Ernest-Auguste Ier de Hanovre

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Ernest-Auguste Ier
Portrait d'Ernest-Auguste de Hanovre par George Dawe, vers 1828.
Portrait d'Ernest-Auguste de Hanovre par George Dawe, vers 1828.
Titre
Roi de Hanovre
20 juin 183718 novembre 1851
(&&&&&&&&&&&0526414 ans, 4 mois et 28 jours)
Prédécesseur Guillaume IV du Royaume-Uni
Successeur Georges V de Hanovre
Duc de Cumberland et Teviotdale
23 avril 179918 novembre 1851
(&&&&&&&&&&01920152 ans, 6 mois et 25 jours)
Prédécesseur Titre créé
Successeur Georges V de Hanovre
Biographie
Dynastie Maison de Hanovre
Date de naissance 5 juin 1771
Lieu de naissance Palais de Buckingham, Londres (Grande-Bretagne)
Date de décès 18 novembre 1851 (à 80 ans)
Lieu de décès Hanovre (Royaume de Hanovre)
Père George III du Royaume-Uni
Mère Charlotte de Mecklembourg-Strelitz
Conjoint Frédérique de Mecklembourg-Strelitz (en)
Enfants Frédérique de Hanovre
Red crown.png Georges V de Hanovre
Héritier Georges V de Hanovre (1819-1878)

Signature

Ernest-Auguste Ier de Hanovre
Souverains de Hanovre

Ernest-Auguste Ier (en allemand : Ernst August I.) (né le 5 juin 1771 au palais de Buckingham, à Londres, et décédé le 18 novembre 1851 à Hanovre) était un membre de la famille royale britannique qui devint roi de Hanovre du 20 juin 1837 à sa mort. Il était le cinquième fils et le neuvième enfant de George III, qui régnait à la fois sur le royaume de Grande-Bretagne et le royaume de Hanovre. Ainsi, les chances d'Ernest de devenir souverain de l'un ou l'autre royaume paraissaient minces. Cependant la loi salique, qui enlevait le droit aux femmes de succéder au trône, était en vertu au Hanovre et aucun des frères d'Ernest n'avait d'héritier mâle légitime. Il monta donc sur le trône de Hanovre lorsque sa nièce Victoria de Kent devint reine du Royaume-Uni. Cela mit fin à l'union personnelle entre la Grande-Bretagne et le Hanovre, en place depuis 1714.

Ernest est né en Angleterre, mais fut envoyé au Hanovre durant sa jeunesse pour son éducation et sa formation militaire. Alors qu'il servait dans l'armée hanovrienne en Wallonie, contre la France révolutionnaire, il reçut une grave blessure au visage. En 1799, il fut créé duc de Cumberland et Teviotdale par son père. Malgré l'hostilité de sa mère, la reine Charlotte, envers son mariage avec la princesse deux fois veuve Frédérique de Mecklembourg-Strelitz (en) en 1814, Ernest l'épousa en mai 1815. Aux alentours de 1817, le roi George III n'avait qu'un seul petit-enfant légitime : la princesse Charlotte de Galles ; à la mort de cette dernière, Ernest-Auguste était le plus vieux fils de George III à être marié et à ne pas s'être séparé de son épouse. Cela lui ouvrit la perspective d'hériter un jour du trône britannique. Toutefois, ses deux frères aînés restés célibataires trouvèrent chacun une femme ; le quatrième fils de George III, Édouard de Kent, eut une fille : la princesse Victoria de Kent (future reine Victoria), qui devint l'héritière du Royaume-Uni.

Ernest-Auguste était actif à la chambre des Lords, où il maintenait une position extrêmement conservatrice. Ernest fut plusieurs fois victime de rumeurs (lancées par ses adversaires politiques) ; une première disait Ernest coupable du meurtre de son valet, une autre l'accusait d'avoir commis l'inceste avec sa sœur la princesse Sophie-Mathilde. Peu avant l'accession au trône de Victoria, une autre rumeur prétendit qu'Ernest avait l'intention de l'assassiner afin de monter sur le trône à sa place. Lorsque Guillaume IV du Royaume-Uni mourut le 20 juin 1837, Ernest hérita du trône hanovrien. Premier souverain de Hanovre à résider au royaume depuis George Ier, il connut un règne paisible de quatorze ans, seulement troublé à ses débuts par l'affaire des Sept de Göttingen.

Sommaire

Jeunesse [modifier]

Le jeune Ernest-Auguste par Thomas Gainsborough, en 1782

Ernest-Auguste, cinquième fils de George III du Royaume-Uni et de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (fille de Charles Ier de Mecklembourg-Strelitz), est né à Buckingham House, aujourd'hui partie du palais de Buckingham, le 5 juin 1771. Avant de quitter l'Angleterre, il vivait avec ses deux plus jeunes frères Adolphe (futur duc de Cambridge) et Auguste (futur duc de Sussex), et un tuteur, dans une villa à Kew, près de la résidence royale du Kew Palace. À l'âge de quinze ans, Ernest fut envoyé avec Adolphe et Auguste à l'université de Göttingen, dans l'électorat de Brunswick-Lunebourg, domaine de leur père. Bien que George III n'a jamais quitté le Royaume-Uni durant son règne, il envoyait ainsi ses plus jeunes fils en Allemagne durant leur adolescence. Selon l'historien John Van der Kiste, le but aurait été de limiter l'influence que le plus vieux frère d'Ernest, George, prince de Galles, qui menait un train de vie extravagant, aurait pu exercer sur ses plus jeunes frères. Le prince Ernest se montra un excellent élève, et après avoir pris des cours privés pendant un an, apprenant l'allemand, il assista à des conférences à l'université. Bien que le roi George III ait ordonné que les princes soient entraînés aux arts militaires et qu'ils suivent les règles universitaires, les banquiers de Hanovre se montrèrent très disposés à accorder des crédits aux princes, qui s'endettèrent rapidement.

Portrait d'Ernest-Auguste par James Gillray, en 1799.

En 1790, Ernest demanda à son père la permission de s'entraîner avec les troupes prussiennes. Au lieu de cela, en janvier 1791, lui et Adolphe furent envoyés à Hanovre pour recevoir un entraînement militaire avec les troupes hanovriennes, sous le commandement du feld-maréchal Wilhelm von Freytag. Avant de quitter Göttingen, Ernest écrivit une lettre de remerciement à l'université, et écrivit à son père : « Je serais l'un des hommes les plus ingrats si jamais j'oubliais tout ce que je dois à Göttingen et ses professeurs. ».

Ernest reçut un entraînement au sein de la cavalerie et fut initié aux tactiques militaires par le capitaine Linsingen, officier des Dragons Légers de la Reine, et se montra être un excellent cavalier et un très bon tireur. Après seulement deux mois d'entraînement, Freytag était si impressionné par les progrès du prince qu'il lui donna une place dans la cavalerie avec le grade de capitaine. Ernest était censé recevoir un entraînement aux tactiques d'infanterie, mais George III, également impressionné par les prouesses de son fils, l'autorisa à rester dans la cavalerie.

En mars 1792, Ernest-Auguste obtint le grade de colonel et fut intégré au 9e régiment des Dragons Légers de Hanovre. Le prince combattit durant la guerre de la Première Coalition, sous les ordre de son frère Frederick, duc d'York, alors commandant en chef des forces britanniques, hanovriennes et autrichiennes. Durant une action près de la ville wallonne de Tournai en août 1793, Ernest reçut une blessure au sabre à la tête, qui lui laissa une cicatrice défigurante. Lors de la bataille de Tourcoing au nord de la France le 18 mai 1794, il fut blessé au bras gauche par un boulet de canon. Dans les jours qui suivirent, la vue de son œil gauche faiblit. En juin, Ernest fut renvoyé en Grande-Bretagne pour sa convalescence ; c'était son premier séjour là-bas depuis 1786.

Ernest reprit ses fonctions début novembre, désormais promu major-général. Il pensait que son nouveau rang allait lui donner le commandement d'un corps d'armée ou d'une brigade, mais les troupes alliées entamaient alors un repli vers l'Allemagne par les Provinces-Unies. En février 1795, ils avaient atteint le Hanovre. L'année suivante, Ernest y resta, travaillant à des postes mineurs. Il demanda à être rapatrié en Grande-Bretagne afin de suivre un traitement pour son œil, mais ce ne fut que début 1796 que George III accepta et autorisa Ernest à rentrer en Angleterre. Là-bas, Ernest consulta un médecin spécialiste des yeux, le Dr Wathen-Waller (en), mais ce dernier considéra la blessure comme impossible à opérer. Par la suite, Ernest demanda de nombreuses fois à rejoindre les troupes britanniques sur le continent, toutefois inquiété à l'idée de pouvoir rejoindre les Yeomanry comme soldat, mais le roi George et le duc d'York refusèrent tout deux. Ernest ne voulait pas rejoindre les forces hanovriennes, alors mises à l'écart du conflit. De plus, Freytag était gravement malade, et Ernest n'était pas du tout disposé à servir sous les ordres de son successeur, le général Johann Ludwig von Wallmoden (en).

Duc de Cumberland [modifier]

Commandant militaire [modifier]

Portrait d'Ernest, duc de Cumberland, en 1802, par Henry Edridge (en), qui omit la cicatrice du duc.

Le 23 avril 1799, George III donna au prince Ernest-Auguste le titre de duc de Cumberland et Teviotdale et de comte d'Armagh. Bien qu'il ait été fait lieutenant-général des forces britanniques et hanovriennes, il revint en Angleterre, et, avec un siège à la Chambre des Lords, se lança en politique. Ernest avait des opinions profondément conservatrices, et devint rapidement l'un des meneurs de la droite du parti Tory. George III avait craint qu'Ernest, comme certains de ses frères aînés, affiche des tendances Whig, mais il n'en fut rien. Rassuré sur ce point, début 1801, le roi laissa Ernest conduire les négociations qui amenèrent à la formation du gouvernement Addington. En février 1802, George III donna à son fils le grade de colonel au sein du 27e régiment des Dragons Légers, poste qui offrit à Ernest la possibilité d'entrer au réputé 15e régiment des Dragons Légers. Ce fut chose faite en mars 1802, lorsqu'un poste se libéra au 15e régiment. Bien que cette fonction fut une sinécure, Ernest s'impliqua dans les affaires du régiment et le mena en manœuvres.

Début 1803, le duc d'York nomma Ernest commandant du district de Severn, en charge des forces réunies dans et autour de l'estuaire de Severn (en). Lorsque la guerre avec la France reprit, deux ans après la paix d'Amiens, le duc d'York nomma Ernest commandant du plus important district du sud-ouest de la Grande-Bretagne, comprenant l'Hampshire, le Dorset et le Wiltshire. Bien qu'Ernest eut préféré commander la King's German Legion, principalement composée d'expatriés allemands venus du Hanovre, alors occupé par les Français, il accepta le poste. Il renforça les défenses de la côte sud, particulièrement autour de la ville de Weymouth, où son père résidait souvent en été.

Ernest-Auguste sur une miniature de 1823 fondée sur un portrait réalisé par William Beechey en 1802.

L'Acte d'Union de 1800 avait permis à l'Irlande d'être représentée au Parlement, mais des lois existantes empêchèrent les catholiques irlandais d'y siéger à cause de leur religion. L'Émancipation des catholiques était une question politique récurrente dans les premières années du XIXe siècle. Le duc de Cumberland était très fermement opposé à ce que les catholiques obtiennent des droits politiques, considérant que cette émancipation serait une violation du serment du roi fait lors du couronnement de défendre l'anglicanisme. Ernest se prononça donc à la Chambre des Lords contre l'émancipation. Les protestants irlandais soutinrent le duc ; il fut élu chancelier de l'université de Dublin en 1805 et grand-maître de l'Ordre d'Orange deux ans plus tard.

Le duc chercha à de multiples reprises un poste dans les forces alliées combattant la France, mais ne fut envoyé sur le continent que comme observateur. En 1807, il préconisa l'envoi de troupes britanniques sur le continent pour joindre les Prussiens et les Suèdois et attaquer les Français à Stralsund (aujourd'hui au nord-est de l'Allemagne). Le gouvernement de William Grenville refusa cette proposition, mais peu de temps après il tomba, et le nouveau Premier ministre, le duc de Portland, accepta d'envoyer Ernest avec un corps expéditionnaire de 20 000 hommes en Allemagne. Malheureusement, ils partirent trop tard : les troupes françaises défirent Prussiens et Suédois à la bataille de Stralsund (en) avant qu'Ernest et ses troupes ne puissent arriver.

L'affaire Sellis et la controverse de Weymouth [modifier]

Dans les premières heures du 31 mai 1810, Ernest fut réveillé par des maux de tête répétitifs. Il s'approcha de la porte de sa chambre mais fut blessé à la jambe par un sabre. Il appela à l'aide et l'un de ses valets, Cornelius Neale, vint l'aider. Neale donna l'alarme et la maisonnée réalisa que l'autre valet d'Ernest, Joseph Sellis, était absent et que la porte de sa chambre était fermée à clé. La serrure fut forcée et le corps de Sellis fut découvert égorgé, blessure qu'il s'était apparemment infligée lui-même. Ernest fut alors victime de nombreuses rumeurs et accusations et mit près d'un mois à démentir ces calomnies inévitables. L'anti-monarchiste et réformateur Francis Place réussit à obtenir une place dans le jury et à devenir son président. Il se rendit chez un ami avocat pour étudier les procédures judiciaires et questionna violemment et obstinément les témoins. Place insista pour que le procès soit ouvert au public et à la presse, et intimida tellement l'audience qu'il mena presque lui-même le procès. Néanmoins, les membres du jury convinrent au suicide de Sellis et rendirent un verdict contre lui.

Une illustration de George Cruikshank se moquant d'Ernest lors de son échec dans sa demande d'augmentation de sa pension en 1815. La partie brune à droite recouvre une image du fantôme de Sellis (visible sur l'image agrandie).

L'opinion publique accusa Ernest de la mort de Sellis. Les journaux Whig les plus extrémistes, les pamphlets anti-royalistes et les caricaturistes donnèrent tous des explications néfastes sur la mort de Sellis, accusant le duc de Cumberland. Certaines histoires disaient que Sellis était trompé par sa femme, et qu'il avait été tué pour l'avoir surprise au lit avec le duc. D'autres suggérèrent que le duc était aimé de Sellis et de Neale, et que le chantage avait joué un rôle dans la mort de Sellis. Roger Fulford et John Van der Kiste, tous deux auteurs d'ouvrages sur les enfants de George III, attribuent une partie de l'animosité envers le duc et les craintes à son égard au fait qu'il n'étalait pas ses affaires privées et amoureuses devant le public, comme le faisaient ses frères plus âgés. Selon eux, le public craignait ce qui avait pu se passer derrière les portes de la maison du duc, et imaginait le pire.

Dans les premier mois de 1813, Ernest fut impliqué dans un scandale politique durant une campagne électorale à Weymouth, un an après les élections législatives. Le duc fut désigné comme l'un des trois administrateurs qui nommeraient les représentants de Weymouth au Parlement. Il était fort mal vu d'un pair de s'immiscer dans une élection communale ; les controverses furent considérables, et le gouvernement envoya Ernest sur le continent comme observateur accompagnant les troupes hanovriennes, qui étaient de nouveau engagées dans la guerre contre la France impériale. Bien qu'il n'ait vu aucune action, Ernest était présent à la bataille de Leipzig, une victoire majeure des Alliés de la Sixième Coalition.

Mariage [modifier]

Ernest rencontra et tomba amoureux à la mi-1813 de sa cousine germaine, Frédérique de Mecklembourg-Strelitz (en), épouse du prince Frédéric-Guillaume de Solms-Braunfels (en) et veuve du prince Louis de Prusse. Tous deux décidèrent que, si Frédérique se retrouvait sans époux, ils se marieraient. L'union de Frédérique avec le prince Frédéric-Guillaume n'avait pas été une réussite ; le prince, voyant l'espérance d'Ernest et de Frédérique de se marier, consentit à divorcer, mais sa soudaine mort en 1814 en retira la nécessité. Certains regardèrent la mort du prince comme venant trop bien à propos pour les affaires d'Ernest et de Frédérique, et suspectèrent cette dernière d'avoir empoisonné son époux. La reine Charlotte, épouse de George III, s'opposa à l'union de la princesse et du duc : bien avant le mariage de Frédérique avec Frédéric-Guillaume, la jeune princesse s'était engagée auprès du frère d'Ernest, le duc de Cambridge, puis avait soudainement rompu peu après l'annonce des fiançailles.

À la suite du mariage en Allemagne le 29 mai 1815, la reine Charlotte refusa de recevoir sa nouvelle belle-fille, et ne voulut pas assister à la seconde célébration du mariage des Cumberland à Kew, à laquelle assistèrent les quatre frères aînés d'Ernest. Le prince de Galles, alors devenu prince régent, considéra la présence d'Ernest et de son épouse en Grande-Bretagne embarrassante et lui offrit de l'argent et le gouvernement du Hanovre en échange de son départ pour le continent. Ernest refusa et les Cumberland passèrent les trois années suivantes entre Kew et le palais Saint-James. La reine Charlotte continua à refuser de recevoir sa belle-fille. En dehors de ces troubles familiaux, la mariage d'Ernest et de Frédérique se révéla être un bon choix.

Le gouvernement du comte de Liverpool demanda au Parlement d'augmenter la pension du duc de 6 000 livres par an en 1815 (somme équivalent à 386 000 livres aujourd'hui), pour qu'il puisse compenser les importantes dépenses dues à son mariage. L'engagement du duc à Weymouth l'aida à gagner des voix, mais ce ne fut pas suffisant. Le décret échoua lors du vote, d'une voix seulement. Liverpool demanda à nouveau l'augmentation en 1817 et cette fois le vote échoua de sept voix.

À l'époque du mariage du duc en 1815, son union avec Frédérique semblait avoir peu d'importance dans la succession dynastique de la famille royale britannique. La princesse Charlotte de Galles, seul enfant du prince régent, était également le seul petit-enfant du roi George III. La jeune princesse espérait avoir bientôt des enfants assurant la succession du trône britannique, surtout après son mariage avec le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Saalfeld en 1816. Le prince régent et le duc d'York étaient tous deux mariés, mais étaient séparés de leurs épouses. Les deux autres fils de George III, le duc de Clarence et le duc de Kent, étaient célibataires. Le 6 novembre 1817, la princesse Charlotte mourait en donnant naissance à un garçon mort-né. George III n'avait alors plus que douze enfants survivants, mais plus aucun petit-enfant légitime. La plupart des fils de George III, les royal dukes, cherchèrent immédiatement des épouses convenables et se pressèrent à l'autel, espérant enfanter l'héritier du trône.

Voyant le peu de chance qu'il y avait à ce que la reine Charlotte cède et accepte de recevoir Frédérique, le duc de Cumberland et son épouse s'établirent en Allemagne en 1818. Ils avaient de grandes difficultés financières en Grande-Bretagne car ils vivaient en permanence à la limite de leurs moyens ; le coût de la vie était bien plus bas en Allemagne à l'époque. La reine Charlotte mourut le 17 novembre 1818, mais le duc et la duchesse de Cumberland restèrent en Allemagne, résidant principalement à Berlin, où Frédérique avait des relations. En 1817, la duchesse eut une fille morte-née ; en 1819 elle donna naissance à un garçon, Georges de Cumberland. Le duc ne voyageait en Angleterre qu'occasionnellement. Il restait alors avec son frère aîné, qui succéda en 1820 aux trônes britannique et hanovrien sous le nom de George IV. Le quatrième fils de George III, Édouard, duc de Kent, décéda six jours avant son père mais laissa une fille : la princesse Victoria de Kent. Après la mort de George III, Ernest devint ainsi le quatrième sur la liste de succession au trône, à la suite du duc d'York (qui mourut en 1827 sans descendance légitime), du duc de Clarence et de la princesse Victoria.

Politique et impopularité [modifier]

Ernest-Auguste, roi de Hanovre, portant le costume de Chevalier Commandeur de l'Ordre de Saint-Patrick.

En 1826, le Parlement vota finalement l'augmentation de la pension d'Ernest. Le gouvernement de Liverpool disait que le duc avait besoin d'une pension plus importante pour payer l'éducation puis plus tard les études du prince Georges ; malgré cela de nombreux Whig s'y opposèrent. Le décret, passé devant la chambre des Communes, exigeait que le prince Georges résidât en Angleterre si le duc bénéficiait de l'augmentation de sa pension.

En 1828, Ernest résidait avec le roi au château de Windsor, lorsque de sévères troubles apparurent en Irlande autour de la cause catholique. Le duc était un ardent partisan de la cause protestante en Irlande et retourna à Berlin en août, croyant que le gouvernement, dirigé par le duc de Wellington, allait traiter fermement avec les Irlandais. En janvier 1829, le gouvernement de Wellington annonça qu'il allait introduire un décret d'émancipation des catholiques pour concilier les Irlandais. Ne tenant nullement compte d'une requête de Wellington l'incitant à rester à l'étranger, Ernest retourna à Londres, et devint l'un des meneurs des opposants au Catholic Relief Act (en) de 1829. Il influença le roi George IV, l'incitant à s'opposer au décret. Peu de temps avant le vote, le roi demanda aux officiers et nobles de sa maison de voter contre le décret. Ayant eu vent de la chose, Wellington démissionna de son poste de Premier ministre, considérant qu'il ne pouvait continuer à diriger le gouvernement s'il n'était pas soutenu par le roi. George IV accepta sa démission et Ernest tenta la création d'un gouvernement uni contre l'émancipation des catholiques. Une fois créé, ce gouvernement aurait pu obtenir crédit auprès de la chambre des Lords, mais il y aurait eu trop peu de soutiens à la chambre des Communes, et Ernest renonça à sa formation. Le roi rappela Wellington, le décret fut voté à la chambre des Lords et fut appliqué.

Le gouvernement de Wellington espérait qu'Ernest retournerait en Allemagne, mais il s'établit avec son épouse et son fils en Grande-Bretagne en 1829. Le Times déclara qu'ils allaient résider à Windsor dans la « Tour du diable » ; au lieu de cela, le duc réemménagea dans sa résidence de Kew. Il s'y installa avec sa famille alors que des rumeurs circulaient selon lesquelles Thomas Garth, suspecté d'être le fils illégitime de la sœur d'Ernest, la princesse Sophie Mathilde, était le fils d'Ernest. Certains dirent qu'Ernest avait fait chanter le roi George IV en le menaçant de révéler ce secret au public. John Van der Kiste pointe du doigt qu'il eût été insensé de la part du duc de faire du chantage avec un secret qui, si jamais il était révélé, l'aurait détruit. Ces rumeurs se répandirent pourtant alors qu'Ernest séjournait à Londres pour lutter contre l'émancipation des catholiques. Le politicien et journaliste Thomas Creevey écrivit à propos de la rumeur de Garth à la mi-février, et certaines indications montrent que la rumeur aurait commencé avec la princesse Lieven, épouse de l'ambassadeur de Russie.

Caricature politique soutenant le Reform Act de 1832 ; Guillaume IV est assis derrière les nuages, entouré de politiciens whigs, en-dessous le lion de Grande-Bretagne oblige les tories (Ernest, deuxième en partant de la gauche) à fuir.

Plusieurs journaux racontèrent, en juillet 1829, que le duc avait été chassé de la maison de Lord Lyndhurst (en) pour avoir agressé son épouse Sarah. Début 1830, de nombreux articles furent publiés, faisant allusion à une possible relation entre Ernest et une certaine Lady Graves. En février 1830, Lord Graves (en) écrivit à sa femme, lui déclarant sa pleine confiance en son innocence, avant de se suicider. Deux jours après la mort de Lord Graves (et un jour après l'enquête), le Times publia un article faisant un lien entre la mort de Graves et celle de Sellis. Après avoir pris connaissance d'une note écrite par Graves juste avant sa mort, le Times se rétracta. Néanmoins, beaucoup croyaient le duc responsable du suicide, ou coupable d'un second meurtre. Ernest dira plus tard qu'il avait été « accusé de tous les crimes du décalogue ». Le biographe d'Ernest-Auguste, Anthony Bird, constate qu'alors qu'il n'y avait aucune preuve, Ernest était fréquemment victime de rumeurs et d'allégations ; Bird n'a aucun doute sur le fait que ces rumeurs étaient lancées par les Whigs à des fins politiques. Un autre biographe, Geoffrey Willis, pointe du doigt le fait qu'il n'y eut aucun scandale autour du duc durant la période où il vivait en Allemagne ; ce n'était que lorsqu'il annonçait son intention de retourner en Grande-Bretagne qu'une « campagne de malveillance sans précédent » commençait contre lui. Selon Bird, Ernest était l'homme le plus impopulaire de Grande-Bretagne à l'époque.

L'influence du duc à la cour prit fin à la mort de George IV en juin 1830 et la montée sur le trône du duc de Clarence sous le nom de Guillaume IV. Wellington écrivit que « La conséquence de la mort du roi ... sera de mettre entièrement fin au personnage et au pouvoir politique du duc de Cumberland dans ce pays ». Le roi Guillaume n'avait aucun enfant légitime (ses deux filles étant mortes en bas-âge) et Ernest était maintenant l'héritier présomptif du trône de Hanovre, étant donné que Victoria, héritière présomptive du Royaume-Uni, ne pouvait monter sur le trône allemand en vertu de la loi salique. Guillaume IV réalisa qu'aussi longtemps que le duc conserverait des soutiens à Windsor, il pourrait exercer une influence indésirable dans la politique britannique. Le duc était membre de la Household Cavalry ; Guillaume mit le poste d'Ernest sous l'autorité du commandant en chef plutôt que sous l'autorité du roi, et Ernest, ainsi insulté et outragé à l'idée d'avoir à obéir à un simple officier, démissionna. Le roi humilia de nouveau Ernest lorsque la reine, Adélaïde de Saxe-Meiningen, souhaita loger ses chevaux dans les écuries habituellement utilisées par le consort, mais qui étaient alors occupées par les chevaux d'Ernest. Ernest refusa d'abord l'ordre du roi de déplacer ses chevaux dans une autre écurie, mais obtempéra lorsque Guillaume le menaça de faire sortir les chevaux de force par ses palefreniers si Ernest ne le faisait pas volontairement. Malgré cela, le duc de Cumberland et Guillaume finirent par se réconcilier et vécurent dans de bons termes durant les sept années qui suivirent (années du règne de Guillaume IV). La résidence d'Ernest à Kew était trop petite pour sa famille ; le roi donna au duc et à la duchesse une grande résidence familiale non loin de là, à l'entrée des jardins de Kew. Ernest s'opposa au Reform Act 1832, et fut l'un des pairs, surnommés diehard, qui votèrent contre le décret à sa lecture finale alors que la plupart des tories s'abstenaient de peur que la chambre des Lords se retrouve inondée de pairs whig.

Ernest fut de nouveau le sujet d'allégations en 1832, lorsque deux jeunes femmes l'accusèrent de les avoir poursuivies alors qu'elles marchaient près de Hammersmith. Pourtant, le duc n'avait pas quitté son logis le jour en question, et pouvait s'assurer qu'il s'agissait de l'un de ses écuyers, qui eux déclaraient n'avoir jamais vu les deux femmes. Néanmoins, les journaux continuèrent de publier des références à l'incident, suggérant qu'Ernest avait fait ce que les jeunes filles racontaient, et qu'il essayait lâchement de rejeter la faute sur autrui. La même année, le duc dut poursuivre en justice pour diffamation l'auteur d'un livre l'accusant d'avoir fait tuer Sellis par son autre valet Neale. Ernest obtint gain de cause et le jury rendit un verdict contre l'auteur. En 1832, les Cumberland vécurent une tragédie lorsque le jeune prince Georges devint aveugle. Il était déjà aveugle d'un œil depuis son enfance ; un accident à l'âge de treize ans supprima la vue de son autre œil. Ernest avait espéré que son fils épouse la princesse Victoria et conserve ainsi l'union des trônes britannique et hanovrien, mais le handicap du prince réduisit à néant ses chances d'obtenir la main de Victoria et souleva des polémiques quant à sa future accession au trône de Hanovre.

Le duc passa beaucoup de temps à la chambre des Lords durant le règne de Guillaume IV, il tenait toujours à être présent. L'éditeur de journaux James Grant (en) écrivit de lui : « Il est littéralement — le gardien excepté — le premier homme à la chambre, et le dernier à en sortir. Et ce n'est pas simplement en général, mais toutes les nuits. ». Grant, dans ses observations des membres les plus influents de la chambre des Lords, indiquait que le duc n'était pas remarqué pour ses talents d'orateur (il ne prononçait jamais de discours de plus de cinq minutes) et avait une voix difficile à comprendre, bien que ses manières étaient plutôt douces et conciliantes. Grant dénigra l'intelligence et l'influence du duc, constatant toutefois qu'il avait une influence indirecte sur certains membres et qu'il n'était nullement aussi mauvais tacticien que le croyait ses opposants.

Des controverses importantes survinrent en 1836 autour de l'ordre d'Orange. Les membres de l'ordre (qui avaient des opinions anti-catholique) se disaient prêts à se soulever et à pousser le duc de Cumberland sur le trône à la mort du roi Guillaume IV. Selon Joseph Hume, parlant à la chambre des Lords, la princesse Victoria était à écarter du trône en raison de son âge, son sexe et de son incapacité à régner. La chambre des Communes vota une résolution demandant la dissolution de l'ordre d'Orange. Lorsque l'annonce en fut faite à la chambre des Lords, le duc se défendit, disant de la princesse Victoria : « Je verserais jusqu'à ma dernière goutte de sang pour ma nièce. ». Le duc indiqua que les membres de l'ordre d'Orange étaient loyaux envers la couronne et disposés à dissoudre leur organisation au Royaume-Uni. Selon Anthony Bird, cet incident fut la source des rumeurs qui survinrent plus tard et selon lesquelles le duc avait l'intention d'assassiner sa nièce Victoria et de prendre le trône britannique pour lui-même.

Roi de Hanovre [modifier]

Politique intérieure [modifier]

Les controverses constitutionnelles [modifier]

Le 20 juin 1837, le roi Guillaume IV décéda et la princesse Victoria de Kent devint reine du Royaume-Uni. Ernest hérita du trône de Hanovre. Le 28 juin 1837, le roi Ernest-Auguste Ier pénétrait dans son nouveau domaine, passant sous un arc de triomphe. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, le Hanovre allait avoir un souverain résidant dans son royaume. De nombreux habitants du Hanovre avaient des perspectives libérales et auraient préféré que le populaire duc de Cambridge, jusque lors vice-roi, devienne leur souverain, mais les deux plus jeunes frères d'Ernest refusèrent tous deux de ceindre une couronne avant leur frère aîné. Selon Roger Fulford, dans son livre sur les plus jeunes fils de George III, les Royal Dukes, « En 1837, le roi Ernest était le seul descendant mâle de George III qui était capable et disposé à continuer le lien avec le Hanovre ».

Thaler de 1846 frappé de l'effigie d'Ernest.

Le Hanovre avait reçu sa première constitution, concédée par le prince régent, en 1819 ; cela signifia vraiment le passage du Hanovre d'électorat à royaume, décidé par le Congrès de Vienne en 1815. Le duc de Cambridge, comme vice-roi de Guillaume IV au Hanovre, recommandait une réorganisation complète du gouvernement hanovrien. Guillaume IV avait consenti à l'élaboration d'une nouvelle constitution en 1833 ; l'accord du duc de Cumberland n'avait été ni demandé ni donné, et il avait fortement protesté contre l'adoption de la constitution sans son consentement. L'une des clauses de la constitution transférait le propriété du domaine hanovrien du roi à l'État, érodant le pouvoir monarchique.

Immédiatement après son arrivée, le roi dissout le parlement, élu selon la constitution de 1833. Le 5 juin, considérant que son consentement n'avait pas été demandé et que la constitution n'allait pas dans le sens des intérêts du pays, il proclama la suspension de la constitution. Le 1er novembre 1837, Ernest publia une patente déclarant la constitution caduque ; les lois initiées sous celle-ci furent toutefois conservées. La constitution de 1819 fut rétablie. Le prince héritier, Georges, approuva ce choix.

En appliquant le décret du roi, le cabinet des ministres demanda à tous les détenteurs d'une fonction publique (incluant les professeurs de l'université de Göttingen) de renouveler leur serment d'allégeance au roi. Sept professeurs (dont les frères Grimm) refusèrent de prêter serment et provoquèrent des agitations populaires, incitant les hanovriens à protester contre la décision du roi. Les sept perdirent leur poste tant qu'ils ne prêtèrent pas serment et le roi exila les trois principaux responsables (dont Jacob Grimm). L'un des sept, l'orientaliste Heinrich Ewald, était un citoyen de Hanovre et ne fut pas expulsé du royaume. Dans les dernières années du règne d'Ernest-Auguste, les trois exilés furent rappelés.

Statue équestre d'Ernest-Auguste à Hanovre par Albert Wolff.

Le roi écrivit à son beau-frère, Frédéric-Guillaume III de Prusse : « Si chacun des ces sept gentilshommes m'avait adressé une lettre exprimant son opinion, je n'aurais eu aucune raison de prendre leur conduite comme une exception. Mais organiser des rassemblements et publier leurs opinions avant même que le gouvernement ait reçu leurs protestations : c'est ce qu'ils ont fait que je ne puis tolérer. ». Ernest reçut une députation de citoyens habitant Göttingen, qui, craignant des agitations de la part des étudiants, applaudirent le renvoi des sept professeurs. Malgré cela, Ernest fut vivement critiqué à travers l'Europe, et spécialement au Royaume-Uni. À la chambre des Communes, le colonel et député Thomas Perronet Thompson (en) proposa de retirer les droits d'Ernest au trône britannique en raison de ses actions, pour éviter que, si Victoria venait à mourir sans enfant, le roi de Hanovre ceigne la couronne britannique.

Une protestation plus conséquente contre la révocation de la constitution de 1833 fut le refus de la part de nombreuses villes de nommer des représentants au parlement. Malgré cela, vers 1840, un nombre suffisant de députés avaient été nommés pour que le roi puisse convoquer le parlement, qui se réunit pendant deux semaines en août, approuvant une version modifiée de la constitution de 1819, votant un budget et adressant des remerciements au roi. Une nouvelle session fut ouverte la même année, le parlement vota un budget de trois ans puis fut de nouveau suspendu.

Développement national et commerce ; la crise de 1848 [modifier]

À l'époque où Ernest monta sur le trône, la ville de Hanovre était une cité résidentielle à forte densité de population ne possédant pas le grand style de nombreuses capitales allemandes. Une fois les crises politiques de la première année de son règne terminées, Ernest entreprit une politique d'aménagement et de développement économique. Il soutint l'installation de l'éclairage au gaz dans les rues de Hanovre, l'introduction des systèmes sanitaires les plus récents et la construction d'un nouveau quartier résidentiel. Il changea les plans en 1841, après la mort de la reine Frédérique, pour quitter le palais Altes où ils avaient tous deux vécu depuis leur arrivée. L'intérêt et le soutien d'Ernest au chemin de fer (en) permit au Hanovre de devenir un point de jonction ferroviaire majeur, augmentant les bénéfices économiques du pays. Pourtant, lorsque l'architecte de la cour Georg Ludwig Friedrich Laves (en) proposa en 1837 la construction d'un opéra à Hanovre, le roi refusa d'abord, appelant la proposition : « cette idée complètement absurde de construire un théâtre au milieu de ce champ vert ». Le roi donna finalement son accord en 1844, et l'Opéra de Hanovre fut inauguré en 1852, un an après la mort d'Ernest.

Portrait d'Ernest-Auguste vers 1850.

Chaque semaine, Ernest se rendait avec son secrétaire en différents lieux de son royaume et chacun pouvait lui adresser une pétition à son passage — il faisait toutefois trier les pétitions par son secrétaire pour ne pas avoir à traiter des complaintes frivoles. Ernest ouvrit les hautes positions de l'administration à des personnes de toute classe, assurant les services de plusieurs ministres qui n'auraient pu être éligibles sans cette réforme. Bien qu'Ernest, lorsqu'il était encore duc de Cumberland, avait lutté contre l'émancipation des catholiques, il toléra des catholiques dans l'administration au Hanovre, et visita même plusieurs de leurs églises. Ernest expliqua cette tolérance en constatant qu'il n'y avait aucune raison historique de restreindre le catholicisme au Hanovre, contrairement au Royaume-Uni. Il continua à s'opposer à l'admission des juifs au Parlement britannique mais donna au Hanovre des droits égaux à ceux des autres citoyens.

Le roi soutint une union postale et monétaire des États allemands, mais s'opposa à l'union douanière introduite par la Prusse, le Zollverein, craignant que cela ne mène à la domination prussienne et à la fin de la souveraineté du Hanovre. À la place, le roi soutint le Steuerverein, que le Hanovre et les États allemands de l'ouest avaient formé en 1834. Lorsque les traités du Steuerverein furent renouvelés en 1841, le Brunswick quitta l'union et rejoignit le Zollverein, affaiblissant la position du Hanovre. Le Brunswick possédait des enclaves au Hanovre ; Ernest avait la possibilité de reporter l'entrée de ces enclaves dans le Zollverein et, lorsqu'une guerre économique aurait commencé, de tenir plus longtemps que le Brunswick. En 1845, le Hanovre, le Brunswick et la Prusse parvinrent à un accord au sujet des enclaves. En 1850, Ernest permit finalement à contrecœur au Hanovre de rejoindre le Zollverein, bien que l'entrée se fisse dans de bonnes contritions. Les craintes d'Ernest à propos de la Prusse étaient justifiées : en 1866, quinze ans après sa mort, le Hanovre choisit le camp autrichien lors de la guerre austro-prussienne, fut défait et annexé par la Prusse.

Le Hanovre fut peu touché par les révolutions de 1848 ; quelques troubles mineurs furent réprimés par la cavalerie sans une goutte de sang. Lorsque des agitateurs arrivèrent de Berlin fin mai 1848 et déclenchèrent des manifestations devant le palais royal, Ernest envoya le premier ministre. Ce dernier prévint les contestataires que s'ils faisaient des demandes inappropriées au roi, celui-ci s'en retournerait au Royaume-Uni avec le prince héritier, laissant le pays à la merci de l’expansionnisme prussien. La peur d'une telle perspective mit fin aux agitations. Par la suite, le roi concéda au pays une nouvelle constitution, légèrement plus libérale que celle de 1819.

Relation avec le Royaume-Uni [modifier]

En sa qualité de duc de Cumberland, Ernest-Auguste Ier eut à prendre une grave décision concernant le serment d'allégeance dû à sa nièce, la reine Victoria, à la Chambre des Lords. Le Lord chancelier Cuttemham déclara qu'il refuserait de recevoir le serment d'allégeance dû à la reine par Ernest-Auguste Ier en tant que souverain étranger. Ernest-Auguste se présenta donc à la Chambre des Lords et prêta serment d'allégeance avant son départ pour le Hanovre.

Immédiatement après son départ pour son royaume, Ernest-Auguste Ier entra en conflit avec Victoria. La reine souhaitait avoir sa mère auprès d'elle, et demanda à son oncle de lui céder ses appartements du palais Saint-James à Londres en faveur de la duchesse de Kent. Ernest-Auguste souhaitait conserver ses appartements dans les cas de visites fréquentes en Angleterre. En outre, il était peu disposé à céder ses appartements en faveur d'une femme qu'il avait fréquemment combattue avec son frère Guillaume IV. Il refusa. Furibonde, la reine Victoria fit l'acquisition d'une maison pour sa mère. Cet achat eut lieu au moment où la reine remboursait les dettes contractées par son père. Elle considéra l'achat de cette maison comme une dépense inutile. Son ressentiment envers Ernest-Auguste ne s'arrêta pas là. Conseillé par ses deux plus jeunes frères, le roi de Hanovre refusa la prééminence de rang dictée par le protocole au prince Albert, déclarant que la place tenue par les différentes familles royales avait été décidée au Congrès de Vienne. Le roi de Hanovre refusa de s'effacer devant le prince Albert, qu'il considérait comme une « altesse royale de papier ». Le prince Albert était en seconde place après la reine uniquement au Royaume-Uni. En 1843, lors d'une visite protocolaire en Angleterre, il fut accueilli chaudement par le peuple britannique, sauf au palais de Buckingham. Au mariage de la princesse Augusta, Ernest-Auguste Ier insista pour occuper le rang supérieur devant le prince Albert. Celui-ci s'arrangea pour inscrire son nom sous celui de son épouse, sans espace libre, et le roi de Hanovre ne put apposer sa signature. Ernest-Auguste n'en tint aucune rancune envers le prince Albert, qu'il l'invita à une promenade dans le parc. Craignant la foule, le prince Albert s'y opposa, et Ernest-Auguste le rassura en lui répondant : « Quand je vivais ici, j'étais aussi impopulaire que vous l'êtes et elle ne m'a jamais tracassé ».

Pendant sa visite, Ernest-Auguste Ier se présenta comme duc de Cumberland à la Chambre des Lords. Il déclara qu'il ne participerait pas aux débats, à moins que le diable ne le tente.

Les souverains des deux royaumes se sont engagés dans plus d'une dispute, comme par exemple : les bijoux ayant appartenu à la reine Charlotte étaient en possession de la reine Victoria, et elle déclara que les bijoux appartenaient à la Couronne britannique ; de son côté, Ernest-Auguste estimait que les bijoux appartenaient à l'héritier masculin, c'est-à-dire à lui-même. Le désaccord fut tranché par des arbitres, mais au moment où ceux-ci rendirent leur verdict, un des arbitres décéda. En dépit d'une nouvelle demande d'arbitrage d'Ernest-Auguste, la reine Victoria refusa et saisit chaque occasion pour porter les bijoux. En 1858, après un nouvel arbitrage, Georges V de Hanovre se vit remettre les bijoux par l'ambassadeur de Hanovre.

Décès et succession [modifier]

Après plusieurs mois de maladie, Ernest-Auguste Ier de Hanovre décéda en 1851. Il fut beaucoup pleuré par les Hanovriens. Il fut inhumé dans un mausolée dans le jardin du château de Herrenhausen, son épouse Frédéricke de Mecklembourg-Strelitz repose auprès de lui. Son fils Georges lui succéda.

Généalogie [modifier]

Ernest-Auguste Ier de Hanovre appartient à la maison de Hanovre, issue de la maison de Brunswick (Brunswick-Lunebourg), elle-même issue de la Maison d'Este descendante des ducs de Toscane.

Ernest-Auguste Ier de Hanovre est l'ascendant de l'actuel chef de la maison royale de Hanovre, le prince Ernest-Auguste de Hanovre (Ernest-Auguste V de Hanovre).

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

Références [modifier]

Bibliographie [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Précédé par Ernest-Auguste Ier de Hanovre Suivi par
Guillaume IV
Roi de Hanovre
1837-1851
Georges V
Création du titre par George III
Duc de Cumberland et Teviotdale
1799-1851