Siège de Nice (1543)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

43° 42′ 00″ N 7° 16′ 00″ E / 43.7, 7.26667 / 43.7; 7.26667

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Siège de Nice.
Siège de Nice
Siège de Nice par les Français et l'escadre turque commandée par Barberousse en 1543.
Siège de Nice par les Français et l'escadre turque commandée par Barberousse en 1543.
Informations générales
Date 2 - 22 août 1543
Lieu Nice
Issue Victoire franco-ottomane et retraite tactique de justesse.
Belligérants
Flag of the Ottoman Empire (1453-1844) Empire ottoman
Royaume de France Royaume de France
Flag of Ottoman Algiers.gif Régence d'Alger
Saint-Empire romain germanique Saint-Empire
Duché de France Duché de Savoie
Commandants
Khayr ad-Din Barberousse
Salah Raïs
François de Bourbon, comte d'Enghien
Andrea Doria
Forces en présence
150 galères
30 000 soldats
Neuvième guerre d'Italie

Le siège de Nice eut lieu autour des enceintes de la ville en 1543.
Le roi de France, François Ier allié depuis 1536 au sultan Turc Soliman le Magnifique par l'alliance franco-ottomane, ordonna de prendre la ville de Nice, se parjurant en transgressant sa propre décision, prise le 10 septembre 1523 « de renoncer solennellement à tous les droits que pourrait avoir la couronne de France sur Nice ».

Vingt mille Franco-Turcs, sous les ordres du comte d’Enghien, mirent le siège devant la ville pendant que 120 galères de combat de la Sublime Porte, commandées par Khayr ad-Din Barberousse (au service du sultan Soliman), attaquaient Nice par la mer. Cette armada était accompagnée de 40 galiotes, 4 mahonnes et 22 galères françaises.

Sommaire

Chronologie[modifier]

La flotte franco-turque, venant de Marseille, arriva dans la rade de Villefranche le 5 août 1543. Les chefs coalisés firent une proposition de reddition que les Niçois rejetèrent. Le premier combat eut lieu dans la plaine de Riquier le 7 août, entre les milices urbaines et l'avant-garde ennemie. Les Niçois furent repoussés dans les murs. Les coalisés installèrent alors leurs batteries tout autour de l'actuel Vieux-Nice, qui formait la totalité de la ville à l'époque. Le 10 août, des renforts français arrivèrent par voie de terre. Le bombardement commença, incessant. Le 12 août, les assiégeant feignirent un assaut. Enfin, après avoir ouvert une brèche, le 15 août, l'assaut général fut donné contre les murailles et les tours du rempart nord, dans l'actuelle zone de la place Garibaldi. Les assaillants, principalement des mercenaires toscans et des soldats ottomans, furent finalement repoussés. C'est ici que la tradition rapporte deux événements : une apparition de la Vierge Marie, qui donna lieu, en grâce, à la construction d'une chapelle dite de la Madone de Sincaïre, détruite dans les années 1780 pour construire la place Garibaldi ; l'intervention de Catherine Ségurane, une lavandière, qui aurait galvanisé la défense. À la suite de l'échec de l'assaut, les dissensions gagnèrent le camp coalisé, tandis qu'en Piémont, le duc Charles II de Savoie (1486-1504-1553) et son allié le marquis Del Vasto, gouverneur de Milan au nom de Charles-Quint, levaient une armée de secours dont un premier détachement s'installa à Sospel le 14 août. Du 15 au 22 août, le bombardement reprit, et deux nouvelles brèches furent ouvertes, cette fois sur le rempart nord-ouest, au niveau des actuelles place Saint-François et rue du Pont-Vieux. La ville décida alors de capituler, mais pas la garnison du Château. La population fut évacuée, sous la protection des Français, au grand dam des Ottomans qui comptaient bien se saisir d'esclaves nombreux. Le siège se prolongea donc, désormais limité à la colline du Château (parc du Château aujourd'hui), uniquement fait de bombardements. Le 19 août, une partie du contingent ottoman conduisit une razzia qui remonta la vallée du Paillon, jusqu'à L'Escarène, et franchit le col de Braus, jusqu'à Sospel. Certaines sources parlent de 500, voire de 1500 captifs. Emmenés vers l'Orient, ces captifs furent délivrés par la flotte espagnole au large de la Sardaigne. Dans le même temps, depuis le début du siège, Jean-Baptiste Grimaldi de Beuil-Ascros, allié aux assiégeants, tentait de mettre la main sur les hautes vallées du Comté, notamment le Var et la Tinée, tandis que les troupes ducales tenaient la Vésubie et la Roya.

Boulet tiré par les assiégeants.

Enfin le 7 septembre, l'armée de secours, sous le double commandement de Charles II de Savoie et du marquis Del Vasto, s'annonça par voie de mer et de terre, venant de Ligurie. Les assiégeants levèrent le camp les 8 et 9 septembre 1543, tandis que la ville était en grande partie incendiée et pillée. La flotte ottomane demeura cependant encore aux îles de Lérins jusqu'au 25 septembre, avant de se replier sur Toulon, que François Ier avait fait entièrement vider de ses habitants. Elle y demeura jusqu'en mai 1544. Progressivement, les troupes ducales reprirent le contrôle du territoire. Une ferme répression s'abattit sur les Niçois qui avaient choisi le camp français. La principale conséquence de ce siège, par ailleurs assez mal préparé, exécuté par des coalisés aux intérêts contradictoires et qui fut un échec lourd pour les assiégeants fut de susciter, chez les ducs de Savoie, en particulier le successeur de Charles II, son fils Emmanuel-Philibert (1528-1553-1580), une forte volonté de mieux protéger le territoire niçois, d'où la construction de quatre importantes fortifications : le fort de Mont-Alban (1557-1560), la citadelle de Villefranche (1554-1559), le fort de Saint-Hospice (1560) et la citadelle de Nice (1577-1579). Ces deux dernières défenses furent détruites par les Français après les sièges de 1691 et 1705, si bien que le système défensif, ayant perdu sa cohésion, devint inutile.

La mémoire du siège[modifier]

Le Siège de 1543 a profondément marqué la construction de la mémoire civique de Nice. Le mythe de Catherine Ségurane et le récit de l'intervention miraculeuse de la Vierge Marie sur le bastion Sincaïre au plus fort de la bataille construisent la mémoire de Nice autour des valeurs de résistance et de courage.

Dès 1552 les consuls de Nice font construire une chapelle dédiée à Notre dame du sincaïre qui entend montrer que la ville de Nice, en résistant héroïquement aux Turcs et à leurs alliés, est un vrai fer de lance de la croisade. Nice s'inscrit donc dans cet idéal combattant qui anime tout le XVIe siècle.

La mémoire du siège de 1543 est toujours marquée par divers éléments disséminés dans le Vieux Nice, notamment les boulets des canons turcs présents dans certaines rues et sur la place Garibaldi, comme la plaque commémorant le vœu des consuls de 1552 qui se trouve sur la façade de la chapelle du saint Sépulcre, ou bien le monument à Cathérine Ségurane érigé sur les restes du bastion Sincaïre, ou encore la statue de la Notre Dame du Sincaïre pieusement conservée par les pénitents bleus.

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]