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Image illustrative de l'article Bû
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Dreux
Canton Anet
Intercommunalité Agglo du Pays de Dreux
Maire
Mandat
Pierre Sanier
2014-2020
Code postal 28410
Code commune 28064
Démographie
Gentilé Buxois (anciennement Bus ou Bdédrus)
Population
municipale
1 844 hab. (2011)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 50″ N 1° 29′ 47″ E / 48.7972, 1.496448° 47′ 50″ Nord 1° 29′ 47″ Est / 48.7972, 1.4964  
Altitude Min. 89 m – Max. 141 m
Superficie 22,6 km2
Localisation

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est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre.

Les habitants sont les Buxois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bû se situe au nord de la région Centre, à la frontière des régions Haute-Normandie et Île-de-France. Elle est plus proche de Paris que de sa capitale régionale Orléans.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Rouvres Rouvres Berchères-sur-Vesgre Rose des vents
Abondant N Saint-Lubin-de-la-Haye
O    Bu    E
S
Abondant Serville Havelu

Carte[modifier | modifier le code]

Carte de Bû et des communes limitrophes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Beutum, vers 1186 (Archives Départementales d'Eure-et-Loir-H, Abbaye de Coulombs) ; Bu, vers 1190 Archives Départementales d'Eure-et-Loir-Livre journal de l’église de Broué) ; Beu, août 1386 (Archives Nationales-JJ 129, no 129, fol. 82) ; Sur le chemin entre Faveroles et Bu, novembre 1388 (Archives Nationales.-JJ 133, no 216, fol. 123) ; , avril 1393 (Archives Nationales.-JJ 148, no 14, fol. 8) ; Bu, novembre 1402 (Archives Nationales.-JJ 157, no 235, fol. 144 v°) ; , février 1495 (Archives Nationales.-JJ 226B, no 1177, fol. 222) ; Bu ; XVIIIe siècle (Carte de Cassini).
Beutum semble venir de l'abréviation du bas latin Beucum' ou Beutum, nom sous lequel cette commune est citée vers 1186. Substantif d’origine germanique, bur = résidence ; ou français buc, but, bu = tronc d’arbre (FEW, XV(2), 3a).

Les Gaulois[modifier | modifier le code]

La tribu gauloise des Durocasses est installée dans la région vers 500 av. J.-C. Le peuple des Carnutes lui céda une partie de son territoire. Contrairement aux Carnutes qui résistèrent longtemps à la domination romaine, les Durocasses se montrèrent davantage conciliants avec l'occupant.

L'époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

De cette époque de "paix" reste le sanctuaire du Bois des Fours à Chaux occupé entre le Ier et le IVe siècle de notre ère. C'est une construction orientée d'est en ouest, longue de trente mètres et large de vingt. On peut penser que ce sanctuaire était enclos d'une vaste enceinte qui répondait au souci de matérialiser le domaine sacré du dieu ou de la déesse. Le fanum est classé monument historique depuis 1987. Un second temple semi-circulaire, repéré par des photos aériennes existerait en contrebas du premier.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le christianisme s'installe petit à petit, puis arrive la période des grandes invasions, qui ravagent le pays. Pendant ces moments difficiles, on sait que les moines de Jumièges possédèrent un vignoble à Bû en 632.

C'est vraisemblablement au début du Moyen Âge que le village s'est réellement créé. Au début du XIIe siècle, les moines buxois étaient seuls administrateurs.

En 1145, le seigneur de Dreux, Robert (fils de Louis VI le Gros et frère du roi Louis VII) fit construire un fort à Bû. Celui-ci faisait partie d'une seconde ligne de défense contre l'envahisseur normand. La construction de cet édifice démarra vers 1158 et dura environ quarante ans.

Le descendant direct du seigneur de Dreux a été retrouvé, il s'agit de Damien du Paquet. Il a depuis peu lancé une requête afin de faire reconnaître son titre officiel, qui n'est autre que "Roy de France". Des analyses bucco-nasales sont actuellement en cours afin de vérifier la véracité de ses propos[1].

La séparation de Bû[modifier | modifier le code]

Les religieux de Bû s'indignèrent de cette intrusion du comte de Dreux dans leur fief et s'en plaignirent au pape. Celui-ci confia l'arbitrage de cette querelle à l'évêque de Chartres qui procéda à la séparation de Bû en deux paroisses. Beu-le-Chastel a assez vite disparu, mais Beu-la-Vieuville se retrouve plus tardivement dans certains écrits.

Les protestants à Bû[modifier | modifier le code]

Les guerres de religion ont certainement sévi à Bû comme ailleurs. La plus sanglante bataille de la région eut lieu entre Nuisement et Marville, le 19 décembre 1562. En 1585, les protestants de Bû durent abjurer ou quitter le royaume dans les plus brefs délais. Entre 1598 et 1685, les cultes se pratiquaient à Blainville, hameau de Marville-Moutiers-Brûlé puis à Fontaine-sous-Prémont, hameau d'Ouerre. En novembre 1685, puis de novembre 1685 à juillet 1686, 54 huguenots de Bû abjureront en l'église Saint-Pierre de Dreux et en l'église d'Abondant. En 1812, le nombre de protestants à Bû était de 76, contre 57 en 1851. Vers 1900, leur nombre tombera à une quinzaine, ce qui entraînera la désaffection du temple après la Première Guerre mondiale. Il a été transformé en maison individuelle.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Entre le 29 janvier 1939 et le 8 février, plus de 2 000 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans l’Eure-et-Loir. Devant l'insuffisance des structures d'accueil (le camp de Lucé et la prison de Châteaudun rouverte pour l’occasion), 53 villages sont mis à contribution[2], dont Bû[3]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants (les hommes sont désarmés et retenus dans le sud de la France), sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[4]. Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, mais en décembre, 922 ont préféré rester et sont rassemblés à Dreux et Lucé[5].

Article détaillé : Retirada.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Bû (Eure-et-Loir).svg

Les armoiries de Bû se blasonnent ainsi :

De sinople à la gerbe d'or et à une faux, une houe et une cognée d'argent emmanchées au naturel et posées en bouquet, le tout lié par un bandeau de gueules dont l'une des extrémités noue un sécateur d'argent pendu par sa bride au manche de la cognée.
Couleurs, restituées par Christian Léger, Jean Paul Fernon et Denis Joulain. Adoptées officiellement le 14 octobre 2011.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires à partir de 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1989 Jean-Pierre Lesage PS  
1989 2001 Jacques Fleury RPR  
2001 2014 Évelyne Lefebvre UMP Conseillère générale d'Eure-et-Loir depuis 2014
2014   Pierre Sanier DVD  

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 395 1 412 1 511 1 549 1 550 1 578 1 519 1 505 1 467
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 383 1 311 1 286 1 210 1 160 1 076 1 024 997 914
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
873 855 830 835 797 805 773 760 731
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
696 778 861 1 062 1 419 1 689 1 771 1 809 1 831
2011 - - - - - - - -
1 844 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église de style roman, très ancienne, de nombreuses fois remaniée, avec une verrière remarquable occupant toutes les ouvertures. Elle est classée monument historique depuis 1963[8].

Sanctuaire gallo-romain[modifier | modifier le code]

Les vestiges d'un temple gallo-romain sont visibles sur un terrain dont le nom était "pièce de l'église" sur le cadastre. Classé monument historique en 1986[9], il était probablement consacré au traitement des maladies des yeux comme en témoignent de nombreux ex-voto en forme de loups découverts lors de la campagne de fouilles des années 1960. Dans les années 1980 d'autres fouilles ont permis de mettre à jour les fondations d'un temple plus ancien que celui qui est visible actuellement. De nombreuses fouilles y ont été entreprises mais le site se dégrade en raison de la fréquentation.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Sous l'appellation « forêt de Dreux », a été classée en 2004, comme forêt de protection, la forêt domaniale d'une superficie d'environ 3 917 hectares, s'étendant dans le nord du département d'Eure-et-Loir sur les huit communes d'Abondant, Anet, Boncourt, Bû, Montreuil, Rouvres, Saussay et Sorel-Moussel[10].

Article détaillé : Forêt de Dreux.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paris Match no 3356 du 12 au 18 Septembre 2013
  2. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
  3. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
  4. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
  5. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  8. « Église », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. « Vestiges de sanctuaire gallo-romain », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Décret du 30 août 2004 portant classement comme forêt de protection de la forêt de Dreux sur le territoire des communes d'Abondant, Anet, Boncourt, Bu, Montreuil, Rouvres, Saussay et Sorel-Moussel dans le département d'Eure-et-Loir, JORF no 206 du 4 septembre 2004, p. 15678, texte no 21, NOR AGRF0401659D, sur Légifrance.