Camp d'extermination de Majdanek

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Localisation des camps d'extermination nazis.

Majdanek ou Maïdanek est à la fois un camp d'extermination, un camp de prisonniers de guerre (Soviétiques et Polonais) et un camp de concentration nazi se trouvant à 2 km au sud du centre de la ville polonaise de Lublin[1]. C'est le siège du quartier général de l'Aktion Reinhard sous la direction d'Odilo Globocnik.

Description[modifier | modifier le code]

Mausolée de Majdanek : cendres de corps de prisonniers.

Le nom administratif était « Konzentrationslager Lublin » (camp de concentration de Lublin), mais sa localisation au sud-est du centre-ville nommé Majdan Tatarski, ou le Majdan tatar (Majdanek, le petit Majdan) — lui a donné son nom actuel. Le camp est divisé en 6 quartiers couvrant en 1942, 273 hectares.

Contrairement à de nombreux camps nazis, Majdanek n'était pas enfoncé dans une forêt éloignée, caché à la vue par des barrières naturelles ni entouré par une zone tampon dite de sécurité. Il fut établi en octobre 1941 suivant les ordres de Heinrich Himmler, à la suite de sa visite à Lublin en juillet de la même année. En février 1943, il fut transformé en camp de concentration et placé sous la direction de la Waffen SS. 18 000 Juifs du ghetto de Varsovie y sont transférés en mai 1943 après la liquidation du ghetto. Ils travaillent dans le cadre des industries de l'Est mais sont déportés à l'automne suivant[2].

Le camp fournissait une main-d’œuvre d'esclaves pour l'usine de munitions et la fabrique d'armes Steyr-Daimler-Puch.

Au plus fort de son activité, il a accueilli 50 000 prisonniers. Dans les premiers mois de 1942, des plans furent établis pour agrandir et quintupler sa capacité. Au cours de l'année 1942, des chambres à gaz et des crématoires furent construits ; les chambres à gaz ont fonctionné à partir de septembre-octobre 1942 jusqu'à l'automne 1943. C'était un bâtiment en dur avec trois salles en béton avec des portes d'acier étanches ; les SS utilisaient aussi bien le monoxyde de carbone sous forme de bouteilles que le Zyklon B ; selon les archives, près de 7 700 kilos de Zyklon ont été utilisés dans ce but. Le chef des chambres à gaz et des crématoriums le Hauptscharführer SS Erich Muhsfeld déclare :

« Les convois qui arrivaient étaient toujours soumis à une sélection ; [...] les inaptes au travail étaient toujours asphyxiés dans la chambre à gaz[3]. »

Crématorium du camp.

Le médecin polonais des détenus Jan Nowak envoie une note secrète :

« Tous les jours on met à mort les faibles, les cachectiques et les inaptes au travail ; du bloc du revier (infirmerie), j'ai pu observer la marche de ces malheureux vers les chambres à gaz ; hier, plusieurs dizaines d’officiers soviétiques ont été gazés[4]. »

Il existe aussi d'autres manières d'assassiner les déportés: fusillades piqûres de phénol ou d'évipan[2]. Le 3 novembre 1943, lors de l'Aktion Erntefest, des milliers de Juifs sont fusillés dans des fosses situées derrière les crématoires pendant que les hauts-parleurs diffusent des valses de Strauss pour couvrir le bruit[5]

Le camp fut fermé le 17 juillet 1944 et les prisonniers « évacués » (principalement vers Auschwitz). De nombreux documents furent alors détruits et des bâtiments incendiés. Mais lors de l'arrivée de l'Armée rouge (le 23 juillet 1944), la chambre à gaz ainsi que de nombreux baraquements étaient préservés. Primo Lévi écrit dans Si c'est un homme : « Les Allemands ont liquidé le camp de Lublin : une mitrailleuse aux quatre coins et les baraques incendiées ; le monde civil ne le saura jamais » (chapitre 15 « Die drei Leute vom Labor »).

D'après les registres, environ 500 000 personnes sont passées par ce camp venant de plus de 50 pays. 253 000 personnes sont mortes dont 118 000 Juifs[5].

Aujourd'hui, le camp se visite librement.

Liste des commandants du camp[modifier | modifier le code]

  1. Karl Otto Koch (septembre 1941 à juillet 1942)
  2. Max Koegel (août 1942 à octobre 1942)
  3. Hermann Florstedt (octobre 1942 à septembre 1943)
  4. Martin Weiss (Nazi official) (en) (septembre 1943 à mai 1944)
  5. Arthur Liebehenschel (mai 1944 au 22 juillet 1944)

Liste de déportés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ 2009, 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 338
  2. a et b Dictionnaire de la Shoah, p 338.
  3. Procès-verbal de l'interrogatoire d'Erich Muhsfeld, archives du musée d'État de Majdanek.
  4. Jozef Karszalek, Maïdanek, histoire et réalité du camp d'extermination, Rowohlt, Hambourg, 1982, p. 144
  5. a et b Dictionnaire de la Shoah, p 339.

Photographies du camp[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en)(de)(pl) Site web du musée du camp
  • Encyclopédie multimédia de la Shoah [1]