Axis mundi

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L’axis mundi (ou axe cosmique, axe du monde, pilier du monde, columna cerului, centre du monde, arbre du monde) est, dans la religion ou la mythologie, le centre du monde et/ou la connexion entre le Ciel et la Terre. Comme le pôle céleste et pôle géographique, il exprime un point de connexion entre ciel et terre où les quatre directions de la boussole se rencontrent. Ce point est le lieu d'une correspondance entre les royaumes supérieurs et inférieurs[1]. Grâce à cette communication les royaumes inférieurs peuvent s'élever vers les supérieurs tandis que les royaumes supérieurs peuvent répandre leur bénédiction aux inférieurs[2]. Ce lieu fonctionne comme le omphalos (nombril), le point de commencement du monde[3],[4].

L'image est souvent vu comme une figure féminine dû à son lien avec le centre de la terre (peut être comme un cordon ombilical apportant la nourriture). Il peut avoir la forme d'un objet naturel (une montagne, un arbre, une vigne, une tige, une colonne de fumée ou d'incendie) ou un produit de fabrication humaine (un bâton, une tour, une échelle, un escalier, un arbre de mai, une croix, un clocher, une corde, un totem, un pilier, une flèche). Sa proximité avec le Ciel peut comporter des implications qui sont principalement religieuses (pagode, mont du Temple, minaret, église) ou profane (phare, obélisque, gratte-ciel, fusée). L'image apparaît dans les contextes religieux et laïques[5]. Le symbole de l'Axis mundi se trouve dans les cultures utilisant des pratiques chamaniques ou les systèmes de croyances animistes, dans les religions mondiales majeurs et dans les "centre urbains" technologiquement avancés. D'après Mircea Eliade, « Chaque microcosme, chaque région habité, possède un centre; c'est-à-dire, un lieux sacré au-dessus de tout[6]. » L'Axis mundi est souvent associé avec les mandalas.

L'Arbre-Monde, une représentation symbolique de l'axis mundi[modifier | modifier le code]

Les plantes sont régulièrement prises comme images de l’axis mundi. L’image de l’Arbre Monde fournit un symbole d’axe unissant trois plans : le ciel (les branches), la terre (le tronc) et le monde souterrain (les racines). Dans certaines cultures Polynésiennes, l’arbre banian (de la famille des figuiers des pagodes) est la demeure des esprits ancestraux. Dans la religion hindouiste, le banian est considéré comme sacré et appelé « Ashwath Vriksha ». Il représente la vie éternelle en raison de la croissance impressionnante de ses branches. L’« arbre de l’éveil » (un figuier des pagodes particulièrement vieux et imposant) est le nom donné à l’arbre sous lequel Siddhartha Gautama, autre nom du Bouddha, est supposé avoir atteint l’illumination. L’Yggdrasil, site de l’illumination d’Odin, remplit la même fonction symbolique dans la mythologie nordique. On peut citer comme exemples supplémentaires le Jieveras de la mythologie Lituanienne, le Chêne de Thor, les arbre-monde mésoaméricains, ou encore Jian-Mu, l’arbre marquant le centre du monde dans la cosmographie traditionnelle chinoise (relié à deux autres arbres situés à des points Est et Ouest correspondants au lever et coucher du soleil). L’Arbre de vie et l’Arbre de la connaissance présents dans la Genèse représentent deux aspects de la même image. Ils sont chacun supposés se tenir au centre d’un Jardin d’Eden duquel coulent quatre rivières qui irriguent l’entièreté du monde. Chaque arbre est porteur d’une bénédiction. Le bambou, traditionnellement utilisé pour la fabrication des outils de calligraphie asiatiques, représente la connaissance, et on le trouve encore régulièrement dans les campus universitaires asiatiques. L’arbre de Noël, dont les origines renvoient aux croyances européennes pré-christianiques, est également une représentation de l’axis mundi.

Le corps humain en tant que pilier[modifier | modifier le code]

La symbolique de l’axis mundi peut être appliquée au corps humain [7]. On retrouve régulièrement le concept du corps humain perçu comme pilier entre la terre et les cieux parmi les représentations les plus allégoriques de l’Arbre de Vie, à l’instar du Sephiroth de la Kabbale ou du système de chakras reconnu dans le bouddhisme et l’hindouisme. Il s’agit également d’un principe fondamental du Yoga et du Tai Chi. Le Bouddha est une représentation personnifiée d’un axis mundi [8]. L’astrologie repose sur la connexion assumée entre la santé et les préoccupations des individus et les liens de ceux-ci avec les corps célestes. De nombreuses religions considèrent le corps lui-même en tant que temple, et la prière comme une colonne unissant la terre aux cieux. L’image récurrente d’un individu suspendu à un arbre ou à une croix situe le corps à l’endroit de la rencontre entre le ciel et la terre. A la Renaissance un autre exemple de tentative de représentation mathématique et symbolique du corps humain en tant qu’axis mundi est fourni par l’Homme de Vitruve[9].


Exemples d'axis mundis[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Les Amériques[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Il est fait référence de l'Axis Mundi dans l'épisode 16 de la saison 5 de la série télévisée Supernatural.

Dans le jeu vidéo Catherine, le joueur peut débloquer sous certaines conditions des niveaux secrets regroupés sous le nom « Tour de Babel ». Le quatrième et dernier de ces niveaux se nomme Axis Mundi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eliade 1991, p. 48-51
  2. Eliade 1991, p. 40
  3. J. C. Cooper. An Illustrated Encyclopedia of Traditional Symbols. Thames and Hudson: New York, 1978. ISBN 0500271259.
  4. Eliade 1971, p. 16
  5. Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, A Dictionary of Symbols, Penguin Books, Londres, 1996. ISBN 0140512543. p. 61-63, 173-175
  6. Eliade 1991, p. 39
  7. Mircea Eliade (tr. Philip Mairet). 'Symbolism of the Centre' in Images and Symbols. Princeton, 1991. ISBN 069102068X. p.54
  8. Mircea Eliade (tr. Philip Mairet). 'Indian Symbolisms of Time and Eternity' in Images and Symbols. Princeton, 1991. ISBN 069102068X. p.76
  9. Chevalier, Jean and Gheerbrandt, Alain. A Dictionary of Symbols. Penguin Books: London, 1996. ISBN 0140512543. pp.1025-1033

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mircea Eliade (trad. Philip Mairet), « Symbolism of the Centre », dans Images and Symbols, Princeton,‎ 1991 (ISBN 069102068X)
  • (en) Mircea Eliade (trad. Willard Trask), « Archetypes and Repetition », dans The Myth of the Eternal Return, Princeton,‎ 1971 (ISBN 0691017778)

Article connexe[modifier | modifier le code]