Léonora Dori

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Léonora Galigaï, portrait du XVIe siècle.

Léonora Dori (ou Dosi[1]) dite Galigaï, maréchale d’Ancre, née vers 1571 à Florence (Italie), morte sur l'échafaud le à Paris, est la confidente[2] de Marie de Médicis sur laquelle elle a une forte influence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

D'origine modeste, elle grandit à Florence au Palais Pitti en tant que demoiselle de compagnie de Marie de Médicis. Elle suit sa maîtresse en France lorsqu'elle est mariée au roi Henri IV de France. Elle occupe alors la fonction de dame d'atour. Elle épouse Concino Concini le 12 juillet 1601 à Saint Germain en Laye, issu de la petite noblesse italienne et favori de Marie de Médicis. De cette union naissent deux enfants.

Auprès de Marie de Médicis[modifier | modifier le code]

Devenue l'une des femmes les plus puissantes de France, Léonora obtient de la reine (alors régente après l'assassinat de Henri IV de France et pendant la minorité de Louis XIII) l'élévation de son mari, à la dignité de maréchal de France (sous le nom de maréchal d'Ancre). Elle obtient elle-même le titre de marquise d'Ancre. Capricieuse et cupide selon ses détracteurs, atteinte d'épilepsie que la médecine de l'époque n'était pas en mesure de traiter, Léonora Dori se tourne vers l'exorcisme et autres pratiques de désenvoûtement. Ce qui est certain, c'est qu'elle fait preuve d'une grande intelligence et que contrairement à son époux, elle se tient plus ou moins retirée de la vie de Cour.

Malgré son origine modeste, sa fortune devient pourtant colossale puisqu'un ambassadeur vénitien l'évalue, en 1617, à quinze millions de livres ce qui équivaut aux trois quarts du budget annuel du royaume.

Disgrâce, procès et mort[modifier | modifier le code]

Exécution de Léonora Dori, gravure du XVIIe siècle.

Léonora est emportée dans la disgrâce de son mari (Concini est en effet assassiné sur ordre du nouveau roi Louis XIII). Elle est transférée du Louvre à la Bastille le 4 mai 1617[3], puis le 11 mai de la Bastille à la Conciergerie. L'instruction est confiée aux deux conseillers, Jean Courtin, et Guillaume Deslandes, qui l'interrogent plusieurs fois entre le 22 mai et le 7 juillet[4]. Son procès se tient au Parlement de Paris, dirigé par son premier président Nicolas de Verdun entouré de quatorze conseillers et quatre présidents de chambre[5]. Elle est condamnée pour « les impiétés, entreprises contre l'autorité du roy en son État, traités et négociations secrètes avec les étrangers, fontes d'artillerie, changement des armes du roy et application de celles dudit Conchiny sur lesdites artilleries, magasins d'armes, poudre et autres munitions de guerre, interventions de deniers publics appliquéz au profit desdits Conchiny et transport d'iceux hors le royaume sans la permission du roi [… La cour] déclare lesdits Conchiny et Galigay sa veuve, criminels de lèse-majesté divine et humaine. » Même si elle a été accusée de sorcellerie au cours des débats du procès, l'arrêt n'en parle pas[6]. Elle est décapitée et son corps brûlé le 8 juillet 1617 en place de Grève. La maréchale d'Ancre, accusée d'avoir ensorcelé Marie de Médicis, aurait répondu à ses juges : « Je ne me suis jamais servi d'autre sortilège que de mon esprit. Est-il surprenant que j'aie gouverné la reine qui n'en a pas du tout ? », la véracité de cette citation est remise en cause par Gédéon Tallemant des Réaux[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans ses romans La Magicienne, Aelius Sejanus ou La Femme Cathenoise, son contemporain Pierre Matthieu l'attaque indirectement avec son mari.

Elle est également l'un des opposants principaux des Pardaillan, dans la fiction éponyme de Michel Zévaco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Michelet, Histoire de France au XVIIe siècle, Henri IV et Richelieu, Paris, 1857
  2. Simone Bertière, Les Deux Régentes, série des Reines de France aux Éditions de Fallois, p. 26
  3. Georges Mongrédien, Léonora Galigaï, Genève, Hachette, Edito-Service S. A., 1973, page 176.
  4. Georges Mongrédien, Léonora Galigaï, Genève, Hachette, Edito-Service S. A., 1973, page 178.
  5. Georges Mongrédien, Léonora Galigaï, Genève, Hachette, Edito-Service S. A., 1973, page 193.
  6. L'arrêt a été publié dans le Mercure François, 1617, t. IV, p. 226-230. Son étude et de larges extraits en sont donnés dans le livre de Georges Mongrédien, Léonora Galigaï, Genève, Hachette, Edito-Service S. A., 1973, pages 171 à 201.
  7. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade (ISBN 2-07-010547-4), p. 79. Georges Mongrédien rapporte qu'elle aurait dit « Je jure sur Dieu que je n'ai jamais ouï parler de sorciers et de sorcières. Et pourquoi serais-je venue en France pour accomplir ces méchanceté-la ? »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mercure François, t. 04, Procès Concini, 1617.
  • Pierre Boitel, sieur de Gaubertin: Recueil de pièces satiriques sur la mort du maréchal et de la maréchale d'Ancre (1617)
  • Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaie, Mémoires historiques, politiques, critiques, et littéraires, Amsterdam, 1737

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Duccini, Concini. Grandeur et misère du favori de Marie de Médicis, éditions Albin Michel, 1991.
  • Inès de Kertanguy, Léonora Galigaï, éditions Pygmalion, 2007.
  • Jean-François Dubost, Marie de Médicis : La reine dévoilée, éditions Payot, 2009.
  • Georges Mongrédien, Léonora Galigaï. Un procès de sorcellerie sous Louis XIII, Paris, éditions Hachette, 1968, réédité en 1973 à Genève avec une préface de Edito-Service S.A.

Théâtre[modifier | modifier le code]