Chevrolet Monte Carlo

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Le « blason » créé par Chevrolet pour identifier la Monte Carlo originale.

La Chevrolet Monte Carlo est un modèle d'automobile de la marque Chevrolet.

À l'origine, ce modèle était destiné à une clientèle désirant une voiture de luxe abordable.

Historique[modifier | modifier le code]

Lancée par le constructeur automobile américain Chevrolet en 1970, la Chevrolet Monte Carlo est à l'origine une voiture appartenant à un nouveau segment, celui des personal cars bon marché. Cousine de la Pontiac Grand Prix sortie un an plus tôt, elle est destinée à une clientèle de classe moyenne désireuse de posséder une voiture confortable, aux dimensions généreuses, à l'aspect élégant et cossu. Elle est proposée à sa sortie à un prix d'appel de 3 123 $. La Ford Thunderbird, sa concurrente directe, est bien plus chère (4 961 $). La Monte Carlo est donc censée être la première voiture de luxe abordable. Construite à partir de la Chevelle, le modèle intermédiaire populaire de Chevrolet, la Monte Carlo arbore des insignes se voulant synonymes de prestige, en forme de bouclier moyenâgeux surmonté d'un heaume. Aucun logo Chevrolet n'indique son origine, afin d'accroître son caractère exclusif.

Sa carrosserie racée se distingue par un capot très long, un coffre court, des petits feux arrière verticaux logés dans les ailes inspirés de la Cadillac Eldorado et une ligne affinée pour accentuer l'impression de longueur. Elle possède un gabarit respectable (5,25m de long pour 1,93m de large), et est équipée de tous les accessoires de confort possibles, en série ou en option.

Le nom Monte Carlo doit évoquer dans l'esprit du client la douceur de vivre à l'européenne. Une publicité à la télévision de 1970 est même illustrée par de l'accordéon, une chanson en français et une voix énonçant un texte en anglais avec l'accent français[1]

Un modèle du millésime 1972 avec toit vinyle.

Disponible uniquement en coupé hardtop, équipée au choix de moteurs V8 5.7l, 6.6l ou 7.5l ainsi que de la boîte automatique en série, elle rencontre un succès remarquable : 130 657 modèles produits en 1970, 128 600 en 1971, puis une apothéose en 1972, fin de la première génération avec 180 819 exemplaires. Au cours de ses 3 années de production, elle reçoit de subtiles retouches esthétiques portant notamment sur le dessin de la calandre, de l'écusson de capot, la forme des phares et l'emplacement des feux clignotants avant. Dotée de freins avant à disques et d'un châssis performant, elle est disponible en version SS (Super Sport), avec le big block 454 V8 7.5 litres développant plus de 360 chevaux jusqu'en 1971. L'autoroute est son domaine de prédilection, sa puissance et sa souplesse y font merveille. La Monte Carlo 1970 a été popularisée récemment au cinéma dans le film Fast and Furious: Tokyo Drift[2]. Un modèle 1972 à l'état d'épave est aussi conduit par Jim Carrey dans la comédie Ace Ventura, détective pour chiens et chats[3]. Les trois premiers millésimes (en particulier les modèles SS) de la Monte Carlo sont aujourd'hui assez recherchés aux États-Unis. Un club leur est même exclusivement consacré[4].

De 1973 à 1977 est produite une Monte Carlo au style néo-rétro assez baroque. La calandre est plus massive d'aspect, les moulures latérales très accentuées. Plus volumineuse (18cm de plus en longueur et 4cm en largeur), son châssis est amélioré afin de lui donner un comportement routier aussi efficace que celui des Mercedes. Nouveaux réglages du train avant, barres stabilisatrices, pneus radiaux en série: le pari est gagné et la Monte Carlo est élue voiture de l'année 1973[réf. nécessaire] par le magazine Motor Trend. Elle est déclinée en 3 versions : sport coupé, S sport coupé et Landau sport coupé. La version basique est supprimée dès 1974.

Un exemplaire de Monte Carlo de 1975.

Les motorisations sont de moins en moins nombreuses et puissantes au fil des années. Les performances n'étant plus à l'ordre du jour, les priorités sont la sécurité, l'économie d'essence et la limitation des émissions polluantes. Ainsi le fameux 454 pouces cubes (7.5l) étranglé à 235ch disparaît du catalogue en 1976, alors que le 5.0l de 140ch devient l'offre standard. Le 6.6l réglé à 175ch subsiste encore un an, et en 1977 seuls le 5.0l et le 5.7l sont disponibles. Mieux adaptée au marché, esthétiquement séduisante et dotée d'excellentes qualités routières, ses chiffres de production vont s'envoler pour atteindre les 1626129 exemplaires en 5 ans. Elle recevra des modifications mineures tout au long de sa fabrication, la plus notable étant l'apparition de doubles phares superposés de forme carrée en 1976. On aperçoit une Monte Carlo bordeaux de 1976 dans le film Casino, conduite par Joe Pesci, quand ce dernier arrive à un rendez-vous avec Robert De Niro[5].

En 1978, apparaît une toute nouvelle Monte Carlo à l'empattement réduit de 20 cm, suivant la grande vague de raccourcissement des modèles opérée par General Motors à l'époque, toujours à propulsion, mais plus légère de 400 kg. Disponible en version de base avec un moteur V6 3.8l d'une puissance faible (105ch), elle peut être commandée avec un V8 5.0l de 145ch, puis 160ch en 1979. Elle arbore une ligne similaire aux modèles précédents mais bien moins imposante, qui persistera jusqu'en 1980. Un bel exemplaire de Monte Carlo 1979 est conduit par Denzel Washington dans le film Training Day (2001)[6].

La 4e génération marque un tournant esthétique en 1981. Semblable aux autres modèles de General Motors - Oldsmobile Cutlass, Pontiac Grand Prix et Buick Regal -, son profil est plus net, lisse et tendu. Elle retrouve les feux arrière verticaux abandonnés en 1978. Les modèles les plus intéressants de cette période sont les finitions SS (Super Sport). L'appellation a été ressortie des cartons en 1983 pour vendre un modèle équipé du V8 5 litres "poussé" à 175ch puis 180ch à partir de 1984. Elle sera maintenue dans la gamme au prix de modifications cosmétiques jusqu'à ce que les ventes s'effondrent, en 1988.

Ici, une Monte Carlo SS des années 1983-1986.

La Monte Carlo renaît de ses cendres en 1995 sous la forme d'une voiture moderne à traction avant, dérivée de la berline Lumina, mais bien plus banale que ses devancières. Aucun V8 n'est disponible, seulement des V6 à faible rendement, le plus performant étant un 3.8l développant 215ch.

Chevrolet Monte Carlo modèle 2004-2005.

La Monte Carlo de 2000-2007 est un coupé dérivé de la berline Impala dont elle partage la majorité des composants mécaniques. Elle est très appréciée des amateurs de Nascar et est la descendante directe des premières générations de Monte Carlo à propulsion conçues de 1969 à 1988. Un V8 5.3l de 303ch a fait son retour en 2006 sous le capot de ce coupé au design atypique, lui redonnant un peu de sa gloire passée.

Elle disparaît en 2007 sans être remplacée ; en effet Général Motors ne voulait pas créer une concurrence interne entre la Monte-Carlo et la nouvelle Camaro.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vidéo sur uniquecarsandparts.com.
  2. http://www.imcdb.org/vehicle_38383-Chevrolet-Monte-Carlo-1970.html
  3. http://imcdb.org/vehicle_1266-Chevrolet-Monte-Carlo-1972.html
  4. http://www.firstgenerationmontecarlo.com/
  5. (en) Voir la fiche et photo sur le site Internet movie cars database.
  6. (en) Voir la fiche et photo sur le site internet movie cars database.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 50 Years of American Automobiles 1939-1989
  • Nitro Magazine, Americaines, Rods et Customs, n°219, n°226