Comté de Maurienne

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Comté de Maurienne

XIe siècle1416

Entités précédentes :

Entités suivantes :

berceau d'origine de la Maison de Savoie

Le comté de Maurienne - ou comitatus Maurianensis - est un comté issu de la partition de la Sapaudie et du Comté de Vienne aux Xe ‑ XIe siècles.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le territoire du comté de Maurienne s'étend le long de la vallée de l'Arc (correspondant approximativement à la province de Maurienne actuelle), mais aussi sur les vallées intra-alpine de qui comprenait alors la vallée de Suse et de Briançon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maurienne.

« Après la mort des rois Boson et Rodolphe, le royaume d’Arles et de Vienne prit fin et alors surgirent les deux comtés de Maurienne et d’Albon : en Maurienne, le premier comte fut Humbert Blanches-Mains. »

— Généalogie de l'abbaye d'Hautecombe (ca. 1342)., [1]

L'arrivée des Humbertiens en Maurienne coincide avec la disparition du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III. Cette famille de seigneurs arrivent du pagus de Sermorens (sud de l'évêché de Belley) où ils ont des possessions au début de l'an Mil[2]. Face au conflit de succession du roi, deux camps s'opposent. Le comte Humbert prend le parti de l'empereur du Saint-Empire Conrad II, dit Le Salique, duc de Franconie. Durant le conflit de succession qui oppose l'empereur à son neveu Eudes II de Blois, le comte est chargé du commandement d'une armée qui en provenance du val d'Aoste envahie les terres conquises par Eudes II[3]. Il intervient notamment dans la marche de Maurienne (marquis) en 1033 pour soumettre l’évêque rebelle de Maurienne, qui avait reçu le soutient de Eudes II. Avec quelques troupes qu’il avait levées en Piémont, Humbert organisa un long siège de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne, résidence de l’évêque, puis la prit d’assaut et la fit entièrement raser[4]. Il marche ensuite sur la cité de Genève où il remporte la victoire l'année suivante[3]. L’empereur Conrad annexa l’évêché de Maurienne à celui de Turin, et le siège épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne fut interdit jusqu’en 1061. En remerciement de ce soutien, l'empereur Conrad II aurait fait une donation importante à Ermengarde et Humbert[3]. Dans les années 1030 ou 1043, Humbert porte le titre comes maurianensis[5]. Ce dernier semble déjà posséder le contrôle sur les comtés de Salmourenc, de Savoie en 1003, puis celui de Belley, de Nyon en 1018, enfin celui d’Aoste en 1024[5].

Il s'installe avec sa famille en prenant possessions (Châteaux de Charbonnières et d'Hermillon)/ Le château de Charbonnières était une possession de la seigneurs de Miolans[6]. Le titre de comte de Maurienne est porté par les Humbertiens jusqu'à Amédée III de Savoie, qui deviendra le premier à porter officiellement le titre de comte de Savoie (1125)[7].

Listes de premiers comtes Humbertiens[modifier | modifier le code]

Avec l'obtention du titre de comtes de Mauriennte, dans les années 1030, Humbert donne naissance à une nouvelle dynastie que les historiens appelleront les « Humbertiens », futurs comtes et ducs de Savoie[8] :

Les comtes de Maurienne portent aussi le titre de comte de Chablais, de Belley et marquis de Turin. André Perret indique toutefois qu'il faut attendre les successeurs de Thomas Ier pour que les comtes substituent le titre de Savoie à celui de Maurienne[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil, Université de Savoie, coll. « Sociétés, Religions, Politiques »,‎ 2008, 286 p. (ISBN 978-2915797350)
    • Laurent Ripart, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné, Xe-XIe siècles », dans Op. cit. (lire en ligne), p. 247-276.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article [Demotz 2000] Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ 2000, 496 p. (ISBN 2-05101-676-3).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ed. D. Promis, « Chronica latina altæcombæ », dans Monumenta Historiæ Patriæ, III (Scriptores, I), Turin, 1840, col. 671-678, col. 678. Sur ce texte, voir également A. Perret, « L’abbaye d’Hautecombe et les chroniques de Savoie », dans Actes du 90e congrès national des sociétés savantes (Nice, 1965), Paris, 1968, p. 669-684.Cité par L. Ripart en introduction de son article.
  2. Ripart 2008, p. 258-259.
  3. a, b et c Ripart 2008, p. 260.
  4. Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Chambéry, 1937, p. 43.
  5. a et b Demotz 2000, p. 19-20.
  6. Article de Cyrille Ducourthial, « Géographie du pouvoir en pays de Savoie au tournant de l’an mil », paru dans Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil, Université de Savoie, coll. « Sociétés, Religions, Politiques »,‎ 2008, 286 p. (ISBN 978-2915797350), p. 242.
  7. in J.-J. Vernier, 1896, Études historiques et géographiques sur la Savoie, édition 1993, Res Universis, p. 51.
  8. Ripart 2008, p. 258-259, dont une Généalogie des premiers Humbertiens.
  9. André Perret, « Des particularismes territoriaux à la notion de "patrie" savoyarde depuis le Moyen Âge », dans Actes du XXXe Congrès des Sociétés Savantes de Savoie, La Savoie, Identités et Influences, Le Bourget-du-Lac,‎ 1985, p. 50.