Thomas Szasz

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Dans le nom hongrois Szász Tamás István, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Tamás István Szász où le prénom précède le nom.
Thomas Szasz

Thomas Stephen Szasz, né Tamás István Szász ([saːs]) le à Budapest, et mort le 8 septembre 2012[1], est un psychiatre et professeur émérite de psychiatrie hongrois à l’Université de New York à Syracuse. C’est un contestataire et critique de la morale et des fondations scientifiques de la psychiatrie.

Ses livres sont représentatifs de sa ligne de pensée et de sa lutte politique.

  • The Myth of Mental Illness
  • The Manufacture of Madness: A Comparative Study of the Inquisition and the Mental Health Movement

Sa lutte libertarienne se rapporte à la médecine en particulier et, en général, à la privauté des relations contractuelles de toute sorte entre individus majeurs. L'exemple le plus connu et le plus commun se rapporte aux orientations sexuelles qui sont passées du pathologique au normal. Au temps de Freud était « abus sexuel » tout ce qui ne participait pas à la reproduction biologique de l'Homme dans Vienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Stephen Szasz est psychiatre et professeur émérite à l’Université de New York à Syracuse, au Health Science Center. Il est aussi chercheur adjoint au Cato Institute, Washington, D.C., auteur et conférencier. Son livre princeps, fondateur et classique, The Myth of Mental Illness (1961) a fait de lui une figure célèbre et controversée. Ses travaux comme Law, Liberty, and Psychiatry, The Ethics of Psychoanalysis, Ceremonial Chemistry et Our Right to Drugs sont vus comme importants et prépondérants du XXe siècle par les chefs de file du Droit, de la Médecine et des Sciences Sociales[réf. nécessaire].

Natif de Budapest en 1920, il a immigré aux États-Unis en 1938 pour fuir les nazis, et il a été admis quelques mois après à l’Université de Cincinnati, OH. Après avoir obtenu son diplôme de Physique en 1941 avec les honneurs, il entre au Collège de Médecine de Cincinnati pour sortir avec un doctorat en Médecine, M.D. en 1944. Plus tard, il a reçu une formation psychanalytique du Chicago Institute for Psychoanalysis et, pour les cinq années suivantes, est devenu membre du corps professoral, prenant congé du service actif de la US Navy. Membre de l’American Psychiatric Association et membre permanent de l’American Psychoanalytic Association, le Dr. Szasz a beaucoup publié dans d’importantes revues psychiatriques et psychanalytiques et ses conférences sont disponibles sur cassettes video et DVD. En 1969, il a cofondé avec l'Église de Scientologie la Commission des citoyens pour les droits de l'homme pour lutter contre les abus psychiatriques. En voisin, il a été invité par l’École du Service Social de l’Université de Montréal en 1992 pour faire une conférence aux travailleurs sociaux dans la relation d’aide aux sans domicile fixe.

Il a déclaré et démontré la nécessité de demander d’abord aux assistés sociaux ce dont ils ont besoin, avant de procéder aux interventions[réf. nécessaire].

L’homme et son œuvre[modifier | modifier le code]

Promoteur d'une certaine « antipsychiatrie », Thomas Szasz a été reconnu comme « L’homme qui a contraint la psychiatrie à admettre l’existence et l’importance des conflits moraux et éthiques[2] ».

Szasz dénonce l’utilisation de la psychiatrie comme moyen de contrôle social, comparant le rôle du psychiatre envers les déviants à celui des inquisiteurs face aux hérétiques. Toute déviance est, socialement et politiquement, folie et félonie. Selon lui, la maladie mentale n’est pas un problème médical, mais un problème de pouvoir.

  • « […] Arrêtons de raconter qu’il y a, derrière chaque pensée tordue, une molécule tordue dans notre cerveau. »

Si tel était le cas, précise Szasz, il faudrait traiter la schizophrénie comme n’importe quelle autre maladie, et ne plus faire des malades mentaux une catégorie à part que l’on enferme et que l’on soigne d’autorité. « Mais, précise-t-il, je n’idéalise pas la folie, je ne pense pas que les fous soient des êtres supérieurs, victimes de la société capitaliste. »

  • « […] Nous sommes en présence d’un phénomène religieux et non pas scientifique. »

Le diagnostic de « folie » a pris la succession, dans notre civilisation occidentale, de celui de « possession ».

L’évolution des diagnostics selon les mœurs apporte une preuve supplémentaire, selon Szasz, du caractère peu scientifique de la maladie mentale. À la fin du XIXe siècle, les psychiatres traitaient surtout des hystériques et des épileptiques. L’hystérique, comme la sorcière du Moyen Âge, était généralement une jeune femme. Aujourd’hui, selon Thomas Szasz, ces deux « maladies » ont pratiquement disparu — sans traitement. Elles auraient été remplacées par la schizophrénie et la paranoïa. Les enfants « hyperactifs » traités au Ritalin sont la mode psychiatrique actuelle. Ce qui nous dérange a évolué.

Le concept de « maladie mentale » nous permet de nous accommoder de comportements dont nous avons du mal à accepter qu’ils puissent être normaux. Par exemple, le « crime ». « Les criminels ne sont plus exécutés, ils sont soignés. » « Le rôle des psychiatres dans la société moderne est de libérer les coupables et d’interner les innocents. » Un condamné à mort en Floride, par exemple, peut ne pas être exécuté si les psychiatres de la prison le trouvent trop fou pour subir sa peine, selon les règles de droit sur la culpabilité et la responsabilité pénale. Faut-il donc le soigner pour pouvoir l’exécuter, demande Szasz ? La Cour suprême des États-Unis s’interroge. Jusqu’au XVIIIe siècle, le mal était interprété comme une possession par le Diable. Aujourd’hui le mal est nécessairement le signe d’un désordre génétique et chimique. Tout cela, selon Szasz, relève de la pensée mythique, et non pas de la science.

Selon lui, la psychanalyse, comme la psychiatrie, ne sert qu’à nier le libre arbitre et à faire reculer la responsabilité individuelle. Les voleurs, explique Szasz, étaient autrefois considérés comme responsables de leurs actes et punis comme tels. Mais dès l’instant où le voleur devient un « kleptomane », l’incendiaire, un « pyromane », etc., il n’est plus responsable du vol. Il est « agi » de l’extérieur par des pulsions qui lui échappent et qu’il ignore. La psychanalyse de Lacan a déjà distingué le « Réel » de l’« Imaginaire » et du « Symbolique ».

Dans la relativité du normal et du pathologique, il y a des niveaux de réalité dont le premier niveau est celui de la réalité physique objectale dite « objective » des êtres, faits et objets directement observables, quantifiables et mesurables par tous. Au deuxième niveau est la réalité psychique des significations et valeurs conférées à ces êtres, faits et objets de la réalité physique. Au troisième niveau est la réalité symbolique des croyances de la Religion et règles de conduite de la Morale qui oriente et délimite les significations et valeurs possibles de la réalité psychique imaginaire. L’autorité politique, étant le pouvoir sénatorial de l’auteur des lois, se fonde sur la réalité symbolique la Religion et la Morale. Une Théocratie se fonde sur la Religion seule, tandis que la Démocratie se fonde sur une Morale consensuelle.

C’est avec les pierres de la Religion et les briques de la Morale que se bâtissent les hôpitaux psychiatriques et les prisons où toute déviance est socialement et politiquement folie et félonie.

L’autorité politique des lois et réglements est mise en œuvre par l’exécutif des pouvoirs judiciaire et policier du potentas ou pouvoir consulaire dans la Rome antique et le podestas administratif des prisons et hôpitaux psychiatriques. Le pouvoir social immédiat de Marcel Mauss est le rejet, l’exclusion et le mépris de la communauté sociale.

À ces réalités, il y a aussi la « réalité bureaucratique » où est « réel » tout ce qui est inscrit sur des documents officiels. Dans le ciel calme et serein du début des années 1970, un rapport d’expérimentation publié dans la vénérable revue Science a éclaté comme une bombe.

Des étudiants « normaux » et parfaitement sains se sont portés volontaires pour cette expérimentation. Ils ont été présentés à un hôpital psychiatrique avec leur « dossier médical » mentionnant leur « maladie ». Pendant leur séjour, tout le monde les prenait vraiment pour « fous » avec des symptômes appropriés à leur « maladie officielle », sauf les « fous », bien entendu[3].

Conclusion[modifier | modifier le code]

Dr. Thomas S. Szasz a lancé un violente charge contre les vices de pensée et d’action en santé mentale, comme celle de Dr. Anthony Wilden avec sa Théorie des contextes en épistémologie contre les vices de pensée et d’action qui rendent douteuse la « scientificité » des modèles médicaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Les vrais penseurs de notre temps p. 399 Guy Sorman, Fayard © 1989.
  3. Wikipédia : Expérience de Rosenhan

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Thomas S. Szasz (trad. Claire Fisher et Monique Manin), Douleur et plaisir, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque Scientifique Payot »,‎ 1986, 246 p. (ISBN 2-228-88010-4, présentation en ligne)
  • Thomas Szasz, L'éthique de la psychanalyse, Paris, Payot,‎ 1975, 220 p.
  • Thomas Szasz, Fabriquer la folie, Paris, Payot,‎ 1976, 348 p.
  • Thomas Szasz, Le mythe de la drogue, Paris, L’Esprit Frappeur,‎ 1998, 93 p.
  • Thomas Szasz, Le mythe de la maladie mentale, Paris, Payot,‎ 1975, 284 p.
  • Thomas Szasz, Notre droit aux drogues, Paris, Les Éditions du Lézard,‎ 1994, 279 p. (ISBN 2-9507264-6-1)
  • Thomas Szasz, La persécution rituelle des drogués : Boucs émissaires de notre temps, Paris, Les Éditions du Lézard,‎ 1994, 293 p. (ISBN 2-9507264-3-7)
  • Thomas Szasz, Pharmacratie : Médecine et politique l'état thérapeutique, Paris, Éditions les 3 génies,‎ 2010, 208 p. (ISBN 978-2-917952-03-0, présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liste des livres et des écrits de Thomas Szasz

Articles connexes[modifier | modifier le code]