Château d'If

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Château d'If
Le Château d'If vu de Marseille.
Le Château d'If vu de Marseille.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel du Frioul
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 43° 16′ 47″ N 5° 19′ 31″ E / 43.279722, 5.325278 ()43° 16′ 47″ N 5° 19′ 31″ E / 43.279722, 5.325278 ()  
Géologie Île continentale
Administration
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Commune Marseille
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

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Château d'If
Château d'If

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Château d'If
Château d'If
Îles de France

Le château d'If est une fortification française édifiée sur les ordres du roi François Ier, entre 1527 et 1529 sur un îlot de l'archipel du Frioul, proche des îles de Ratonneau et Pomègues au centre de la rade de Marseille.

C'est une construction carrée de trois étages mesurant 28 mètres sur chaque côté, flanquée de trois tours, percées de larges embrasures. Le reste de l'île, dont la dimension est seulement 3 hectares, est fortement défendu ; de hauts remparts avec des plates-formes à canon surmontent les falaises.

Il a essentiellement servi de prison pendant ses 400 ans d'utilisation officielle. Rendu célèbre par le roman d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, il est l'un des sites les plus visités de la ville de Marseille (90.000 visiteurs par an). Il a été classé monument historique le 7 juillet 1926.

Le site[modifier | modifier le code]

Article détaillé : archipel du Frioul.
Mistral sur le Château d'If

Le château d'If est implanté sur un îlot qui fait partie de l'archipel du Frioul. Celui-ci est constitué de quatre îles, l'ensemble atteignant 200 hectares, situé environ à 4 km au large de Marseille.

L'îlot d'If se trouve à l'est des deux îles principales, l'île de Pomègues et celle de Ratonneau. Il est le plus proche de la ville.

La quatrième est le petit îlot de Tiboulen du Frioul (côte ouest).

Ces îles, du fait de leur position stratégique en rade de Marseille, en ont constitué depuis longtemps les défenses avancées sur la mer. Sur chaque éminence était édifié un fort militaire, et batteries, tranchées, postes d'observations parsèment l'ensemble de l'archipel.

Dès Henri IV, un fort très important couronnait l'île Ratonneau, actuellement totalement enfoui sous les reconstructions successives. Puis ce fut l'île d'If qui fut fortifiée au XVIe siècle.

Un espace naturel disparu[modifier | modifier le code]

Sur le plan géologique, l'archipel est semblable aux calanques de Marseille et aux collines de la Nerthe (l'Estaque), il présente de petites falaises de calcaire blanc (urgonien) stratifié tombant dans la mer. Mais au Frioul, ce paysage a été profondément remanié par l'homme. Au point que sur l'îlot, le château et ses remparts occupent l'intégralité de la surface.

La faune est limitée, essentiellement représentée par l'avifaune, surtout des oiseaux de mer, (goéland leucophée en majorité) et d'autres, la plupart rares et protégés.

L'archipel est très sec, car il y pleut moins qu'à Marseille. Le faible relief des îles et leur étendue déchiquetée expliquent cette pluviométrie déficitaire. Combinée aux vents souvent violents qui peuvent y souffler, cette météo ne permet qu'une végétation rabougrie. Sur l'îlot d'If, il n'y a que quelques arbres (pins d'Alep, figuier sauvage) et une végétation arbustive (lentisques et plantes halophiles).

Le nom d"If" ne vient pas de la présence d'Ifs (Taxus wallichiana) mais de la déformation du mot "hypos" qui signifiait la "petite île".

Avant le château[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rhinocéros de Dürer.

C'est sur l'îlot d'If, que fit escale selon les historiens de Provence le 23 janvier 1516, la nef portugaise qui convoyait de Lisbonne à Rome le célèbre rhinocéros indien que Manuel Ier de Portugal offrait au pape Léon X[note 1],[1] Cet animal avait été offert au roi du Portugal par le roi de Guzarat, un royaume d'Inde. Cet animal était en effet le premier rhinocéros visible en Europe depuis l'an 248.

François Ier qui était en pèlerinage à Saint-Maximin-La-Sainte-Baume fit le déplacement avec sa cour pour venir le voir. De nombreux Marseillais se rendirent sur l'île pour admirer l'animal. Après quelques semaines sur l'île, la bête reprit son voyage mais le navire fit naufrage dans le golfe de Gênes. Le pape reçut bien le rhinocéros, mais celui-ci avait été empaillé, après la découverte de son cadavre suite au naufrage.

Un château de défense côtière[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

Le château d'If est la première forteresse royale de Marseille. La seconde est le Fort Notre-Dame construit après 1536 toujours sur l'ordre de François Ier. Cela devint le site constitutif de la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

La construction d'une forteresse est un acte politique. Il s'inscrit dans le cas du château d'If dans un projet plus vaste de contrôle des côtes provençales : Marseille est au XVIe siècle « la plus belle fenêtre du royaume de France en Méditerranée du nord ». Le principal atout du bâtiment est sa situation au centre de la rade Nord de Marseille sur les routes de navigation les plus fréquentées.

Le chantier du château d'If a débuté à la mi-avril 1529, retardé à cause du mauvais temps. La date de fin de chantier n'est pas connue. La première garnison et son gouverneur sont en place dès 1531. Une partie des matériaux de construction proviennent du siège de Marseille par les Espagnols en septembre 1524. Le lien entre le siège de 1524 et la construction du château d'If n'est pas établi.

Architecture[modifier | modifier le code]

Dessin du Château d'If en 1641
Plan-relief de 1681 du château d'If (Musée des Plans-reliefs, Paris)
Plan du Château d’If
Château d’If et Marseille

Le fort a lui-même le plan d'un carré avec des côtés d'une longueur de 28 mètres, flanqué de 3 tours cylindriques. Il se compose de trois niveaux. Chaque tour comporte de grandes ouvertures. La tour Saint Christophe (1) dans le nord-ouest est la plus haute tour et permet de surveiller la mer, à 22 m de hauteur. La tour a été construite de 1524 à 1527, et la tour résidentielle associée (Keep) date de 1529.

Les Tour Saint Jaume(2) et Maugovert (3) sont à l'opposé au nord-est et au sud-est du fort. Les tours sont reliées entre elles par une terrasse spacieuse sur deux étages. Le salon et la cuisine sont au rez-de-chaussée, et des casemates se trouvent au premier étage. Les trois tours rassemblaient une puissance de feu considérable, ce qui faisait du Château d'If une puissante citadelle.

En 1702 Vauban fit ajouter une maison de garde, à droite avant la sortie de la forteresse, la caserne Vauban.

Le château et le mur d'escarpe entourant l'îlot ont été classés monument historique le 7 juillet 1926[2].

Dissuader les attaques maritimes[modifier | modifier le code]

Château d’If

Un château-prison[modifier | modifier le code]

Vue depuis une cellule

Les premiers prisonniers du château d'If sont enfermés en novembre 1540. Ce sont deux pêcheurs marseillais.

En dehors des cellules du rez-de-chaussée, dans lesquelles la promiscuité associée à une hygiène déplorable laisse aux prisonniers une espérance de vie de 9 mois, il est possible, moyennant finance, de louer une cellule au premier étage, appelée aussi « chambre passable » ou « pistole » (du nom de la monnaie servant au paiement) ; plus spacieuses, ces cellules ont généralement des fenêtres et des cheminées. Les prisonniers fortunés y étaient enfermés.

Les protestants[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIIe siècle, le château d'If sert de prison pour 3500 Protestants Les galériens huguenots arrêtés sur l'ordre du roi après la révocation de l'édit de Nantes (1685), et en transit avant d'être enchaînés sur les galères de Marseille jusqu'à leur mort.

Voici les impressions de Céphas Carrière qui écrivait en 1708 (texte en vieux français) :

« Après avoir resté environ deux ans sur les galères, je fus traduit au château d'If, forteresse dans la mer, à une lieue de Marseille. Plusieurs autres de nos frères, que les missionnaires ne pouvoient souffrir sur les galères, y furent traduits dans le même temps. Nous nous sommes trouvés jusqu'à quinze. Notre nombre n'a pu se soutenir quoyque, comme je vous dis, on en ait toujours mené quelqu'un, car le lieu est si méchant qu'il paroît impossible d'y durer. Mon frère y est devenu perclus de tous ses membres ; il faut qu'on lui mette le pain à la bouche quand il veut manger… J'avois commencé à vous dire que les endroits où nous sommes sont fort méchants ; en effet je ne croy point qu'il y en ait de plus rudes en France ; j'ai resté presque toujours dans le plus mauvais et dans lesquels il n'y a aucun jour, et où il faut vivre à la lumière de la lampe ; ce sont des fonds de tour, pour descendre dans une il faut passer cinq portes, descendre seize degrés avec une lampe à la main pour y voir, ensuite descendre encore plus bas par le moyen de quelque machine ; cela seroit plus propre à mettre les morts que les vivants, car en effet ce sont des sépulcres affreux. »

(Les galères de France et les galériens protestants des XVIIe et XVIIe siècles [Informations douteuses] - Gaston Tournier (1872-1945) - Les Presses du Languedoc - Édition 1984.)

Les républicains[modifier | modifier le code]

Un prisonnier de 1848 dont le nom est gravé sur un des murs du château d'If.

Cent vingt personnes furent emprisonnées après les émeutes de 1848.

Après le coup d'État du 2 décembre 1851, le château reçut provisoirement 304 détenus en attente de leur déportation vers le bagne de Maison-Carrée (Algérie) ou celui de Cayenne (Guyane).

D'autres prisonniers politiques y furent également enfermés lors de la chute du Second Empire (1870), comme Gaston Crémieux, fusillé l'année suivante.

Les derniers prisonniers sont des civils Alsaciens et Lorrains [Pourquoi ?] libérés en septembre 1914. [réf. souhaitée]

Prisonniers renommés[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Château d'If, Marseille

Les héros du roman Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas : Edmond Dantès et l'abbé Faria, ce dernier ayant réellement existé mais n'a jamais été emprisonné au château d'If.

Un phare puis un musée[modifier | modifier le code]

En 1870, une baleine de treize mètres est capturée aux abords de l'île. Elle est ensuite transportée au muséum du palais Longchamp où son squelette a été exposé jusqu'à la fin du XXe siècle.

Jusqu'en 1950, le gardien de phare Marius Maurel et sa famille vivaient encore sur cette île.

La prison devint finalement un simple lieu de tourisme. Des navettes font actuellement la croisière depuis le Vieux-Port.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet animal avait été offert au roi du Portugal par le roi de Guzarat, un royaume d'Inde.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]