Procès des médecins

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49° 27.2603′ N 11° 02.9103′ E / 49.4543383, 11.048505

Le Procès des médecins ou Procès des docteurs (officiellement The United States of America v. Karl Brandt, et al.) a été le premier des douze procès pour crimes de guerre fait par les autorités américaines dans leur zone d'occupation en Allemagne, à Nuremberg, après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

20 des 23 accusés avaient été médecins, les trois autres étant fonctionnaires nazis. Plaidant non coupables (leur ligne de défense fut qu'ils agissaient au nom de la médecine de guerre), ils ont tous été accusés d'après plusieurs chefs : l'expérimentation médicale nazie, le Programme Aktion T4.

Les attendus du jugement, appelés improprement Code de Nuremberg, ont été à la base des principes positifs éthiques de l'expérimentation clinique, plus tard décrits dans la Déclaration d'Helsinki.

Contexte[modifier | modifier le code]

Alors que le procès de Nuremberg concerne 24 des principaux responsables du Troisième Reich, le procès touchant un corps social débute par celui des médecins[pas clair] allemands car il s'agit de la population professionnelle la plus nazifiée de l'Allemagne (plus de 50 % des médecins sont alors membres du parti nazi - SA et SS)[1].

Accusés[modifier | modifier le code]

  • Karl Brandt, autorité médicale suprême du IIIe Reich. Chargé notamment du programme Aktion T4, utilisé pour euthanasier les malades mentaux et les handicapés. Il est condamné à mort et exécuté le 2 juin 1948.
  • Karl Gebhardt, médecin de Heinrich Himmler et président de la Croix-Rouge allemande. Jugé pour avoir pratiqué des expériences sur les prisonniers des camps, spécialement les femmes de Ravensbrück. Condamné à mort, il est exécuté le 2 juin 1948.
  • Waldemar Hoven, médecin du camp de Buchenwald. Jugé pour avoir euthanasié massivement les déportés. Condamné à mort, il est exécuté le 2 juin 1948.
  • Joachim Mrugowsky, médecin et chef de l'Institut d'hygiène de la SS. Jugé pour expérimentation sur les prisonniers des camps. Condamné à mort, il est exécuté le 2 juin 1948.
  • Wolfram Sievers, dirigeant de l'Ahnenerbe. Jugé pour ses expériences mortelles sur des humains. Condamné à mort, il est exécuté le 2 juin 1948.
  • Kurt Blome, scientifique ayant testé des vaccins sur des prisonniers de camp de concentration. Jugé pour extermination de prisonniers malades et expériences conduites sur des êtres humains, il est acquitté.
  • Adolf Pokorny (de), dermatologue, accusé d'avoir coopéré avec les programmes de stérilisation, acquitté « pas à cause de mais malgré sa défense » qui consistait à rappeler le fait que la méthode de castration qu'il proposa dans une lettre n'était pas efficace.
  • Herta Oberheuser, médecin qui participe à l'injection de sulfamide. Seule femme à être jugée, elle est condamnée à 20 ans de prison.
  • Gerhard Rose, médecin commettant des sévices sur ses patients, condamné à mort.

Le tribunal[modifier | modifier le code]

L'un des membres du tribunal, le docteur canadien Donald Ewen Cameron, fut plus tard le premier président de l'association mondiale de psychiatrie, après avoir travaillé pour la CIA dans le projet d'expérimentations illégales MKULTRA.

Le rapport Green (en) produit par le Pr Anrew Ivy devant le tribunal fut rédigé suite à un débat prévu auprès d'une commission scientifique internationale mais signé hâtivement par l’American Medical Association pour la circonstance alors que cette commission n'avait pas été réunie, cette turpitude fut soulevée par la défense des médecins allemands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Ternon, « Les médecins nazis », Les Cahiers de la Shoah, no 9,‎ 2007, p. 15-60

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Halioua, Le procès des médecins de Nuremberg : L'irruption de l'éthique médicale moderne, Vuibert,‎ 15 février 2007, 211 p. (ISBN 2711772462)

Articles connexes[modifier | modifier le code]