Carine Roitfeld

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Carine Roitfeld

Description de l'image  Carine Roitfeld.jpg.
Naissance 19 septembre 1954 (59 ans)
Paris
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession Rédactrice en chef

Carine Roitfeld, née à Paris le 19 septembre 1954, est une journaliste, styliste, et mannequin française. Elle débute comme mannequin puis rapidement comme journaliste, ainsi que styliste pour le magazine Elle. Sa rencontre avec le styliste Tom Ford lui ouvre les portes des marques Gucci et Yves Saint Laurent. À partir de 2001, Carine Roitfeld est la rédactrice en chef de Vogue Paris, l'édition française du puissant magazine américain Vogue, pendant une dizaine d'années ; elle est alors une personnalité influente du domaine de la mode. En septembre 2012, Carine Roitfeld lance son propre magazine, le CR Fashion Book, lancement qui donnera lieu à la réalisation d'un documentaire intitulé Mademoiselle C.. Le mois suivant, elle est nommée au poste de « Global Fashion Director » pour la trentaine d'éditions du magazine Harper's Bazaar.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Carine Roitfeld naît à Paris le 19 septembre 1954. Son père, Jacques Roitfeld (1889-1999) est ukrainien et producteur de cinéma[1],[2]. Il a travaillé à Berlin avant de venir s'installer à Paris et rencontrer la mère de Carine. Celle-ci la décrit comme une « Parisienne très classique ». Carine décrit son père comme son « idole »[2] et dit à son propos « Il était très chic, adorait sortir, jamais à la maison »[2].

Elle décrit son enfance, passée dans le 16e arrondissement parisien, comme « très bourgeoise […] très, très confortable »[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Mannequin, muse et styliste[modifier | modifier le code]

À dix-huit ans, Carine Roitfeld devient mannequin[3], après avoir été repérée dans une rue de Paris par un assistant-photographe britannique. Elle déclare : « Je n'étais pas une star. J'ai juste posé pour quelques magazines », à l'instar de Look Now, un magazine de mode britannique pour adolescentes. Elle devient écrivain, journaliste et ensuite, styliste pour le magazine Elle français.

En 1986, alors qu'elle est styliste indépendante, sa fille, Julia, est photographiée pour le Vogue Enfant italien par le photographe Mario Testino. Carine Roitfeld et ce dernier commencent peu après à travailler en équipe, faisant des publicités ou des séances photos pour les Vogue américain et français[2]. Elle commence également à travailler comme consultante pour Tom Ford mais devient aussi sa muse pendant dix ans, de Gucci à Yves Saint Laurent, inaugurant l'ère du « porno chic ».

Rédactrice en chef[modifier | modifier le code]

En 2001, les éditions Condé Nast l'approchent par l'intermédiaire de Jonathan Newhouse et lui proposent d'être rédactrice en chef du Vogue français[2]. Elle remplace ainsi Joan Juliet Buck, en poste depuis 1994. Le milieu de la mode prend néanmoins cette nouvelle avec circonspection : en effet, ses antécédents « porno chic » et sa réputation scandaleuse la précèdent. Néanmoins, elle parvient à allier cet aspect de sa personnalité à son professionnalisme et ainsi à faire augmenter très sensiblement les chiffres du magazine[4]. Elle contribue à l'image des marques Gucci, Missoni, Versace, Yves Saint Laurent et Calvin Klein et gagne la considération du milieu de la mode tout en revendiquant un style légèrement décalé.

En avril 2006, des rumeurs prétendent qu'elle aurait été contactée par Hearst Corporation pour être rédactrice en chef du Harper's Bazaar, poste alors occupé par Glenda Bailey. En 2008, elle fait partie du Time 100, le classement des cent personnalités les plus influentes de la planète selon le Time[5]. Le magazine Vanity Fair (magazine du groupe Condé Nast) la classe dans le Top-10 des femmes les mieux habillées du monde.

Le 17 décembre 2010, après dix ans de collaboration, on apprend par un communiqué sur le site officiel de Vogue France, que Carine Roitfeld cessera d'assurer ses fonctions fin janvier 2011. Peu d'informations circulant, on apprend simplement que la rédactrice aurait souhaité quitter le magazine pour se consacrer à des « projets plus personnels »[6]. Cette décision pourrait avoir été prise à la suite d'un conflit important l'opposant au groupe LVMH ; Condé Nast ne voulant pas contrarier son annonceur le plus important, lequel aurait menacé de rompre ses contrats publicitaires avec le magazine[7]. En mars 2010, la maison Balenciaga avait déjà créé un scandale en refusant l'accès de son défilé à Carine Roitfeld et ses collaborateurs de Vogue [8]. Mais le passé du porno chic pèse et Condé Nast souhaite changer la ligne éditoriale du Vogue français[4]. Emmanuelle Alt, qui occupait le poste de rédactrice en chef mode du magazine depuis dix ans, lui succède le 1er février 2011[9].

Après Vogue Paris[modifier | modifier le code]

À la suite de son départ de Vogue, Carine Roitfeld participe à divers projets[10] : un livre autobiographique (Irreverent)[11], un magazine de mode bi-annuel, publié à New York en anglais et intitulé CR Fashion Book (« CR » pour les initiales), avec une première parution en septembre 2012[12],[13], une publicité en tant que styliste pour Miss Dior, une collection capsule de produits de maquillage avec l'entreprise M·A·C, estampillée CR[14], ainsi que la préparation d'une exposition et d'un livre en deux tomes sur la petite veste noire avec Karl Lagerfeld[15].

En octobre 2012, Carine Roitfeld prend le poste de « directrice de la mode »[16] (« global fashion director »[17]) pour l'ensemble des éditions du magazine Harper's Bazaar[18],[n 1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Carine a deux enfants, Julia, née en 1980, et Vladimir Restoin Roitfeld, né en 1982, avec son compagnon Christian Restoin, créateur de la ligne de chemises Equipment[2],[n 2].

Julia est diplômée de la Parsons School of Design de New York depuis mai 2006. Elle est devenue l'égérie publicitaire du parfum « Black Orchid » de Tom Ford, en novembre 2006[20] ; elle apparaît également dans les campagnes Gap, Mango, Accessorize, Rock and Republic, Jil Sander et Lancôme. En 2013, c'est avec sa mère qu'elle apparait dans une campagne de publicité pour Givenchy[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après Carine Roitfeld, son poste chez Harper's Bazaar consiste à réaliser, « tous les trois mois, seize pages publiées dans les trente éditions […] [pour] 11 millions de lecteurs […] au quatre coins du monde[15]. »
  2. La marque disparaît en 2001, puis est rachetée en 2010 par un groupe américain[19]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche Jacques Roitfeld - IMDb
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) If looks could kill - Interview de Carine Roitfeld par Sabine Durrant, The Daily Telegraph, 13 novembre 2005
  3. Carine Roitfeld (Icône de mode), 20 août 2007
  4. a et b Hélène Petit, « Xavier Romatet, le PDG de Condé Nast France », Économie, sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 19 janvier 2011 (consulté le 15 juin 2013) : « Interrogé sur les reproches formulés à l'égard du caractère provocateur du travail de Carine Roitfeld, volontiers qualifiée de prêtresse du «porno chic», […] »
  5. Carine Roitfeld sans tabous - Katell Pouliquen, L'Express Styles, 28 septembre 2011
  6. Carine Roitfeld quitte Vogue, 17 décembre 2010
  7. Carine Roitfeld, licenciée ?, 21 décembre 2010
  8. Polémique : Carine Roitfeld de Vogue blacklistée du défilé Balenciaga - Plurielles.fr, TF1 Network, 8 mars 2010
  9. Emmanuelle Alt, rédactrice en chef de Vogue Paris - Site officiel de Vogue France
  10. Carine Roitfeld, fashion gourou - Interview par Peggy Frey, Madame Figaro, 4 octobre 2011
  11. Carine Roitfeld fête le lancement de son livre - Katell Pouliquen, L'express Styles, Groupe Express-Roularta, 5 octobre 2011
  12. « Initiales « CR » », Le Nouvel Observateur, no 2476,‎ 19 avril 2012, p. 32 (ISSN 0029-4713)
  13. (en) Jessica Misener, « Carine Roitfeld's New Magazine: Even More Juicy Details! », sur The Huffington Post,‎ 23 mars 2012
  14. Joy Pinto, « Carine Roitfeld X M.A.C: les produits! », sur Le Nouvel Observateur,‎ 5 septembre 2012
  15. a, b et c Gentiane Lenhard, « Madame Mode », Le Parisien Magazine, Groupe Amaury, no 21489,‎ 11 octobre 2013, p. 64 à 65
  16. Marie Ottavi, « Carine Roitfeld signe son retour chez Harper’s Bazaar », Mode, sur Libération,‎ 11 octobre 2012
  17. (en) Harper's Bazaar Staff, « Carine Roitfeld Named Global Fashion Director of Harper's Bazaar », sur Harper's Bazaar,‎ 11 octobre 2012
  18. « Carine Roitfeld rejoint «Harper's Bazaar» », sur Le Matin, AFP,‎ 12 octobre 2012
  19. (en) The Story : About Equipment Paris - Site officiel d'Equipment
  20. Tom Ford Black Orchid - I Want To Be A Roitfeld, 14 mars 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Carine Roitfeld, Irreverent, Olivier Zahm et Alex Wiederin aux Éditions Rizzoli,‎ 18 octobre 2011, 368 p. (ISBN 978-0-8478-3368-9)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]