Arbre du Monde

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La notion d'Arbre du Monde (ou Arbre-Monde[1]) est un archétype renvoyant, au sein de plusieurs mythologies, à l'existence d'un arbre cosmique reliant les différentes parties de l'Univers – généralement les mondes céleste, terrestre et souterrain.

Yggdrasil, Peinture attribuée à Oluf Bagge.

Cette notion apparait ainsi chez de nombreux peuples indo-européens[2], tels les Perses, les Slaves et les Germains. Elle revêt une forme particulièrement aboutie dans la religion scandinave, où l'arbre cosmique Yggdrasil (certainement un frêne), dont les branches se déployaient dans les cieux et les racines menaient au pays des géants, à celui des hommes et aux enfers.

Ce concept se retrouve chez d'autres peuples, notamment chez les peuples précolombiens et les peuples chamanistes de Sibérie[3], où il symbolise aussi la Terre-Mère[réf. nécessaire] et aiderait le chamane à passer d'un monde à l'autre[3], [4].

Selon Chevalier et Gheerbrant (voir Bibliographie), « le chêne serait la figure par excellence de l’arbre, ou de l’axe du monde, tant chez les Celtes qu'en Grèce, à Dodone. C'est encore le cas chez les Yakoutes sibériens. »[5].

Chez les chamanes samoyèdes[modifier | modifier le code]

Mircea Eliade reprend[3] le récit fait par un chamane Avam-Samoyède de sa propre initiation extatique à l'ethnologue russe Andreï A. Popov (1902-1960). Le chamane affirme avoir été conduit au Centre du Monde, où se trouvent « l'Arbre du Monde et le Seigneur Universel » (aussi appelé le Seigneur de l'Arbre). Il aurait reçu « de l'Arbre Cosmique et du Seigneur lui-même le bois pour se construire un tambour (...) ». Cet arbre, dans le récit, est « un jeune bouleau [qui] s'élev[e] jusqu'au ciel », et pousse sur une île au bord des Neuf Mers (...) ». Près de lui poussent « neuf herbes, ancêtres de toutes les plantes de la terre ». Au sommet de l'arbre, l'apprenti chamane aperçoit les ancêtres des nations (russes, dolganes, yakoutes, toungouses...). Le Seigneur de l'Arbre lui-même, « prenant figure humaine et sortant de l'arbre jusqu'à la poitrine », déclare qu'il y a une branche qu'il ne donne pas aux chamanes, car il la garde pour les êtres humains ordinaires, qui pourront en faire tout usage (habitations, etc.), et conclut : « Je suis l'Arbre qui donne la vie à tous les humains ».

Dans les contes de Grimm[modifier | modifier le code]

Selon Natacha Rimasson-Fertin (voir Bibliographie), le tilleul mentionné dans le conte de Grimm intitulé Le Roi Grenouille ou Henri de Fer (KHM1)[6], qui « était un arbre sacré auquel on faisait des offrandes » (mais aussi « un arbre associé aux sorcières », forme avec le puits du conte « un axe vertical qui relie la terre au ciel », soit l’axis mundi étudié par Mircea Eliade.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arbre-Monde semble être une traduction déficiente de l'expression World Tree en anglais, et être utilisée surtout dans les domaines de la fantasy et des jeux vidéo.
  2. Jérémie Benoît (voir Bibliographie), p.65-66.
  3. a, b et c Mircea Eliade, Le chamanisme... (voir Bibliographie) .
  4. Selon Jörg Bäcker, « toutes les variantes de l'arbre cosmique » sont à relier à une origine chamanique. (Article Schamanismus de l’Enzyklopädie des Märchens, mentionné par Natacha Rimasson-Fertin (voir Bibliographie).
  5. On peut mentionner à ce sujet l'image du Chêne donnée par Jean de La Fontaine dans Le Chêne et le Roseau : « Celui de qui la tête au Ciel était voisine / Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts ».
  6. Le texte du conte dit : « Près du château du roi se trouvait une grande et sombre forêt, et dans cette forêt, sous un vieux tilleul, il y avait un puits. » (Trad. N. Rimasson-Fertin).