Diana Vreeland

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Diana Vreeland

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Nom de naissance Diana Dalziel
Alias
Mrs. V[1],[2]
Naissance 29 juillet 1903
Paris[3]
Décès 22 août 1989 (à 86 ans)
Manhattan, New York
Nationalité Flag of the United States.svg américaine
Profession Journaliste
Autres activités
Consultante
Famille

Diana Vreeland, née Diana Dalziel le 29 juillet 1903 à Paris et morte le 22 août 1989 à New York, est une journaliste et éditrice de mode américaine. Elle fera avec Carmel Snow le succès du magazine Harper's Bazaar au milieu du XXe siècle, et sera la rédactrice en chef du Vogue américain par la suite. C'est une personnalité influente de la mode durant ses années d'activité, reconnue pour son élégance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Diana Dalziel (« Dalziel » signifie « J'ose » en « gaélique »[4]) naît le 29 juillet 1903 à Paris[n 1], d'un père britannique et d'une mère américaine, qui reçoivent notamment chez eux Diaghilev et Nijinski. Elle a une sœur cadette, Alexandra et est une cousine éloignée de Pauline de Rothschild (en). Elle voyage beaucoup avec son père[5], puis à l'âge de dix ans sa famille émigre aux États-Unis, à la 15 East 77th Street de New York, au début de la Première Guerre mondiale ; elle passe ses vacances dans les Rocheuses, et côtoie notamment Buffalo Bill avec qui elle fait de l'équitation. Ils y deviennent des figures mondaines de la haute-société bien qu'elle entretienne des relations tendues avec sa mère[n 2], qui ne l'aime pas préférant sa sœur[n 3], mais l'en excuse : « Elle était excentrique, elle chassait le rhinocéros, quand même ! ». Elle déclare : « Mon éducation s'est fait dans les soirées. À dix-sept ans, je savais reconnaître un snob, mais je préférais danser avec les gigolos mexicains et les argentins »[4]. En 1922, elle est citée par deux fois dans Vogue la même année[3].

Mariage et vie mondaine[modifier | modifier le code]

Le 1er mars 1924, elle épouse le banquier Thomas Reed Vreeland, à New York en l'église Saint Thomas, qu'elle avait rencontré lors d'une réception l'année précédente. Elle élève ses deux fils (Thomas Reed Vreeland Jr., futur architecte et professeur à l'UCLA, et Frederick Dalziel Vreeland, futur ambassadeur américain au Maroc) à Albany (New York) avant de s'installer à Londres en 1928. Une semaine avant le mariage, The New York Times révèle que la mère de Diana est impliquée dans une sombre affaire de divorce. La mère et la fille sont très affectées par ce scandale. La mère décède à Nantucket (Massachusetts), en septembre 1928.

Elle visite souvent Paris où elle rencontra Coco Chanel en 1926 et son amie, la joaillière Suzanne Belperron[6]. Elle danse un temps avec les « Tiller Girls », une troupe londonienne et ouvre une boutique de lingerie réputée, fréquentée notamment par Wallis Simpson. Elle est présentée aux côtés de quatorze américaines, au roi George V et à la reine Mary le 18 mai 1933. Elle côtoie également le photographe Cecil Beaton, le compositeur Cole Porter, le critique d'art Sacheverell Sitwell, l'artiste Christian Berard et l'écrivain Evelyn Waugh. En 1935[3], elle retourne à New York pour y suivre son mari.

Journaliste[modifier | modifier le code]

Harper's Bazaar[modifier | modifier le code]

Diana Vreeland commence sa carrière de journaliste en 1936 pour le Harper's Bazaar. Elle travaille avec Louise Dahl-Wolfe et Richard Avedon et devient éditrice de mode[7]. Elle y tient à partir d'août 1936, à la suite de la proposition de travail de Carmel Snow, une rubrique caustique et extravagante « Why Don't You ?... », où elle conseille par exemple à ses lectrices de rincer les cheveux blonds de leurs enfants avec du champagne afin qu'ils demeurent dorés[4] et déclare également : « Le bikini est la chose la plus importante depuis la découverte de la bombe atomique » ; elle va populariser cet accessoire deux pièces[8]. Elle travaille aux côtés d'Alexey Brodovitch. Sa vie privée est un échec : durant la guerre, son mari part au Canada, mais elle affirme que cela reste une « période vivifiante de sa vie »[2]. Elle conseille la Première dame des États-Unis Jackie Kennedy en matière de mode. En 1960, elle rencontre celle qui deviendra son assistante durant toute sa carrière journalistique, Ali McGraw[n 4].

Elle réinvente, au sein de Harper's Baazaar, le métier actuel de rédactrice en chef[2] et, « à force d'audace et d'imagination[8] » faire du magazine une référence mondiale de la mode. En effet, jusque la les magazines féminins étaient peu originaux et expliquaient surtout comment être une bonne épouse[9].

Vogue[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, Newhouse (en) vient de racheter les éditions Condé Nast ; lui et sa femme veulent ce qu'il y a de meilleur pour Vogue[2]. Recrutée par Alexander Liberman[10], Diana Vreeland rejoint le magazine Vogue US en 1962[n 5], dont elle devient la rédactrice en chef en janvier de l'année suivante. Les Swinging Sixties — et le mouvement Youthquake (en) de la jeunesse, qu'elle définira — triomphent : elle publie la première photo de Mick Jagger dès 1964, popularise les jeans, fait poser Twiggy, ou les stars du cinéma comme mannequins[5], lance la carrière du chausseur Manolo Blahnik, d'Oscar de la Renta, et de Diane von Furstenberg[3], admire Balenciaga[7]. Elle est décorée en 1970 de l'Chevalier de l’Ordre National du Mérite[3]. Perfectionniste tout au long de sa carrière, elle n'est pas toujours satisfaite du résultat des couteuses séances photos au bout du monde avec les plus grands photographes[2]… jusqu'à son renvoi en 1971 car ses idées coutaient trop cher à réaliser[8], le magazine étant en plein marasme économique[1]. Elle est « éjectée[8] » puis remplacée par son assistante, Grace Mirabella (en).

Diana Vreeland effectue un tour de l'Europe, puis devient consultante pour l'Institut du costume du Metropolitan Museum of Art, à New York, à l'été 1972, et organise des expositions sur Balenciaga ou Yves Saint Laurent[5]. Après sept ans d'entretiens, elle fait publier son autobiographie, D.V., en 1984[3] ; à partir de ce moment, elle commence à venir de moins en moins au Met. En 1985, elle est nommée Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres[3].

Devenue aveugle[1], ne sortant plus de chez elle, elle tombe dans le coma. Elle décède en 1989[11] à l'âge de 86 ans. Durant toutes ces années, Diana Vreeland, « charismatique[8] » exploratrice de talents, regorgeant d'idées géniales ou fantasques, malgré son physique décrit comme une « belle laide[12] », est une icône de la presse féminine, de la mode[1],[2],[5] et du chic[8].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Elle est un personnage du film Scandaleusement célèbre (Infamous), de Douglas McGrath, en 2006, où elle est interprétée par Juliet Stevenson. La même année, elle est aussi un personnage du film Factory Girl, de George Hickenloope, où elle est jouée par Illeana Douglas.

Le personnage qui terrorise les journalistes « Maggie Prescott » du film de Stanley Donen (1957) Drôle de frimousse (Funny Face) est ouvertement inspiré de Diana Vreeland. C'est la même chose pour le personnage « Polly Maggoo » du film de William Klein (1966) Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, chose confirmée ultérieurement par le réalisateur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie connexe[modifier | modifier le code]

  • Norberto Angeletti, Alberto Oliva et al. (trad. Dominique Letellier, Alice Pétillot), En Vogue : L'histoire illustrée du plus célèbre magazine de mode, White Star,‎ juin 2007, 410 p. (ISBN 978-8861120594, présentation en ligne), « Diana Vreeland : les téméraires années 1960 », p. 173

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • (en) Lisa Immordino Vreeland The eyes has to travel - h 25 - 2012 - avec Bent Jorgen Perlmutt, Frederic Tcheng ; (Site officiel)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les sources sont contradictoires concernant son lieu de naissance, la plupart dont Vogue US indiquant Paris, certaines Londres, ce qui semble être une erreur. Par ailleurs, dans son autobiographie de 1984, elle dit : « I’m sure I chose to be born in Paris ».
  2. « Mother and I agree on practically nothing. »
  3. À ce sujet, Emily Key Hoffman sa mère, dit à Diana : « It's too bad that you have such a beautiful sister and that you are so extremely ugly and so terribly jealous of her. » source : D.V. 1984
  4. Ne pas confondre avec l'actrice Ali MacGraw.
  5. Elle précise dans son autobiographie que : « They offered me a very large salary, an endless expense account . . . and Europe whenever I wanted to go »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Élisabeth Franck-Dumas, « Diana Vreeland, « Vogue » à l’âme », Cinéma, Libération,‎ 2 octobre 2012
  2. a, b, c, d, e et f (en) Eleanor Dwight, « The Divine Mrs. V », New York,‎ 4 novembre 2002
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) « Voguepedia : Diana Vreeland », Vogue
  4. a, b et c Emmanuèle Frois, « Indémodable Diana Vreeland », Le Figaro, no encart Le Figaro culture&vous,‎ 3 octobre 2012, p. 31 (lire en ligne)
  5. a, b, c et d Paola Genone, « Diana Vreeland sous toutes les coutures », L'Express Styles, no 3196,‎ 3 octobre 2012, p. 52 à 53 (ISSN 0014-5270, lire en ligne)
  6. Sylvie Raulet et Olivier Baroin, Suzanne Belperron, Éditions La Bibliothèque des Arts,‎ 20 octobre 2011, 351 p. (ISBN 978-2-88453-168-9), p. 8 et p. 109 « Diana Vreeland est une fidèle amie de Suzanne Belperron », p.110 « elle adorait le style de la créatrice », p. 280 « De l’univers de la mode figurent dans ses carnets les noms de son amie Elsa Schiaparelli, Worth, Diana Vreeland »
  7. a et b Marta Represa, « Immortelle Diana Vreeland », L'Express Styles, no 3165,‎ 29 février 2012, p. 38 (ISSN 0014-5270)
  8. a, b, c, d, e et f Richard Gianorio, « Lady Diana », Madame Figaro, no 21199,‎ 28 octobre 2012, p. 23 (ISSN 0246-5205)
  9. Pauline Castellani, « Diana Vreeland Assise sur des bagages Louis Vuitton », Le Figaro, lundi 12 août 2013, page 15.
  10. Norberto Angeletti, Alberto Oliva et al. (trad. Dominique Letellier, Alice Pétillot), En Vogue : L'histoire illustrée du plus célèbre magazine de mode, White Star,‎ juin 2007, 410 p. (ISBN 978-8861120594, présentation en ligne), p. 167
  11. (en) Bernadine Morris, « Diana Vreeland, Editor, Dies; Voice of Fashion for Decades », The New York Times,‎ 23 août 1989
  12. Valentine Pétry et Marion Vignal, « Éloge de l'imperfection », L'Express Styles, no 3218,‎ 6 mars 2013, p. 68 (ISSN 0014-5270)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

sur Harper's Bazaar[modifier | modifier le code]