Joseph Hume

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Portrait de Joseph Hume par John Whitehead Walton (fl. 1831-1885), exposé à la National Portrait Gallery.

Joseph Hume (22 janvier 1777 - 20 février 1855), membre de la Royal Society, était un docteur et homme politique écossais, né à Montrose dans la région d'Angus[1].

Carrière médicale[modifier | modifier le code]

Joseph Hume étudia la médecine à l'université d'Édimbourg. Il déménagea en Inde en 1797, où il exerça le poste de chirurgien pour un régiment de l'armée. Il fut également interprète et intendant-général en raison de sa connaissance des langues indiennes. Grâce à ses connaissances en chimie, il put sauver la poudre à canon humide dont l'administration avait besoin à la veille de la deuxième guerre anglo-marathe de Gerard Lake. En 1808, il démissionna et rentra en Angleterre avec une fortune de 40 000 £. Entre 1808 et 1811, il voyagea en Angleterre et en Europe. En 1812, publia une traduction en vers « blanc » c'est-à-dire non rimés de la première partie de la Divine Comédie de Dante.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Portrait de Joseph Hume, d'auteur inconnu.

En 1812, il acheta un siège au parlement à Weymouth comme tory, dans le comté de Dorset en Angleterre. Suite à la dissolution du parlement, le sponsor refusa de rembourser le paiement de Hume qui lança une action en justice pour le récupérer. Six ans plus tard, Hume revint au parlement, faisant connaissance avec James Mill et les philosophes réformistes de l'école de Jeremy Bentham. Il se joignit au réformateur Francis Place et à d'autres philanthropes pour améliorer la condition de la classe ouvrière. En particulier, il travailla à l'établissement d'écoles selon le système Lancaster qui utilisait les élèves plus âgés pour enseigner aux plus jeunes, et à la création de banques d'épargne.

En 1818, peu après son mariage avec Miss Burnley, fille du directeur de la Compagnie anglaise des Indes orientales, il revint au parlement comme représentant au parlement pour une circonscription écossaise incluant sa ville natale de Montrose, Aberdeen, Inverbervie et Arbroath. Il fut ensuite élu pour la circonscription anglaise de Middlesex en 1830, puis la circonscription irlandaise de Kilkenny en 1837, et enfin la circonscription écossaise de Montrose en 1842. Il décéda lorsqu'il était représentant de cette dernière circonscription.

Campagnes politiques[modifier | modifier le code]

Monument aux martyrs politiques écossais, érigé à Édimbourg.

À partir de son retour au parlement, Hume s'auto-déclara gardien des finances publiques, en mettant à l'épreuve et en amenant à un vote direct chacune des décisions liées aux dépenses publiques. En 1820, il s'assura de la nomination d'un comité rendant des rapports sur les dépenses liées à la collection des impôts. Homme très actif, il devint connu comme quelqu'un qui ne laissait aucun répit aux ministres des finances. Il exerçait un contrôle pour éviter les dépenses folles, et aida à l'abolition du fond d'amortissement. Il fut aussi celui responsable de l'ajout du terme « réduction », dans le sens d'une politique d'économies, ajouté au programme « paix et réforme » des radicaux. Il mena avec succès une lutte contre les anciennes lois sur les associations qui entravaient les travailleurs et favorisaient les maîtres. Il entraîna l'abrogation des lois prohibant l'export des machines ainsi que de l'acte empêchant les travailleurs d'aller à l'étranger. Il protesta constamment contre le supplice du fouet dans l'armée, la conscription des marins, et l'emprisonnement pour dettes.

Il se fit remarquer dans l'agitation causé par ce qui fut appelé le « complot d'Orange » pour déposer Guillaume IV du Royaume-Uni en faveur de Ernest-Auguste Ier de Hanovre. Sa participation comme fidéicommissaire dans le fameux prêt grec de 1824 fut le motif de poursuites pour malhonnêteté flagrante.

En 1837, il lança l'idée d'un monument aux martyrs politiques écossais[2]. Le monument fut construit selon la forme d'un obélisque de 90 pieds de haut, en blocs de grès gris/noir. Les noms de cinq hommes y furent inscrits : Thomas Muir, Joseph Gerrald, Thomas Fyshe Palmer, William Skirving et Maurice Margarot. Le 21 août 1884, 3 000 hommes se rassemblèrent pour voir la pose de la première pierre par Hume, au vieux cimetière de Calton à Édimbourg. En février 1852, un second monument aux martyrs politiques écossais, encore lancé par Hume, fut dévoilé au cimetière de Nunhead à Londres[3].

Héritage[modifier | modifier le code]

Une biographie de Hume fut publiée par son fils Joseph Burnley Hume (Londres 1855). Un autre fils, Allan Octavian Hume, ornithologue renommé, s'engagea aussi dans le service civil indien et fut impliqué dans de l'activisme politique durant sa carrière, particulièrement dans l'intérêt de l'Inde. Il organisa le premier rassemblement du Parti du Congrès, qui a dominé une grande partie de la vie politique en Inde depuis 1947. D'après History of the Silver Coinage of England (« Histoire de la frappe de la monnaie en argent en Angleterre ») de Hawkins, une pièce nommée groat serait connue sous le terme de « Joey », « d'après Joseph Hume, qui recommanda fortement la frappe dans le but de payer de petits tickets pour les taxis, etc. »[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ronald K. Huch et Paul R. Ziegler, 1985 Joseph Hume, the People's M.P., DIANE Publishing, 1985, (ISBN 0871691639).
  2. (en) Christina Bewley, Muir of Huntershill, Oxford University Press, 1981. (ISBN 0192117688).
  3. (en) Wally MacFarlane, The Scottish Martyrs, brochure publiée par les Amis du Cimetière de Nunhead.
  4. (en) E. Cobham Brewer, Dictionary of Phrase and Fable, 1898.