Géographie sociale

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La géographie sociale est une branche de la géographie qui étudie les rapports entre les espaces et les sociétés. L'accent est mis sur la dimension sociale des dynamiques spatiales. Elle est créée en réaction à deux mouvements de la géographie, la géographie déterministe centrée sur l'analyse du milieu naturel et aux lois de l'espace. Elle est marquée par les engagements politiques et sociaux des chercheurs. 

Épistémologie[modifier | modifier le code]

On considère aujourd’hui l’épistémologie comme une «une étude critique des sciences». L’épistémologie vise à élucider les systèmes de pensées qui fondent les démarches des sciences en général et de chaque discipline en particulier[1].

L’épistémologie de la géographie est une «réflexion explicite sur les conditions de production et sur les procédures de vérification et de légitimation du savoir géographique»[2]. Cette réflexion épistémologique a tardé à venir en géographie et est la réponse à une crise disciplinaire.

Le contexte d'émergence de la géographie sociale[modifier | modifier le code]

A partir des années 1960, les géographes font le constat que la géographie quantitative ne résout pas les problèmes de la société : la demande sociale change et l’accent mis sur l’expansion économique dans les années 1950 disparaît rapidement. On reproche à la Nouvelle Géographie son néopositivisme, sa prétendue objectivité et son incapacité à réfléchir aux problèmes sociaux[3].

Les géographes veulent alors fonder une géographie capable de penser les problèmes de la société et de construire des outils pour les résoudre.  Ces géographies sont à la fois sociales et critiques. La géographie sociale considère que la société est productrice d’espace. On assiste ensuite, au début des années 1980, à un renouveau de la géographie sociale.

La différenciation de l’espace peut être lue à travers de multiples indicateurs sociaux (les professions, les revenus, les diplômes, le chômage, les comportements électoraux, la santé). C’est dans cet esprit qu’Armand Frémont et ses collègues signent La Géographie sociale[4] en 1984. Il  y définit l’inégalité sociale comme une inégalité spatiale.

Objets et enjeux de la géographie sociale[modifier | modifier le code]

La géographie sociale postule que les faits de société constituent l’agent décisif de l’explication géographique. Tel que le conçoivent Guy Di Meo et Pascal Buleon : «l’objet de la géographie sociale est l’étude des rapports existants entre rapports sociaux et rapports spatiaux»[5].

L’objectif de la géographie sociale est de fonder une géographie de l’action, ouverte sur la société et sur les grandes questions sociales qui impliquent l’espace géographique.

Portée et limites[modifier | modifier le code]

Plusieurs géographes ont avancé l’idée d’une inutilité d’une géographie sociale se distinguant de la géographie tout court. C’est notamment le cas de Roger Brunet[6] ou de Michel Lussault qui considèrent que le «spatial» rend déjà très bien compte du social, qu’il n’y a pas de spatial sans social.

En France, certains géographes opposent la géographie culturelle à la géographie sociale, tel Christine Chivallon[7].

On constate que la géographie sociale ne s’est pas installée comme le paradigme dominant de la géographie française.

Le renversement de l'ordre des facteurs[modifier | modifier le code]

Le renversement de l’ordre des facteurs est une idée soutenue par  Renée Rochefort. En tenant compte de l’évolution des approches de l’espace vécu, cette idée cherche à donner à la géographie sociale un nouveau fondement. Si Vidal de la Blache définissait l’étude géographique comme « la sciences des lieux et non celle des hommes » (1913), Renée Rochefort inscrit sa démarche dans l’étude dynamique des processus sociaux et prône « l’homme, ensuite l’espace »[8] Ce renversement consiste donc dans une évolution vers une compréhension globale des dimensions spatiales et territoriales des sociétés.

Mais Renée Rochefort n’est pas la seule à considérer le renversement de l’ordre des facteurs : Guy Di Méo en prend acte également. Cependant, il ancre sa pensée dans la dialectique de l’espace réel et des sujets sociaux. Il définit en 2004 la géographie sociale comme une «nouvelle géographie cognitive, à la fois sociale et culturelle ». Cette appréhension novatrice procède de deux orientations complémentaires. La première est verticale, elle est un « décodage des rapports que les hommes socialisés nouent avec l’espace terrestre ». La seconde en est la conséquence et suit un axe horizontal, elle consiste dans  « l’identification des formes et des organisations géographiques qui en découlent ».

De ce renversement de l’ordre des facteurs découlent quatre entrées de l’étude de la société par la géographie sociale :

  1. l’imbrication des rapports spatiaux et sociaux;
  2. les positions sociales différentielles dans l’espace géographique qui révèlent l’espace social;
  3. les pratiques quotidiennes de l’espace;
  4. l’étude des représentations mentales qui participent à la spatialisation des sociétés.

Le lien entre le "spatial" et le "social"[modifier | modifier le code]

Le rapport société-espace est un nœud fondamental dans le travail épistémologique de la géographie sociale. Ce nœud relève de la double contrainte qui caractérise la géographie depuis sa naissance, notamment dans sa revendication d’être inclue dans les sciences sociales sans prendre la société comme objet[9] (Veschambre, 2006). Fabrice Ripoll et Vincent Veschambre parle de cette contradiction en termes de « hantise » des géographes de perdre leur identité. Fait qui, encore selon leurs mots, a souvent poussé les géographes à « s’accrocher » à l’espace, compris comme espace autonomisé, extrait de la société, dans une « approche disjonctive »[10].

Veschambre, dans son article Penser l’espace comme dimension de la société, retrace l’histoire de l’utilisation de la notion de « dimension spatiale ». Notion qui permettrait, selon l’auteur, de dépasser la contradiction implicite à discipline géographique et « d’éviter le piège de la réification de l’espace[11]». L’emploi de cette notion a comporté un travail théorique important, entamé en France lors de la première conférence de géographie sociale qui a eu lieu à Lyon en 1982. Ce colloque, qui a le mérite d’affirmer cette branche de la discipline en France, est, d’un point de vue épistémologique, important pour la revendication de la primauté du social sur le spatial[12] (Rochefort, 1982).

Ce tournant théorique contredit, ainsi, l’approche qui a longtemps dominé la géographie (en outre, sociale), en niant le statut autonome de l’espace. Ce statut s’exprimait, dans le champ spécifique de la géographie sociale, par un rapport symétrique entre espace et société (rapports sociaux/rapports spatiaux, effets de lieu/effets de classe, inégalités sociales/inégalités spatiales). Pourtant, la notion de « dimension spatiale » de la société ne s’est affirmée comme référence commune que dès les années quatre-vingt-dix[13]

Au cours des années quatre-vingt, différents auteurs, comme R. Hérin, revendiquent plutôt la notion de « rapports spatiaux » (Hérin, 1984)[14]. Cette prise de position doit être comprise dans son contexte idéologique, dans le but d’élargir les champs de sciences sociales à différents types de rapport à l’espace, tout en revendiquant la société comme objet premier de la géographie sociale[15] (Veschambre, 2006)

Méthode de la Géographie Sociale[modifier | modifier le code]

La méthode en science humaine et sociale est une des composantes de la méthodologie, avec les techniques et les outils. Elle est à la base de la démarche scientifique. Elle définit l’ensemble des procédés intellectuels grâce auxquels une discipline va pouvoir accéder à la vérité qu’elle vise et l’éprouver (Grawitz Madeleine, (1990) : « Méthodes des sciences sociales », Paris, Dalloz, 8e édition, p. 384) Elle est aussi une manière d’aborder un sujet. Elle désigne alors une posture prise vis-à-vis de l’objet étudié et détermine une certaine manière d’organiser et d’aborder la recherche. Il faut cependant faire une distinction entre technique et méthode (Grawitz Madeleine, (1990) : « Méthodes des sciences sociales », Paris, Dalloz, 8e édition, p. 385-386). Le premier terme désigne des étapes précises de la recherche, des principes concrets et pratiques, le second subsume ces opérations par une démarche raisonnée. Les outils, quant à eux, constituent d’une part un intermédiaire entre le sujet et le milieu, et d’autre part un lien entre l’anticipation d’une action et sa réalisation (Dictionnaire des concepts fondamentaux des didactiques, Yves Reuter, Cora Cohen-Azua, Bertrand Deuney, Isabelle Delcombre, Dominique Lohanier Reuter).

Il existe deux grands types de raisonnements utilisés par le chercheur. L’induction qui s’interroge sur des faits observables en émettant des hypothèses et la déduction qui part d’une hypothèse qu’elle confronte à la réalité. Toutes deux permettent d’énoncer des règles générales.

La géographie sociale a pour spécificité d’avoir plusieurs approches. Cette pluralité dans l’analyse spatiale s’explique notamment par un « renversement des facteurs » (Renée Rochefort). Ce n’est plus l’espace qui est premier mais la société. Ce changement de paradigme a des conséquences directes sur la discipline, « l’objet de la géographie sociale est -avant- tout l’étude des rapports existants entre rapports sociaux et spatiaux » (Guy Di Meo, « Introduction à la géographie sociale »). Elle vise donc à produire une explication des phénomènes géographiques à caractère social.

Un des pionniers de la discipline est Elisée Reclus. Ce Géographe du XIXème – atypique car resté à l’écart de l’école vidalienne - va poser les fondations de ce courant en s’intéressant à des thèmes encore inexplorés par la géographie. Il va notamment étudier les tensions créées par les systèmes de classes et de castes, expliciter le lien entre sociétés et milieux naturels (Elisée Reclus, « L’Homme et la Terre », 1905) mais aussi rompre avec le déterminisme ou le possibilisme en démontrant que l’homme par ses décisions individuelles est capable de progrès. Ce sont ses premiers questionnements qui vont structurer le champ de la géographie sociale et permettre une ouverture pluridisciplinaire. Elle va donc emprunter des procédés d’enquête à des disciplines telles que la sociologie qui permet une approche plus sensible tel que l'a fait Armand Fremont avec sa théorie de « l'espace vécu » - l’analyse de données statistiques, mais va aussi se basé sur des données plus subjectives, telles les cartes mentales, dispositif apparenté à l’anthropologie. On retrouve cette méthodologie dite « mixte » dans l’ouvrage d’Isabelle Danic, Olivier David et Sandrine Depeau, Enfants et jeunes dans les espaces du quotidien, dans une étude de terrain visant à définir la visibilité des jeunes dans la ville selon leurs âges.

Géographie des âges[modifier | modifier le code]

Cette thématique sociale s’interroge sur les différentes périodes de vie d’un individu ou groupe générationnel et de ses rapports entretenus à l’espace. La démographie est la première à s’intéresser aux grandes étapes de l’existence à travers des études statistiques. Les relations entre cette discipline et la géographie sont précoces. Elles se tissent notamment autour de la géographie de la population et de l’outil cartographique qui ont recours aux indicateurs démographiques. La notion d’âge recouvre des comportements, des pratiques et des conditions de santé qui vont influencer les individus dans leur représentation et utilisation spatiales. Autant de phénomènes qui « constituent, un problème social qui concerne la société toute entière » (Renée Rochefort, Pour une géographie sociale de la vieillesse, 1965).

Avec l’essor économique des années 1960, l’organisation sociale va être bouleversée. On observe un accroissement de la population qui se traduit par une forte augmentation des naissances, mais aussi une baisse du taux de mortalité et donc un nombre de plus en plus important de vieux. C’est d’abords à l’échelle nationale que ces phénomènes sont constatés. Renée Rochefort dans sont articles « Pour une géographie sociale de la vieillesse » (1965), observe que la population âgée est plus vulnérable aux inégalités et à l’exclusion. Une mobilité réduite, des conditions de santé plus fragiles, des revenus souvent amoindris, exigent un aménagement du territoire spécifique pour ne pas affaiblir davantage les aînés (Les défis territoriaux face au vieillissement, Jean-Philippe Viriot-Durandal, Christian Pihet et Pierre-Marie Chapon). L’enfance et la jeunesse sont aussi des enjeux pour la géographie.

Elle s’intéresse tout particulièrement au rôle de l’espace public dans la sociabilité de l’enfant, mais aussi aux perceptions spatiales des jeunes, aux politiques publiques mises en oeuvre pour les intégrer ou les exclure.

La géographie du handicap[modifier | modifier le code]

Cette branche de la discipline est en lien avec l'anthropologie, la sociologie mais aussi l'aménagement du territoire. L'objet d'étude porte sur l'handicap, sa répartition, son accessibilité et toute autre problématique liée à l'Espace. Il faut savoir que la définition de l'handicap varie d'un Etat à un autre, évoluant avec le temps. Le questionnement apparait dans les années 1970 durant l'émergence de la Nouvelle Géographie*. Les premières études s'inscrivent dans cette logique. Les outils utilisés pour comprendre la répartition de «l'incapacité ou la capacité mentale» sont la cartographie et les statistiques. Il faut attendre les années 1990 et la géographie sociale pour envisager l'handicap «sensoriel dans un espace» puis en 2009, avec une conception plus «biomédicale et sociale» (Jason Borioli, 2010). Actuellement, Mathilde Mus est considérée comme la géographe de référence dans ce domaine. Chargée d'étude, elle a fait de l'handicap en géographie, un sujet d'actualité avec des problématiques justifiées. Selon elle, la géographie peut répondre aux questionnements sur les disparités spatiales de l'handicap et envisager des solutions . L'handicap est reconnu mais sa place dans la société n'est pas encore acquise car l'intégration, sous forme d'icônes dans les espaces publics et aménagement, suscitent encore une forme de mise à l'écart (Mathilde Mus, 2011).

A travers, les différents travaux érigés sur la géographie de l'handicap, il en ressort deux dimensions.La première met en avant l'aspect matériel de l'Espace à travers la géographie de l'aménagement. Les études permettent de soulever la question de l'accessibilité, quelles sont les actions effectuées. La seconde s'intéresse aux pratiques sociales et aux espaces vécus, avec la géographie sociale pour comprendre le processus de mobilités des personnes atteintes d'un handicap. Il va de fait que l'Espace noue les Hommes entre eux. Mais cet Espace est normé pour un Homme standard. L'évolution de la définition de l'handicap a donné lieu à de nouvelles distributions de l'Espace et de changement au niveau de la législation française (Mathilde Mus, 2011). En effet, en 2005 une loi a été promulguée pour faciliter l'accès des espaces publics pour les personnes atteintes d'un handicap. La géographie cherche à identifier les discontinuités spatiales pour aider au développement économique, social et une nouvelle dynamique spatiale.

Géographie Sociale et Géographie Culturelle[modifier | modifier le code]

La géographie culturelle: un courant américain?[modifier | modifier le code]

La géographie culturelle, née en Allemagne avec Friedrich Ratzel, est pourtant demeurée une spécificité de la géographie américaine, notamment à partir des thèses de l’Ecole de Berkeley. Les travaux de Peter Jackson ont influencé et fait évoluer celle-ci. Il publie en 1989 le premier manuel moderne de géographie culturelle dans le monde anglo-saxon Maps Of Meaning et emprunte aux Cultural Studies de Stuart Hall le titre de son ouvrage en mettant l’accent sur la construction sociale et culturelle. Il propose une conception plus large de la culture « plus ouverte que celle qui limite son attention aux artefacts physiques et aux traits du paysage. »[16] P. Jackson ne considère plus la géographie culturelle dans sa dimension matérielle mais au niveau du discours. Il a introduit des thèmes tels que les inégalités sexuelles, le racisme ou l’impérialisme linguistique des groupes dominants mais aussi des pratiques culturelles plus marginales comme le graffiti ou la prostitution. Pour Jackson, la géographie sociale est « une perspective en interaction qui étudie comment la géographie sociale est constituée géographiquement à travers la structure spatiale des relations sociales. »

Géographie culturelle et géographie sociale, deux disciplines en concurrence[modifier | modifier le code]

Par définition, la géographie culturelle (dans son sens large) place l’homme et la société au centre de sa démarche. Jacques Lévy[17][i] l'a ainsi désignée comme étant un modèle élargi d'anthropologie structurale appliqué à l'espace. Le « tournant culturel » a en effet abouti à une « anthropologisation » des sciences sociales et la géographie culturelle emprunte alors ses concepts et ses méthodes à l'ethnographie et à l'ethnologie.Dans une certaine mesure elle entre donc en concurrence avec la géographie sociale qui se veut « l’étude des rapports existant entre rapports sociaux et rapport spatiaux »[18].En réalité la question fait débat. Les limites entre les deux disciplines sont floues et se confondent. Cette confusion vient du fait de l’objet même de ces deux disciplines : les sociétés. Aussi, la géographie culturelle a souvent été assimilée à un sous-ensemble de la géographie sociale. Elles se disputent des thèmes communs ou qui semblent toujours pouvoirs être qualifiés tant de « culturels » que de « sociaux ».

Géographie sociale et géographie culturelle, deux approches distinctes mais complémentaires[modifier | modifier le code]

Pour C. Chivallon[19][i], géographie sociale et géographie culturelle constituent deux pôles bien distincts. La géographie sociale s’est institutionnalisée avant la géographie culturelle. Elle place la société au premier plan, devant l’espace. Pour P. George[20], elle étudie les sociétés elles-mêmes et leur rapport à l’espace. Ainsi elle recouvre deux aspects : la socialité de l’espace d’une part et les questions sociales de l’autre (telles que la ségrégation, les inégalités, les écarts sociaux via l’espace etc.). En ce qui concerne la géographie culturelle, P. Claval l’a théorisée dans sa revue Espace Géographique de 1981. Il parle d’ « approche culturelle en géographie ». Cette discipline prend en compte les systèmes de valeurs, les idéologies, les langages, les symboles et leur traduction dans l’espace. Elle étudie ainsi les représentations. Pour P. Claval elle constitue une dimension supplémentaire du cultural turn (tournant culturel). La complexité du champ géographique est synthétisé par J. Bonnemaison[21] sous la formule suivante : il considère l’espace a trois étages, le premier est objectif, c’est l’espace physique des structures, le second est l’espace vécu et le troisième correspond à l’espace culturel qui comprend les affectivités et significations. Ainsi, géographie sociale et culturelle n’entrent pas en concurrence mais constituent deux entrées différentes de la discipline. La géographie culturelle peut aussi être décrite comme une « approche humaniste des phénomènes sociaux »[22]. Elle ne constitue pas une sous-discipline mais bien une discipline à part entière, comme le montre d'ailleurs l'Annuaire des Géographes français (édition 2002) puisque certains géographes y déclarent effectuer des recherches de géographie culturelle et d'autres des recherches de géographie sociale.

Approche sociale de la géographie culturelle, approche culturelle de la géographie sociale: un débat qui reste ouvert[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs ont reproché à la géographie culturelle d'oublier la présence d'une instance dominante : le social. Guy Di Méo[23] refuse ainsi la séparation entre géographie sociale et géographie culturelle, tout en affirmant le primat de la dimension sociale sur la composante culturelle en géographie. Pour éviter l’écueil culturaliste souvent reproché à la géographie culturelle, il propose une géographie « cognitive et critique », qui se veut à la fois sociale et culturelle. La géographie culturelle tendrait à regrouper toutes les démarches qui affirment le « retour du sujet ou de l'acteur »[24] dans l'analyse des dispositifs spatiaux mais elle sous-estimerait l'impact des marqueurs sociaux sur le rapport spatial. Or, d''après lui, la culture se transforme en permanence avec les rapports sociaux et spatiaux mais elle contribue également à les signifier. Il conviendrait alors de parler d'approche culturelle au sein de la géographie sociale plutôt que de géographie culturelle. D'autre part, selon Alain Touraine[24], reconnaître le multiculturalisme ne remet nullement en cause les valeurs universelles, essentielles à la géographie sociale, que sont pas exemple la justice ou l'égalité de droit des individus. Pour Jacques Lévy notamment, c'est mettre la culture au premier plan qui constitue un danger puisque cela revient à effacer le social et le politique dans les faits géographiques.

Guy Di Méo plaide donc, tout comme Jean-François Staszak, pour une géographie marquée par une consubstantialité du social et du culturel, ce que fait la géographie des pays anglophones depuis 1998 avec M. A. Crang notamment. En France cependant et malgré la création d'une école de géographie sociale au début des années 1980 qui a fait naître une géographie sociale et culturelle, peu nombreux sont les géographes qui revendiquent cette double approche dans leurs recherches.

Quelques grands thèmes[modifier | modifier le code]

Ségrégation et exclusion sociale[modifier | modifier le code]

La ségrégation[modifier | modifier le code]

Le terme de ségrégation a été utilisé par des sociologues de l'Ecole de Chicago (Ernest Burgess et Robert Park) pour désigner « des troubles de la cohabitation ». En effet selon le Dictionnaire de la Géographie et de l'espace de sociétés (Lévy Jacques et Lussaut Michel (dir), 2003), la ségrégation est un « processus et état de séparation spatiale tranchée de groupes sociaux » et se traduit par « la constitution d'aires marquées par une faible diversité sociale, des limites nettes entre ces espaces et ceux qui les jouxtent et les englobent ». Enfin, ces espaces se caractérisent par « une légitimation sociale, par une partie des acteurs au moins, de ce processus et de cet état. »

Cette notion a été utilisée en sciences sociales dans des études sur l'habitat en zone urbaine.  Cette forme particulière de répartition, voulue ou subie, des groupes sociaux et des individus est la conséquence spatiale d'une ségrégation qui se joue dans d'autres domaines et à d'autres échelles. En effet, il existe différents types de ségrégation (sociale, économique, ethnique, religieuse), qui touchent des individus et les configurations spatiales très variés (ghettoïsation, entre-soi, spécialisation, isolat).

La ségrégation sociale se traduit dans certains cas par un cloisonnement des individus. Ils sont assignés ou contenus dans un espace délimité pourvoyeur d'une identité. Selon Véronique de Rudder (1995) les termes de ségrégation et de discrimination sont liés. En effet, l'auteur parle de ségrégation lorsque l'espace public est différencié selon la provenance ethnique des individus, entrainant ainsi des discriminations. L'apartheid établit en Afrique du sud (1948-1991) illustre ce phénomène.

Jacques Brun et Catherine Rhein (1994)[25][i] étudient la ségrégation spatiale à l'échelle de la ville : la banlieue serait  ainsi perçue comme un lieu de relégation spatiale, sociale, économique et politique. Ainsi Erving Goffman[26][ii], sociologue, définit la ségrégation comme une « captivité dans un territoire » et insiste donc sur l'importance du rôle de l'accessibilité urbaine, des réseaux et des services urbains.

L'exclusion sociale[modifier | modifier le code]

Le terme d’exclusion sociale n’est clairement défini et utilisé dans le vocabulaire courant qu’à partir des années 1980, dans un contexte post-industriel suggérant un processus de mise à l’écart des travailleurs ouvriers face à la mécanisation du travail. Il correspond au fait de marginaliser voire de rejeter une catégorie sociale ou un groupe d’individus qui ne s’adaptent pas au modèle dominant de la société et qui est perçu comme allant à l’encontre de ses normes culturelles.

D’après le Dictionnaire de la Géographie et de l'espace de sociétés (Lévy Jacques et Lussault Michel (dir), 2003), la notion d’exclusion suppose de se représenter un monde séparé en deux parties (respectivement composées d’individus « exclus » et  « inclus ») et par conséquent «de souscrire à une vision de la société comme réalité construite sur une opposition entre un intérieur et un extérieur».

Trois modèles d’exclusion sont mis en exergue par différents auteurs et rappelés par Emmanuel Didier (1998):

-          Celui de l’inadaptation, décrit par René Lenoir[27] pour qui un exclu est un individu inadapté a la société «en raison d’une infirmité physique ou mentale, de son comportement psychologique ou de son absence de formation (...) »;

-          Celui s’opérant à travers la culture, présenté par J. Wresinski[28] qui explique que certaines personnes n’ont pas les moyens ou les outils nécessaires à la compréhension de la société dans laquelle elles évoluent. Par conséquent, elles sont exclues de la culture (définie comme un ensemble de traits communs qui relient les individus à leur communauté sociale.) qui présente une barrière;Celui du marché défini par l’INSEE. L’exclusion apparait alors comme étant le résultat de processus empêchant des individus d’intervenir sur des marchés (tels un faible niveau d’instruction, le chômage, l’isolement, des mauvaises conditions de vie).

La Gentrification[modifier | modifier le code]

Le terme de gentrification est mentionné pour la première fois dans les années 1960 par la sociologue britannique Ruth Glass dans son ouvrage London: aspects of change. Il est utilisé pour qualifier la réhabilitation de certains quartiers urbains et le remplacement des catégories sociales populaires par des catégories plus aisées.  

Le terme de gentrification n’est entré dans les dictionnaires français que récemment. La gentrification  traduit la création d'une nouvelle centralité urbaine, sa mutation, son embourgeoisement ou la séparation des quartiers en fonction de la richesse et ce que cela implique (attractivité, nouveaux habitants, nouvelles constructions). Selon Anne Clerval[29][30] on assiste à un enrichissement des quartiers via un accroissement de la valeur immobilière. La notion de gentrification fait référence à une dimension de classe et résulte d’un projet de remodelage élitiste de l’espace urbain. 

Jusqu’au milieu des années 1980, l’usage de la notion reste limité au monde anglo-saxon.  Mathieu Van Criekingen[31], (2008), étudie l'évolution du terme. Ainsi, dans le monde francophone, l’intérêt académique et politique se porte avant tout sur les quartiers périphériques mais a une ampleur limitée à l’inverse du phénomène dit de « suburbanisation » (la migration en périphérie des classes moyennes). Les phénomènes de « yuppies » (« young urban professionals »), « bobos » (bourgeois bohèmes) ou encore « jupes » (jeunes urbaines professionnelles émancipées et seules) apparaissent.

Inégalités et géographie engagée[modifier | modifier le code]

La géographie engagée analyse et dénonce la production des écarts sociaux à travers l’espace. L’engagement implique une redéfinition de la discipline qui ne doit plus être neutre mais utile à la société.

Les premiers tenants de ce revers épistémologique et politique sont les géographes anglo-saxons de la géographie radicale. David Harvey dans Social Justice and the City (1973) développe une théorie marxiste de la ville inspirée des travaux d’Henri Lefebvre (Le droit à la ville, 1968). William Bunge, autre géographe « radical » organisa des « Expéditions géographiques » dans des quartiers urbains pauvres de Détroit pour y dénoncer les inégalités intrinsèques au capitalisme et l’utilisation de l’espace pour la reproduction de ce système.

William Bunge intégra l’avis des personnes concernées à son analyse, le savoir produit devant être transmis pour servir à la contestation politique du pouvoir en place. 

Richard Peet dans son ouvrage Inequality and Poverty : a Marxist-Geography Theory » (1975) étudie les concentrations perpétuelles de pauvreté et de problèmes sociaux dans certains quartiers urbains qu’il nomme alors « urban underclass » (notion empruntée à la sociologie)

C’est avec la même approche et durant la même décénie que David Sibley écrit son ouvrage Outsiders in an Urban Society (1981). Ce sont les études menées par l’auteur sur les gitans anglais aux environs de Hull qui seront à l’origine de ces textes. Si par la suite Sibley s’est ensuite concentrée sur le lien entre marginaux (outsiders) et la construction de l’espace, il a élargi ses cas d’étude, passant ainsi des enfants gitans aux dynamiques familiales et à l’espace domestique. Ce qui l’amènera à publier Geographies of Exclusion (1995), un ouvrage clé dans la littérature géographique sur l’identité et la marginalisation[32][i]. Dans cet ouvrage il définit la tendance des groupes dominants à purifier l’espace à travers l’exclusion des groupes minoritaires vus comme sales (dirty). Pour cet apport, l’influence des théories féministes, de la géographie humaine et, en particulier, de la psychanalyse est sûrement fondamental. Pour Sibley, l’importance accordée par la psychanalyse aux processus de maintien de sa propre identité (self-identity), s’exprime dans un désir, souvent inconscient, de maintenir une pureté et propreté autour de soi[32][ii]. Les groupes hégémoniques sont amenés à identifier dans les groupes marginaux et perçus comme déviants, cette saleté qu’ils échappent inconsciemment. L’importante contribution de ce travail, doit être trouvée dans l’idée que le processus de marginalisation noue des liens avec l’imaginaire stéréotypé des groupes sociaux à un niveau psychologique.

En France la géographie des inégalités est moins radicale. La géographie sociale s’est beaucoup développée dans les années 1960 / 1970. En 1975, Jacques Lévy fonde la revue interdisciplinaire EspacesTemps centrée sur l’analyse de l’espace social. Celle-ci se concentra dans ses débuts sur l’analyse de la dialectique social / spatial. Dans La géographie sociale publiée en 1984, Armand Frémont affirme que l’inégalité sociale est aussi une inégalité spatiale. L’exclusion sociale devient alors synonyme de marginalisation géographique et inversement.

La géographie sociale française souhaite aussi impliquer les sociétés dans l’analyse de l’espace et surtout dans son aménagement. Ainsi, Antoine Bailly prône une « géographie par le bas » à l’écoute des populations.

Le post-modernisme dynamisa les études géographiques engagées traitant des inégalités. En effet ce nouveau courant s’oppose aux discours dominants en les déconstruisant et en valorisant les points de vue des opprimés. Cette géographie affirme donc son caractère militant en voulant agir sur les représentations de l’espace et des sociétés. C’est le cas de Robert Hérin, un géographe contemporain, dont les travaux portent sur les rapports collectifs au travail, à la reproduction biologique, à la santé, à l'éducation, à l'habitat, aux loisirs, à l'information, notamment face à l’amplification de l'individualisme et aux crises économiques dans les pays développés au cours des années  50 – 60. Ce géographe engagé a participé à de nombreuses études concernant la répartition de la formation et du travail en France. Dans son article Chemin faisant, Parcours en géographie sociale, il soutient l'idée selon laquelle « le travail est une valeur essentielle, créatrice de lien social et moteur de socialisation, et levier d'épanouissement personnel et de reconnaissance sociale. »[33][34]

C’est également dans cette géographie postmoderne que s’épanouisse la géographie post-coloniale, qui analyse les rapports à l’espace des groupes minoritaires, et les géographies féministes. Les constructions genrées au sein du savoir géographique est une des recherches principale de Gillian Rose, une géographe britannique (années 90), notamment connue pour son ouvrage Feminism and Geography, publié en 1993. Elle y critique l’approche dite-masculiniste de la géographie. Elle questionne la manière dont les géographes ont forgé une géographie qui légitime les formes masculines de savoir géographique en isolant les manières féminines de savoir et d’aborder la science. Ce privilège du masculin sur le féminin est connecté à la construction d’un dualisme de nature dominant « nature/culture ». Elle illustre cette binarité avec deux courants de pensées distincts : le courant de pensée scientifique-social, qui se revendique de vérités rationnelles et objectives, et le courant de pensée esthétique, qui féminise les lieux et les paysages. En montrant que les géographes culturels étudient des paysages qui incarnent des perspectives masculines, elle cherche à démontrer comment la compréhension et les expériences mises en place ont été marginalisées dans la discipline. Parallèlement, Gillian Rose intervient dans les débats féministes méthodologiques. Elle fait appel au concept de performativité amené par Judith Butler pour critiquer l’utilisation féministe de la notion de réflexivité comme stratégie pour situer les connaissances géographiques. On a reproché à Rose de ne pas interroger les catégories de genre, de classe, d’ethnicité, de nationalité ou de sexe.  Avec Writing women and space, Colonial and Post-colonial geographies, elle évoque les multiples sens de subjectivité des femmes, illustrés par des représentations écrites de différentiation spatiale. Elle fournit des exemples empiriques de recherche en géographie féministe, tout en soulignant le manque de savoir centrés sur la femme.

En 1991 Kimberlé Crenshaw créé le terme « intersectionnalité » désignant « la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de discrimination dans une société » (Elsa Dorlin). Des études sont alors menées sur les « femmes noires aux Etats-Unis » par exemple. Ces études souvent très militantes se sont plus développées dans les pays anglo-saxons.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lévy, Michel. Lussault, Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Belin,‎ 2013
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  12. Rochefort Renée,, « Réflexions liminaires sur la géographie sociale », Paris, Daniel Noin, page 13
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  14. Armand Fremont, Robert Hérin, Jacques Chevalier, Jean Renard, « Géographie sociale », Paris, Masson,‎ 1984
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]