Tom Ford

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Tom Ford

Description de cette image, également commentée ci-après

Tom Ford à la Mostra de Venise 2009

Nom de naissance Thomas Carlyle Ford
Naissance (52 ans)
Austin
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence Chelsea
Profession Styliste
Réalisateur
Activité principale Prêt-à-porter
Conjoint
Richard Buckley

Thomas Carlyle Ford[1], né le à Austin,Texas, aux États-Unis, est un styliste et un réalisateur de cinéma américain. Dans le milieu des années 1990 il rencontre un succès international en s'inspirant de l'esthétique développée par Gianni Versace, et en propulsant avec Carine Roitfeld, le porno chic comme image d'une maison de mode : il va transformer le vieux maroquinier italien Gucci en une entreprise luxueuse et sexy de premier plan. Il cumule ensuite dans les années 2000, avec moins de succès, la responsabilité de la création du prêt-à-porter pour la marque Yves Saint Laurent. Il est le réalisateur d'un film, A Single Man en 2009. De nos jours, il est à la tête d'une ligne de vêtements, de parfums, et de lunettes de soleil qui portent son nom.

Exerçant des fonctions bien plus larges que « styliste », son travail de l'image et du marketing au sein de Gucci a été source d'inspiration dans les années suivantes pour de nombreuses maisons de mode souhaitant revenir sur le devant de la scène.

En 2013, il participe au clip vidéo de "Queenie eye" de Paul McCartney.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tom Ford grandit à Santa Fé au Nouveau-Mexique, il ne se destinait pas à travailler dans la mode, il envisageait d'être acteur. À dix-huit ans, il part étudier l'histoire de l'art à l'université de New York, prend des cours de théâtre et apparait dans des spots publicitaires télévisés[2]. En 1982, il déménage à Los Angeles, mais ne correspond pas au canon du californien blond, aussi débute-t-il des études d'architecture bioclimatique à Otis-Parsons (en) à Los Angeles, intéressé par l'architecture et le design intérieur. En 1983, il est accepté à la Parsons School of Design à New York, études qu'il poursuit à l'École Parsons à Paris les deux années suivantes. Les six mois suivants, il effectue un stage en entreprise, au service presse, chez Chloé, celui-ci sera déterminant pour l'orientation de sa carrière vers le stylisme[3].

En 1990, il entre chez Gucci comme designer[4],[5]. Lorsque la maison est rachetée par la firme Investcorp, il est promu directeur artistique.

Il affirme alors son style à travers des modèles très appréciés, remettant au goût du jour les modèles des années cinquante, du petit haut en satin au fameux smoking pourpre[5] et contribue ainsi, avec l'appui de Domenico De Sole, à redonner de l'éclat à Gucci, proche de la banqueroute lorsqu'il l'avait rejointe. Madonna, Bianca Jagger ou encore Gwyneth Paltrow s'affichent en Gucci, ce qui bien évidemment relance la marque et lance définitivement le styliste américain ; le porno chic sera sa quête, Carine Roitfeld et Mario Testino ses armes[5]. Il transforme l'ancien maroquinier vieillissant Gucci en une marque sexy : il renouvelle l'image, la communication, les licences, les boutiques, les gammes d'accessoires, faisant oublier la triste maroquinerie des années 1980 au profit d'un prêt-à-porter qu'il amènera au sommet de la mode mondiale.

Les années YSL[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, Sanofi-Beauté propriétaire de la maison de couture française Yves Saint Laurent est à vendre, la holding de François Pinault, Artémis, s'en porte acquéreur[6]. Quelque temps après Pinault-Printemps-Redoute de François Pinault achète, court-circuitant LVMH[7], Gucci pour fonder le groupe Gucci[8]. Tom Ford, souhaitant conserver son pouvoir[6], a mis tout son poids dans la balance pour cette transaction[9], menaçant de quitter Gucci si LVMH en devenait propriétaire[10]. YSL intègre le Gucci Group, et Tom Ford, tout en continuant ses activités de directeur de la création chez le maroquinier italien[7], devient « directeur du pôle Création et Communication de Yves Saint Laurent Couture[10] », sous la responsabilité de Domenico de Sole l'ancien avocat. La déficitaire haute couture est séparée et reste sous la direction du tandem Pierre Bergé - Yves Saint Laurent[8],[10]. Il y a maintenant deux pôles au sein de la confection d'YSL : Yves Saint Laurent Haute couture dont le grand couturier s'occupera jusqu'en 2002, et Yves Saint Laurent Couture, en fait le prêt-à-porter de luxe rive gauche et les accessoires, sous la main-mise de Tom Ford[11], aidé entre autres de Prudence Millinery. Alber Elbaz au prêt-à-porter féminin, puis Hedi Slimane à l'homme, quittent la maison[12].

Dès le début, essayant d'appliquer ses recettes de provocation du porno chic à l'ancienne maison de couture, les collections du texan sont un échec[13],[5]. Défilé après défilé, les critiques se font entendre, des médias ou en interne. Yves Saint Laurent ne reconnait pas son héritage dans le travail de Tom Ford[14], et le fait savoir publiquement.

Son activité de directeur artistique chez Gucci étant toujours reconnue, il est élu en 2000 meilleur designer international lors de la première cérémonie des VH1/Vogue Awards à New York[4]. Mais son défilé de l'année suivante, le premier pour rive gauche homme, reçoit encore des critiques négatives[15]. Pourtant, peu à peu, avec ce qui sera ses dernières collections chez YSL, Tom Ford rencontre un succès d'estime à défaut d'un succès commercial[6]. En 2001, il reçoit de nombreuses récompenses, et l'année suivante le prix du meilleur designer, pour la gamme d'accessoires YSL, par le renommé CFDA. La marque multiplie le nombre de boutiques par quatre[16], mais les ventes ne sont pas au rendez vous, et les lancements de nouveaux parfums, sources de revenus importants, ne fonctionnent pas[5].

En 2003, les tensions entre le duo Tom ford - Domenico de Sole et PPR se font de plus en plus sentir, la renégociation du contrat de Tom Ford devient houleuse[17],[18], les deux parties n'arrivant pas à trouver un terrain d'entente[6]. Si son action chez YSL obtient un bilan plus que mitigé venant de la presse, son historique chez Gucci reste spectaculaire, mais il se dit obligé de partir[18]. La presse et les grands acheteurs s'inquiètent, craignant la chute de Gucci en cas de départ de Tom Ford[18]. Finalement, il quitte Gucci et YSL[19] en avril 2004 après les défilés prêt-à-porter[4],[17] de Milan puis Paris : il présente une dernière collection dite « Chinoise », et est salué par ses pairs Valentino, Alexander McQueen, mais également Stella McCartney[20].

Retour aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Il rejoint finalement la maison Estée Lauder, pour laquelle il dirige la création d'une nouvelle ligne de produits de beauté.

Tom Ford lance aux États-Unis sa propre ligne de vêtements[4] luxueux, et a même ouvert un premier magasin à New York.

En 2008, Tom Ford est choisi pour créer les costumes du célèbre agent secret James Bond dans le film Quantum of Solace ainsi que dans Skyfall plus tard[21].

En 2009, Tom Ford réalise son premier film, adapté d'un roman du Britannique Christopher Isherwood : A single man. Le film, présenté à la Mostra de Venise, vaut à Colin Firth le prix d'interprétation masculine. L'année suivante, alors que Vogue Paris invite chaque année une personnalité pour son numéro de décembre, c'est Tom Ford qui devient, le temps d'un numéro, le sujet et contributeur du magazine français[22]

En 2011, il est classé comme étant la 28e personne la plus influente du monde par le Time 100[23]. Cette année là, Tom Ford soulève de nombreuses critiques, ne voulant présenter ses collections qu'à quelques invités sélectionnés[24] et surtout sans photo[25], comme il l'avait fait l'année précédente[26],[27] ; bien que soutenu dans cette initiative par quelques uns, dont l'influente Franca Sozzani[28], il reçoit durant les mois suivants des commentaires négatif à peine masqués comme celui de la respectée Cathy Horyn, de Amy Odell qui offre à ses lecteurs un avis plus tranché[29], ou celui très acerbe de Virginie Mouzat : « Commence ainsi ce qui va lentement tourner au cauchemar. Dès les premiers passages, on est frappé par l’apparence démodée d’une collection façon Gucci d’il y a plus de dix ans. […] la collection Tom Ford fait de sa cliente une professionnelle… de la vulgarité. Tom Ford, ce pape du glam, fût-il porno-chic, embarrasse. Les minutes qui vont suivre enfoncent ce pénible fashion faux pas. Tom Ford apparaît. S’avance. Et reste là demandant aux gens de se lever. Mais tout le monde regarde ses pieds. […] Sauf qu’ici on ne se lève toujours pas. »[n 1].

En 2013, le rappeur américain Jay-Z lui rend hommage dans la chanson "Tom Ford".

Distinctions[modifier | modifier le code]

Tom Ford est plusieurs fois récompensé par le Conseil des créateurs de mode américains[30] au cours de sa carrière : pour la première fois en 1995, avec le prix « International Designer of the Year Award ». Il reçoit en 2001 le prix du vêtement féminin (« Womenswear Designer of the Year »), l'année suivante pour son rôle dans la maison Yves Saint Laurent avec le prix « Accessory Designer of the Year » et en 2008 celui du meilleur vêtement masculin (« Menswear Designer of the Year »).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Court extrait de son article du Figaro repris par plusieurs médias dont le New York Magazine ou Hint Fashion Magazine. Un extrait plus long est disponible sur la page de Virginie Mouzat

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Time, Rita Wilson, The 2011 TIME 100 : Tom Ford, 21 avril 2011
  2. (en) Los Angeles Times, Booth Moore, A designer ready for a change, 27 mars 2004
  3. (en) Claudia Chiari, Everlasting Luxury. The Future of Inaccessibility, Éditrice Le Fonti, 2009, p. 121
  4. a, b, c et d Tom Ford - Vogue Paris
  5. a, b, c, d et e Paquita Paquin, Cédric Saint-André Perrin, « Tom Ford, le créateur omnipotent », Évènement, sur liberation.fr, Libération,‎ 5 novembre 2003 (consulté le 14 février 2013)
  6. a, b, c et d Valérie Gas, « Gucci : la succession est ouverte », Entreprises, sur rfi.fr, RFI,‎ 5 novembre 2003 (consulté le 19 février 2013)
  7. a et b « Tom Ford met sa griffe sur Yves Saint-Laurent », Entreprise, sur lexpansion.lexpress.fr, L'Expansion,‎ 18 janvier 2000 (consulté le 19 février 2013)
  8. a et b Nicolas Penicaut, « Une affaire cousue d’or », Culture, sur liberation.fr, Libération,‎ 2 juin 2008 (consulté le 19 février 2013)
  9. (en) Dana Thomas, « Brawling For Beauty », sur thedailybeast.com, Newsweek,‎ 4 avril 1999 (consulté le 21 février 2013)
  10. a, b et c Nicolas Penicaut, « Tom Ford dans les murs d'YSL.Seule la haute couture échappe au gourou de Gucci. », Économie, sur liberation.fr, Libération,‎ 19 janvier 2000 (consulté le 5 août 2012)
  11. « Tom Ford taille dans YSL », Économie, sur liberation.fr, Libération,‎ 20 juin 2000 (consulté le 19 février 2013)
  12. « Heidi Slimane quitte Saint Laurent », Culture, sur liberation.fr, Libération,‎ 25 mars 2000 (consulté le 19 février 2013)
  13. Paquita Paquin, Cédric Saint-André Perrin, « Saint Laurent façon Ford », Culture, sur liberation.fr, Libération,‎ 16 octobre 2000 (consulté le 19 février 2013)
  14. « Yves Saint Laurent : un point c'est tout », Archives, sur larousse.fr (consulté le 5 août 2012)
  15. Paquita Paquin, Cédric Saint-André Perrin, « La guerre en flanelle », Culture, sur liberation.fr, Libération,‎ 30 janvier 2001 (consulté le 19 février 2013)
  16. « Gucci. A Savoir », Évènement, sur liberation.fr, Libération,‎ 5 novembre 2003 (consulté le 19 février 2013)
  17. a et b Nathalie Bensahel, « François Pinault, fashion victim », Évènement, sur liberation.fr, Libération,‎ 5 novembre 2003 (consulté le 19 février 2013)
  18. a, b et c (en) Cathy Horyn, « Tom Ford and the Showdown at the Gucci Corral », Fashion Industry, sur nytimes.com, The New York Times,‎ 28 octobre 2003 (consulté le 19 février 2013)
  19. Jean-Michel Thenard, « Vitrine », Évènement, sur liberation.fr, Libération,‎ 5 novembre 2003 (consulté le 19 février 2013)
  20. « Les adieux de Tom Ford à Yves Saint Laurent », Culture, sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ 10 mars 2004 (consulté le 19 février 2013)
  21. (en) Isla Cunningham, « Tom Ford and Adele bring new look and sound to James Bond », Latest news, sur harpersbazaar.co.uk, Hearst,‎ 11 octobre 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  22. (en) Kellina de Boer, « Vogue Paris December 2010 Preview: Tom Ford », sur iwanttobearoitfeld.com,‎ 16 novembre 2010 (consulté le 22 avril 2013)
  23. (en) The 2011 TIME 100 - Time
  24. Clément Ghys, « Tom Ford, un retour glamour », Mode, sur liberation.fr, Libération (journal),‎ 5 février 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  25. Géraldine ormoy, « Tom Ford refuse toujours que l'on photographie son défilé », Styles, sur lexpress.fr, Groupe l'Express-l'Expansion,‎ 20 septembre 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  26. Clément Ghys, « Tom Ford, retour glamour », Mode, sur liberation.fr, Libération (journal),‎ 16 septembre 2010 (consulté le 22 avril 2013)
  27. Clément Ghys, « Tom Ford dévoile enfin son dernier défilé », Mode, sur liberation.fr, Libération (journal),‎ 4 janvier 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  28. (en) Tamara Abraham, « Bloggers' backlash over Tom Ford's secretive fashion week presentations », sur dailymail.co.uk, The Daily Mail,‎ 22 février 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  29. (en) Amy Odell, « Fashion Critic Dares to Critique Tom Ford », TheCut, sur nymag.com, New York Magazine,‎ 19 septembre 2011 (consulté le 22 avril 2013)
  30. (en) « CFDA Fashion Awards », sur cfda.com, CFDA (consulté le 1er mai 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]