Pauline Carton

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Pauline Carton

Nom de naissance Pauline Aimée Biarez
Naissance
Biarritz, France
Nationalité Flag of France.svg Française
Décès (à 89 ans)
Paris, France
Profession actrice

Pauline Carton, de son vrai nom Pauline Aimée Biarez, née le à Biarritz et morte le à Paris, est une comédienne, chanteuse et auteur de théâtre et de cinéma française.

Pauline Carton est surtout connue pour ses rôles de soubrette, qu'elle affectionnait.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pauline Carton est la fille d'un ingénieur des chemins de fer qui fut le bras droit du Baron Haussmann. À la mort de son père, une pension fut octroyée à la mère de Pauline Carton par le Baron Haussmann. Elle est issue d'une famille de libres penseurs adepte du saint-simonisme. Elle étudie au lycée Molière (Paris).

Connue pour son humour caustique et son accent populaire, elle venait pourtant d'une famille bourgeoise.

Si elle n'a jamais été mariée, on lui connaît une liaison avec le poète et écrivain genevois Jean Violette qu'elle adorait. Il se rencontrèrent en 1914 et restèrent ensemble 50 ans, jusqu'au décès de ce dernier. Elle refusa de se marier, même après le divorce de Jean Violette, et elle n'eut pas d'enfants.

Elle fut une grande amie et complice fidèle de Sacha Guitry qui l'appréciait pour sa culture et son intelligence et l'avait surnommée sa "bibliothèque ambulante".

Contrairement aux rôles de servantes qu’on lui confiait souvent, elle avait horreur des contraintes domestiques et des tâches ménagères. À la mort de sa mère, dont elle était très proche, elle s'installa à l’hôtel Saint-James et Albany à Paris 1er, où elle louait une chambre.

Son frère, Alfred Biarez, épousa Hélène Ferrié, la sœur du général Gustave Ferrié, savant et inventeur français dans le domaine de la télégraphie sans fil (TSF).

Théâtre[modifier | modifier le code]

Elle s'engage très jeune dans le théâtre, jouant devant sa famille et ses amis. Une passion partagée par sa mère qui l'emmène presque tous les jours au théâtre. Elle réussit à se faire engager sans aucune expérience et sans rémunération (pour le seul plaisir d'être sur scène) à l'âge de 20 ans dans la pièce de Pierre Wolff, Le Ruisseau. Elle y est une fille de petite vertu dont elle utilisera le nom pour la scène.

Chanson[modifier | modifier le code]

Pauline participe à des revues de music-hall et joue dans des opérettes. C’est dans l’une d’elles, Toi, c'est moi, d’Henri Duvernois et Moyses Simons, qu'elle fait un « tube » en chantant en duo avec René Koval : Sous les palétuviers (1934).

Elle enregistre son premier disque à 87 ans : "J'ai un faible pour les forts". Pauline Carton jouait également du piano.

Cinéma[modifier | modifier le code]

C'est en 1907 que Pauline Carton débute au cinéma dans des rôles de second plan dont elle fait sa spécialité.

On la voit dans Blanchette, de René Hervil (1921), Feu Mathias Pascal, de Marcel L'Herbier (1925), Éducation de prince, d'Henri Diamant-Berger (1927), Le Sang d'un poète, de Jean Cocteau (1930) et dans Nuits de Princes (1937).

Le passage du muet au parlant n'interrompt pas sa carrière : elle continue de jouer des rôles de soubrettes, de concierges ou de mégères.

Elle s'exprime d'une voix très particulière, avec des intonations très parigotes.

À partir de 1927, Sacha Guitry, dont elle devient la confidente et la (non officielle) chargée de casting, lui offre un rôle dans une vingtaine de films : Bonne chance, Le Nouveau Testament (1935), Mon père avait raison (1936), Le Roman d'un tricheur (1936), Désiré (1937), Le Mot de Cambronne (1937), Quadrille (1938), La Poison (1951), ou encore Assassins et Voleurs (1957). Ils tourneront 22 films ensemble. C'est encore Sacha Guitry qui fait d'elle sa secrétaire chargée des recherches historiques pour le tournage de ses films d'époque. Des lettres montrent qu'elle critiquait aussi ses mises en scène au théâtre... avec son assentiment bien sûr.

Elle jouera pour Abel Gance dans Le Roman d'un jeune homme pauvre (1936) et Louise (1938), pour Max Ophüls dans Sans lendemain (1939), pour Henri-Georges Clouzot dans Miquette et sa mère (1949), et Ken Annakin dans Le Jour le plus long (1961).

Elle a tourné dans plus de 250 films.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Quand j'étais jeune, j'avais le visage lisse et des robes plissées, maintenant, c'est le contraire. »
  • Évoquant sa décision de faire don de son corps à la faculté de médecine : « Je ne peux pas dire que je ferai un beau cadeau aux étudiants. J'ai même pensé à me faire tatouer autour du cou, « Tant pis pour vous ! »

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Arletty[1] : « Guitry l’envoyait voir les pièces des autres ; lui ne pouvait pas les voir : il jouait. C’est ainsi qu’elle lui avait récité par cœur le premier acte de Fric-Frac[2], en ne l’ayant vu qu’une seule fois ! Quelle mémoire prodigieuse ! […] Pauline Carton, en plus de sa mémoire d’éléphant, avait un esprit rare. Sacha l’employait aussi pour préparer sa documentation à la Bibliothèque nationale. À l’occasion, il la chargeait de missions de confiance. Ensuite, point par point, elle lui faisait son compte-rendu détaillé ! C’est ainsi que Sacha recrutait les acteurs et se tenait au courant de tout. J’ajoute au sujet de Pauline qu’elle était d’un niveau supérieur, tant au niveau culturel qu’intellectuel. Trop souvent, elle était cantonnée dans les rôles de bonnes : peut-être avait-elle l’âme d’un premier rôle, sans en avoir malgré tout le physique. »

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Elle interpréta aussi le personnage de la « maharané » (maharani) du Sama Kutra (Pauline IV puis Pauline V) dans le feuilleton radiophonique Signé Furax en 1951-1952 sur la Chaîne parisienne de la RTF, puis de 1956 à 1960 sur Europe 1.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pauline Carton, Les Théâtres de Carton, Librairie académique Perrin, 1938, réédition J'ai lu, 1947
  • Pauline Carton, Histoires de cinéma, Éditions du Scorpion, 1958
  • Georges Debot, Pauline Carton, Jean Dullis Éditeur, Paris, 1975, 192 p. (ISBN 2-7083-0033-4)
  • Yves Uro, Pauline Carton. Itinéraire d'une actrice éclectique, L'Harmattan, 2009
  • Raymond Chirat, Olivier Barrot, Les Excentriques du cinéma français : 1929-1958, Henri Veyrier, Paris, 1983 (ISBN 9782851993045)
  • Yvan Foucart: Dictionnaire des comédiens français disparus, Mormoiron : Éditions cinéma, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)
  • Armel de Lorme, Raymond Chirat et Italo Manzi, Ceux de chez lui ou Le Cinéma de Sacha Guitry et ses interprètes - Volume 1 : De Pauline Carton à Howard Vernon, éd. L'@ide-Mémoire, 2010, (ISBN 978-2952606530)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. In Arletty ou la liberté d’être, portrait-entretien de Christian Gilles, Librairie Séguier, Paris, 1988 (ISBN 2-906284-86-6).
  2. Pièce de théâtre d'Édouard Bourdet, 1936.