Illmatic

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Illmatic

Album par Nas
Sortie Drapeau des États-Unis 19 avril 1994
15 avril 2014 (réédition)
Enregistré 19921993
Power House Studios (New York)
Durée 39:43
Genre Rap East Coast
Compositeur Pete Rock
L.E.S.
Q-Tip
DJ Premier
Large Professor
Producteur MC Serch (exéc.)
Label Columbia
Critique

Albums par Nas

Illmatic est le premier album studio du rappeur Nas, sorti le 19 avril 1994 sur le label Columbia Records. Produit par Large Professor (de Main Source), Pete Rock (de Pete Rock & CL Smooth), Q-Tip (de A Tribe Called Quest) et DJ Premier (de Gang Starr), et avec une apparition du rappeur AZ, Illmatic est immédiatement considéré par les critiques comme un chef-d'œuvre[4], et est aujourd'hui l'un des albums qui a marqué le plus l'histoire du hip-hop. La sortie d'Illmatic redéfinit le milieu musical du Rap East Coast dans le milieu des années 1990, aboutissant à un renouveau dans le lyricisme et à la renaissance de la scène rap de Queensbridge, qui avait été latente après une période d'importance dans les années 1980. Lors de sa sortie, Illmatic attire une attention considérable sur la communauté hip-hop et cause une sensation immédiate dans le milieu du hip-hop underground. Cependant, les ventes initiales de l'album ne sont pas à la hauteur des espérances[5]. Le 11 décembre 2001, Illmatic est certifié disque de platine par la RIAA, et dans ce mois l'album vendait encore 3 000 copies par semaine[6].

Columbia édite une édition commémorative remastérisée de Illmatic pour les dix ans de l'album en 2004, contenant un disque bonus composé de quatre remixes et de deux morceaux inédits. 10 ans plus tard, sort IllmaticXX, pour les 20 ans de l'album, avec un disque bonus[7].

Contexte[modifier | modifier le code]

Conception[modifier | modifier le code]

Les origines de Illmatic sont dues aux liens entre Nas et Large Professor. À 15 ans, Nas rencontre ce producteur de Queensbridge, alors âgé de 17 ans, et est présenté à Main Source, groupe de rap auquel appartient Large Professor. Nas fait ses premiers enregistrements avec Main Source, en effet il enregistre un couplet de Live At The Barbeque, extrait du LP de Main Source intitulé Breaking Atoms. Nas fait ses débuts en solo en 1992 sur le single Halftime, issu de la bande originale du film Zebrahead de MC Serch. Le single provoque un buzz autour de Nas, et renforce les comparaisons entre lui et Rakim[5], un des rappeurs les plus influents durant l'âge d'or du hip-hop.

En dépit du buzz substantiel que cette collaboration génère pour Nas dans la scène underground, le rappeur lutte pour obtenir un contrat d'enregistrement. Il est rejeté par les majors du rap telles Cold Chillin' Records et Def Jam. En même temps, le groupe 3rd Bass se sépare, et MC Serch, un des membres du groupe, commence à travailler sur un projet solo. Courant 1992, Nas est approché par ce dernier. Après une suggestion du producteur T-Ray, les deux artistes collaborent sur Back to the Grill, le single principal du premier album solo de Serch, intitulé Return of the Product. Durant l'enregistrement de cette chanson, Serch découvre que Nas n'avait pas de contrat d'enregistrement. Aussitôt, il contacte Faith Newman, chercheuse de talents pour Sony Music Entertainment. Serch raconta plus tard :

« Nas était dans une position dans laquelle sa démo ne perçait pas, Live at the BBQ était déjà un classique, et il essayait juste de trouver un contrat correct. Et je pense que Nas ne savait pas en qui croire, on aurait dit que personne ne lui avait montré les ficelles. Alors quand il me donna sa démo, je me mis à la montrer un peu partout. Je la montrai d'abord à Russell, mais il trouva que ça ressemblait trop à G Rap et il n'en voulut pas. Alors je la montrai à Faith. Elle l'adorait, elle dit même qu'elle aurait cherché Nas pendant un an et demi. Ils ne voulaient pas me laisser partir du bureau sans un contrat sur la table[8] »

.

Sessions d'enregistrement[modifier | modifier le code]

Une fois que Serch assuma le rôle de producteur exécutif du prochain album de Nas, il essaya de connecter ce dernier avec différents producteurs. Basés sur ce qu'ils avaient déjà entendu, de nombreux producteurs de New York furent impatients de travailler avec lui, et finalement entrèrent dans les Power House Studios avec Nas. Parmi eux, il y avait DJ Premier :

« Quiconque connaît vraiment le hip-hop se rappellera toujours de Live at the BBQ. Le simple fait d'écouter son flow sur cet enregistrement me faisait savoir qu'il était destiné à être là pour un long moment. Quand j'ai écouté Halftime, j'ai trouvé que c'était trop de la balle… À partir de ça, après que Serch m'approcha pour faire quelques morceaux, ce fut automatique. Ça aurait été stupide de rater ça, même si ça ne rapportait pas beaucoup d'argent… Plusieurs fois quand je lui donnais des morceaux, il me rappelait le lendemain et disait : “Yo, je ne veux pas de ça.” Mais ça ne m'inquiétais pas, et je lui répondais : “Je veux que tu sois heureux, c'est ton enregistrement.” Il y eut plusieurs fois où il appréciait un morceau, et il semblait encore qu'il pensait : “Naa, je veux changer ça.” Alors je reprenais mon travail et le modifiais, c'est comme ça qu'arriva Represent[8]. »

Serch remarque plus tard l'alchimie entre Nas et DJ Premier, racontant « Primo et Nas, ils ont dû être séparés à la naissance. Ce n'est pas comme si ses beats [de DJ Premier] complétaient ses rimes [de Nas], ils se complétaient mutuellement »[8]. Pendant que Serch contactait DJ Premier, Large Professor se rapproche de Pete Rock pour qu'il collabore avec Nas sur une chanson qui sera finalement intitulée The World Is Yours. Peu de temps après, les producteurs new-yorkais Q-Tip et L.E.S. gagnent eux aussi l'occasion de travailler avec Nas. Le père de Nas, Olu Dara, contribue également à l'album. Son solo de trompette et la voix d'AZ sont présents sur Life's a Bitch. Durant l'enregistrement, les espoirs sur Illmatic étaient importants, comme le montre une citation d'AZ :

« Je suis arrivé sur l'album de Nas et j'ai fait la chanson Life's a Bitch, mais même alors je pensais que j'étais terrible dessus, pour être honnête. Mais une fois que les gens commencèrent à écouter et à apprécier, je pris confiance en moi. Je pensais : “OK, je peux probablement le faire.” Cet enregistrement était tout pour moi. Le fait d'être le seul invité sur Illmatic alors que Nas était considéré comme l'une des personnes les plus importantes de New York, l'un des nouveaux artistes les plus frais, c'était énorme[8]. »

Musique[modifier | modifier le code]

Contenu[modifier | modifier le code]

Une partie des raisons des éloges faites à Illmatic est la manière dont sont traités différent sujets comme les rivalités entre gangs, le désespoir, ou encore les ravages de la pauvreté urbaine.

L'introduction, The Genesis, commence avec un sample audio de Wild Style (1982), le premier film majeur sur le hip-hop. Nas fait une autre allusion à Wild Style, en tournant la vidéo de son single It Ain't Hard to Tell sur le même lieu que la scène finale du film[9]. Toujours dans The Genesis, l'apparition remarquée de Nas sur Live at the Barbeque est jouée dans le fond. Sur One Love, Nas adopte le rôle de l'homme écrivant une série de lettres passionnées à un ami en prison, racontant plusieurs connaissances mutuelles et les événements qui se sont produits depuis l'emprisonnement du receveur. Dans N.Y. State of Mind, Nas raconte sa participation dans les violences entre gangs, et philosophe « Life is parralel to Hell, but I must maintain » (« La vie est parallèle à l'enfer, mais je dois me maintenir »). Dans les autres chansons, Nas célèbre la réussite et les plaisirs de la vie, reconnaissant la violence comme une caractéristique de ces conditions socio-économiques plutôt que le principal intérêt de son existence. Par exemple, dans Life's a Bitch, Nas, se réveillant, se réjouit de la vie :

« I woke up early on my born day, I'm twenty years of blessin
The essence of adolescence leaves my body now I'm fresh and
My physical frame is celebrated cause I made it
One quarter through life some God-ly like thing created
 »

Lyricisme[modifier | modifier le code]

En plus de puissantes narrations, Illmatic est également acclamé pour son contenu lyrique. Ainsi, Marc L. Hill de PopMatters écrit : « Ses schémas de rimes complexes, ses jeux de mots habiles et son vocabulaire impressionnant emmenèrent l'art [de rapper] à des hauteurs sans précédents. Basé sur les travaux des pionniers Kool G Rap, Big Daddy Kane, et Rakim, les morceaux comme Halftime et le laid back One Time 4 Your Mind démontrent un [haut] niveau de précision technique et de dextérité rhétorique... »[10]. Hill cite Memory Lane comme un exemple du « lyricisme parfait » de Nas :

« I rap for listeners, blunt heads, fly ladies and prisoners
Henessey holders and old school niggas, then I be dissin a
Unofficial that smoke woolie thai
I dropped out of Cooley High, gassed up by a cokehead cutie pie
Jungle survivor, fuck who's the liver
My man put the battery in my back, a difference from Energizer
Sentence begins indented, with formality
My duration's infinite, money-wise or physiology
Poetry, that's a part of me, retardedly bop
I drop the anciently manifested hip-hop, straight off the block
I reminisce on park jams, my man was shot for his sheep coat
Childhood blessing make me see him drop in my weed smoke
 »

Production[modifier | modifier le code]

Illmatic est aussi complimenté pour ses productions. D'après les critiques, les quatre producteurs majeurs de l'album (Large Professor, DJ Premier, Pete Rock et Q-Tip) ont considérablement contribué à la cohésion de l'album, tout en gardant chacun leur propre style et leur propre signature. Q magazine note que : « les fonds musicaux [d'Illmatic] sont des lames de rasoir ; des beats durs mais des refrains et des boucles mélodiques, l'arrière-plan atmosphérique des pianos, les cordes ou les trompettes sourdes, et les samples... un puissant plaisir »}[11]. Ayant beaucoup d'estime pour les productions de l'album, un chroniqueur écrivit : « La production, accentuée par des boucles, des samples vocaux, et des synthétiseurs dans le fond, place votre esprit dans une joyeuse, évoquante atmosphère... Une des raisons les plus importantes de cette qualité phénomènale... peut être attribuée à... d'accomplis et logiquement d'excellents producteurs de musique[12] ».

Reconnaissance des critiques[modifier | modifier le code]

Malgré quelques critiques pour sa brièveté (seulement 10 chansons et une intro ; inhabituel pour un album de hip-hop), la réaction générale pour Illmatic est immensément positive. Les publications de The Source ou encore NME l'ont depuis reconnu comme l'un des albums de rap les plus importants des années 1990. L'album possède la particularité d'être l'un des seuls albums rap à être inclus dans la liste des 500 meilleurs albums de tous les temps du magazine Rolling Stone. Il est l'un des seize albums de rap inclus dans la Best Albums of the 90s Redux List de Pitchfork Media et est l'un des trente-trois albums rap/R&B de la liste Essential Recordings of the 90s de Rolling Stone. Illmatic est classé 5e dans The Critics Top 100 Black Music Albums of All Time[13] et 3e dans le Top 100 Readers Poll de Hip-Hop Connection Magazine. De plus, Illmatic est l'album de rap le mieux noté dans le All-Time Top 500 Albums de Rate Your Music. Illmatic est également classé 4e dans le Top 10 Rap Albums de Vibe, et 2e dans la liste The Greatest Hip Hop Albums of All Time de MTV[14].

Illmatic est l'un des rares albums ayant été noté 5 « mics » sur 5 (soit classique du hip-hop) par le magazine The Source, ce qui fut prestigieux étant donné l'influence de ce magazine sur la communauté hip-hop à cette époque[5].

Impact[modifier | modifier le code]

Rap East Coast[modifier | modifier le code]

Illmatic représente l'un des albums de rap les plus influents du milieu des années 1990, et est considéré par les fans de hip-hop comme un album archétype du Rap East Coast. Adam Heimlich, du New York Press, déclare :

« Nas's heralded debut was an explosive, explicit rejection of the cultural assimilation of most previous hiphop. It foreshadowed rap's repudiation of all American values other than material... Illmatic was the first great album (with the arguable exception of Black Moon's Enta da Stage) on which credible street stories are told in first person. Its beats pump invisible, practically intravenous scenery, fleshing out the psychological unmentionables of the narrator's violent tales. Literary, disciplined New York hiphop entered a world foreign to liberal humanism or even rationalism. Hiphop was never anything but ghetto will-to-power, the thinking went, and Nas' was pure[15]. »

En même temps que le très acclamé Enter the Wu-Tang (36 Chambers) du Wu-Tang Clan et du succès commercial de Ready to Die de The Notorious B.I.G., Illmatic est un instrument pour la restauration de l'intérêt pour la scène East Coast, tandis que le Rap West Coast dominait les charts américains depuis la sortie de l'album The Chronic de Dr. Dre. Steve Huey d’Allmusic écrit : « It helped spearhead the artistic renaissance of New York hip hop in the post-Chronic era, leading a return to street aesthetics[16] ».

David Drake de Stylus Magazine écrit : « ...hip hop was on the come-up in '94. Everything that had been building in terms of production and rapping came to an apex in '94, the year that brought us both Notorious B.I.G.'s epic debut Ready to Die and Nas' trenchant street reflections on Illmatic...This was the critical point for the East Coast, a time when rappers from the New York area were releasing bucketloads of thrilling work... »[17]. Nas racontera plus tard : « It felt amazing to be accepted by New York City in that way...at the time a lot of West Coast [hip-hop] was selling ; East Coast wasn't selling as much, especially for a new artist. So back then you couldn't tell in the sales, but you could tell in the streets[18] ».

Lyricisme[modifier | modifier le code]

En dépit de ventes décevantes, Illmatic a un profond impact sur les débuts du hip hop underground, et marque un changement de style majeur dans le rap en créant une nouvelle forme de lyricisme[12]. Avant la sortie de l'album, le lyricisme était principalement défini par deux formes populaires. L'une était caractérisée par un très rapide flow ragga accompagné par une élocution saugrenue, souvent absurde, et qui avait été popularisée par les groupes de Brooklyn Das EFX et The Fu-Schnickens. L'autre forme était caractérisée par un flow nonchalant qui sacrifiait la complexité lyrique pour une plus grande clarté rythmique, dont les principaux exemples sont les rappeurs West Coast tel Snoop Dogg.

Production[modifier | modifier le code]

Le rassemblement des producteurs DJ Premier, Q-Tip, Pete Rock, et Large Professor sur un même projet était sans précédent dans le hip-hop, auparavant la plupart des albums rap étaient principalement le travail d'une équipe de production dédiée[5]. D'après un chroniqueur : « Illmatic de Nas, largement considéré comme l'un des meilleurs albums, tous genres confondus, des deux dernières décennies, est le premier à avoir rassemblé les producteurs du moment sur un même enregistrement. Cette formule, employée avec succès par le regretté Notorious B.I.G. (sur Life After Death en 1997), Puff Daddy (sur No Way Out en 1997), ou encore Jay-Z (sur Vol. 2... Hard Knock Life en 1998), est encore aujourd'hui ce qui offre le plus de perspectives à New York »[19].

Renaissance de la scène rap de Queensbridge[modifier | modifier le code]

Illmatic est également crédité pour avoir fait renaître la scène rap du quartier de Queensbridge[5]. Autrefois quartier de prestigieux pionniers tels Marley Marl, MC Shan, ou Roxanne Shanté, Queensbridge avait été l'une des scènes rap les plus productives du pays durant les années 1980, avant d'être moins importante depuis le début des années 1990. D'après Nas : « I was coming from the legacy of Marley Marl, MC Shan, Juice Crew kind of vibe. Knowing these guys out in the neighborhood. At that time, the Queensbridge scene was dead. Dropping that album right there said a lot for me to carry on the legacy of the Queensbridge pioneers »[18]. Après la sortie d'Illmatic, Queensbridge retrouve une grande importance après des années d'obscurité, avec notamment l’ascension du groupe Mobb Deep avec leur album The Infamous sorti en 1995. Ce duo composé de Havoc et Prodigy gagne sa crédibilité grâce à son affiliation avec Nas, et plus tard avec l'emergence du duo Capone-N-Noreaga[5]. De plus, l'album lance la carrière du rappeur de Brooklyn AZ, qui gagne une exposition immédiate et une crébitilité importante dans le milieu underground grâce à son apparence sur "Life's a Bitch". Il devient un collaborateur fréquent de Nas.

Artistes hip-hop[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, de nombreux rappeurs reconnaissent l'énorme influence qu’Illmatic a eu sur eux, en y faisant très souvent référence. Cette large quantité d'artistes inclut les battle rappeurs SunN.Y[20] et Reef[21], les rappeurs acclamés par les critiques, tels Canibus, Talib Kweli et Saigon, les populaires producteurs Just Blaze et The Alchemist, ainsi que les célèbres rappeurs Eminem (qui utilise une approche lyrique similaire sur son album Infinite), et The Game (qui fait de nombreuses références à l'album sur son premier opus, The Documentary). Dans sa collaboration avec Nas sur le titre Hustlers (issu de l'album de Nas Hip Hop Is Dead), The Game fait une autre allusion à Illmatic :

Nineteen ninety five, eleven years from the day
I'm in the record shop with choices to make
Illmatic on the top shelf, The Chronic on the left, homie
Wanna cop both but only got a twenty on me
So fuck it, I stole both, spent the twenty on a dub-sack
Ripped the package of Illmatic and bumped that
For my niggas it was too complex when Nas rhymed
I was the only Compton nigga with a "New York State of Mind"

Sur le site du magazine XXL, Illmatic a récemment[Quand ?] fait partie de la liste des 10 albums de rap considérés comme des classiques par le groupe Clipse. Malice, un membre du duo, y déclare : « Illmatic captured the whole New York state of mind for me. It embraced everything I knew New York to be. The album had 10 songs, all of them flawless. Me and my homies got great memories of rolling around listening to that, huslin’, smokin’, chillin’. That embodied everything that was right with hip-hop. That CD never came out my deck »[22].

Les paroles d’Illmatic ont également été samplées à maintes reprises par d'autres rappeurs, comme Big L (qui sample It Ain't Hard to Tell sur Ebonics), Real Live (qui sample la même chanson sur Real Live Shit), Milkbone (qui sample Life's a Bitch sur Keep It Real) et plus particulièrement Jay-Z (qui sample Represent et The World Is Yours sur, respectivement Rap Game/Crack Game et Dead Presidents II). En effet, l'album Be de Common, très positivement critiqué, est décrit comme avoir été modélisé d'après Illmatic[23],[24],[25].

Albums suivants de Nas[modifier | modifier le code]

Alors que le succès critique de l'album aide énormément le début de carrière de Nas, les « aficionados » du hip-hop l'ont cité comme son inextricable phénomène de « gift and curse » (« don et malédiction »)[10]. Dû au fait du succès répandu parmi les critiques, les albums suivants de Nas sont tous considérés inférieurs à Illmatic. Ils sont souvent critiqués comme des suites médiocres[10]. Par exemple, alors son second album, It Was Written, reçoit des critiques favorables, il est généralement considéré qu'il a échoué à perdurer le statut de classique de l'album Illmatic. De plus, de nombreux fans d’Illmatic considèrent ses albums suivants comme « selling out » (« à buts commerciaux »), dû à ses « crossover sensibilities » (par exemple sa participation au collectif The Firm) et ses hits, comme If I Ruled the World (Imagine That) et Hate Me Now, sont des succès dans les charts pop. Après les sorties en 1999 de I Am... et de Nastradamus, de nombreux fans pensent que sa carrière se détériore : les deux albums reçoivent des critiques plus distantes pour leur sonorités très « commerciales » (Nastradamus est très mal vu par les critiques). Reflétant cette perception générale dans la communauté hip-hop, Jay-Z se moque de Nas dans la chanson Takeover (issue de l'album The Blueprint, sorti en 2001) pour avoir sorti « one hot album [Illmatic] every ten year average ». Nas fait cependant un important « comeback » avec Stillmatic (qui reçoit lui aussi 5 « mics » par The Source), et avec ses albums suivants qui auront également des critiques positives. Néanmoins, la plupart des fans considèrent Illmatic comme son meilleur album[10].

Citations[modifier | modifier le code]

« J'ai rencontré Nas pour la première fois aux Power House Studios [à New York, quand Nas était un adolescent]. Mais la première chose que j'ai entendue [à propos de Nas le rappeur], c'était le buzz dans la rue. « Yo, Nas c'est de la balle. Boom, boom boom ! Il déchire ! Il parle de tout ! ». Alors je suis sorti et je me le suis procuré [Illmatic] : les trois premiers joints qui passèrent [quand j'écoutais l'album], j'étais comme, « Ahhh ». Je sentis que je n'étais pas le seul à essayer d'atteindre quelque chose. Sa façon de faire me paraîssait normale. Pour quelqu'un qui venait d'être révélé, qui crachait du feu et que les gens regardaient, il me donnait l'impression d'être ordinaire. Quand Nas fut révélé, il renforça les lyricistes. Peu importe ce que les [autres] gens font, fait ce que tu as à faire. Il a beaucoup fait pour ma carrière. Il ne le sait probablement pas, mais il a beaucoup inspiré ma carrière[18]. »

— Rakim, rappeur, 2006

« On l'écoutait tout le temps [Illmatic], quand on sortait avec Nas [dans le Queens]. C'était marrant de voir comment il était humble de ça. Je l'avais écouté et les chansons étaient tellement sublimes, ça faisait pleurer. Lui, il restait calme, en disant seulement, « Tu aimes bien ? ». On l'écoutait morceau par morceau, alors quand l'album est sorti, ce n'était pas surprenant d'entendre les réactions. Tout le monde devenait fou. Tu ne pouvais pas marcher dans le ghetto sans entendre Illmatic. C'était dans ton esprit[26]. »

— Havoc, de Mobb Deep, 2004

Liste des morceaux[modifier | modifier le code]

Informations sur les samples venant du site The-Breaks.com[27].

No Titre Auteur(s) Compositeur(s) Durée
1. The Genesis N. Jones, F. Braithwaite Nas, Faith N. 1:45
2. N.Y. State of Mind N. Jones, C. Martin DJ Premier 4:54
3. Life's a Bitch (feat. AZ) N. Jones, A. Cruz, O. Dara, R. Wilson, O. Scott L.E.S., Nas (co.) 3:30
4. The World Is Yours N. Jones, P. Phillips Pete Rock 4:50
5. Halftime N. Jones, W.P. Mitchell, G. Byrd Large Professor 4:20
6. Memory Lane (Sittin' in da Park) N. Jones, C. Martin, R. Wilson, P. Barsella DJ Premier 4:08
7. One Love N. Jones, J. Davis, J. Heath Q-Tip 5:25
8. One Time 4 Your Mind N. Jones, W.P. Mitchell Large Professor 3:18
9. Represent N. Jones, C. Martin DJ Premier 4:12
10. It Ain't Hard to Tell N. Jones, W.P. Mitchell Large Professor 3:22

Samples[modifier | modifier le code]

"The Genesis"[27]

"N.Y. State of Mind"[27]

"Life's a Bitch"[27]

"The World Is Yours"[27]

"Halftime"[27]

  • "Dead End" from the Hair Japanese cast original soundtrack
  • "Soul Travelin'" by Gary Byrd
  • "School Boy Crush" by Average White Band

"Memory Lane (Sittin' in da Park)"[27]

"One Love"[27]

"One Time 4 Your Mind"[27]

"Represent"[27]

"It Ain't Hard to Tell"[27]

"Life's a Bitch" (Remix)[27]

"The World Is Yours" (Remix)[27]

"One Love" (Remix)[27]

"It Ain't Hard to Tell" (Remix)[27]

"On the Real"[27]

Star Wars[27]

Crédits[modifier | modifier le code]

  • Nas - voix, producteur
  • MC Serch - producteur exécutif
  • Olu Dara - trompette
  • DJ Premier - producteur
  • Diego Garrido - ingénieur, mixage
  • Large Professor - producteur
  • Tim « The Funky Red » Lathem - ingénieur
  • Q-Tip - producteur
  • Kevin Reynolds - ingénieur
  • Pete Rock - producteur
  • Eddie Sancho - ingénieur
  • Jamey Staub - ingénieur
  • Jason Vogel - ingénieur
  • Stan Wallace - ingénieur
  • Luis Tineo - assistant ingénieur
  • Aimee MacAuley - design
  • Jack Hersca - assistant ingénieur
  • Danny Clinch - photographie
  • L.E.S. - producteur
  • Anton « Sample This » Pushansky - ingénieur
  • AZ - voix

Position dans les charts et singles[modifier | modifier le code]

Position dans les charts du magazine Billboard (Amérique du Nord).

Album[modifier | modifier le code]

Année Classement Meilleure position
1994 Billboard 200 12
Top R&B/Hip-Hop Albums 2

Singles[modifier | modifier le code]

Halftime
It Ain't Hard to Tell
  • Sortie : 1994
  • Billboard Hot 100 : 91e
  • Hot R&B/Hip-Hop Songs : 57e
  • Hot Rap Tracks : 13e
The World Is Yours
  • Sortie : 1994
  • Billboard Hot 100 : -
  • Hot R&B/Hip-Hop Songs : 67e
  • Hot Rap Tracks : 13e
Life's a Bitch
  • Sortie : 19 avril 1994
  • Billboard Hot 100 : -
  • Hot R&B/Hip-Hop Songs : -
  • Hot Rap Tracks : -
One Love
  • Sortie : 1995
  • Face B :
  • Billboard Hot 100 : -
  • Hot R&B/Hip-Hop Songs : 6e
  • Hot Rap Tracks : 24e

Certifications[modifier | modifier le code]

Pays Certifications Ventes
Drapeau des États-Unis États-Unis (RIAA) Disque de platine Platine[28] 1 000 000
Drapeau du Canada Canada (CRIA) Disque d'or Or[29] 50 000

Classements[modifier | modifier le code]

Publication Pays Classement Année Rang
Blender Drapeau des États-Unis États-Unis 500 CDs You Must Own Before You Die 2003 *
Ego trip Hip Hop's 25 Greatest Albums by Year 1980-98 1999 1er
Exclaim! Drapeau du Canada Canada 100 Records That Rocked 100 Issues 2000 *
Hip Hop Connection Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Top 100 Readers Poll 3e
Ink Blot Drapeau des États-Unis États-Unis Albums of the 90s 2002 11e
Juice Drapeau de l'Australie Australie The 100 (+34) Greatest Albums of the 90s 1999 101e
Drapeau de l'Allemagne Allemagne The Hundred Most Influential Rap Albums Ever 2002 4e
Les Inrockuptibles Drapeau de la France France 50 Years of Rock'n'Roll 2004 *
MTV Drapeau des États-Unis États-Unis The Greatest Hip Hop Albums Of All Time 2004 2e
Music Underwater Top 100 Albums 1990-2003 2004 e45e
Pitchfork Media Top 100 Favorite Records of the 1990s 2003 33e
Rockdelux Drapeau de l'Espagne Espagne The 150 Best Albums from the 90s 2000 134e
Rate Your Music Drapeau des États-Unis États-Unis All-Time Top 500 Albums 2003 37e
All-Time Top 500 Albums 2005 28e
Top Albums of 1994 2006 1er
Rolling Stone Les 500 Plus Grands Albums de Tous les Temps 2003 400e
The Essential Recordings of the 90s 1999 *
Select Magazine The 100 Best Albums of the 90s 1996 *
Spin Top 100 Albums of the Last 20 Years 2005 17e
Stylus Magazine Top 101-200 Albums of All time 2004 143e
The Movement Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande The 101 Best Albums of the 90s 2004 51e
The Source Drapeau des États-Unis États-Unis 100 Best Rap Albums 1998 *
The Critics Top 100 Black Music Albums of All Time 2006 5e
Radio One's Top 50 Albums (1993-2003) 2006 19e
Vibe 51 Albums representing a Generation, a Sound and a Movement 2004 *
Top 10 Rap Albums 2002 4e

(*) désigne les listes sans ordre

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nas - Illmatic
  2. Review: Illmatic". NME (London): 44. July 9, 1994.
  3. Nas - Illmatic
  4. « Biography: Nas », http://www.ugo.com/ (consulté le 1er avril 2006)
  5. a, b, c, d, e et f Del Cowie, « Nas: Battle Ready » (consulté le 1er avril 2006)
  6. « Got Charts? Nas Lookin' To Grow Legs; Jay-Z Unplugs » (consulté le 19 août 2006)
  7. a et b Nas sort Illmatic XX pour les 20 ans d'Illmatic (tracklist) - 2kmusic.com
  8. a, b, c et d Jon Shecter, « The Second Coming », The SourceIssue #55 April 1994 pp. 45, 46, 84 (consulté le 26 avril 2006)
  9. Nas', (Music) Video Anthology Vol. 1 Sony Studios
  10. a, b, c et d Marc Hill, « Illmatic [Anniversary Edition »], PopMatters (consulté le 16 avril 2006)
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  12. a et b Ben Yew, « Retrospect for Hip-Hop: A Golden Age on Record? », Proudflesh: A New Afrikan Journal of Culture, Politics & Consciousness (consulté le 1er avril 2006)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Paroles[modifier | modifier le code]

  • Paroles — The Original Hip-Hop Lyrics Archive