Alexeï Leonov

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Alexeï Arkhipovitch Leonov
Alexei Leonov à un congrès du Parti Russie Unie.
Alexei Leonov à un congrès du Parti Russie Unie.

Nationalité Drapeau de l’URSS Soviétique (de 1934 à 1991),
Drapeau de la Russie Russe (de 1992 à aujourd'hui
Naissance 30 mai 1934 (80 ans)
Listvianka, RSFS de Russie
Drapeau de l’URSS Union soviétique
Occupation précédente Pilote de chasse
Grade Major-général dans l'Armée de l'air soviétique
Durée cumulée des missions 7 j 33 h 8 s
Sélection 1er groupe militaire (TsPK-1)
Mission(s) Voskhod 2
ASTP
Insigne Voskhod-2 patch.svg ASTP-patch.png
Timbre à l'effigie d'Alekseï Leonov (RDA)

Alexeï Arkhipovitch Leonov (en russe : Алексе́й Архи́пович Лео́нов), né le 30 mai 1934 à Listvianka (oblast de Kemerovo), est un cosmonaute soviétique[1]. Il fut le premier homme à réaliser une sortie extravéhiculaire dans l'espace dans le cadre de la mission Voskhod 2, le 18 mars 1965, ce qui lui valut le surnom de « premier piéton de l'espace ». En 1975, pour sa deuxième mission, il est commandant de l'équipage de Soyouz 19 et participe à la mission Apollo-Soyouz, première coopération spatiale entre les États-Unis et l'Union soviétique, entérinant la fin de la guerre froide qui avait opposé les deux pays. Alexeï Leonov est le 18e homme à avoir effectué un séjour dans l'espace (le 11e Soviétique).

Voskhod 2[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voskhod 2.

Leonov est pilote de l'armée de l'Union soviétique lorsqu'il est sélectionné en 1960 pour devenir cosmonaute. Après un entrainement intensif de 18 mois destiné à l'habituer à l'apesanteur, il est désigné pour participer avec Pavel Beliaïev (commandant) à la mission Voskhod 2 dont l'objectif est de réaliser la première sortie extravéhiculaire dans l'espace.

La sortie dans l'espace[modifier | modifier le code]

Le 18 mars 1965, environ une heure et demie après que le vaisseau a été placé en orbite de 173x498 km, Léonov pénètre dans le sas gonflable Volga de Voskhod 2 pour commencer sa sortie dans l'espace. L'écoutille interne est refermée par Beliaïev. Celui-ci déclenche la dépressurisation du sas puis l'ouverture de l'écoutille externe. Leonov émerge prudemment du sas relié à la capsule spatiale par un filin de 4,5 mètres. Après s'être complètement extrait du sas, il est ébloui par le Soleil. Il signale qu'il parvient néanmoins à discerner les montagnes du Caucase que le vaisseau survole. Il enlève le capuchon de l'optique de la caméra fixée à l'extérieur sur le sas qui filme l'événement. Il tente d'effectuer des photos avec son propre appareil photo attaché à sa combinaison spatiale mais ne parvient pas à appuyer sur le déclencheur[2].

Alexeï Leonov raconte :

« Je m’avançais vers l’inconnu et personne au monde ne pouvait me dire ce que j’allais y rencontrer. Je n’avais pas de mode d’emploi. C’était la première fois. Mais je savais que cela devait être fait [...]. Je grimpai hors de l’écoutille sans me presser et m’en extirpai délicatement. Je m’éloignai peu à peu du vaisseau [...]. C’est surtout le silence qui me frappa le plus. C’était un silence impressionnant, comme je n’en ai jamais rencontré sur Terre, si lourd et si profond que je commençai à entendre le bruit de mon propre corps [...]. Il y avait plus d’étoiles dans le ciel que je ne m’y étais attendu. Le ciel était d’un noir profond, mais en même temps, il brillait de la lueur du Soleil… La Terre paraissait petite, bleue, claire, si attendrissante, si esseulée. C’était notre demeure, et il fallait que je la défende comme une sainte relique. Elle était absolument ronde. Je crois que je n’ai jamais su ce que signifiait “rond” avant d’avoir vu la Terre depuis l’espace. »

Après une dizaine de minutes à flotter dans l'espace, Leonov entame les manœuvres pour réintégrer le vaisseau spatial. Il est prévu qu'il rentre les pieds devant pour pouvoir se réinstaller dans son siège, sans avoir à effectuer une culbute dans le sas car le diamètre de celui-ci ne le permet théoriquement pas. Mais il se rend alors compte que, dans le vide, la combinaison s'est tellement dilatée que ses pieds et ses mains ne sont plus positionnés dans les gants et les bottes, comme s'il avait rétréci. Il doit faire tomber la pression dans son scaphandre à 0,27 atmosphère grâce à une valve pour retrouver un peu de maniabilité et, contrairement à ce qui était prévu, il s'introduit à grand peine dans le sas la tête la première. Une fois dans le sas, il effectue avec difficulté un retournement pour être positionné les pieds devant. Leonov est exténué, son pouls est monté à 143 battements par minute et sa température corporelle à 38° Celsius. En nage, il ouvre son casque immédiatement après avoir déclenché la fermeture de l'écoutille externe et pressurisé le sas en violation de ses instructions. Il réintègre la cabine, puis l'équipage de Voskhod 2 entame la suite du programme de la mission. La marche de Leonov dans l'espace a duré 12 minutes et 9 secondes tandis que l'écoutille externe est restée ouverte en tout 23 minutes[2].

La suite de la mission[modifier | modifier le code]

La mission rencontra d'autres problèmes par la suite. L'écoutille s'étant mal refermée, de l'air de la cabine fuyait lentement. Lors de la 17e orbite prévue pour la rentrée atmosphérique du vaisseau, la mise à feu des rétrofusées ne se déclencha pas, car le système d'orientation automatique du vaisseau n'avait pas fonctionné. Les deux astronautes durent utiliser un système manuel, imprécis, qui les fit atterrir à 386 kilomètres du site prévu, dans une zone inhospitalière de Sibérie, au milieu d'une forêt dense. Les deux hommes passèrent deux nuits sur place avant de pouvoir être rapatriés.

Toutes ces péripéties non prévues de la sortie extravéhiculaire et de la mission furent tues par les autorités soviétiques après l'annonce du succès de la mission. Elle ne seront dévoilées que bien plus tard lors de la libéralisation du régime. Le 3 juin de la même année, l'américain Edward White réalisera la première sortie américaine dans l'espace, d'une durée de 20 minutes.

Soyouz 11[modifier | modifier le code]

Léonov est prévu pour faire partie de l'équipage de la mission Soyouz 11, mais des symptômes médicaux, détectés quatre jours avant le lancement lors d'un un examen aux rayons X, laissèrent penser qu'un membre de l'équipage, Valeri Koubassov, pouvait présenter des symptômes de tuberculose, entraînant alors le remplacement de tout l'équipage par un équipage de réserve. Le vol, qui est un succès, se termine pourtant tragiquement par la mort de tout l'équipage, asphyxié par une fuite d'oxygène lors de la procédure de retour le 29 juin 1971.

Participation au programme spatial lunaire soviétique[modifier | modifier le code]

Alexeï Leonov participa, dans les années qui suivirent le vol de Voskhod 2, au programme lunaire soviétique. Longtemps resté secret, le programme N1 (l'équivalent soviétique du programme Apollo) prévoyait de faire se poser un cosmonaute vers la fin des années 1960, mais plus raisonnablement au début des années 1970. À la tête du groupe des cosmonautes affectés à cette mission, Alexeï Leonov s'est entraîné au pilotage du LOK (un Soyouz modifié pour la circonstance) et du LK (la cabine lunaire destinée à se poser), train spatial que la fusée N1 (de la classe de la Saturne V américaine) devait propulser vers l'astre de nos nuits. Cependant, le programme ne fut pas conduit à son terme. Alexeï Leonov aurait pu être le premier Soviétique à poser le pied sur le sol lunaire.

La mission Apollo-Soyouz[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Apollo-Soyouz.
Accolade entre l'Américain Deke Slayton et Alexeï Leonov lors de la mission Soyouz 19

En 1975, son second vol fut d'une portée historique équivalente, puisqu'il fut le commandant de bord de la mission Soyouz 19, qui vit la première coopération spatiale entre les États-Unis et l'Union soviétique après les années de guerre froide qui opposa les deux pays, notamment dans la course à la Lune.

Dans le cadre de la mission Apollo-Soyouz, accompagné du cosmonaute Valeri Koubassov, Alexeï Leonov pilota le Soyouz pour venir s'arrimer au vaisseau américain Apollo grâce à un système d'arrimage universel mis au point en collaboration par les deux pays. Les équipages soviétiques (deux « cosmonautes ») et américains (trois « astronautes ») passèrent plusieurs heures ensemble avant la séparation et le retour sur terre. La poignée de main de Leonov et de Thomas Stafford, le commandant de l'équipage d'Apollo, fut une démonstration de la volonté des deux puissances de préserver la paix en pleine guerre froide. Aussi, cette mission restera dans l'Histoire plus comme un symbole politique que comme un exploit scientifique.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Général de l'Armée de l'Air (à la retraite) et héros de l'Union soviétique, Alexeï Leonov est aussi un artiste peintre à l'origine de plusieurs œuvres souvent en rapport avec sa passion comme Près de la Lune. Il participe à de nombreux colloques et conférences, la dernière le 5 octobre 2007 à la Cité de l'espace à Toulouse.

Honneurs et récompenses[modifier | modifier le code]

L'astéroïde (9533) Aleksejleonov a été baptisé en son honneur. Un cratère lunaire porte également son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citoyen soviétique de nationalité russe, selon sa fiche biographique sur le site www.warheroes.ru.
  2. a et b Asif A. Siddiqi, p. 455-456

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Asif A. Siddiqi (NASA), Challenge To Apollo: The Soviet Union and The Space Race, 1945-1974, University Press of Florida,‎ 2000, 512 p. (ISBN 978-0813026282, lire en ligne)
    Historique du programme spatial soviétique jusqu'à la fin du programme lunaire habité soviétique (1974) (NASA SP-2000-4408)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Edward White, premier Américain, et deuxième homme, à avoir réalisé une sortie extravéhiculaire (3 juin 1965)
  • Bruce McCandless II, premier homme à avoir réalisé une sortie extravéhiculaire libre (février 1984)

Liens externes[modifier | modifier le code]