Charlotte de Mecklembourg-Strelitz
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La Reine Charlotte, née Duchesse Sophia Charlotte de Mecklenburg-Strelitz le 19 mai 1744 et morte le 17 novembre 1818, fut la reine consort de George III du Royaume-Uni (1738–1820). Elle fut la grand-mère de la reine Victoria et l'arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère de l'actuelle reine du Royaume-Uni, Elizabeth II.
La Reine Charlotte fut une protectrice des arts, connue de Johann Christian Bach et de Wolfgang Amadeus Mozart, entre autres. Elle fut aussi une botaniste amatrice qui œuvra à la fondation de Kew Gardens. George III et la Reine Charlotte eurent 15 enfants, 13 desquels atteignant l'âge adulte.
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[modifier] Jeunesse
Charlotte était la plus jeune fille du duc Charles Ier de Mecklembourg-Strelitz, Prince de Mirow (23 février 1707 – 5 juin 1752) et de la duchesse née duchesse Elizabeth Albertine de Saxe-Hildburghausen, (4 août 1713 – 29 juin 1761).
Elle était la petite fille, issue d'un troisième lit, d'Adolphe-Frédéric II de Mecklembourg-Strelitz (19 octobre 1658 – 12 mai 1708) et de sa Christiane Emilie Antoinette, Princesse de Schwarzburg-Sondershausen (mars 1681 – 1er novembre 1751). Le demi-frère aîné de son père, Adolphe-Frédéric III, régna de 1708 à 1753 .
Pour une femme mariée au souverain de l'un des Etats les plus puissants de l'époque, son ascendance avec des rois était plutôt légère. Tous ses ancêtres jusqu'au niveau de ses arrière-arrière-arrière-grands-parents furent solidement des princes, des ducs et des comtes (ou l'équivalent) mais sans rois. Bien que ses 58 plus proches parents aient inclus quelques princes régnants, on peut observer qu'elle fut de sang ducal et princier, plutôt que de sang royal. Seulement 2 de ses arrière-arrière-arrière-arrière-grands-pères furent rois : Gustave Ier de Suède et Frédéric Ier de Danemark et de Norvège. D'autres monarques royaux se trouvent dans son ascendance plus éloignée.
[modifier] Mariage avec George III
Le frère de Charlotte, Adolphe-Frédéric IV de Mecklembourg-Strelitz (règne 1752–94), et sa mère veuve négocièrent activement en vue d'une union importante pour la jeune princesse. A l'âge de 17 ans, Charlotte était une jeune femme extrêmement séduisante, et elle fut choisie pour être l'épouse du jeune roi George, bien qu'elle ne fut pas son premier choix. Il avait déjà courtisé plusieurs jeunes femmes considérées comme peu convenables par sa mère, Augusta de Saxe-Gotha, et par ses conseillers politiques. La rumeur était aussi répandue qu'il avait épousé une jeune femme Quaker du nom de Hannah Lightfoot, bien que plus tard toutes les réclamations pour prouver ce mariage furent considérées comme infondées et que les prétendus documents l'attestant s'avérèrent être des contrefaçons.
La Princess Charlotte arriva en Grande-Bretagne en 1761, et le couple se maria à la Chapelle Royale du Palais de Saint-James, Londres, le 8 septembre de cette année. Sa belle-mère ne l'accueillit pas à bras ouverts, et durant quelque temps il y eut une légère tension entre les deux.
Malgré n'avoir pas été le premier choix de son mari comme épouse, et avoir été traitée avec un manque général de sympathie par sa belle-mère, la Princesse douairière de Galles, le mariage de Charlotte fut heureux, et le roi ne lui fut apparemment jamais infidèle. Au cours de leur mariage, ils eurent 15 enfants, tous sauf 2 — Octavius et Alfred — atteignirent l'âge adulte. Le temps passant, elle bénéficia d'un pouvoir considérable sur le royaume, bien qu'elle n'en abusa évidemment jamais.
[modifier] Intérêts et patronage
La Reine Charlotte était profondément intéressée par les beaux-arts et soutint Johann Christian Bach, qui fut son professeur de musique. Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de 8 ans, lui dédia ses 6 sonates pour clavecin avec accompagnement de violon KV 10 à KV 15, à sa demande. La reine fonda aussi des orphelinats et un hôpital pour les futures mères.
En 2004, la Galerie de la Reine au Palais de Buckingham accueillit une exposition illustrant l'enthousiaste patronage de George et de Charlotte pour les arts, qui fut particulièrement éclatant par contraste avec ceux des premiers monarques hanovriens ; cela tranchait favorablement avec les goûts aventureux du père du roi, Frederick, prince de Galles. Parmi les artisans et les artistes favoris du couple royal se trouvaient l'ébéniste William Vile, l'orfèvre Thomas Heming, le paysagiste Capability Brown, et le peintre allemand Johann Zoffany, qui peignit fréquemment le roi, la reine et leurs enfants dans des scènes informelles avec du charme.
La reine était aussi une botaniste amatrice bien expérimentée et aida à l'établissement de ce que sont aujourd'hui les Kew Gardens.
L'éducation des femmes avait une grande importance pour la reine, et elle fit en sorte que ses filles soient mieux instruites qu'il n'était d'usage pour les jeunes femmes de l'époque.
[modifier] La maladie de son mari
Après le début de sa maladie, George III fut confié aux soins de sa femme, qui ne pouvait pas elle-même lui rendre visite très souvent, en raison de son comportement erratique et de ses occasionnelles réactions violentes. Cependant, Charlotte continua de soutenir son mari alors que sa maladie mentale, supposée maintenant avoir été une porphyrie, empira avec l'âge.
[modifier] Décès
La reine décéda en présence de son fils aîné, le Prince Régent, qui tenait sa main comme elle s'asseyait dans un fauteuil dans la retraite provinciale de la famille, à Dutch House dans le Surrey (connu maintenant comme Kew Palace). Elle fut enterrée à la Chapelle Saint-George, à Windsor. Son mari décéda 2 ans plus tard.
[modifier] Descendance
[modifier] Ancêtres
| Charlotte de Mecklenburg-Strelitz | Père : Charles Ier de Mecklembourg-Strelitz |
Grand-père paternel : Adolphe-Frédéric II de Mecklembourg-Strelitz |
Arrière-grand-père paternel : Adolphe-Frédéric Ier de Mecklembourg-Schwerin |
| Arrière-grand-mère paternelle : Maria Katharina de Brunswick-Wolfenbüttel |
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| Grand-mère paternelle : Christiane Emilie de Schwarzburg-Sondershausen |
Arrière-grand-père paternel : Christian Wilhelm Ier de Schwarzburg-Sondershausen |
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| Arrière-grand-mère paternelle : Antoine Sybille de Barby-Muhlingen |
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| Mère : Elizabeth Albertine de Saxe-Hildburghausen |
Grand-père maternel : Ernest Frederick Ier de Saxe-Hildburghausen |
Arrière-grand-père maternel : Ernest III de Saxe-Hildburghausen |
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| Arrière-grand-mère maternelle : Sofie de Waldeck |
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| Grand-mère maternelle : Sofie Albertine d'Erbach-Erbach |
Arrière-grand-père maternel : Georg Ludwig Ier d'Erbach-Erbach |
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| Arrière-grand-mère maternelle : Amelie Katherine de Waldeck-Eisenberg |
[modifier] Des origines africaines ?
Bien que cette thèse semble complètement farfelue, la question suscite l'intérêt de nombreuses personnes de la diaspora africaine.
Une description de Charlotte par son médecin, le baron Stockmar, qui la décrit comme ayant « un vrai visage de mulâtre », a inspiré une enquête sur ses origines et une recherche sur sa généalogie.
Sir Allan Ramsay, un abolitionniste notoire, peignit fréquemment la reine. Ses oeuvres attesteraient l'apparence mulâtre de Charlotte[1]. Le portrait du couronnement de Charlotte par Ramsay fut envoyé aux colonies et fut utilisé par les abolitionnistes comme un support de facto pour leur cause[2]. Malgré les descriptions d'un "visage de mulâtre", la figure de la Reine a aussi été décrite comme vandale, par exemple dans un poème écrit à l'occasion de son mariage :
- "Descended from the warlike Vandal race (Descendant de la race des guerriers vandales),
- She still preserves that title in her face (Elle conserve encore ce titre en son visage)."[3]
Les critiques de cette théorie arguent que la branche lointaine de Margarita (et de Madragana) dans l'arbre familiale de la reine rend tout ancêtre africain, nord-africain ou sub-saharien, negligeable et pas plus significatif chez Charlotte que chez aucun autre membre de la maison royale allemande à cette époque, et donc que Charlotte pourrait difficilement être exactement décrite comme "mulâtre" ou comme "africaine".
Une autre explication est que la mère de Charlotte, Elizabeth Albertine, fut la fille illégitime d'Abram Petrovich Gannibal, et que Charlotte pourrait donc avoir été noire pour un quart.
Il faut noter que le ménage royal lui-même, à l'époque du couronnement de la Reine Elizabeth II en 1952 se réferra à son sang asiatique et africain dans une apologie qu'il publia pour défendre leur position comme chef du Commonwealth.
[modifier] La maternité de la reine Charlotte
La maternité de la reine Charlotte à Londres a perduré depuis 1739, faisant d'elle la plus ancienne maternité dans le Royaume-Uni. Le fils de la reine Charlotte, le Duc du Sussex, la persuada de donner son nom à l'hôpital, qui était une institution charitable à l'époque.
[modifier] Titres
- 1744–1761 : Her Serene Highness (Son Altesse Sérénissime) la Duchesse Sophia Charlotte de Mecklenburg-Strelitz
- 1761–1800 : Her Majesty (Sa Majesté) la Reine Charlotte de Grande-Bretagne et d'Irlande
- 1801–1814 : Her Majesty la Reine Charlotte du Royaume-Uni
- 1814–1818 : Her Majesty la Reine Charlotte du Royaume-Uni, Reine du Hanôvre
[modifier] Lieux nommés en son honneur
- Vandalia
- Charlotte (Caroline du Nord)
- Comté de Charlotte (Virginie)
- Queensbury (New York)
- Charlotte Place, Sydney, Nouvelle-Galles du Sud
- Charlottesville (Virginie)
- Charlottetown, Ile-du-Prince-Edouard, Canada
- Fort Charlotte, Kingstown, Saint-Vincent et les Grenadines
- Comté de Mecklenburg (Caroline du Nord)
- Port Charlotte (Floride)
- Queen Charlotte (navire marchand britannique, d'après lequel les Îles de la Reine-Charlotte de la Colombie britannique furent ainsi nommées)
- HMS Queen Charlotte
- Queen's College, Nouveau-Brunswick, New Jersey (maintenant Rutgers University)
- Queens University, Charlotte (Caroline du Nord)
- Queen Charlotte Sound, Nouvelle-Zélande
- Queen Charlotte's Maternity Hospital, La plus vieille maternité dans le Royaume-Uni
- Îles de la Reine-Charlotte, Colombie britannique
- Strelitzia reginae, une fleur indigènes d'Afrique du Sud
[modifier] Liens externes
- Queen Charlotte, 1744–1818: A Bilingual Exhibit (c. 1994)
- The Blurred Racial Lines of Famous Families — Queen Charlotte sur le site de PBS
- Duchess Charlotte Sophie von Mecklenburg-Strelitz sur Genealogics.org
- Royal Genealogies
- King George III: Mad or Misunderstood?
- Hedley, Olwen Queen Charlotte J. Murray, janvier 1975 (ISBN 0-7195-3104-7)
- Les recherches sur la Princesse Charlotte

