Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée

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Les Francs-tireurs et partisans – main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) est le nom d'un groupe des Francs-tireurs et partisans, mouvement de résistance armée à l'occupation nazie en France. Il est issu de la Main-d'œuvre immigrée.

Les groupes de FTP-MOI ont été créés en région parisienne, en même temps que les FTP, en 1941. Ces groupes sont constitués par les membres de la Main-d'œuvre immigrée : des étrangers communistes vivant en France et ne faisant pas partie du Parti communiste français ont été mis en place en avril - Mai 1942. Bien qu'intégrés aux FTP, ces groupes dépendent directement de Jacques Duclos, qui leur transmet les ordres de l'Internationale communiste.

Les FTP-MOI compteront parmi les groupes de résistance les plus actifs et les plus déterminés, notamment parce qu'ils sont en tant qu'étrangers, et Juifs pour beaucoup, directement visés par le régime de Vichy, qui ne leur laisse le choix que de la clandestinité ou de l'internement. Parce qu'ils dépendent directement du Komintern, par l'intermédiaire de Jacques Duclos, on a souvent pensé que ce sont eux que l'on envoie en première ligne lorsque vient l'ordre de Moscou d'intensifier le combat, alors que les groupes français sont beaucoup plus insérés dans une dynamique nationale.

Les groupes parisiens ont d'abord été dirigés par Boris Holban, puis par Missak Manouchian et lorsque ce dernier est arrêté, c'est à nouveau Boris Holban qui prend le commandement, début 1944.

Les FTP-MOI sont particulièrement connus à travers l'épisode du procès des 24 membres du groupe de Missak Manouchian et de l'Affiche rouge. Le procès se déroula devant un tribunal militaire allemand, réuni à l'hôtel Continental à partir du 17 février 1944, dura entre deux et quatre jours, et après une délibération de trente-cinq minutes, s'acheva par le verdict suivant[1] :

  • 23 accusés étaient condamnés à mort : le jugement n'ayant pas de possibilité d'appel, 22 d'entre eux furent fusillés sans délai, le 21 février, au fort du Mont-Valérien. L'exécution d'Olga Bancic fut suspendue pour supplément d'enquête. De nouveau jugée, le 10 mai 1944 à Stuttgart, elle fut condamnée à mort et aussitôt décapitée.
  • 1 accusé, Migratulski, fut transféré devant une juridiction française.

Sommaire

[modifier] Structure des FTP-MOI

[modifier] Région parisienne « Groupe Manouchian »

Mémorial des FTP-MOI au Cimetière du Père-Lachaise

Groupe armé dirigé par Joseph Epstein et Missak Manouchian.

[modifier] Les 23 membres du groupes Manouchian exécutés par les nazis.

22 seront fusillés au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944 :

Olga Bancic (Roumaine juive) sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

[modifier] Région de Marseille, la Compagnie Marat

[modifier] Région lyonnaise, groupe Carmagnole-Liberté

  • branche « Carmagnole » à Lyon ;
  • branche « Liberté » à Grenoble.

Herbert Herz a fait partie de ces deux groupes.

[modifier] Région toulousaine, la « 35e brigade »

La 35e Brigade doit son nom à la 35e Division de mitrailleurs des Brigades Internationales à laquelle appartenait Marcel (Mendel) Langer, chef des Francs-Tireurs et Partisans - Main d'œuvre Immigrée (FTP-MOI) de la région toulousaine.

Arrété avec des explosifs en février 1943, Marcel Langer est jugé par la section spéciale de la cour d'appel de Toulouse. L'avocat général Lespinasse réclame sa tete, et le 21 mars 1943, Langer est condamné à la peine de mort. La sanction est exécutée le 23 juillet 1943.

La 35e Brigade devint la Brigade Marcel Langer.

Dix huit FTP-MOI sont arrêtés par la police de Vichy et livrés aux Allemands. Deux meurent dans le train qui les emmène en déportation. Quatre ont été fusillés.

[modifier] Bibliographie

  • Claude COLLIN, Carmagnole et Liberté. Les étrangers dans la Résistance en Rhône-Alpes, PUG, 2000
  • Claude LEVY(*), Raymond LEVY(*), Une histoire vraie, Paris : Les éditeurs français réunis, 1953
  • Claude LEVY(*), Les parias de la résistance, Paris : Calmann-Lévy, 1970
  • Jean-Yves BOURSIER, La guerre de partisans dans le Sud-Ouest de la France, 1942-1944. La 35e Brigade FTP-MOI, Paris : L’Harmattan, 1992
  • Gérard de VERBIZIER, Ni travail, ni famille, ni patrie. Journal d’une brigade F.T.P.-M.O.I., Toulouse, 1942-1944, Paris : Calmann-Lévy, 1994
  • Marc BRAFMAN(*), « Les origines, les motivations, l’action et les destins des combattants juifs (parmi d’autres immigrés) de la 35e Brigade FTP-MOI de Marcel Langer, Toulouse 1942-1944 », in : Le Monde juif, n° 152, pp. 79-95, 09-12/1994
  • Damira TITONEL-ASPERTI(*), Carmela MALTONE, Ecrire pour les autres. Mémoires d’une résistante. Les antifascistes italiens en Lot-et-Garonne sous l’occupation, Presses universitaires de Bordeaux, 1999
  • Jurg ALTWEGG, L’odyssé du train fantôme, 3 juillet 1944 : une page de notre histoire, Paris : Robert Laffont, 2003
  • Greg LAMAZERES, Marcel Langer, une vie de combats. 1903-1943. Juif, communiste, résistant... et guillotiné, Toulouse : Privat, 2003
  • Henri SOUM, Chronique des bords de Garonne, t. 3 « Le Vent des Fous », Ed. Signes du monde, 1994
  • Marc Lévy, Les enfants de la liberté, Editions Robert Laffont, 2007.
  • F.F.I. - F.T.P.F., Pages de gloire des vingt-trois, Immigration, 1951.
  • Philippe Robrieux, L'Affaire Manouchian - Vie et mort d'un héros communiste, Fayard, 1986.
  • Ouvrage Collectif, édité par le Comité de Quartier Saint-Michel-Toulouse," Hommage à la 35° Brigade FTP-MOI MARCEL LANGER ", juillet 2008

(*) ancien(ne) membre de la 35e Brigade FTP-MOI « Marcel Langer »

[modifier] Filmographie

  • Mosco Boucault (réalisateur), Ni travail, ni famille, ni patrie - Journal d’une brigade FTP-MOÏ, 1993, 92 min.
  • Étrangers et nos frères pourtant - 2x26mn (1994), Première partie : Liberté, guérilla urbaine à Lyon et Grenoble Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), Deuxième partie : Carmagnole : l’insurrection de Villeurbanne

Le titre est tiré de la chanson L'affiche rouge (Paroles: Louis Aragon[2]. Musique : Léo Ferré, Maurice Vandair).

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes

  1. Source : F.F.I. - F.T.P.F., p. 104, et P. Robrieux, p. 325 et 347.
  2. http://www.memoire-net.org/etran/aragon.html
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