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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir BU.
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Dreux
Canton Anet
Intercommunalité Communauté de communes les Villages du Drouais
Maire
Mandat
Évelyne Lefebvre
2008-2014
Code postal 28410
Code commune 28064
Démographie
Gentilé Buxois (anciennement Bus ou Bédrus)
Population
municipale
1 824 hab. (2008)
Densité 81 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 50″ N 1° 29′ 47″ E / 48.7972, 1.496448° 47′ 50″ Nord
       1° 29′ 47″ Est
/ 48.7972, 1.4964
  
Altitude Min. 89 m — Max. 141 m
Superficie 22,6 km2
Localisation

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est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre.

Les habitants sont les Buxois.

Sommaire

Géographie [modifier]

Bû se situe au nord de la région Centre, à la frontière des régions Haute-Normandie et Île-de-France. Elle est plus proche de Paris que de sa capitale régionale Orléans.

Histoire [modifier]

Origine du nom [modifier]

Beutum, vers 1186 (Archives Départementales d'Eure-et-Loir-H, Abbaye de Coulombs) ; Bu, vers 1190 Archives Départementales d'Eure-et-Loir-Livre journal de l’église de Broué) ; Beu, août 1386 (Archives Nationales-JJ 129, n° 129, fol. 82) ; Sur le chemin entre Faveroles et Bu, novembre 1388 (Archives Nationales.-JJ 133, n° 216, fol. 123) ; , avril 1393 (Archives Nationales.-JJ 148, n° 14, fol. 8) ; Bu, novembre 1402 (Archives Nationales.-JJ 157, n° 235, fol. 144 v°) ; , février 1495 (Archives Nationales.-JJ 226B, n° 1177, fol. 222) ; Bu ; XVIIIe s. (Carte de Cassini).
Beutum semble venir de l'abréviation du bas latin Beucum' ou Beutum, nom sous lequel cette commune est citée vers 1186. Substantif d’origine germanique, bur = résidence ; ou français buc, but, bu = tronc d’arbre (FEW, XV(2), 3a).

Les Gaulois [modifier]

Une tribu gauloise nordique, les Durocasses, s'installèrent dans cette région en 500 av. J.-C. Le peuple des Carnutes lui céda une partie de son territoire. Contrairement aux Carnutes qui résistèrent longtemps à l'invasion romaine, les Durocasses furent assez conciliants avec l'occupant et leur arrivée se fit en douceur.

L'époque gallo-romaine [modifier]

De cette époque de "paix" reste le sanctuaire du Bois des Fours à Chaux occupé entre le Ier et le IVe siècle de notre ère. C'est une construction orientée d'est en ouest, longue de trente mètres et large de vingt. On peut penser que ce sanctuaire était enclos d'une vaste enceinte qui répondait au souci de matérialiser le domaine sacré du dieu ou de la déesse. Le Fanum est classé monument historique depuis 1987. Un second temple semi-circulaire, repéré par des photos aériennes existerait en contrebas du premier.

Le Moyen Âge [modifier]

Le christianisme s'installe petit à petit, puis arrive la période des grandes invasions, qui ravagent le pays. Pendant ces moments difficiles, on sait que les moines de Jumièges possédèrent un vignoble à Bû en 632.

C'est vraisemblablement au début du Moyen Âge que le village s'est réellement créé. Au début du XIIe siècle, les moines buxois étaient seuls administrateurs.

En 1145, le seigneur de Dreux, Robert (fils de Louis VI le Gros et frère du roi Louis VII) fit construire un fort à Bû. Celui-ci faisait partie d'une seconde ligne de défense contre l'envahisseur normand. La construction de cet édifice démarra vers 1158 et dura environ quarante ans.

La séparation de Bû [modifier]

Les religieux de Bû s'indignèrent de cette intrusion du comte de Dreux dans leur fief et s'en plaignirent au pape. Celui-ci confia l'arbitrage de cette querelle à l'évêque de Chartres qui procéda à la séparation de Bû en deux paroisses. Beu-le-Chastel a assez vite disparu, mais Beu-la-Vieuville se retrouve plus tardivement dans certains écrits.

Les protestants à Bû [modifier]

Les guerres de religion ont certainement sévi à Bû comme ailleurs. La plus sanglante bataille de la région eut lieu entre Nuisement et Marville, le 19 décembre 1562. En 1585, les protestants de Bû durent abjurer ou quitter le royaume dans les plus brefs délais. Entre 1598 et 1685, les cultes se pratiquaient à Blainville, à côté de Marville-Moutiers-Brûlé puis à Fontaine sous Prémont, près d'Ouerre. En novembre 1685, puis de novembre 1685 à juillet 1686, 54 huguenots de Bû abjureront en l'église Saint-Pierre de Dreux et en l'église d'Abondant. En 1812, le nombre de protestants à Bû était de 76, contre 57 en 1851. Vers 1900, leur nombre tombera à une quinzaine, ce qui entraînera la désaffection du temple après la Première Guerre mondiale. Il a été transformé en maison individuelle.

Époque contemporaine [modifier]

Entre le 29 janvier 1939 et le 8 février, plus de 2 000 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans l’Eure-et-Loir. Devant l'insuffisance des structures d'accueil (le camp de Lucé et la prison de Châteaudun rouverte pour l’occasion), 53 villages sont mis à contribution[1], dont Bû[2]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants (les hommes sont désarmés et retenus dans le sud de la France), sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[3]. Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, mais en décembre, 922 ont préféré rester et sont rassemblés à Dreux et Lucé[4].

Article détaillé : Retirada.

Blasonnement [modifier]

Blason ville fr Bû (Eure-et-Loir).svg

Les armoiries de Bû se blasonnent ainsi :

De sinople à la gerbe d'or et à une faux, une houe et une cognée d'argent emmanchées au naturel et posées en bouquet, le tout lié par un bandeau de gueules dont l'une des extrémités noue un sécateur d'argent pendu par sa bride au manche de la cognée.
Couleurs, restituées par Christian Léger, Jean Paul Fernon et Denis Joulain. Adoptées officiellement le 14 octobre 2011.

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 1989 Jean-Pierre Lesage PS  
mars 1989 mars 2001 Jacques Fleury UMP  
mars 2001 en cours Évelyne Lefebvre UMP  

Démographie [modifier]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 395 1 412 1 511 1 549 1 550 1 578 1 519 1 505 1 467
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 383 1 311 1 286 1 210 1 160 1 076 1 024 997 914
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
873 855 830 835 797 805 773 760 731
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2010
696 778 861 1 062 1 419 1 689 1 809 1 831 1 849
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[5] puis Insee à partir de 1968[6].)

Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments [modifier]

L'église de style roman, très ancienne, de nombreuses fois remaniée, avec une verrière remarquable occupant toutes les ouvertures.

Les vestiges d'un temple gallo-romain sont visibles sur un terrain dont le nom était "pièce de l'église" sur le cadastre. Classé monument historique en 1987, il était probablement consacré au traitement des maladies des yeux comme en témoignent de nombreux ex-voto en forme de loups découverts lors de la campagne de fouilles des années 1960. Dans les années 1980 d'autres fouilles ont permis de mettre à jour les fondations d'un temple plus ancien que celui qui est visible actuellement. De nombreuses fouilles y ont été entreprises mais le site se dégrade en raison de la fréquentation.

Personnalités liées à la commune [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

  1. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
  2. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
  3. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
  4. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010