Boutigny-Prouais

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Boutigny-Prouais
Carte de Boutigny-Prouais et communes limitrophes.
Carte de Boutigny-Prouais et communes limitrophes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Dreux
Canton Nogent-le-Roi
Intercommunalité Pays Houdanais
Maire
Mandat
Mireille Éloy (UMP)
2014-2020
Code postal 28410
Code commune 28056
Démographie
Gentilé Botipratiens
Population
municipale
1 849 hab. (2011)
Densité 57 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 44′ 44″ N 1° 35′ 14″ E / 48.7456, 1.5872 ()48° 44′ 44″ Nord 1° 35′ 14″ Est / 48.7456, 1.5872 ()  
Altitude Min. 109 m – Max. 173 m
Superficie 32,5 km2
Localisation

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Boutigny-Prouais

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Boutigny-Prouais

Boutigny-Prouais est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Boutigny-Prouais inclut le hameau « Les Joncs ».
La commune est desservie par la ligne "Houdan" de la société de transport Transdev Houdan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les noms de Boutigny (Boteneium) et de Prouais (Proeis), apparaissent au XIe siècle dans les archives d’Eure-et-Loir. Cependant, les outils préhistoriques découverts sur les bords de l’Opton et à la Musse attestent que le territoire était occupé par les hommes depuis fort longtemps.
L’histoire des deux villages est liée aux aléas du moment, avec leurs lots de drames et de destructions dus aux invasions, aux épidémies, aux disettes, aux intempéries et aux guerres.
Les guerres n’ont pas épargné les églises qui durent être reconstruites ou remaniées au XVIe siècle. Depuis ces temps, le clocher de Prouais conserve son allure martiale de tour défensive. Mais en 1947, l’église de Boutigny fut ravagée par un incendie. Rebâtie en 1957, elle pointe à nouveau son clocher dans le paysage.
À partir du XIXe siècle, les limites territoriales ont évolué.
En 1846, la commune de Saint-Projet, avec ses hameaux du Mesnil-sur-Opton et Dannemarie, est rattachée à celle de Boutigny, par ordonnance du roi Louis-Philippe.
En 1972, les deux communes de Boutigny et de Prouais unissent leur sort pour le pire et le meilleur. Enfin, en 1998 la commune de Boutigny-Prouais entre dans la communauté de communes du pays Houdanais.

La rafle du 23 février 1944[modifier | modifier le code]

Sylvia Landau était née à Paris, au printemps 1929.
Sa famille était arrivée d’Europe de l’Est au début du siècle. Ses parents Hersch Landau et Rose Schwartzmann s’étaient mariés à Paris en 1926. Ils étaient tapissiers dans le faubourg du Temple où Sylvia fréquentait l’école de la rue de Marseille. Au début de la guerre, Sylvia, Hersch, Rose et Élie, le grand-père, quittèrent Paris pour s’installer à Prouais. Sylvia y découvrait une nouvelle école, toute voisine de sa maison. Hersch retournait souvent à Paris tandis que Sylvia s’occupait de sa mère paralysée. C’était une atmosphère de sécurité relative où la prudence restait de mise. Une voisine, Marguerite Monassa, pensant la sauver, fit baptiser Sylvia.
En octobre 1942, Hersch est arrêté à Paris. Déporté à Sobibor, il disparut dans la nuit et le brouillard.
Nouvelle alerte en février 1943, quand deux gendarmes vinrent chercher Élie pour le conduire à Drancy… Ils ne l’emmenèrent pas : le docteur Pauchard certifia que le vieil homme était intransportable. Une autre fois, l’instituteur, Roger Hélion, cacha Sylvia dans la cave de l’école.
Une année passa.
Et ce fut la rafle du 23 février 1944 : 56 juifs furent arrêtés dans le département, à Arrou, Brézolles, Yèvres… À Prouais, Sylvia, arrêtée alors qu’elle était en classe, fut emmenée avec son grand-père. Ils furent conduits à la prison de Chartres puis à Drancy. On apprit bientôt qu’un convoi se préparait pour quinze cents déportés, dont le poète Max Jacob qui succomba à une pneumonie quarante-huit heures avant le départ.
Le 7 mars, le convoi 69 prit le chemin de Pitchipoï.
Trois jours de voyage avant d’atteindre le ciel plombé de Silésie.
Un quai de gare, des wagons qui se vident, des bagages qui restent sur le quai, des camions qui transportent Sylvia et Élie à quelques kilomètres dans un bois de bouleaux où leur temps doit s’arrêter.
En 1945, la guerre s’achève. C’est l’attente du retour des déportés.
Rose est à sa fenêtre, de ce fauteuil d’infirme qui lui a sauvé la vie, elle attend… elle attend… Hersch, Élie, Sylvia… qui ne sont jamais revenus[1].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Boutigny-Prouais

Les armes de la commune de Boutigny-Prouais se blasonnent ainsi :
parti : au premier d'azur à la roue de moulin d'or soutenue d'une jumelle ondée alésée du même, au second de sinople à la tour-clocher couverte d'argent maçonnée, ouverte et ajourée de sable ; sur le tout, au chef d'or chargé de trois trèfles de sinople (création Josèphe Charles, adoptée par délibération municipale du 9 septembre 2009)[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires à partir de 1945
Période Identité Étiquette Qualité
2001   Mireille Éloy UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 849 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
538 566 583 614 612 636 648 680 725
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
696 670 642 615 622 645 647 628 641
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
604 592 604 578 583 587 545 522 564
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
525 533 757 1 087 1 318 1 533 1 615 1 641 1 809
2011 - - - - - - - -
1 849 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le film de Jean L'Hôte « La communale », dans lequel joue Yves Robert, a été tourné en 1964 à Boutigny-sur-Opton.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D’après l’Association de Recherche pour la Mémoire de la Résistance en Eure-et-Loir, et l’hommage rendu à Sylvia Landau, lors de la journée nationale du souvenir de la Déportation, le dimanche 25 avril 2010, à Dreux.
  2. http://www.newgaso.fr/lecture_fiche_commune.php3?page=f28056
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  5. « Notice no PA00096982 », base Mérimée, ministère français de la Culture


Liens externes[modifier | modifier le code]

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