Sorcières de North Berwick

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Les sorcières de North Berwick rencontrent le diable dans un kirkyard local, illustration tirée d'un pamphlet contemporain, Newes from Scotland

Les procès des sorcières de North Berwick en 1590 jugèrent un certain nombre d'habitants de la région de l'East Lothian en Écosse, accusés de sorcellerie à la St Andrew's Auld Kirk, une église de North Berwick. Les procès se déroulèrent sur deux ans et concernèrent 70 personnes. Parmi les accusés figurait Francis Stewart, comte de Boswell, conseiller privé, pour une accusation de haute trahison. Les « sorcières » tenaient leur covens au Auld Kirk Green, dans l'actuel port de North Berwick. Les aveux furent obtenus par torture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce fut la première chasse aux sorcières en Écosse, qui débuta par une affaire sensationnelle impliquant les maisons royales du Danemark et de l'Écosse. Le roi Jacques Ier d'Angleterre prit le bateau pour Copenhague afin d'épouser la princesse Anne, sœur de Christian IV, roi du Danemark. Leur retour fut interrompu par de terribles tempêtes, et ils durent s'abriter en Norvège pendant plusieurs semaines. L'amiral de la flotte d'escorte danoise accusa la femme d'un officiel de Copenhague, qu'il avait insultée, d'avoir provoqué la tempête. Plusieurs nobles écossais furent impliqués, et des procès de sorcellerie se tinrent dans les deux pays[1].

Rapidement, plus d'une centaine de supposées sorcières furent arrêtées dans North Berwick, dont beaucoup avouèrent sous la torture avoir rencontré le Diable dans l'église la nuit, et s'être consacrées à faire le mal, comme empoisonner le roi et les autres membres de sa maison, ou tenter de faire sombrer le navire du roi[1]. Une des accusés, Agnes Sampson, fut examinée directement par le roi Jacques, dans son palais de Holyrood. Elle fut attachée au mur de sa cellule avec la « bride des sorcières », un instrument en fer avec quatre dents acérées placées dans la bouche, dont deux pressaient contre les joues et deux contre la langue, empêchant tout mouvement de la bouche et toute parole. Après avoir été gardée éveillée et jetée avec une corde autour du cou, elle finit par avouer les 53 chefs d'accusation retenus contre elle. Elle fut finalement étranglée et brûlée.

Près de 2 000 procès de sorcières furent consignés dans les archives écossaises, la plupart entre 1620 et 1680[1]. Selon l'historien Christopher Smout, entre 3 000 et 4 000 sorcières ont été tuées en Écosse entre 1560 et 1707[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « North Berwick witch trials » (voir la liste des auteurs)

  1. a, b et c Bengt Ankarloo, Stuart Clark et E. W. Monter, Witchcraft and Magic in Europe : The Period of the Witch Trials, vol. 4,‎ 23 décembre 2002, p. 79
  2. Smout 1998, p. 184-192

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas Christopher Smout, A History of the Scottish People 1560-1830,‎ 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]