patrick Klugman, ancien avocat conseil de SOS Racisme et de Caroline Fourest, laquelle n'a pas cautionné l'action entreprise à la cathédrale, « à cause de son amitié pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et Manuel Valls », selon une ancienne Femen. Le , à l'issue du premier procès français contre Femen, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé les neuf militantes Femen accusées dans cette affaire, mais le parquet de Paris a fait appel, alors que trois surveillants de la Notre-Dame ont été condamnés à des amendes avec sursis pour la violence avec laquelle ils ont expulsés trois des militantes lors de leur action[15]. Le haut fonctionnaire Roland Hureaux déclare que le jugement de relaxe est choquant, d'autant plus que les vigiles ont eux été condamnés, et parle de « monde à l'envers »[16].

Femen à la sortie du tribunal de Paris, le 13 septembre 2013. À gauche, Inna Chevchtchenko.

Le , jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d'inspiration[17] supposée[18]. Selon Olivier Ciappa, c'est son visage qui a « surtout[17] » inspiré le duo de dessinateurs du timbre lors de sa conception[19],[17]. Cette version est contestée par David Kawena, l'auteur graphique du timbre, qui affirme qu'il n'est aucunement inspiré par Inna Shevchenko[20]. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre »[17],[21]. À cette occasion, les Femen se réjouissent de ce nouveau « symbole officiel de la France[17] ».

« Marianne, qui est représentée seins nus, en 1789, aurait certainement été une Femen car elle se battait pour les valeurs de la République, la liberté, l'égalité, la fraternité. »

— Olivier Ciappa[17]

Inna Shevchenko est accusée d'islamophobie après un tweet diffusé le  : « Qu'est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu'est ce qui peut être plus laid que cette religion ? »[22]. Elle supprime par la suite le tweet mais assure « l'assumer entièrement »[22].

Safia Lebdi, considérée comme la cofondatrice[23] avec Inna Shevchenko de la branche française des Femen, a aidé l'association à installer leur centre de formation au quartier de la Goutte-d'Or à Paris[24].

Entre 2012 et 2013, Inna Shevchenko a entretenu une relation sentimentale avec Caroline Fourest. Elle déclare toutefois ne pas être homosexuelle et que cette relation était de nature platonique[25].

Le 1er décembre 2013, devant l'Ambassade d'Ukraine, Inna, culotte baissée, a uriné sur une photo du Président Viktor Ianoukovytch.

Les militantes de Femen sont ainsi adeptes volontaires d'un féminisme radical qu'elles appellent « sextrémisme ». Le mouvement Femen s'affirme athée, antireligieux[26], et reproche à la laïcité d'être « une façon d'accepter l'inacceptable »[27]. Inna Shevchenko a répondu dans une tribune que Femen « n'est pas une bande de potes, mais un groupe militant », que « l'atmosphère est martiale » et la « hiérarchie affirmée » car c'est nécessaire pour « mener à bien des opérations complexes »[28].


Le 14 février 2015, lors de la première des fusillades de Copenhague pendant son discours à la conférence sur la liberté d'expression dont le thème est « Art, blasphème et liberté d'expression » (en danois : Kunst, blasfemi og ytringsfrihed) organisée par Vilks au Krudttønden dans le quartier d'Østerbro à Copenhague[29], elle est interrompue[30]par des tirs d'armes automatiques qui provoquent la mort d'un participant, Finn Nørgaard, et blessent trois policiers[31].

Interviewée sur France Info, suite à la mort de l’opposant Boris Nemtsov, Inna Shevchenko a estimé que celui-ci avait été tué par le régime de Vladimir Poutine, dans un climat qui "pousse à tuer des opposants"[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La transcription française de son nom est Chevtchenko, mais elle n'est que rarement employée par les sources, qui utilisent la transcription anglaise : Shevchenko.
  2. a et b Jeffrey Tayler, « The Woman Behind Femen's Topless Protest Movement - Jeffrey Tayler », The Atlantic,‎ (consulté le 15 juillet 2013)
  3. AFP, « La France accorde l'asile à la chef de file des Femen », M6info.fr, 8 juillet 2013
  4. La police ukrainienne ouvre une enquête criminelle contre Inna Shevchenk o
  5. « Le FEMENisme, un sextrémisme », Médiapart, 21 mars 2013
  6. (en)Marco Levytsky, « Femen’s actions serve only to further Putin’s agenda »,KyivPost.com, 11 septembre 2012
  7. Amandine Seguin, « L'action des Femen à Notre-Dame a fâché toute la classe politique », sur L'EXPRESS.fr,‎ (consulté le 23 février 2013)
  8. La source mentionne par erreur le terme « culturel » en lieu et place du terme « cultuel ».
  9. Guillaume Guguen, « Les Femen sont-elles allées trop loin à Notre-Dame-de-Paris ? », sur france24.com,‎ (consulté le 4 mars 2013)
  10. Racisme anti-chrétien, sur Lagrif.fr
  11. Émission radiophonique Europe 1 Soir : « Femen : "nous avons emporté de l’or" à Notre-Dame », sur europe1.fr,‎ (consulté le 5 mars 2013)
  12. Inna Schevchenko, « "Blasphème à Notre Dame" par Femen », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  13. « Femen : « Grâce à notre action, on a découvert une France pas belle à voir » », sur metrofrance.com,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  14. « Le premier procès des Femen attendra février », in Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 septembre 2013, page 10.
  15. « Action à Notre-Dame : le parquet fait appel de la relaxe des Femen », sur liberation.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2014).
  16. http://www.atlantico.fr/decryptage/relaxe-femen-dans-republique-m-hollande-haine-antichretienne-valeur-absolutoire-roland-hureaux-1751836.html
  17. a, b, c, d, e et f AFP, « Timbre : la nouvelle Marianne en partie inspirée… d’une Femen ! », Le Point,‎ (lire en ligne)
  18. Dépêche AFP
  19. « VIDEO. Le nouveau timbre « Marianne » inspiré d'une Femen », Le Parisien, 14 juillet 2013
  20. Interview de l'avocat de David Kawena
  21. Stéphane Kovacs, « La nouvelle Marianne des timbres postaux est une Femen », Le Figaro.fr, publié le 15 juillet et mis à jour le 16 juillet 2013
  22. a et b Catherine Gouëset, « La Femen timbrée et l'islamophobie » , L'Express.com, 17 juillet 2013
  23. considérée comme la cofondatrice
  24. l'association à installer leur centre de formation au quartier de la Goutte-d'Or
  25. « Caroline Fourest et Inna Shevchenko, une romance militante » par Quentin Girard. Libération, 21 janvier 2014.
  26. Propos de Inna Chevchtchenko dans l'émission Et Dieu dans tout ça ? du 1er juin 2013 sur la radio belge La Première (voir la vidéo en ligne sur rtbf.be, en ligne le 2 juin 2013, consultée le 25 juin 2013.
  27. La chef de file des Femen en France s'en prend à l'islam sur Twitter, TF1 news, 16 juillet 2013.
  28. Inna Shevchenko, « Un seul objectif : "dissoudre FEMEN" », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 31 octobre 2014).
  29. http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/14/attentat-a-copenhague-un-mort-et-plusieurs-blesses
  30. Au moins 30 impacts de balles sont visibles dans la fenêtre du café
  31. Fusillade à Copenhague lors d'un hommage à « Charlie Hebdo »
  32. http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/mort-de-nemtsov-le-regime-de-poutine-est-responsable-651267
  33. « Femen Book (2013) | FEMEN / ФЕМЕН », Femen.info

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