Sertraline

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Sertraline
Sertraline
Identification
Nom IUPAC (1S,4S)-4-(3,4-dichlorophényl)-N-méthyl-1,2,3,4-tétrahydronaphthalén-1-amine
No CAS 79617-96-2
Code ATC N06AB06
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C17H17Cl2N  [Isomères]
Masse molaire[1] 306,23 ± 0,019 g/mol
C 66,68 %, H 5,6 %, Cl 23,15 %, N 4,57 %,
Considérations thérapeutiques
Grossesse Voir texte ci-joint
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La sertraline (sertraline HCl ou chlorhydrate de sertraline) est un antidépresseur de la famille des inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. Elle est principalement prescrite pour les épisodes dépressifs majeurs mais aussi dans le trouble obsessionnel compulsif[2],[3], le trouble panique[4], la phobie sociale et le trouble de stress post-traumatique[5],[6]. En 2011, c'était le 2ème antidépresseur aux Etats-Unis le plus prescrit avec 37 millions de prescriptions[7]. Comme la plupart des antidépresseurs de cette classe, l'action de ce médicament ne se manifeste qu'au bout de quelques semaines. La différence avec d'autres antidépresseur est subtile. Elle agirait mieux que la fluoxétine dans certains sous types de dépression[8].

Elle est connue sous les nom de marques Zoloft, Sertralin, Lustral, Apo-Sertral, Asentra, Gladem, Serlift, No-Dep, Stimuloton, Xydep, Serlain et Concorz.

Histoire[modifier | modifier le code]

La sertraline fut découverte par Steve Werner et Billy Dzomba, deux scientifiques américains travaillant pour Pfizer. Elle a été mise sur le marché en 1991.

Indications cliniques[modifier | modifier le code]

La sertraline est utilisée dans de nombreuses indications comme la dépression, le trouble obsessionnel compulsif, le syndrome de stress post-traumatique, le trouble panique et la phobie sociale[9]. Elle a aussi été utilisée dans le traitement de l'éjaculation précoce et les céphalées mais les preuves de son efficacité dans ces troubles sont moins robustes[9].

D'autres antidpéresseurs, les antidépresseurs tricycliques pourraient fonctionner mieux sur les dépressions mélancoliques[10] et chez les patients hospitalisés[11] mais pas forcément pour les dépressions uniquement plus sévères[12]. Dans une méta-analyse de 12 antidépresseur de nouvelle génération, la sertraline et l'escitalopram étaient les meilleurs en terme d'efficacité, d'effets indésirables et acceptabilité ans la dépression majeure unipolaire [13]

Mécanisme d'action[modifier | modifier le code]

La sertraline est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine avec une affinité pour le transporteur de la sérotonine de Ki=0.3 nM[14].

Effets indésirables[modifier | modifier le code]

Liste des effets indésirables :

  • Somnolence, insomnie, étourdissement, nervosité, fatigue, maux de tête, convulsion, cauchemars, confusion, hallucination, euphorie, bâillements, contractions musculaires involontaires.
  • Modification de la tonicité musculaire et de la régulation des mouvements involontaires et automatiques (tremblement, dyskinésie, hyperkinésie, hypertonie, hypotonie)
  • Augmentation de l'appétit, nausées, vomissement, diarrhées, constipation, sécheresse de la bouche.
  • Démangeaisons, éruption cutanées, urticaires, syndrome de Stevens-Johnson, œdème de Quincke, réaction anaphylactoïdes.
  • Perte ou prise de poids, parfois importante
  • Accélération du rythme cardiaque, rares cas d’élévation ou diminution de la tension artérielle.
  • Trouble de la vue
  • Troubles auditifs, vestibulaires, acouphènes.
  • Troubles sexuels, diminution de la libido et troubles de l'orgasme, trouble de l'érection et de l'éjaculation.
  • Trouble de la miction, incontinence urinaire.
  • Transpiration excessive
  • Plus rarement : syndrome sérotoninergique en association ou non avec d'autres médicaments, apparition simultanée ou non d'un ensemble de signes tels que diarrhée, accélération du rythme cardiaque, fièvre sueurs, tremblements, confusion, voire coma.
  • Syndrome de sevrage à l'arrêt du médicament.
  • De rares cas d'ecchymoses, d'hémorragies gynécologiques, de saignement gastro-intestinaux ou autres saignements cutanéo-muqueux.
  • Troubles sexuels. Dans le cas ou il existe des dysfonctions sexuelles (désir sexuel hypoactif, anorgasmie, trouble de l'excitation...) antérieures à l'apparition d'un état dépressif, une utilisation de la sertraline devra impérativement être évitée[15].

Comportements dangereux[modifier | modifier le code]

Cette molécule a été incriminée dans plusieurs pays dans des cas de crimes, souvent commis sur des proches, par des patients sous Sertraline, non connus pour leur violence.

En France, la question a été posée à propos du Dr Bécaud, connu comme paisible, qui a assassiné sa femme et ses enfants puis s'est pendu, alors qu'il avait commencé un traitement à la Sertraline[16].

Aux Etats-Unis, Christopher Pittman (en), 12 ans, tue ses grands-parents[17]. En Australie, David Hawkins tue sa femme après un changement d'humeur qu'il explique par son traitement[18]. Le rôle déterminant du médicament (Zoloft) qu'il prenait au moment des faits a été officiellement reconnu par la cour suprême australienne[19].

Les laboratoires produisant des spécialités contenant cette molécule nient tout effet secondaire de ce type, malgré la multiplication des cas et les mises en causes officielles.

Considérations thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Grossesse[modifier | modifier le code]

Des études de reproduction ont été réalisées chez le rat et le lapin respectivement à des doses environ 20 fois et 10 fois supérieures au maximum recommandé chez l'homme (en mg/kg). Elles n'ont fait apparaître aucune tératogénicité, quelle que soit la dose. Toutefois, à des doses de sertraline égales à environ 2,5-10 fois le maximum (en mg/kg) recommandé chez l'homme, on a constaté un retard de l'ossification du fœtus, probablement dû aux effets du médicament sur la femelle. Une diminution du taux de survie néonatale a été observée après administration aux femelles gestantes de doses de Sertraline égales à environ 5 fois la dose maximale chez l'homme (en mg/kg). Des effets similaires sur le taux de survie néonatale ont été décrits avec d'autres antidépresseurs. On ignore les conséquences de tels effets sur le plan clinique. Des études adéquates et bien contrôlées chez la femme enceinte n'ont pas été effectuées. Les études de reproduction chez l'animal n'étant pas toujours extrapolables à l'homme, la sertraline ne sera utilisée pendant la grossesse que pour autant que le bénéfice thérapeutique attendu puisse contrebalancer les risques encourus. Les patientes susceptibles de devenir enceintes feront usage de méthodes contraceptives appropriées en cas de traitement par la sertraline. Aucune donnée concernant les concentrations de sertraline dans le lait maternel n'est disponible. Dès lors, son emploi chez la femme allaitant n'est pas recommandé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant Sertraline

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Pediatric OCD Treatment Study (POTS) Team, « Cognitive-behavior therapy, sertraline, and their combination for children and adolescents with obsessive-compulsive disorder: the Pediatric OCD Treatment Study (POTS) randomized controlled trial », JAMA, vol. 292, no 16,‎ 2004, p. 1969–76 (PMID 15507582, DOI 10.1001/jama.292.16.1969)
  3. Sousa MB, Isolan LR, Oliveira RR, Manfro GG, Cordioli AV, « A randomized clinical trial of cognitive-behavioral group therapy and sertraline in the treatment of obsessive-compulsive disorder », The Journal of Clinical Psychiatry, vol. 67, no 7,‎ 2006, p. 1133–9 (PMID 16889458, DOI 10.4088/JCP.v67n0717)
  4. Hirschfeld RM, « Sertraline in the treatment of anxiety disorders », Depress Anxiety, vol. 11, no 4,‎ 2000, p. 139–57 (PMID 10945134, DOI <139::AID-DA1>3.0.CO;2-C 10.1002/1520-6394(2000)11:4<139::AID-DA1>3.0.CO;2-C)
  5. Hansen RA, Gaynes BN, Gartlehner G, Moore CG, Tiwari R, Lohr KN, « Efficacy and tolerability of second-generation antidepressants in social anxiety disorder », Int Clin Psychopharmacol, vol. 23, no 3,‎ mai 2008, p. 170–9 (PMID 18408531, PMCID 2657552, DOI 10.1097/YIC.0b013e3282f4224a)
  6. Watts BV, Schnurr PP, Mayo L, Young-Xu Y, Weeks WB, Friedman MJ, « Meta-analysis of the efficacy of treatments for posttraumatic stress disorder », J Clin Psychiatry, vol. 74, no 6,‎ juin 2013, e541–50 (PMID 23842024, DOI 10.4088/JCP.12r08225)
  7. John M. Grohol, « Top 25 Psychiatric Medication Prescriptions for 2011 », Psych Central,‎ 2012 (consulté le 9 janvier 2013)
  8. Flament MF, Lane RM, Zhu R, Ying Z, « Predictors of an acute antidepressant response to fluoxetine and sertraline », Int Clin Psychopharmacol, vol. 14, no 5,‎ 1999, p. 259–75 (PMID 10529069, DOI 10.1097/00004850-199914050-00001)
  9. a et b « Sertraline hydrochloride », The American Society of Health-System Pharmacists (consulté le 3 avril 2011)
  10. Parker G, Roy K, Wilhelm K, Mitchell P, « Assessing the comparative effectiveness of antidepressant therapies: a prospective clinical practice study », J Clin Psychiatry, vol. 62, no 2,‎ 2001, p. 117–25 (PMID 11247097, DOI 10.4088/JCP.v62n0209)
  11. Anderson IM, « SSRIS versus tricyclic antidepressants in depressed inpatients: a meta-analysis of efficacy and tolerability », Depress Anxiety, vol. 7, no S1,‎ 1998, p. 11–7 (PMID 9597346, DOI <11::AID-DA4>3.0.CO;2-I 10.1002/(SICI)1520-6394(1998)7:1+<11::AID-DA4>3.0.CO;2-I)
  12. Hirschfeld RM, « Efficacy of SSRIs and newer antidepressants in severe depression: comparison with TCAs », J Clin Psychiatry, vol. 60, no 5,‎ 1999, p. 326–35 (PMID 10362442, DOI 10.4088/JCP.v60n0511)
  13. Cipriani A, Furukawa TA, Salanti G, Geddes JR, Higgins JP, Churchill R, Watanabe N, Nakagawa A, Omori IM, McGuire H, Tansella M, Barbui C, « Comparative efficacy and acceptability of 12 new-generation antidepressants: a multiple-treatments meta-analysis », The Lancet, vol. 373, no 9665,‎ 2009, p. 746–758 (PMID 19185342, DOI 10.1016/S0140-6736(09)60046-5)
  14. Brunton L, Chabner B, Knollman B. Goodman and Gilman’s The Pharmacological Basis of Therapeutics, Twelfth Edition. McGraw Hill Professional; 2010.
  15. Sutherland JE, Sutherland SJ, Hoehns JD, « Achieving the best outcome in treatment of depression », Journal of Family Practice, vol. 52, no 3,‎ mars 2003, p. 201–09 (PMID 12620174, lire en ligne)
  16. Tuerie de Pouzauges : un antidépresseur mis en cause, Flore Galaud, Le Figaro, 15 juillet 2010.
  17. Boy is convicted in 'Zoloft' murders, New York Times, 17 février 2005.
  18. Anti-depressant drug blamed for killing, Australian Broadcasting Corporation, 7 août 2001.
  19. Australian Supreme Court Justice Rules Zoloft Caused Man to Murder his wife, 25 mai 2001.

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