Eugène Ier Schneider

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Schneider.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Schneider.
Eugène Schneider
Image illustrative de l'article Eugène Ier Schneider
Fonctions
Président du Corps législatif
2 avril 18674 septembre 1870
Prédécesseur Alexandre Colonna Walewski
Successeur Jules Grevy
Ministre français du Commerce et de l'Agriculte
24 janvier 185110 avril 1851
Président Louis-Napoléon Bonaparte
Gouvernement Petit ministère
Prédécesseur Louis Bernard Bonjean
Successeur Louis Buffet
Président du Conseil général de Saône-et-Loire
18521869
Député de Saône-et-Loire
13 septembre 18454 septembre 1870
Prédécesseur Adolphe Schneider
Biographie
Date de naissance 29 mars 1805
Lieu de naissance Bidestroff
Date de décès 27 novembre 1875
Lieu de décès Paris
Profession Industriel

Eugène Ier Schneider

Joseph Eugène Schneider[1], né le 29 mars 1805 à Bidestroff, mort le 27 novembre 1875 à Paris, est un industriel et homme politique français, fondateur de la dynastie des maîtres de forges du Creusot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Antoine Schneider (1759-1828), notaire royal et conseiller général de la Moselle, et d'Anne-Catherine Durand[2], mais très vite orphelin, cousin germain du général Virgile Schneider, et frère cadet d'Adolphe Schneider, Eugène Schneider commença modestement, d'abord dans une maison de commerce de Reims, puis dans la banque Seillière[3]. Il se distingua par son sens des affaires et devint, à vingt et un ans, directeur des forges de Bazeilles[3]. Il suivit également des cours au Conservatoire national des arts et métiers[4].

Lorsque son frère Adolphe fut nommé directeur gérant du Creusot (1833), Eugène Schneider, lui, fut adjoint comme cogérant sous la raison sociale Schneider et Cie en 1836. Il épousa l'année suivante Clémence Lemoine des Mares, fille du député Gilles Lemoine des Mares, un riche banquier, et petite-fille du baron André Poupart de Neuflize (1752-1814). Ils eurent une fille, Félicité (mariée à son cousin germain le ministre Alfred Deseilligny), et un fils, Henri. En 1845, son frère Adolphe Schneider étant décédé[5], Joseph-Eugène fut élu à sa place conseiller général du canton de Couches et Montcenis, puis, le 13 septembre 1845, député du 5e collège de Saône-et-Loire (Autun)[6].

Seul directeur du Creusot depuis la mort de son frère Adolphe en 1845, il acquit bientôt une haute situation dans l'industrie et devint membre du conseil général des manufactures ainsi que ministre de l'Agriculture et du Commerce en 1851[7]. Il fut réélu député le 1er août 1846[8] et soutint la politique conservatrice de Guizot. Ses ouvriers, par allusion sans doute à son visage haut en couleurs, l'appellent « le grand rouge »[9].

En 1864, il fut le premier président de la banque Société générale et il siégea parmi les régents de la Banque de France dès 1854[10]. Il se présenta sans succès à l'Assemblée constituante en 1848 et à l'Assemblée législative en 1849. Il fut maire du Creusot de 1866 à 1870. Constamment élu député de sa circonscription durant le Second Empire, il fut cependant mis en ballottage par le candidat libéral (orléaniste) Joseph Michon aux élections de 1869. Il fut président du Corps législatif de 1867 à 1870.

Paralysé depuis son attaque d'apoplexie en 1874[11], Eugène Schneider mourut l'année suivante. Il est inhumé dans le caveau familial des Schneider dans l'église Saint-Charles au Creusot.

Il était grand-croix de la Légion d'honneur.

Ses successeurs sont :

Henri Schneider (18 décembre 1840 - 17 mai 1898) ;
Eugène II Schneider (29 octobre 1868 - 17 novembre 1942) ;
Charles Schneider (28 juin 1898 - 6 août 1960).

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue d'Eugène Schneider.
  • Au Creusot, une statue en bronze sur un socle de pierre (de Henri Chapu et Paul Sédille) le représente debout en redingote, sa cape sur le bras et tenant une canne. Deux personnages en bronze se trouve à ses pieds, une femme expliquant à son fils, jeune forgeron, ce qu'il doit au "patron". Le jeune garçon est torse nu, porte des sabots et tient une tenaille à la main. Cette statue a été inaugurée en octobre 1879 en présence de Ferdinand de Lesseps, sur la place qui porte désormais son nom.
  • Son nom figure sur la tour Eiffel.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appelé parfois Eugène I Schneider pour le distinguer de son descendant.
  2. Joseph Antoine Roy, Histoire de la famille Schneider et du Creusot, M. Rivière, 1965, p. 19.
  3. a et b Joseph Antoine Roy, op. cit., p. 20.
  4. Joseph Antoine Roy, op. cit., p. 24.
  5. Site de l'Assemblée nationale
  6. 277 voix sur 373 votants et 477 inscrits contre 80 à M. Guyton, avocat, et 11 au général Changarnier
  7. Agnès D'Angio, Schneider & Cie et les travaux publics, 1895-1949, Librairie Droz, 1995, p. 42.
  8. 236 voix sur 444 votants et 515 inscrits contre 151 au général Changarnier et 56 à M. Guyton
  9. Dominique Schneider, Les Schneider, Le Creusot : une famille, une entreprise, une ville (1836 -1960), Fayard, 1995, p. 302.
  10. Agnès D'Angio, op. cit., p. 44.
  11. Dominique Schneider, op. cit., p. 262